Vendredi 13
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Vendredi 13.

Si Halloween est le jour où l'on célèbre les morts revenant chez les vivants, cette journée-ci est son pendant plus sombre. Le jour où les morts comme les vivants restent chez eux, mais que d'autres créatures, mauvais augures et porteuses de grands malheurs, viennent tourmenter les deux mondes. Il ne fait pas bon de sortir de chez soi ou d'offenser qui que ce soit un vendredi 13.

Au sein de la Fondation SCP existe une tradition dont les plus hautes sphères de la Fondation n'ont jamais ouï dire, ou oublié de façon fort convenante. Les vendredi 13, plusieurs employés de tous les départements se réunissent en secret, afin de se narrer des histoires, courtes et glaçantes, à la manière de campeurs au coin du feu souhaitant effrayer leurs amis avec des boniments grossiers.

La différence étant qu'ici, tout est vrai.

Agent, chercheur, archiviste, technicien de surface… Tous ont rencontré, au cours de leur carrière, des choses effrayantes, singulières, dérangeantes, dont ils n'ont jusqu'alors jamais osé parler. En ce jour funeste, les langues se délient, le croyant déraisonne et le sceptique se convainc lui-même, la vérité éclate par un murmure tout juste soufflé à l'oreille de ses voisins dans un vain effort de conjurer le mal.

Lui signifier que le malheur, la malchance, l'horreur… les personnes qui prennent la parole les connaissent bien, et de près. Qu'elles méritent davantage la pitié de ses serviteurs que leurs tourments.

Bien sûr, cela peut ne pas marcher, mais quelle importance ?

Au moins les histoires narrées en cette occasion n'iront pas dans la tombe de leur propriétaire, et perduront telles un avertissement destiné à celui qui prendrait sa place dans le monde terrifiant de la vérité brute, anormale.

Le but de cette page collaborative est d'écrire de courtes histoires d'horreur disposant d'une chute et d'une trame. On ne demande pas du Lovecraft, juste un minimum de qualité au niveau des chutes, un peu de surprise et d'innovation ! Toujours avec les requis classiques en matière d'orthographe, bien sûr.

Merci d'utiliser le code ci-dessous pour créer votre histoire horrifique :

+ #Numéro de l'histoire — Titre

Blablabla spooky bla blah blah il meurt.

//par [Insérez le nom de la personne fictive narrant cette histoire, ou remplacez par Anonyme si vous n'en avez pas].//

__Auteur__ : [[*user VotrePseudo]]

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1 — Trop près

Bon, vous avez entendu parler de l'affaire du HLM à Marseille, celui qui comptait pas moins de 2000 esprits, y compris des poltergeists, des esprits-vengeurs, des démons et autres belles saloperies ? Oui ? Bien.

J'avais une collègue… Marie, elle s'appelait Marie. Mariée, un nourisson qui allait sur ses deux ans. Elle était allée s'occuper du cas de cette maison, avec sa FIM. Pas un accroc, pas une égratignure, elle est rentrée en pleine forme, quoiqu'un peu ébranlée par tous les trucs qu'elle avait vus dans l'appart. Bref.

Faut savoir qu'elle et son époux vivaient dans un tout petit appart, ils économisaient pour s'offrir plus grand. Du coup y avait toujours des merdes un peu partout, je me souviens surtout de leur chambre, celle des adultes hein, pas celle du petit. Remplie de peluches du sol au plafond. Le conjoint de Marie, j'ai oublié son nom, adorait les peluches et les jouets d'enfant, alors ils en avaient eu bien avant la naissance de leur fils.

Du coup : après son intervention, elle est rentrée chez elle. Non, pas de trucs bizarres qui se passent ensuite comme dans les films d'horreur, c'était plus subtil que ça. Rien d'anormal, du tout. Juste une chose curieuse : tous les jours, Marie trouvait une peluche sur le sol de sa chambre, comme tombée d'une étagère. C'était toujours la même, un caméléon je crois. Bref, elle la remettait en place, engueulait un coup son mari, qui lui assurait ne pas y avoir touché comme à chaque fois, et partait au travail. Paf le lendemain, rebelote. Au bout d'un moment, Marie a abandonné et n'y a plus touché.

Elle a juste noté que chaque nuit où elle la laissait en place, la peluche se déplaçait un peu plus près d'un des murs de leur chambre, celui qui séparait leur pièce de la chambre de leur gamin. Jusqu'à ce qu'elle touche le mur même.

Ta gueule Salem, c'est moi qui raconte.

Hmm… Le lendemain, Marie a trouvé la peluche éventrée sur leur lit. De l'édredon partout, des morceaux dans tous les coins de la pièce, bref, une horreur. Ils ont blâmé leur petit chien, une vieille bête d'appartement, et l'histoire fut close.

À ce stade, je savais que Marie se sentait mal à l'aise vis-à-vis de cette histoire. On en parlait souvent. Surtout que ça s'est reproduit avec plusieurs peluches ; et à chaque fois, leur cheminement vers le mur se faisait en moins de nuits, de plus en plus court. Même son mari avait peur de toucher aux poupées maintenant.

Un jour, juste après avoir retrouvé la peluche de tigre blanc déchirée sur son oreiller, Marie est entrée dans la chambre de son fils et a retrouvé son berceau, lui à l'intérieur… tout. contre. le fameux mur.

Il était censé avoir été vissé au sol pour éviter tout accident.

Elle a flippé, a pris son gamin, leur chien et son époux, et ils sont partis dormir à l'hôtel. La Fondation leur a procuré un logement de rechange et s'est occupé de l'immeuble. Une saloperie qui s'était accrochée à Marie et l'avait suivie. Heureusement pour elle, elle a réagi à temps.

