Vendredi 13
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Vendredi 13.

Si Halloween est le jour où l'on célèbre les morts revenant chez les vivants, cette journée-ci est son pendant plus sombre. Le jour où les morts comme les vivants restent chez eux, mais que d'autres créatures, mauvais augures et porteuses de grands malheurs, viennent tourmenter les deux mondes. Il ne fait pas bon de sortir de chez soi ou d'offenser qui que ce soit un vendredi 13.

Au sein de la Fondation SCP existe une tradition dont les plus hautes sphères de la Fondation n'ont jamais ouï dire, ou oublié de façon fort convenante. Les vendredi 13, plusieurs employés de tous les départements se réunissent en secret, afin de se narrer des histoires, courtes et glaçantes, à la manière de campeurs au coin du feu souhaitant effrayer leurs amis avec des boniments grossiers.

La différence étant qu'ici, tout est vrai.

Agent, chercheur, archiviste, technicien de surface… Tous ont rencontré, au cours de leur carrière, des choses effrayantes, singulières, dérangeantes, dont ils n'ont jusqu'alors jamais osé parler. En ce jour funeste, les langues se délient, le croyant déraisonne et le sceptique se convainc lui-même, la vérité éclate par un murmure tout juste soufflé à l'oreille de ses voisins dans un vain effort de conjurer le mal.

Lui signifier que le malheur, la malchance, l'horreur… les personnes qui prennent la parole les connaissent bien, et de près. Qu'elles méritent davantage la pitié de ses serviteurs que leurs tourments.

Bien sûr, cela peut ne pas marcher, mais quelle importance ?

Au moins les histoires narrées en cette occasion n'iront pas dans la tombe de leur propriétaire, et perduront telles un avertissement destiné à celui qui prendrait sa place dans le monde terrifiant de la vérité brute, anormale.

Le but de cette page collaborative est d'écrire de courtes histoires d'horreur disposant d'une chute et d'une trame. On ne demande pas du Lovecraft, juste un minimum de qualité au niveau des chutes, un peu de surprise et d'innovation ! Toujours avec les requis classiques en matière d'orthographe, bien sûr.

Merci d'utiliser le code ci-dessous pour créer votre histoire horrifique :

+ #Numéro de l'histoire — Titre

Blablabla spooky bla blah blah il meurt.

//par [Insérez le nom de la personne fictive narrant cette histoire, ou remplacez par Anonyme si vous n'en avez pas].//

__Auteur__ : [[*user VotrePseudo]]

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1 — Trop près

Bon, vous avez entendu parler de l'affaire du HLM à Marseille, celui qui comptait pas moins de 2000 esprits, y compris des poltergeists, des esprits-vengeurs, des démons et autres belles saloperies ? Oui ? Bien.

J'avais une collègue… Marie, elle s'appelait Marie. Mariée, un nourisson qui allait sur ses deux ans. Elle était allée s'occuper du cas de cette maison, avec sa FIM. Pas un accroc, pas une égratignure, elle est rentrée en pleine forme, quoiqu'un peu ébranlée par tous les trucs qu'elle avait vus dans l'appart. Bref.

Faut savoir qu'elle et son époux vivaient dans un tout petit appart, ils économisaient pour s'offrir plus grand. Du coup y avait toujours des merdes un peu partout, je me souviens surtout de leur chambre, celle des adultes hein, pas celle du petit. Remplie de peluches du sol au plafond. Le conjoint de Marie, j'ai oublié son nom, adorait les peluches et les jouets d'enfant, alors ils en avaient eu bien avant la naissance de leur fils.

Du coup : après son intervention, elle est rentrée chez elle. Non, pas de trucs bizarres qui se passent ensuite comme dans les films d'horreur, c'était plus subtil que ça. Rien d'anormal, du tout. Juste une chose curieuse : tous les jours, Marie trouvait une peluche sur le sol de sa chambre, comme tombée d'une étagère. C'était toujours la même, un caméléon je crois. Bref, elle la remettait en place, engueulait un coup son mari, qui lui assurait ne pas y avoir touché comme à chaque fois, et partait au travail. Paf le lendemain, rebelote. Au bout d'un moment, Marie a abandonné et n'y a plus touché.

