Extrait du Journal d'Aframos Longvoyage, pèlerin
Annoté par Avos Torr, Érudit de la Bibliothèque de Rheve
Byrdi, vingtième cycle, septième année, 81ème tour
Cinquante-sixième jour dans les Arbres
Mes nerfs restent mis à rude épreuve. Je me suis encore énervé après Torne aujourd'hui. Il refuse de rester couché.
Nous avons établi un camp dans une grotte spécifiquement pour qu'il ne bouge pas tandis que je soigne son bras. S'il continue à bouger, il va se blesser à nouveau. S'il ne reste pas couché, je devrai peut-être l'attacher. Lorsqu'il n'ignore pas mes conseils, il parle. Il a trouvé une pierre qui le rend tout excité dans les profondeurs de la grotte. Il y a une coquille gravée dessus.
Je suis sûr que je la trouverais moi-même fascinante si je n'étais pas aussi inquiet qu'il puisse se blesser davantage. C'est une spirale, qui n'est pas sans rappeler les grandes maisons en coquille de Pella Veypal. Il n'a de cesse de parler d'une mer antique et de millions d'années de boue1. Tout cela est d'un grand intérêt, c'est certain, mais s'il ne prend pas soin de son bras, que j'ai grandement peiné à remettre en place, je devrai possiblement m'asseoir sur lui pour qu'il cesse de gigoter.
Je dois dire que parfois, effectivement, j'ai l'impression de m'occuper d'un très jeune conlin. Je sais qu'il est adulte, mais je me sens responsable de lui lorsqu'il agit de manière idiote.
J'attendrai qu'il ait arrêté de bouger quelques temps avant de lui parler de la pierre brisée avec les cristaux à l'intérieur2.