Aux autres étages, la Fondation a estimé que les pertes, celles de la nuit où ils sont partis, s'élevaient à quatre animaux domestiques et à six gosses.

Je sais pas trop comment va Marie maintenant, elle a été mutée dans le Nord. J'espère que, sur les 2000 saloperies qui pourraient lui en vouloir à cause de l'histoire du HLM, celle-ci ait été la seule qui soit parvenue à la suivre.

par l'agente Raaida Abaad.

Auteur : DrCendresDrCendres


2 — Reflet de culpabilité

… Bon. Je veux vous raconter cette histoire depuis… longtemps. Alors allons-y.

Daisuke Satō. C'est le nom de celui dont je vais vous parler ce soir. Originaire de la branche japonaise, bilingue en français, lui et sa femme, aussi chercheuse, sont venus vivre en France travailler avec notre branche. Il était chercheur en robotique.

Son histoire commence au Japon, lorsqu'il n'est encore qu'un adolescent. Il se penche pour admirer son reflet dans l'eau, et là, surprise ! C'est celui d'une jeune femme blonde, blanche, traits européens. Toute ensanglantée et désarticulée.

Dorénavant, Daisuke ne verra plus qu'elle. Dans les vitres, dans les miroirs, dans l'eau, même sur les photos. Toujours à sa place, dans la même position que lui, le regard vide. Pas besoin de le dire, Daisuke est le seul à la voir. Au fur et à mesure, il en oublie même sa propre apparence.

Il croit au paranormal et fait quelques recherches. Tout en menant de brillantes études à côté. Il rejoint la Fondation, sans jamais les mettre au courant de sa particularité, il ne sait pas trop quoi en faire.

Il rencontre la personne qui deviendra sa femme. L'épouse. Ils sont heureux.

Puis sont mutés en France. Tout va bien.

Quelques années s'écoulent, Daisuke s'épanouit dans son travail. Lui et sa femme ont une petite fille.

Tout va bien.

Un jour, chez des amis, il fait la connaissance d'une Française. Blonde, blanche, traits européens.

C'est celle qu'il voit tous les jours dans son miroir le matin.

Mais cette version-ci est vivante, elle rit, elle parle, elle agit. Daisuke ne sait pas quoi faire, mais il est convaincu qu'il doit rester en contact avec elle. Pour empêcher sa vision, dans le reflet, de se réaliser.

Ils se revoient. Se rapprochent.
Il… trompe sa femme avec elle. Dans le plus grand des secrets.

Un jour, ils rentrent d'une soirée un peu arrosée. La Française est éméchée, c'est Daisuke qui conduit, il ne boit pas pour des raisons médicales. Pris dans le délire éthylique qui saisit sa maîtresse, il va néanmoins tenter de lui faire plaisir en faisant l'imbécile avec sa voiture.

Il perd le contrôle, ils ont un accident.

Daisuke s'en sort avec quelques égratignures. La Française, elle, est morte.

L'opinion officielle, du point de vue juridique, l'exempte de toute responsabilité. On blâme un feu défectueux, qui a en effet joué un rôle majeur dans cette tragédie. Mais lui sait qu'il est l'origine première du décès de la Française. De la réalisation de la vision.

Daisuke n'ose plus se regarder dans un miroir. Il les évite plusieurs semaines durant, hagard.
Puis un jour, il décide pour une raison obscure, de s'y confronter. De voir ce qu'il est advenu de la femme blonde et ensanglantée.

Il se retrouve nez-à-nez avec une vision de sa fille adolescente, pendue.

Daisuke s'est suicidé la nuit qui suivait. Il ne voulait pas être la cause d'une mort supplémentaire.
Tout ça, il me l'a expliqué dans une lettre que j'ai retrouvée aux pieds de son cadavre.

Il ne voulait jamais savoir la façon dont il pousserait notre fille à se suicider.

par la chercheuse Mitsuha Satō.

Auteur : DrCendresDrCendres


3 — Une confiance totale.

Bon, pourquoi tu souffles toi ? Ça te dérange que je dise bon ?

Bref, ce que je vais vous raconter n'a justement rien de bon.

Par une chaude nuit d'orage, j'étais affecté à la garde d'un truc. Oui, un truc. On m'a juste dit que c'était dangereux et que je devais laisser passer personne, mais je ne savais pas et je ne sais toujours pas de quoi il s'agissait.

C'était en pleine forêt, du côté de l'Amazonie, il y avait des drôles de bruit de craquement, de grincement, mais c'était normal non ? Le vent, les bêtes, n'importe quoi peut faire ce genre de bruit. N'empêche que c'était assez déstabilisant pour que je m'accroche à mon arme comme un gilet de sauvetage.

Courageux comme je suis, j'ai d'abord hésité à appeler mes collègues qui devaient sûrement se mettre mal de l'autre côté de notre camp. Ils m'ont laissé seul les salauds.

Bref, j'étais tout seul et mon arme me paraissait totalement ridicule devant l'immensité de la forêt.

Il faisait de plus en plus sombre.

Les bruits se rapprochaient, de plus en plus fort, de plus en plus oppressants.

Le truc, c'est que ça ne venait pas de devant moi, vers l'obscurité… non.

Ça venait de l'intérieur de la tente où il était censé y avoir le truc.

Des bruits bizarres, inintelligibles.

C'était ma sœur qu'ils avaient enfermés.

Ma peur se dissipa d'un coup, remplacé par une intense colère envers les bâtards qui l'ont enfermé.

Elle s'approcha doucement de moi, elle était à moins d'un mètre quand elle me parla.