Elle a juste noté que chaque nuit où elle la laissait en place, la peluche se déplaçait un peu plus près d'un des murs de leur chambre, celui qui séparait leur pièce de la chambre de leur gamin. Jusqu'à ce qu'elle touche le mur même.

Ta gueule Salem, c'est moi qui raconte.

Hmm… Le lendemain, Marie a trouvé la peluche éventrée sur leur lit. De l'édredon partout, des morceaux dans tous les coins de la pièce, bref, une horreur. Ils ont blâmé leur petit chien, une vieille bête d'appartement, et l'histoire fut close.

À ce stade, je savais que Marie se sentait mal à l'aise vis-à-vis de cette histoire. On en parlait souvent. Surtout que ça s'est reproduit avec plusieurs peluches ; et à chaque fois, leur cheminement vers le mur se faisait en moins de nuits, de plus en plus court. Même son mari avait peur de toucher aux poupées maintenant.

Un jour, juste après avoir retrouvé la peluche de tigre blanc déchirée sur son oreiller, Marie est entrée dans la chambre de son fils et a retrouvé son berceau, lui à l'intérieur… tout. contre. le fameux mur.

Il était censé avoir été vissé au sol pour éviter tout accident.

Elle a flippé, a pris son gamin, leur chien et son époux, et ils sont partis dormir à l'hôtel. La Fondation leur a procuré un logement de rechange et s'est occupé de l'immeuble. Une saloperie qui s'était accrochée à Marie et l'avait suivie. Heureusement pour elle, elle a réagi à temps.

Aux autres étages, la Fondation a estimé que les pertes, celles de la nuit où ils sont partis, s'élevaient à quatre animaux domestiques et à six gosses.

Je sais pas trop comment va Marie maintenant, elle a été mutée dans le Nord. J'espère que, sur les 2000 saloperies qui pourraient lui en vouloir à cause de l'histoire du HLM, celle-ci ait été la seule qui soit parvenue à la suivre.

par l'agente Raaida Abaad.

Auteur : DrCendresDrCendres


2 — Reflet de culpabilité

… Bon. Je veux vous raconter cette histoire depuis… longtemps. Alors allons-y.

Daisuke Satō. C'est le nom de celui dont je vais vous parler ce soir. Originaire de la branche japonaise, bilingue en français, lui et sa femme, aussi chercheuse, sont venus vivre en France travailler avec notre branche. Il était chercheur en robotique.

Son histoire commence au Japon, lorsqu'il n'est encore qu'un adolescent. Il se penche pour admirer son reflet dans l'eau, et là, surprise ! C'est celui d'une jeune femme blonde, blanche, traits européens. Toute ensanglantée et désarticulée.

Dorénavant, Daisuke ne verra plus qu'elle. Dans les vitres, dans les miroirs, dans l'eau, même sur les photos. Toujours à sa place, dans la même position que lui, le regard vide. Pas besoin de le dire, Daisuke est le seul à la voir. Au fur et à mesure, il en oublie même sa propre apparence.

Il croit au paranormal et fait quelques recherches. Tout en menant de brillantes études à côté. Il rejoint la Fondation, sans jamais les mettre au courant de sa particularité, il ne sait pas trop quoi en faire.

Il rencontre la personne qui deviendra sa femme. L'épouse. Ils sont heureux.

Puis sont mutés en France. Tout va bien.

Quelques années s'écoulent, Daisuke s'épanouit dans son travail. Lui et sa femme ont une petite fille.

Tout va bien.

Un jour, chez des amis, il fait la connaissance d'une Française. Blonde, blanche, traits européens.

C'est celle qu'il voit tous les jours dans son miroir le matin.

