Premières Notes et résultats

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Extrait de "Recherches et conclusions premières issus de la découverte de l'Èiginneach et discussion sur l'existence d'Iongantach"

Issus des recherches menée sous la supervision de M. Henri Courcelle




Préface

Les gentilshommes les plus cultivés auront appris depuis longtemps à ne pas se fier naïvement à leurs vieux livres d’écolier, mais à pousser bien plus loin leur recherche de la connaissance, car l’histoire humaine est une maîtresse difficile, qui demande énormément d’attention avant d’être mise à nue. Nous connaissons aujourd'hui (et depuis plusieurs années déjà) une véritable révolution des moyens de communication, et l'accès à l’information a explosé. Malheureusement, il est également à constater que les moyens de censure ont suivi cette évolution avec une croissance similaire, voir supérieure. Ainsi, et suite à l’impulsion de plusieurs lobbys dont je ne vous ferai pas l’insulte de les présenter à nouveau, notre histoire, pourtant fortement imprégnée du paranormal (certain dirons même que cette composante est à l’origine de notre espèce), s’est retrouvé châtrée de sa composante occulte. Pourtant, et dans l’optique du progrès humain, l’homme doit apprendre de ses erreurs, et ce en tout domaine. Nous priver de cette composante historique, c’est nous priver de nos erreurs, de nos réussite, c’est occulter le passé pour y vivre de nouveau, pour répéter les mêmes désastres. Vous l'aurez compris, c’est une honte sans nom.

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Sous la plume malsaine de ces quelques esprits réactionnaires, l’Histoire s’est muée en légende et la légende s’est diluée en milliers de contes, où chaque version nous éloigne un peu plus de la vérité. On nous prive de notre histoire. Une histoire que je tiens à raconter. Bien sûr, je ne pourrais rétablir seul la vérité, mais, petit à petit, problème par problème, j’entends bien redécouvrir et consigner par écrit notre patrimoine occulte et occulté. Après mes travaux sur le royaume caché du Morvan lors de l’épidémie de peste au XVIe siècle, j'ai décidé de restaurer la vérité sur le royaume occulte de Na H-uaislean et de sa capitale Iongantach, située sur l’île de Sanday d’après mes premiers travaux, l’un des rares exemples encore connu de société ouvertement anormale de notre histoire.

Malheureusement, et comme annoncé précédemment, la plupart des traces de ce royaume supposé maudit se sont perdues et les rares traces restantes sont d’une fiabilité plus que discutable. Cependant, afin de faciliter votre compréhension, je me propose ici de vous faire un bref résumé de la légende, où du moins de la partie qui nous intéresse ici.  Les traces relevées font états de rites funéraires vikings, où des bateaux sont lancés à la mer et coulés (en général mis à feu dans le monde scandinave, mais pas ici, une particularité des rites tels que pratiqués à Na H-uaislean).

D’après les quelques écrits n’ayant ni brûlés ni disparus, l’adoption de cette coutume remonterait au VIIIe siècle, à la suite de l'épisode de l'attaque d'Iongantach qui sert en général de jalon pour apogée de Na H-uaislean. Raconté dans « Vie et mort du royaume d'argent » de Sgeulachdan l'ancien, l'un des treize ouvrages restants décrivant Iongantach la belle. Dans cet épisode de l'histoire de la ville, l'auteur note que deux civilisations se partageaient alors les lieux, Na H-uaislean donc, et Marbh Rugadh, l’île des morts. L’une abreuvait l’autre de ses défunts, permettant aux deux îles de grandir et rayonner.

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Cependant, Iongantach la radieuse, capitale et seule grande cité de Na H-uaislean, brillant de ses savants zélés, progressait à un rythme fou, obscène, et la médecine de la cité progressa si rapidement que l’on parla assez vite de souverains immortels pour la cité radieuse et d’une espérance de vie toujours plus grande. On raconte qu'alors, dans la citée, personne ne mourut pendant cent ans. Les rites funéraires furent abandonnés et l’accord oublié, privant d’un coup la citée de Marbh Rugadh de sa démographie.

La citée des morts, menée par Bòidhchead Marbh la non morte, pris alors, le jour de la date anniversaire du dernier mort de la citée radieuse, la décision d’attaquer celle-ci pour sauver son peuple. Iongantach, prise au dépourvu, n'eut pas le temps de réagir. En pleine nuit, la reine sombre fit raisonner le chant des morts. On parle alors de scènes de cauchemar, où la mélodie entraînait les vivants vers la ville de Marbh Rugadh pour les noyer et les rares à résister ne purent que ralentir le flot des morts déferlant sur la ville. Enfin, la légende raconte que la ville ne fut sauvée que par l’action héroïque de Co-Chòrdach, barde à la cour du roi d’or. Armé de sa seule clàrsach (harpe celtique), celui-ci aurait réussi à charmer la reine nécromane de sa musique, l’obligeant à interrompre son chant. Celle-ci accepta d’épargner la ville en échange de l’amour de celui-ci et du fait qu'il l’accompagne sur Marbh Rugadh. Celui-ci accepta pour le salut de son peuple et parti vers la ville morte, non sans convaincre sa nouvelle amante de noyer sa ville pour laisser le monde aux vivants, en échange de la promesse de la vie de ne plus jamais chercher à acquérir l’immortalité. On raconte que par un morceau de douze milles temps et son sacrifice, il épargna au monde le retour de la reine sombre pour autant d’années. Pour honorer sa mémoire et éviter les répercutions, les rites reprirent alors.

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Dans les faits, cette légende doit être comprise comme une métaphore de l'invasion norvégienne, où la ville des mort représente l'envahisseur. L’on manque de source historique réellement fiable sur le sujet, mais le consensus actuel fait état d’une cité non préparée à ce genre d’invasion, habituée à se reposer sur sa supériorité technologique pour tenir en respect les autres forces locales, mais qui n'aurait pas suffi face à une armée préparée. La légende fait état de lourdes pertes et on peut facilement l’interpréter comme une critique de l’oisiveté militaire de la citée et du prix dont elle est responsable. L'épisode l'attaque de Iongantach par Marbh Rugadh renvoie également à un autre constat : la victoire finale face à l'envahisseur et les échanges culturels entre les deux nations. Selon toutes vraisemblances, la citée a négocié la paix, sans doute au prix de quelques technologies ou cadeaux symboliques, comme le symbolise ici la chanson de Co-Chòrdach. Un mariage n'est pas à exclure non plus, bien qu'il soit plus probable que c'est Iongantach qui est dû céder une fille et non l'inverse.

La théorie la plus probable, cachée derrière cette légende, est sans doute l’expression d’une hybridation des deux cultures. Il est fort probable que des colons norvégiens se soient d’ailleurs intégrés à la vie de la citée et aient transmis à la ville quelques rites de leur précédente patrie.

J’entends bien ici prouver la véracité de ces faits, et ceux que je m'apprête à vous exposer viennent étayer cette idée. Je vous laisse cependant, comme à mon habitude, seuls juges de ceux-ci. Je vous souhaite une excellente lecture de ces conclusions préliminaires à la suite de la découverte de l’épave mortuaire de « l'Èiginneach», au large de l'île de Sanday, en espérant que vous prendrez autant de plaisir à les lire que j’ai eu à les découvrir.

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