Je me rendis compte au même moment que ce n'était pas ma soeur que je devais surveiller, mais un truc, un truc qui te tue.

Et je me rappelais aussi que ma soeur était morte depuis moins de trois jours.

Mais je lui faisais confiance, une confiance aveugle. Vous me faites confiance aussi non ?

par SCP-231-09

Auteur : Dr HinaultDr Hinault


4 — Une intervention comme les autres

Une histoire… Mmmh… Vous ai-je donc déjà raconté cette fameuse intervention du 18 octobre ? C'était il y a… Seize ou dix-sept ans, je ne sais plus trop. Il faut dire que c'était il y a assez longtemps.

C'était donc un 18 octobre. Une intervention classique. Un SCP à récupérer. Des agents l'avaient déjà filé, il ne restait plus qu'à le cueillir. Quelqu'un d'isolé, dans une maison à l'écart de la ville. Une intervention facile donc. Enfin, qui aurait dû être facile.

Comme ils ne connaissaient pas trop les pouvoirs de l'entité, et qu'il fallait la récupérer en urgence… Je sais plus… Une histoire de dossier à rendre ou un truc comme ça… Bref, ils ont formé une équipe d'intervention en urgence. Dix hommes, plus moi à leur tête. Je ne les connaissais pas du tout, et eux non-plus ne se connaissaient pas. De plus, personne ne cherchait à connaître le nom de l'autre, vu que ce serait une mission extrêmement courte.

Donc nous arrivons, moi et mes dix gars. Il était tard, vers les 19 heures. Il y avait un de ces vents ! À décorner un bœuf. Donc je leur fais signe d'avancer, vu que j'avais imaginé une attaque frontale. Ouais je sais, c'est assez stupide, mais je voulais qu'on en finisse rapidement.

On enfonce la porte, on entre en courant en regardant de partout. Mais pas un bruit. Pas une lumière. Pas un mouvement. Alors que les gars du renseignement nous avaient affirmés que l'entité était présente, et ce cinq minutes auparavant.

Donc, procédure habituelle , on commence à fouiller le jardin, puis chacune des pièces de la maison, tout en veillant à ne laisser aucune issue possible pour une quelconque entité. Au bout d'une heure de recherche, toujours rien. On aurait dit que l'habitant s'était volatilisé.

Bien sûr qu'on avait bien fouillé. Chaque recoin, chaque placard, chaque dessous de lit. Même dans la cave. Et pourtant, absolument rien.

Donc je réunis mon équipe. Je vérifie qu'il n'y a pas de blessures, de quelconque traces de passage d'une possible entité sur mes gars, mais toujours rien.

Alors je saisi mon talkie et j'informe le centre de l'échec de la mission. Ça me grommelle à la figure, ça dit que je vais être rétrogradé… Bref, pas la joie. Et à ce moment-là, pour ne rien arranger , il se met à pleuvoir. Je range mon talkie avec une petite pointe de découragement, et là je me rends compte d'un truc : j'ai devant moi onze agents, alors qu'au début ils n'étaient que dix.

Ils se ressemblaient tous : même combinaison, même casque, même arme. Impossible de les différencier, pas un élément qui permettrait de les distinguer.

Ce que j'ai fait ? Rien. Du moins pas tout de suite.

Comme si de rien n'était, je leur ai dit de revenir au véhicule. Je suis monté à l'arrière, mais je n'ai rien dit de plus. Pendant le voyage retour, je les regardait tous, un par un, avec un regard suspicieux. Si j'ai finalement fini par le trouver ? Non.

Arrivés au centre, j'ai bondi hors du véhicule et j'ai hurlé aux gardes présents que l'entité était à l'intérieur. Tout de suite, des coups de feu ont retenti, des cris, des sons de lutte. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé à l'intérieur, et je ne tiens pas à le savoir.

Après toutes ces années, je n'ai toujours aucune idée de ce que l'entité a pu devenir. Est-elle morte ? Ou se balade-t-elle encore dans les couloirs de la Fondation ? Est-ce l'un d'entre vous ? Ou l'un d'entre nous ?

par l'agent Jenkins.

Auteur : Henry Von KartoffenHenry Von Kartoffen


5 — Cours vite

Bon, puisqu'il faut raconter des trucs effrayants, je vais m'y mettre aussi.

Avant de commencer mon histoire, je tiens à me présenter : je suis l'agent Édouard Mounier, ex classe D qui a été en quelque sorte promu. Je vais vous raconter un peu comment je me suis retrouvé là.

5000, c'était le nombre qu'on était. 5000 classes D, toujours près à servir la Fondation… de grés ou de force. Cependant, sur ces 5000, je fus le seul qui fut choisi pour tester un truc.

Non, non, son nom, c'est pas “Le truc”.
Quel skip a “truc” dans son nom ?

Bref, c'était un safe apparemment, mais vu le regard du maton, ça ressemblait plus à la mort personnifiée derrière cette porte. Je fus donc amené dans une pièce, les murs étaient tous de la même couleur : rouge. Mais aucun meuble, juste… du rouge.

Du sang, noooon, trop classique.
Juste du rouge.

Un mouvement imperceptible sur ma gauche.
Un autre sur ma droite.
Un toussotement vers le haut.
Une main m'agrippe la cheville vers le bas.

C'était pas les murs qui étaient en rouge, c'était des tas de personnes tellement collés qui recouvrait le plafond, les murs, et… le sol. Curieusement, je n'ai pas eu peur une seule seconde. C'est anormal ça… non ? La Fondation est peut être déterminée à préserver les classes D. Je commence à l'aimer.

La cellule de confinement était le SCP. Mais pas n'importe lequel, un SCP rouge avec un niveau de menace blanc.

Pourquoi blanc ?