Mais cette version-ci est vivante, elle rit, elle parle, elle agit. Daisuke ne sait pas quoi faire, mais il est convaincu qu'il doit rester en contact avec elle. Pour empêcher sa vision, dans le reflet, de se réaliser.

Ils se revoient. Se rapprochent.
Il… trompe sa femme avec elle. Dans le plus grand des secrets.

Un jour, ils rentrent d'une soirée un peu arrosée. La Française est éméchée, c'est Daisuke qui conduit, il ne boit pas pour des raisons médicales. Pris dans le délire éthylique qui saisit sa maîtresse, il va néanmoins tenter de lui faire plaisir en faisant l'imbécile avec sa voiture.

Il perd le contrôle, ils ont un accident.

Daisuke s'en sort avec quelques égratignures. La Française, elle, est morte.

L'opinion officielle, du point de vue juridique, l'exempte de toute responsabilité. On blâme un feu défectueux, qui a en effet joué un rôle majeur dans cette tragédie. Mais lui sait qu'il est l'origine première du décès de la Française. De la réalisation de la vision.

Daisuke n'ose plus se regarder dans un miroir. Il les évite plusieurs semaines durant, hagard.
Puis un jour, il décide pour une raison obscure, de s'y confronter. De voir ce qu'il est advenu de la femme blonde et ensanglantée.

Il se retrouve nez-à-nez avec une vision de sa fille adolescente, pendue.

Daisuke s'est suicidé la nuit qui suivait. Il ne voulait pas être la cause d'une mort supplémentaire.
Tout ça, il me l'a expliqué dans une lettre que j'ai retrouvée aux pieds de son cadavre.

Il ne voulait jamais savoir la façon dont il pousserait notre fille à se suicider.

par la chercheuse Mitsuha Satō.

Auteur : DrCendresDrCendres


3 — Une confiance totale.

Bon, pourquoi tu souffles toi ? Ça te dérange que je dise bon ?

Bref, ce que je vais vous raconter n'a justement rien de bon.

Par une chaude nuit d'orage, j'étais affecté à la garde d'un truc. Oui, un truc. On m'a juste dit que c'était dangereux et que je devais laisser passer personne, mais je ne savais pas et je ne sais toujours pas de quoi il s'agissait.

C'était en pleine forêt, du côté de l'Amazonie, il y avait des drôles de bruit de craquement, de grincement, mais c'était normal non ? Le vent, les bêtes, n'importe quoi peut faire ce genre de bruit. N'empêche que c'était assez déstabilisant pour que je m'accroche à mon arme comme un gilet de sauvetage.

Courageux comme je suis, j'ai d'abord hésité à appeler mes collègues qui devaient sûrement se mettre mal de l'autre côté de notre camp. Ils m'ont laissé seul les salauds.

Bref, j'étais tout seul et mon arme me paraissait totalement ridicule devant l'immensité de la forêt.

Il faisait de plus en plus sombre.

Les bruits se rapprochaient, de plus en plus fort, de plus en plus oppressants.

Le truc, c'est que ça ne venait pas de devant moi, vers l'obscurité… non.

Ça venait de l'intérieur de la tente où il était censé y avoir le truc.

Des bruits bizarres, inintelligibles.

C'était ma sœur qu'ils avaient enfermés.

Ma peur se dissipa d'un coup, remplacé par une intense colère envers les bâtards qui l'ont enfermé.

Elle s'approcha doucement de moi, elle était à moins d'un mètre quand elle me parla.

Je me rendis compte au même moment que ce n'était pas ma soeur que je devais surveiller, mais un truc, un truc qui te tue.

Et je me rappelais aussi que ma soeur était morte depuis moins de trois jours.

Mais je lui faisais confiance, une confiance aveugle. Vous me faites confiance aussi non ?

par SCP-231-09

Auteur : Dr HinaultDr Hinault


4 — Une intervention comme les autres

Une histoire… Mmmh… Vous ai-je donc déjà raconté cette fameuse intervention du 18 octobre ? C'était il y a… Seize ou dix-sept ans, je ne sais plus trop. Il faut dire que c'était il y a assez longtemps.

