Chère Administrateur,
La première fois que je vous ai aperçu, j’étais pétrifiée. J’étais venu dans votre organisation pour récupérer quelques objets, mais ma mission fut coupée nette par votre présence. Enivrante, attendrissante, fulgurante, terrifiante. Je me devais d’agir, ne serait-ce que pour tenter d’apercevoir votre visage. Vous avez fui, ne me laissant qu’avec le rêve de vous revoir.
Vous passez votre temps planqué, à l’abri. Vous êtes un homme plein d’assurance, de secrets, de zones d’ombre. Vous retrouver a été ma tâche pendant de longs mois. Mon regard se languissait de votre personne. Notre rencontre suivante fut une surprise inespérée, imprévue, bienvenue. C’était à un ennuyant sommet des puissants de votre monde. Vous aviez l’air si calme, passionné, fort.
Ce jour-là, j’ai eu la chance d’entendre le doux et tempétueux son de votre voix. Vous étiez si courageux, parler devant autant de monde me ferait défaillir. Je crois que c’est à ce moment que je suis tombée amoureuse.
C’était nouveau pour moi, inconnu. Je déteste ce que je ne comprends pas. Ce que je ne comprends pas, je l’affronte. Je veux tant vous revoir. Mais je suis une inconnue pour vous. Bien sûr, vous me connaissez comme l’une de vos ennemies. Mais ce n'est pas obligé de rester ainsi. Vous avez le droit d'aimer, de m'aimer.
Vous avez changé ma manière de voir le monde. J’ai grandi seule, dans l’adversité, entourée d’amis, miséreux. Mes sœurs ont été mon salut. Elles m’ont donné un but, une raison de me battre. Elles ont toujours été là pour moi, mais actuellement, je ne me suis jamais sentie aussi seule. Mes nuits sont devenues plus froides, mes journées plus sombres. Vous êtes le seul à pouvoir illuminer ma vie.
Vous êtes le trésor de ma réalité, la promesse des lendemains meilleurs, la chaleur qui fait bouillir mon sang, la force de ma volonté, mon âme sœur, le phare dans mes nuits les plus noires. Mais qui garde le gardien ?
Je vous hais. Vous me fuyez comme un lâche. Pourquoi me faites-vous souffrir ? Nous pourrions être heureux ensemble, former un tout. Mais vous préférez votre petite personne, votre infâme organisation. Vous êtes un monstre, froid et cruel. Vous ne valez pas mieux que les horreurs que vous enfermez.
Je vous veux. Je vous veux pour moi toute seule. Je veux que nous soyons ensemble, rien que tous les deux. Nous vivrons notre idylle loin de toutes ces pestes, loin des horreurs de votre monde. Venez à moi, venez ou je viendrai vous prendre. Vous êtes à moi. Rien ne m’empêchera de vous avoir. Nous formerons le plus heureux des couples.
Je vous crains. Votre prestance, votre charisme, votre importance, chacun de ces aspects me terrifie. Je ne vous mérite pas. Qui suis-je si ce n’est une arrogante qui pensait pouvoir côtoyer votre ombre ? Je me contenterais, pour le restant de mes jours, de la douce caresse de vos yeux, des souvenirs artificiels de mon imagination, de la solitude de mon chagrin.
Je vous admire. Vous êtes l’homme le plus puissant de votre dimension. Ça force le respect. C’est ce qui me plait chez vous. Vous êtes prêt à tout pour remplir votre mission et rien d’autre n’a d’importance. Je vois ça comme un défi. Je viendrais me faire une place dans la cellule de confinement de votre cœur pour y vivre, ensemble, un scénario de classe ♥.
Je vous désire. Votre présence ne me quitte plus depuis que je connais votre existence. Ça doit être ce qu’on appelle le destin. C’est la cinquième fois que j’écris ce passage. Je n’aurai droit qu’à une seule chance pour vous faire parvenir mes sentiments. Puissiez-vous les accueillir comme il se doit. Comme les mots sincères d’une personne ne souhaitant que notre réunion. Nous serions si beaux ensemble.
Je vous comprends. Votre Fondation prime sur votre vie personnelle. Vous ne pouvez prendre de femme à vos côtés. Elle vous détournerait de votre mission et condamnerait le monde. Mais vous n’avez pas à porter ce fardeau seul. Je suis là maintenant. Je peux vous aider. Ne restez pas seul dans l’obscurité, vous avez aussi droit à la lumière.
Je vous aime. Acceptez-moi dans votre cœur. Je ne suis rien sans vous, je suis perdue, à la dérive. Mon monde n’a plus de sens, mes repères se sont brisés sur l’indéfectible lien qui nous a unis le jour où je vous ai rencontrée. Vivre avec votre absence m’est insupportable. Comme la Lune aime la nuit, comme le Soleil aime l’été, comme la Terre aime les océans, je vous aime.
La Reine Noire