Parce qu'il est utile à la Fonda pardi !

Il permet de transformer les classes D en esclave ! Rien de mieux qu'un asservissement total pour que les classes D soient plus enclin à travailler.

Quoi ? Moi ? Ah et bien c'est moi qui ai fait croire ça à mes supérieurs pour réintégrer les classes D à la vie active. Le SCP a juste le pouvoir de foutre la trouille à toutes les personnes qui envoient des gens à la mort.

Oh ?

Vous entendez ça ?

Il y a une petite rébellion anti-Fonda là-bas pour exterminer les derniers salauds qui nous ont contraint à bosser avec ces immondices.

Et…

Oui… c'est ça.

Ils se dirigent vers vous, le dernier membre actif qui n’est pas encore un classe D.

par D-2109, autoproclamé "l'agent Édouard Mounier".

Auteur : Dr HinaultDr Hinault


6 — An Tad-ar-pesked

Ça tombe bien que vous me posiez la question, j'ai justement une histoire que mon tadig-kozh1 m'avait raconté quand j'étais gosse. C'était son tadig-kozh qui lui avait conté et j'le ferais aussi à mes p'tiots quand je le serais à mon tour. C'est une question d'héritage, m'voyez ? Plus personne entend notre parler donc les contes de grand-mères c'est tout ce qui nous reste. Enfin sauf que là c'est pas un conte comme les autres vu qu'il a de grandes chances d'être vrai.

Mon tadig-kozh c'était un Eusaad, un habitant d'Ouessant. Vous savez, cette petite île battue par les vents et perdue au milieu de la mer d'Iroise. Aujourd'hui c'est simple d'y aller, t'as juste à prendre un des bateaux qui amènent les touristes ou même l'avion si t'es vraiment pressé. Mais dans le temps c'était pas pareil. Déjà, t'avais pas d'avions, c'est sûr. Ensuite, la mer d'Iroise c'est pas n'importe quelle mare. On l'appelle le cimetière des bateaux. Je saurais même pas vous dire combien de navires ont sombré dans ces eaux froides mais on dit parfois que les galets blancs qu'on trouve sur les plages sont en fait les os polis par les vagues des marins noyés au large. "Qui voit Ouessant voit son sang" qu'ils disaient et ils avaient pas tort.

Les habitants étaient comme l'île, austères, puissants, voir même un peu sauvages parfois. Remarquez, en ce temps-là il n’y avait que les pêcheurs, les bergers et les goémoniers. Des gens simples aux préoccupations simples. En fait ça se résumait à trois choses : les récoltes, la mer et la religion.

À l'époque où je vous parle, ça faisait 1400 ans que Saint Paol2 était passé dans le coin dans son bateau de pierre pour évangéliser tout ce beau monde (si, si, j'vous jure, faut croire que t'as pas besoin de beuh quand t'as des goémons). Ça veut dire que grosso modo tout le monde sur l'île était baptisé et avalait le Gaspard tous les dimanches que le bon Dieu fait. Mais bon, c'est une île reculée au milieu d'une mer déchainée donc ça entraine des… particularités spirituelles dirons nous. En bref, on n'avait pas encore abandonné les anciens dieux, au contraire. Si tout le monde allait religieusement à la messe, une fois rentré chez eux, quand le vent soufflait dehors et que les moutons bêlaient dans l'étable, la ménagère mettait un peu de sel sur le seuil pour empêcher les korrigans d'entrer dans la masure.

Enfin, d'un côté on avait ces croyances paysannes, de l'autre on avait le Tad-ar-pesked. Mon tadig-kozh me disait qu'il vivait sous un îlot au nord-ouest de l'île. Déjà qu'Ouessant est pas l'endroit le plus calme de la région, c'était pire. On les appelait les rochers du Diable. C'était d'obscurs crocs granitiques qui dépassaient à peine de l'eau à marée haute et que le pilote non expérimenté n'aurait eu aucun mal à empaler sa bisquine3 dessus. Mais les gars qui y allaient savaient pertinemment ce qu'ils y faisaient. Ils répétaient ce que leurs ancêtres faisaient depuis des milliers d'années. Ils allaient voir le Tad-ar-pesked, le Père des poissons. D'après eux, le monde était fait pareil partout et tout ce qui existait en haut avait son équivalent en bas. Ainsi, le ciel avait l'Bon Dieu et la mer avait le Tad-ar-pesked.

Bien sûr, l'curé et les nonnes voyaient d'un mauvais œil ces bateaux qui partaient au crépuscule vers le nord-ouest. Mais quand on posait la question, personne n'était allé en mer ce soir-là et tout le monde était présent à la messe du dimanche. C'était un genre de mix entre la chrétiennerie et les anciens dieux vous voyez ? Bien sûr, on se mariait à l'église sous le regard de Saint Paol mais il était quand même de bon ton d'aller porter un agneau au Tad-ar-Pesked pour s'attirer ses faveurs. Comme ça au moins, on était sûr qu’il n’arriverait rien au mari en mer, que les moutons se porteraient bien, que la mariée tombe vite enceinte et fasse plein de bébés en bonne santé. Enfin, c'était vrai jusqu'à l'an 1861.

En c'temps-là, Ouessant c'était vraiment le trou perdu de la Bretagne. Il y avait pas de problème d'inégalités, tout le monde était pauvre. La pauvreté, la météo à la con et le fait de se marier uniquement entre eux depuis des siècles a fait son office. Donc, en mars 1861, vl'à que des gamins se réveillent avec la langue rouge framboise et les joues toutes gonflées. Ils sont morts dans la semaine. C'était la terzhienn-ruz, la fièvre rouge4. Ça, mes amis c'était une saloperie. Ça visait en priorité les enfants et on avait aucun traitement avant l'arrivée des antibiotiques. Remarquez, les adultes n'étaient pas en reste vu que la diphtérie est arrivée à peine plus tard.