C'était donc un 18 octobre. Une intervention classique. Un SCP à récupérer. Des agents l'avaient déjà filé, il ne restait plus qu'à le cueillir. Quelqu'un d'isolé, dans une maison à l'écart de la ville. Une intervention facile donc. Enfin, qui aurait dû être facile.

Comme ils ne connaissaient pas trop les pouvoirs de l'entité, et qu'il fallait la récupérer en urgence… Je sais plus… Une histoire de dossier à rendre ou un truc comme ça… Bref, ils ont formé une équipe d'intervention en urgence. Dix hommes, plus moi à leur tête. Je ne les connaissais pas du tout, et eux non-plus ne se connaissaient pas. De plus, personne ne cherchait à connaître le nom de l'autre, vu que ce serait une mission extrêmement courte.

Donc nous arrivons, moi et mes dix gars. Il était tard, vers les 19 heures. Il y avait un de ces vents ! À décorner un bœuf. Donc je leur fais signe d'avancer, vu que j'avais imaginé une attaque frontale. Ouais je sais, c'est assez stupide, mais je voulais qu'on en finisse rapidement.

On enfonce la porte, on entre en courant en regardant de partout. Mais pas un bruit. Pas une lumière. Pas un mouvement. Alors que les gars du renseignement nous avaient affirmés que l'entité était présente, et ce cinq minutes auparavant.

Donc, procédure habituelle , on commence à fouiller le jardin, puis chacune des pièces de la maison, tout en veillant à ne laisser aucune issue possible pour une quelconque entité. Au bout d'une heure de recherche, toujours rien. On aurait dit que l'habitant s'était volatilisé.

Bien sûr qu'on avait bien fouillé. Chaque recoin, chaque placard, chaque dessous de lit. Même dans la cave. Et pourtant, absolument rien.

Donc je réunis mon équipe. Je vérifie qu'il n'y a pas de blessures, de quelconque traces de passage d'une possible entité sur mes gars, mais toujours rien.

Alors je saisi mon talkie et j'informe le centre de l'échec de la mission. Ça me grommelle à la figure, ça dit que je vais être rétrogradé… Bref, pas la joie. Et à ce moment-là, pour ne rien arranger , il se met à pleuvoir. Je range mon talkie avec une petite pointe de découragement, et là je me rends compte d'un truc : j'ai devant moi onze agents, alors qu'au début ils n'étaient que dix.

Ils se ressemblaient tous : même combinaison, même casque, même arme. Impossible de les différencier, pas un élément qui permettrait de les distinguer.

Ce que j'ai fait ? Rien. Du moins pas tout de suite.

Comme si de rien n'était, je leur ai dit de revenir au véhicule. Je suis monté à l'arrière, mais je n'ai rien dit de plus. Pendant le voyage retour, je les regardait tous, un par un, avec un regard suspicieux. Si j'ai finalement fini par le trouver ? Non.

Arrivés au centre, j'ai bondi hors du véhicule et j'ai hurlé aux gardes présents que l'entité était à l'intérieur. Tout de suite, des coups de feu ont retenti, des cris, des sons de lutte. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé à l'intérieur, et je ne tiens pas à le savoir.

Après toutes ces années, je n'ai toujours aucune idée de ce que l'entité a pu devenir. Est-elle morte ? Ou se balade-t-elle encore dans les couloirs de la Fondation ? Est-ce l'un d'entre vous ? Ou l'un d'entre nous ?

par l'agent Jenkins.

Auteur : Henry Von KartoffenHenry Von Kartoffen


5 — Cours vite

Bon, puisqu'il faut raconter des trucs effrayants, je vais m'y mettre aussi.

Avant de commencer mon histoire, je tiens à me présenter : je suis l'agent Édouard Mounier, ex classe D qui a été en quelque sorte promu. Je vais vous raconter un peu comment je me suis retrouvé là.

