Un réveil difficile
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Il émit un grognement.

Et réalisa qu’il s’était endormi. Il ne se souvenait ni quand ni comment, mais le fait était qu’il s’était endormi.

Pendant qu’il reprenait peu à peu ses esprits, toujours en restant amorphe, quelques bribes lui revenaient.
Oui, il s’était endormi. Il avait même plutôt bougé dans son sommeil. Et il se sentait encore lourd d’avoir tant fermé les yeux.

En parlant de ses yeux, il décida finalement de les rouvrir.
Tout était noir. Il sentait au-dessus de lui la chaude couverture qui le cachait de la lumière.
Après avoir mobilisé ses esprits, et s’être motivé, il se décida à se mettre debout, se débarrassant de ce qui l’entravait et lui couvrait le soleil.

La lumière l’aveugla, et alors qu’il se redressait, il sentit quelques graviers dans son dos. Décidément il fallait qu’il se souvienne de ce qu’il avait fait avant de s’endormir.

Il se débarrassa des graviers d’un mouvement du bras – non sans gêne, ceux-ci s’étant profondément encastrés dans sa peau durant son sommeil.

Et c’est là qu’il réalisa qu’il avait les pieds qui trempaient dans une fine flaque d’eau.
De l’eau partout. PARTOUT. Son lit étant posé sur le sol, c’était un miracle que cela ne l’ai pas réveillé.
Il chercha une explication logique, puis fini par en conclure qu’une grosse averse avait dû déclencher quelques fuites. Il avait déjà vu des averses capables de ça, dans le temps. Une fois, même, tout avait gelé, transformant son petit monde en une immense patinoire.

Il s’amusa à observer les ondes dans l’eau, provoquées par ses pas, et décida de se mettre en marche pour trouver quelque chose à faire de sa journée.

Quelque part, plus loin, un petit homme grassouillet en costume courrait à travers des bâtiments administratifs, passant portes sur portes, un rapport fraîchement tapé à la main.

Scanners optiques, empreintes, tout cela semblait le retarder tant il était pressé.
D’habitude il aurait frappé à la porte lourde et ouvragée qui constituait son point d’arrivée.

Pas aujourd’hui.

Il poussa violemment la porte, sans la moindre gêne apparente d’avoir interrompu la poignée de personnes qui semblaient être en réunion à ce moment-là dans la salle dans laquelle il venait de déboucher.

Il lui fallut quelques dizaines de secondes pour reprendre son souffle, tendre son rapport à une des personnes qui se figea instantanément, avant de déclarer d’une voix qui n’avait jamais été aussi tremblotante :

« Il… il s’est réveillé. »

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