Le gros problème c'était qu'il n'y avait pas de médecins sur l'île, tout juste un chirurgien qui ne savait pas trop quoi faire. Heureusement si on peut dire, no't bon empereur5 a envoyé un vrai médecin depuis Brest pour faire état de la situation. Oui, juste faire état de la situation vu que de toute façon on savait pas soigner la maladie. Allez regarder sur Internet, vous verrez que c'est vrai. Enfin bref, le curé faisait des messes, les enfants continuaient à mourir. Les nonnes faisaient des processions, les enfants continuaient à mourir. Tout le monde faisait pénitence devant l'Bon Dieu, les enfants continuaient encore et toujours à mourir.

Il y avait en c'temps là une très vieille femme qui vivait dans une cabane branlante au Nord de l'île. Je connais pas son nom, mon tadig-kozh l'appelait juste la groac’h, la sorcière. Au final c'était plus un genre de guérisseuse, voir une druidesse. Enfin, une guérisseuse, faut bien avouer qu'elle guérissait pas grand monde ces temps d’épidémie. Mais pourtant, les gens continuaient d'aller la voir. Vu que le dieu des chrétiens ne pouvait rien pour eux, peut-être que les dieux de chez eux, bien plus anciens, avaient le pouvoir de les guérir ? Alors la groac’h a pris une barque et s'en est allée. Oui, vous avez bien entendu. Elle est montée dans une barque et la coquille de noix a immédiatement foncé à travers les vagues. Cette nuit-là le vent souffla plus fort et la mer gronda de plus belle. On l'a pas revu avant le dimanche quand elle est apparue sur la grande place de Lampaul6 pour haranguer la populace à la sortie de l'église.

- Nous avons oublié les anciens dieux, disait-elle, et ils se vengent sur nous en envoyant la fièvre rouge ! Le Dieu des Francs vous a trompé mes sœurs et mes frères, seuls le Père des poissons nous offrira le salut !
- Mais groac’h, demandèrent les Eusaiz7, que devons-nous faire ? Comment calmer la colère du Père des poissons ?
- Je vais vous le dire mes sœurs et mes frères. Le Père des poissons est seul depuis trop longtemps et il a besoin d'une reine pour siéger à ses cotés sur son trône d'os et de corail. Réjouissez-vous mes sœurs et mes frères, le roi des océans a jeté son dévolu sur une fille d'Eusa.
Une exclamation monta dans la foule. Une fille d'Eusa ? Toutes les mères et tous les pères eurent le cœur qui se mirent à battre à toute vitesse. Qui était cette fille ? Qui devrait emmener son enfant aux rochers du diable et donner sa main à quelque innommable déité païenne venue du fond des âges ? On voulut poser la question à la groac’h mais elle fut interrompue par le garde champêtre qui tenta de l'emmener à l'écart pour éviter l'émeute. Elle se débattait et hurlait de plus belle :
- Arrête sombre idiot, je dois délivrer le message du Père des poissons ! Il veut sa promise et si Il ne l'a pas, de grands malheurs arriveront à Eusa ! Les poissons s'en iront ! Les agneaux naitront morts et difformes ! La famine nous prendra nos filles ! La guerre nous prendra nos fils ! Et l'Ankou viendra pour les âmes des autres !
Elle vociféra cette dernière invective juste avant d'être sortie manu militari de la place. À la mention de l'Ankou, tous frémirent. Les quelques bébés qui se trouvaient là se mirent à pleurer et les chiens à aboyer. Le curé et les nonnes étaient secoués, tout comme les autres habitants. Tout le monde est rentré chez soit en pensant avec effroi aux paroles de la groac’h.

On ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé cette nuit-là. D'après mon tadig-kozh, le vent a soufflé encore plus fort que les nuits précédentes. La mer semblait animée d'une force sauvage et des vagues gigantesques s'abattaient sur les plages de granit. Et soudain, à minuit, un calme surnaturel s'est abattu sur l'île. Le vent et la mer s'étaient tu. Il n'y avait plus aucun bruit au dehors. Les habitants restèrent terrés dans leurs masures jusqu'au matin tel des animaux apeurés, ne sortant de leur torpeur que pour faire des signes de croix et remettre du sel sur le pas de la porte.

Au matin on découvrit qu'Ana Lefur, la fille d'à peine 15 piges d'un pauvre pêcheur, s'était volatilisé. La mère bafouilla les larmes aux yeux qu'elle, qui était pourtant si bien portante la veille, avait succombé à la fièvre rouge. Les parents dirent qu'ils avaient enterrés le corps dans leur parcelle afin de toujours l'avoir auprès. Étrangement, il semblerait que le garde champêtre les ait cru et qu'il n'y eut jamais de véritable enquête. L'affaire semblait close mais tous savaient ce qu'il s'était vraiment passé sans vouloir l'admettre. Peu importe ce qu'il s'était passé cette nuit-là, le Tad-ar-pesked avait une nouvelle reine.

Maintenant je vous vois venir. Ça ne pourrait être qu'un énième exemple d'hystérie collective qui a entrainé au meurtre malheureux de cette jeune fille innocente. Oui, c'est vrai que c'est possible. Mais toujours est-il que l'épidémie s'arrêta dans les jours qui suivirent et qu’on n’entendit plus jamais parler de la groac’h. Certains ont dit qu'on l'avait retrouvé morte dans sa masure mais la vérité est qu'on ne trouva jamais son corps. Quelques temps après les faits, on a retrouvé le père Lefur pendu au mat de son bateau et la mère a sombré dans l'alcoolisme avant de mourir dans les mois qui suivirent. Néanmoins, le fils ainé a repris quelques temps plus tard le bateau de son père et n'a plus jamais remonté que des filets pleins à craquer.