5000, c'était le nombre qu'on était. 5000 classes D, toujours près à servir la Fondation… de grés ou de force. Cependant, sur ces 5000, je fus le seul qui fut choisi pour tester un truc.

Non, non, son nom, c'est pas “Le truc”.
Quel skip a “truc” dans son nom ?

Bref, c'était un safe apparemment, mais vu le regard du maton, ça ressemblait plus à la mort personnifiée derrière cette porte. Je fus donc amené dans une pièce, les murs étaient tous de la même couleur : rouge. Mais aucun meuble, juste… du rouge.

Du sang, noooon, trop classique.
Juste du rouge.

Un mouvement imperceptible sur ma gauche.
Un autre sur ma droite.
Un toussotement vers le haut.
Une main m'agrippe la cheville vers le bas.

C'était pas les murs qui étaient en rouge, c'était des tas de personnes tellement collés qui recouvrait le plafond, les murs, et… le sol. Curieusement, je n'ai pas eu peur une seule seconde. C'est anormal ça… non ? La Fondation est peut être déterminée à préserver les classes D. Je commence à l'aimer.

La cellule de confinement était le SCP. Mais pas n'importe lequel, un SCP rouge avec un niveau de menace blanc.

Pourquoi blanc ?

Parce qu'il est utile à la Fonda pardi !

Il permet de transformer les classes D en esclave ! Rien de mieux qu'un asservissement total pour que les classes D soient plus enclin à travailler.

Quoi ? Moi ? Ah et bien c'est moi qui ai fait croire ça à mes supérieurs pour réintégrer les classes D à la vie active. Le SCP a juste le pouvoir de foutre la trouille à toutes les personnes qui envoient des gens à la mort.

Oh ?

Vous entendez ça ?

Il y a une petite rébellion anti-Fonda là-bas pour exterminer les derniers salauds qui nous ont contraint à bosser avec ces immondices.

Et…

Oui… c'est ça.

Ils se dirigent vers vous, le dernier membre actif qui n’est pas encore un classe D.

par D-2109, autoproclamé "l'agent Édouard Mounier".

Auteur : Dr HinaultDr Hinault


6 — An Tad-ar-pesked


Auteur : SkeledennSkeledenn

7 — Des affaires de grandes personnes

ARCHIVE EFFACÉE - RESTAURATION DEPUIS LE SERVEUR LOCAL

La vie d'un bureaucrate est barbante, mais très stressante quand tu fais partie de la Fondation. On te presse, on te compresse, sans que tu ne puisses rien dire sans craindre de te faire réprimander. Enfin, réprimander, c'est un terme bien léger pour ce qu'ils nous feraient s'ils le voulaient. D'ailleurs, ils l'ont déjà fait.
Vous avez entendu parler de ce gars qui a fouiné là où il ne fallait pas ? Moi non plus, enfin, officiellement. On ne sait pas ce qui lui est arrivé. Enfin, c'est ce qu'on nous dit de croire.
Moi, je l'ai vu. J'ai vu cet horrible châtiment.
J'étais dans mon bureau, très tard, alors que c'était strictement interdit. J'entendis des pas, se rapprochant de plus en plus. La lumière de la salle entrait par la petite fente de mon mur. Il valait mieux que j'éteigne mon écran.
Il y avait deux agents, le fameux gars dont j'ai parlé plus haut, et cet autre Homme. On ne le voyait presque pas, à croire qu'il déviait la faible lumière déjà présente dans la salle. Il ressemblait beaucoup à un membre haut placé, avec son costard cravate.
Il était recouvert de sang. Il y en avait sur ses mains, et sur ses habits.
Jamais je n'oublierai son regard. Ce gars, il avait un sourire à s'en déchirer le visage. Il commença à parler :
"Alors, dit-il, on se permet de se mêler des affaires des grandes personnes ?
- Je… Balbutia mon collègue
- La ferme ! Je ne t'ai pas demandé de parler !"
Le pauvre homme se prit un coup de crosse si violent que sa dent vola à travers la pièce, derrière une horrible traînée de sang. Il éclata en sanglots
"Relève toi quand je te parles ! Et regardes moi !"
Le costard cravate se tourna vers un agent, et lui dit amèrement :
"La tenue"
Il prit dans ses mains une tenue orange, vieille, déchirée, et délabrée et la jeta sur le bureaucrate, agenouillé à ses pieds.
"Enfiles ça, et vite !
- Mais qu'est-ce que j'…"
Le coup de pied que mon collègue subit fut si fort qu'on entendit sa mâchoire se craqueler en petits morceaux.
"Foutez moi ça dans une pièce qui lui conviendra"
Sereinement, le haut placé repartit, comme si de rien n'était.

Je n'ai plus jamais revu cet homme, ni l'autre habillé en orange. J'ai une idée de ce qu'il est devenu, mais je ne préfère pas y penser.

par le bureaucrate Classe-D ███████

ATTENTION : Votre intrusion dans le système a été détectée. Veuillez vous présentez immédiatement dans le bureau de votre directeur de Site. - L' Administrateur

Auteur : Dr SchwallerDr Schwaller


7 — Cadavres exquis.

Bonsoir à vous. Je me nomme Martin Sixol, médecin légiste du Site-Beth.

J’ai intégré cette fonction il y a trois jours et ce que je prenais pour une douce hallucination pourrait bel et bien être la réalité. L’événement que je vais désormais vous conter s’est déroulé il y a de cela plusieurs semaines au Site-Aleph. Et il commence aussi à avoir lieu au Site-Beth….

Il était une fois une morgue. Une morgue dont j’étais le propriétaire.

Cette morgue était spéciale. Vous n'êtes pas sans savoir qu’en temps qu’ex-médecin légiste du Site-Aleph, j’ai l’habitude d’étudier les cadavres des entités mortes,… mais aussi ceux des Classe-D

Ma morgue était magnifique, splendide, superbe. Je ne pourrais vous décrire avec de simples mots la beauté figée des cadavres que j’étudie. Je les regarde chaque soir, relevant des détails qui n’y était pas hier et des os qui y était encore…mais qui ne le sont plus après…

Oh mes beaux cadavres : carbonisés, démembrés, souvent inutile, presque toujours des Classe-D. Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les Classe-D avaient un matricule qui correspondait pour certain à un vieux détenu décédé ?

Moi oui…

Oh mes doux cadavres, pourquoi chaque soir que Dieu fait, j’entends des bruits dans ma sublime morgue ? Pourquoi il fait ça ? Aucune grâce, aucune beauté ! Que de la colère et de la peur.

Pourquoi Dieu ? Pourquoi ? Cet immonde squelette récupère les os de mes beaux cadavres. et il récupère aussi les matricules… pas pour lui…

Mais pour nos employeurs…

Oh ! Je jurerais avoir déjà vu cet os dans ma magnifique morgue ! Oui ! C’est la douzième fois depuis le début de ma carrière que j’étudie le même os et le même matricule… mais avec des visage différents encore et encore. Des vieux, des jeunes, des tenues oranges et même un noeud papillon !

Ce squelette, cet immonde squelette pille mes cadavres, mes beaux cadavres ! Je me demande ce qu’il en fait ?

On me dit de ne pas poser de questions, cela me convient tant que je peux étudier la mort, mes cadavres exquis, mes cadavres de seigneurs déchus réduit à une simple lettre : D.

Comme Détritus ? Comme Docteur ? Comme Déficient ?

Qu’importe, ils sont morts. Certain dirait que la mort est une fin… c’est faux. J’étudie la fin depuis trop longtemps pour ne pas savoir quel est la prochaine étape.

Oh un autre cadavre arrive… et ce tibias ? C’est le splendide tibias que j’ai étudié le mois dernier, et celui d’avant, et celui d’avant la construction de cette nouvelle morgue. C’est une femme cette fois, mais c’est toujours le même tibias… celui que j’ai étudié 12 fois… 13 maintenant.