Voilà, j'ai terminé mon histoire. Vous pouvez la prendre comme vous voulez. Peut-être que le tadig-kozh de mon tadig-kozh a tout inventé. Peut-être que ce n'était qu'une réaction exagérée de la part de la population à un mal qu'elle ne connaissait pas. Enfin bref, je dis ça comme ça mais je pense qu'il serait judicieux que la Fondation pense à envoyer un bateau dans la zone un de ces quatre. M'est avis qu'il y a peut-être bien autre chose que des sardines et des goélands dans ce coin la mer d'Iroise et que ça fait d’ailleurs un moment que personne n'est allé le voir avec un mouton bien gras ou une jeune vierge…

par l'Agent Lecam

Auteur : SkeledennSkeledenn


7 — Des affaires de grandes personnes

ARCHIVE EFFACÉE - RESTAURATION DEPUIS LE SERVEUR LOCAL

La vie d'un bureaucrate est barbante, mais très stressante quand tu fais partie de la Fondation. On te presse, on te compresse, sans que tu ne puisses rien dire sans craindre de te faire réprimander. Enfin, réprimander, c'est un terme bien léger pour ce qu'ils nous feraient s'ils le voulaient. D'ailleurs, ils l'ont déjà fait.
Vous avez entendu parler de ce gars qui a fouiné là où il ne fallait pas ? Moi non plus, enfin, officiellement. On ne sait pas ce qui lui est arrivé. Enfin, c'est ce qu'on nous dit de croire.
Moi, je l'ai vu. J'ai vu cet horrible châtiment.
J'étais dans mon bureau, très tard, alors que c'était strictement interdit. J'entendis des pas, se rapprochant de plus en plus. La lumière de la salle entrait par la petite fente de mon mur. Il valait mieux que j'éteigne mon écran.
Il y avait deux agents, le fameux gars dont j'ai parlé plus haut, et cet autre Homme. On ne le voyait presque pas, à croire qu'il déviait la faible lumière déjà présente dans la salle. Il ressemblait beaucoup à un membre haut placé, avec son costard cravate.
Il était recouvert de sang. Il y en avait sur ses mains, et sur ses habits.
Jamais je n'oublierai son regard. Ce gars, il avait un sourire à s'en déchirer le visage. Il commença à parler :
"Alors, dit-il, on se permet de se mêler des affaires des grandes personnes ?
- Je… Balbutia mon collègue
- La ferme ! Je ne t'ai pas demandé de parler !"
Le pauvre homme se prit un coup de crosse si violent que sa dent vola à travers la pièce, derrière une horrible traînée de sang. Il éclata en sanglots
"Relève toi quand je te parles ! Et regardes moi !"
Le costard cravate se tourna vers un agent, et lui dit amèrement :
"La tenue"
Il prit dans ses mains une tenue orange, vieille, déchirée, et délabrée et la jeta sur le bureaucrate, agenouillé à ses pieds.
"Enfiles ça, et vite !
- Mais qu'est-ce que j'…"
Le coup de pied que mon collègue subit fut si fort qu'on entendit sa mâchoire se craqueler en petits morceaux.
"Foutez moi ça dans une pièce qui lui conviendra"
Sereinement, le haut placé repartit, comme si de rien n'était.

Je n'ai plus jamais revu cet homme, ni l'autre habillé en orange. J'ai une idée de ce qu'il est devenu, mais je ne préfère pas y penser.

par le bureaucrate Classe-D ███████

ATTENTION : Votre intrusion dans le système a été détectée. Veuillez vous présentez immédiatement dans le bureau de votre directeur de Site. - L' Administrateur

Auteur : Dr SchwallerDr Schwaller


8 — Cadavres exquis.

Bonsoir à vous. Je me nomme Martin Sixol, médecin légiste du Site-Beth.

J’ai intégré cette fonction il y a trois jours et ce que je prenais pour une douce hallucination pourrait bel et bien être la réalité. L’événement que je vais désormais vous conter s’est déroulé il y a de cela plusieurs semaines au Site-Aleph. Et il commence aussi à avoir lieu au Site-Beth….

Il était une fois une morgue. Une morgue dont j’étais le propriétaire.

Cette morgue était spéciale. Vous n'êtes pas sans savoir qu’en temps qu’ex-médecin légiste du Site-Aleph, j’ai l’habitude d’étudier les cadavres des entités mortes,… mais aussi ceux des Classe-D

Ma morgue était magnifique, splendide, superbe. Je ne pourrais vous décrire avec de simples mots la beauté figée des cadavres que j’étudie. Je les regarde chaque soir, relevant des détails qui n’y était pas hier et des os qui y était encore…mais qui ne le sont plus après…

Oh mes beaux cadavres : carbonisés, démembrés, souvent inutile, presque toujours des Classe-D. Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les Classe-D avaient un matricule qui correspondait pour certain à un vieux détenu décédé ?

Moi oui…

Oh mes doux cadavres, pourquoi chaque soir que Dieu fait, j’entends des bruits dans ma sublime morgue ? Pourquoi il fait ça ? Aucune grâce, aucune beauté ! Que de la colère et de la peur.

Pourquoi Dieu ? Pourquoi ? Cet immonde squelette récupère les os de mes beaux cadavres. et il récupère aussi les matricules… pas pour lui…

Mais pour nos employeurs…

Oh ! Je jurerais avoir déjà vu cet os dans ma magnifique morgue ! Oui ! C’est la douzième fois depuis le début de ma carrière que j’étudie le même os et le même matricule… mais avec des visage différents encore et encore. Des vieux, des jeunes, des tenues oranges et même un noeud papillon !

Ce squelette, cet immonde squelette pille mes cadavres, mes beaux cadavres ! Je me demande ce qu’il en fait ?

On me dit de ne pas poser de questions, cela me convient tant que je peux étudier la mort, mes cadavres exquis, mes cadavres de seigneurs déchus réduit à une simple lettre : D.

Comme Détritus ? Comme Docteur ? Comme Déficient ?

Qu’importe, ils sont morts. Certain dirait que la mort est une fin… c’est faux. J’étudie la fin depuis trop longtemps pour ne pas savoir quel est la prochaine étape.

Oh un autre cadavre arrive… et ce tibias ? C’est le splendide tibias que j’ai étudié le mois dernier, et celui d’avant, et celui d’avant la construction de cette nouvelle morgue. C’est une femme cette fois, mais c’est toujours le même tibias… celui que j’ai étudié 12 fois… 13 maintenant.

Oh ! Nous sommes vendredi 13.

Si j’ai de la chance, je le verrais aujourd’hui mon immonde squelette. Et peut-être que vous aussi ?

par le Dr Sixol, ex-responsable de la morgue du Site-Aleph..

Auteur : Dr HinaultDr Hinault


9 — Paradoxe statistique

Bon, on dirait que c’est à mon tour de raconter une histoire. Mais j’ai peur qu’elle soit moins captivante car elle remue un peu les méninges. Au fait, j’ai refait du café. Je vous conseille d’en prendre, pour rester concentré.

Ces derniers temps, des collègues au laboratoire de psychologie, sont tombés sur un problème probabiliste appelé aussi “paradoxe de la belle au bois dormant.”

Personnellement, je ne sais pas où les statisticiens vont chercher l’inspiration mais ça a nettement moins de gueule que “théorème de Bolzano-Weierstrass” ou “fonction Zêta d’Euler”. Mais je m’égare.

En gros, imaginez que l’on prenne un classe-D. À chaque fois que l’on a un entretien avec lui, on lui explique en détail les règles du jeu, puis il doit deviner le résultat d’un tirage à pile ou face effectué en secret par les chercheurs au tout début de l’expérience. Une réponse erronée entraînant naturellement la mort du sujet.

Le problème s’énonce de la façon suivante :
L’expérience commence un vendredi. On administre au sujet un amnésique de classe B. Les chercheurs procèdent ensuite au fameux tirage à pile ou face.
- Si c’est "Face", ils procèdent à un seul entretien avec le classe-D.
- Si le résultat est pile et que le classe-D survit au premier entretien, celui-ci reçoit un sédatif et un amnésique de classe B. On le réveille le samedi pour un deuxième entretien.

Je vois que certains d’entre vous sont sceptiques. Vous vous demandez sans doute l’intérêt d’utiliser des amnésiques.

Eh bien, sachez que le sujet est au courant qu’il ne connaît ni la date de l’entretien, ni le nombre d’entretiens déjà effectués… et c’est là que se porte tout l’intérêt de l’expérience. En effet, les mathématiciens ont prouvé que du point de vue du sujet, il existe deux façons de calculer la probabilité que “Face” soit la bonne réponse. Or, ces deux façons sont cohérentes et donnent chacune un résultat différents :
- une chance sur trois si on considère le nombre total d’entretiens possibles,
- une chance sur deux si on considère que le manque d’information sur la date rend indépendant la réponse d’un tirage par pile ou face.
Il est donc intéressant d’étudier la réaction d’un sujet raisonnable et sain d’esprit face à ce paradoxe.

Je vois que vous vous demandez ce qu’en a pensé le conseil d’éthique. Et je dois décevoir vos attentes : le projet en l’état n’est même pas arrivé jusqu'à eux car la hiérarchie a mis sont véto pour deux raisons fort simples :

Premièrement, quelque soit la probabilité de faire “Face”, le classe-D ayant un minimum de jugeote, et conscient de son incapacité à évaluer correctement la probabilité, misera sur “Pile” pour prendre le minimum de risque (chance de perdre = 1/2 ou 1/3). L’expérience n’a donc que peu d’intérêt puisque le résultat est facilement prédictible.

Deuxièmement, tous les test psychologiques nécessitent un large panel de candidats pour éviter d’avoir des résultats biaisés. Or, la plupart des classes-D disponibles sont soit déjà triés, soit déjà réservés pour d’autres expériences d’un niveau de priorité plus élevé.

Sachez Mesdames et Messieurs que notre entretien touche désormais à sa fin, ceux qui auront deviné correctement la date d’aujourd’hui recevront une dose d’antidote au poison qui se trouve dans leur café.

par Dr.Michel

Auteur : agent shadowwalkersagent shadowwalkers


#10 — Épouvantail

Une histoire ? Ça vous suffit pas de bosser toute l'année avec des monstres faut en plus que je vous raconte ce qu'ils font ? Mais bon si vous insistez…