Oh ! Nous sommes vendredi 13.

Si j’ai de la chance, je le verrais aujourd’hui mon immonde squelette. Et peut-être que vous aussi ?

par le Dr Sixol, ex-responsable de la morgue du Site-Aleph..

Auteur : Dr HinaultDr Hinault


8 — Paradoxe statistique

Bon, on dirait que c’est à mon tour de raconter une histoire. Mais j’ai peur qu’elle soit moins captivante car elle remue un peu les méninges. Au fait, j’ai refait du café. Je vous conseille d’en prendre, pour rester concentré.

Ces derniers temps, des collègues au laboratoire de psychologie, sont tombés sur un problème probabiliste appelé aussi “paradoxe de la belle au bois dormant.”

Personnellement, je ne sais pas où les statisticiens vont chercher l’inspiration mais ça a nettement moins de gueule que “théorème de Bolzano-Weierstrass” ou “fonction Zêta d’Euler”. Mais je m’égare.

En gros, imaginez que l’on prenne un classe-D. À chaque fois que l’on a un entretien avec lui, on lui explique en détail les règles du jeu, puis il doit deviner le résultat d’un tirage à pile ou face effectué en secret par les chercheurs au tout début de l’expérience. Une réponse erronée entraînant naturellement la mort du sujet.

Le problème s’énonce de la façon suivante :
L’expérience commence un vendredi. On administre au sujet un amnésique de classe B. Les chercheurs procèdent ensuite au fameux tirage à pile ou face.
- Si c’est "Face", ils procèdent à un seul entretien avec le classe-D.
- Si le résultat est pile et que le classe-D survit au premier entretien, celui-ci reçoit un sédatif et un amnésique de classe B. On le réveille le samedi pour un deuxième entretien.

Je vois que certains d’entre vous sont sceptiques. Vous vous demandez sans doute l’intérêt d’utiliser des amnésiques.

Eh bien, sachez que le sujet est au courant qu’il ne connaît ni la date de l’entretien, ni le nombre d’entretiens déjà effectués… et c’est là que se porte tout l’intérêt de l’expérience. En effet, les mathématiciens ont prouvé que du point de vue du sujet, il existe deux façons de calculer la probabilité que “Face” soit la bonne réponse. Or, ces deux façons sont cohérentes et donnent chacune un résultat différents :
- une chance sur trois si on considère le nombre total d’entretiens possibles,
- une chance sur deux si on considère que le manque d’information sur la date rend indépendant la réponse d’un tirage par pile ou face.
Il est donc intéressant d’étudier la réaction d’un sujet raisonnable et sain d’esprit face à ce paradoxe.

Je vois que vous vous demandez ce qu’en a pensé le conseil d’éthique. Et je dois décevoir vos attentes : le projet en l’état n’est même pas arrivé jusqu'à eux car la hiérarchie a mis sont véto pour deux raisons fort simples :

Premièrement, quelque soit la probabilité de faire “Face”, le classe-D ayant un minimum de jugeote, et conscient de son incapacité à évaluer correctement la probabilité, misera sur “Pile” pour prendre le minimum de risque (chance de perdre = 1/2 ou 1/3). L’expérience n’a donc que peu d’intérêt puisque le résultat est facilement prédictible.

Deuxièmement, tous les test psychologiques nécessitent un large panel de candidats pour éviter d’avoir des résultats biaisés. Or, la plupart des classes-D disponibles sont soit déjà triés, soit déjà réservés pour d’autres expériences d’un niveau de priorité plus élevé.

Sachez Mesdames et Messieurs que notre entretien touche désormais à sa fin, ceux qui auront deviné correctement la date d’aujourd’hui recevront une dose d’antidote au poison qui se trouve dans leur café.

par Dr.Michel

Auteur : agent shadowwalkersagent shadowwalkers


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