C'était il y'a 5 ans et on faisait de l'exploration d'univers. Comme d'habitude, on ouvre le portail, on envoie un drone et on attend pour voir si il ramène des trucs intéressants. Donc on ouvre, on regarde (une très jolie plaine, des animaux genre vaches qui broutent) rien de bien alarmant.
On s'apprête à le ramener quand le drone a une défaillance au niveau du système de propulsion, il se pose et il peut plus bouger.
Forcément ça nous fait chier donc on envoie un classe-D le chercher, faudrait pas gâcher un drone d'explo à 10 000 balles. Le classe-D rentre et se dirige vers le drone. On le suit avec une oreillette, histoire qu'il aille pas gambader dans les prés, se rouler dans l'herbe et toutes ces conneries. Il ramasse le drone et il rentre. Y'a bien eu une défaillance radio de trente secondes mais merde quoi c'est de la communication radio ENTRE DEUX mondes, bien sur que ça bugue de temps à autres. Il rentre avec le drone dans les mains, on s'apprête à fermer la porte quand c'est arrivé. Vous avez déjà vu un épouvantail j'imagine ? Et bah c'était pareil, ça avait la tenue du Classe-D et ça hurlait "C'est moi putain" "Il se fait passer pour moi" "Attention à l'herbe" ah ah pathétique. Oh et la paille était de la même couleur que l'herbe : bleue. On a cramé cette saloperie qui essayait de se faire passer pour le Classe-D et voilà fin. Comment ça, ça faisait pas peur ? Je vous emmerde putain je suis chercheur en dimensionnel, pas amuseur publique. Sur ce je vous laisse, j'ai de l'exploration à faire.

Sur mon épaule ?

Juste de la paille, c'est rien.

par Anonyme.

Auteur : Pr ChainePr Chaine


#11— Ce que tu ne connais pas

Un truc flippant ? Eh bien, à part le fait que chacun de nous, mes amis, sait pertinemment que le monde pourrait être condamné à la destruction que nous n'en saurions rien, car quelqu'un de plus haut placé aura jugé que c'était une mauvaise idée de nous en aviser…
Je trouve que le plus effrayant, c'est que l'espèce humaine ressente le besoin de se faire peur ; parce quand nous frissonnons en voyant un cadavre, nous sommes en fait secrètement rassurés de le voir mort de nos yeux. Ce n'est que le soir dans notre chambre, seuls avec nos pensées, que la peur nous saisira à l'idée que, maintenant qu'on ne le voit plus, l'on ne sait plus s'il est bien immobile. Ce n'est pas pour rien que 173 crée chez chacun de nous un certain malaise, il n'a aucune raison d'agir comme il le fait et il bouge uniquement quand on ne le voit pas.
Ce qui nous fait peur, c'est ce qu'on ne contrôle pas, c'est l'inconnu. Presque tous les enfants ont grandi dans la peur de laisser leurs pieds dépasser du lit, à la merci de… rien, mais sait-on jamais ?
Moi, ce qui me fait peur, c'est de penser que ces enfants, que les psys invoquent comme exemple suprême de peur irrationnelle, ont raison, au fond. Et moi, c'est comme un grand enfant que j'irai me coucher, ce soir. Sans tirer mes rideaux pour être sûr que rien ne peut se cacher derrière, et en laissant ma lumière allumée. Parce que ce qui me fait peur, c'est que je sais que je vais le faire, sans savoir pourquoi.
On a peur de ce qu'on ne connaît pas, et c'était mon devoir que de m'inviter à cette petite fête pour y mettre un peu d'ambiance en inventant une histoire…
Quoi ? Que je sorte de l'ombre ? Non, il ne vaut mieux pas.
Sur ce, mesdames et messieurs, bonsoir, et essayez de ne pas penser à 072 ce soir ! (je vous aime bien, vous à la Fonda', ragez pas…)

par un Personne

Auteur : Dr LekterDr Lekter


#12 — Une nuit en forêt

L'histoire la plus flippante de ma vie ? Oh, j'en ai eu un tas à la Fonda avec certains SCP très… violents. Mais il y en a une qui m'a bien fait peur.

Je ne sais plus quand c'était, un jour d'hiver car les jours étaient courts. J'étais partie avec ma soœur, Ashley, visiter une forêt. On avait besoin de sortir nous deux car les précédents jours étaient plutôt… horribles pour nous. Nous venions de perdre notre mère dans un accident de voiture plutôt violent. Nous devions prendre l'air car on en avait vraiment besoin, s'éloigner de la civilisation et se perdre quelques heures dans la nature. Nous devions faire le point, raconter nos aventures. Elle seule était au courant d'où je bossais vraiment car Ash travaillait aussi dans la Fonda. J'étais chercheuse de bas niveau, elle était soldat. On s'entendait bien.

Le soir venu, on avait pas prévu l'endroit pour dormir et on a oublié les tentes. Il faisait froid et vraiment noir, une légère lumière pour voir où on allait mais pas plus. Heureusement, on est tombées sur une cabane abandonnée près d'une immense falaise. On a toqué pour être certaines, en effet, personne. Du coup on ouvre la porte, on rentre, on y trouve deux petits lits qui tiennent à peine et des cadres bizarres qui représentaient des yeux. J'ai jeté mon sac sur le sol et j'me suis allongée. On a raconté nos histoires flippantes. On a bien rigolé. Il se faisait vraiment tard, on a décidé de se coucher et de dormir pour être en forme demain et continuer notre périple. Pendant la nuit, on a sursauté car on a entendu un bruit puis plus rien. Un bruit qui s'est lentement perdu dans le vent. Il faisait toujours sombre et on était tellement crevées qu'on a pas été voir.

Le lendemain matin, en se réveillant, Ash et moi nous sommes regardées dans les yeux, surprises et totalement terrifiées. Non pas pas parce que le bruit était en fait une planche qui avait bougé dans la cabane, mais plutôt les cadres. Vous vous souvenez, ceux où il y avait des yeux ? Et bien, ce n'étaient pas des cadres, mais des fenêtres. On a tracé et on a juré de plus jamais revenir dans cette forêt.

par Dr. Stevensson.

Auteur : Agent NaomyAgent Naomy


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