Un jour de plus sur Terre
notation: +16+x

Journal du Dr Grym. 17/03/2500

Aujourd’hui c’est un jour de plus sur Terre.

Aujourd’hui c’est la Saint-Patrick. Enfin je crois, si j’ai bien compté. Le calendrier le plus avancé que j’ai jamais pu retrouver s’est arrêté il y a déjà un siècle.
Maintenant seules comptent les petites marques sur le mur. Commence à y’en avoir beaucoup.
Alors que je me lève et que je sors de ce trou dans la paroi, et que le soleil rouge et les tempêtes de sables pourpres battent la terre désolée à perte de vue, je me souviens du bon vieux temps.
Les batailles de matelas avec Neremsa. Les mécanismes ingénieux pour faire passer de la Guiness en contrebande dans le Site Aleph. Le colorant vert dans les tuyaux. La fête avec les amis au milieu des monstres.
Les amis… Les monstres…
Il n’y a plus de différence entre les deux maintenant. Pour ceux qui ont survécu.

La mort les a pris les uns après les autres, aidée par le temps et la faiblesse de ces corps mortels.
Neremsa, mort lors d’une brèche provoquée par SCP-062-FR. Frog, mort d’une crise cardiaque, à l’âge canonique de 102 ans. Ezcyo, mort dans un asile où il avait fini interné, ne pouvant plus supporter ses crises de dédoublement de personnalité.
Le Premier Komissaer, mort d’une crise cardiaque dans ses vieux jours, la main crispée sur Traque-Doute, suite à l’explosion d’un pétard.
Marcus, Johannes, Heiteira, Kaji, Lylah, Kaze, Gabouric, ce type bizarre, comment il s’appelait déjà ? Purpletruc. Tous morts.
Mais même Benji ne survécu pas à la Grande Guerre entre Humains et SCPs qui éclata en 2310. Son corps fut brûlé, emporté par les vents lors de l’explosion de la tête nucléaire du Site 19.
Personne n’avait survécu. Même les pires. SCP-096, SCP-106, morts.
Bright, mort, aussi, disséminé aux quatre vents en même temps que Benji, lui et son collier.

Les derniers humains n’ont pas tardé à les rejoindre. Certains ont tenté de coloniser d’autres planètes, mais leurs projets étaient trop utopiques. Ils moururent avant de dépasser Saturne.

D’autres avaient formé des cités de la dernière chance. Mais elles furent détruites. Du fait de leur propre folie, ou des conditions désormais incompatibles avec toute forme de vie.
Il n’y avait plus personne. Rien. Que le silence. Et le vent qui ricanait à nos bonheurs d’antan.
J’avais réussi à réactiver SCP-2000 , quelques décennies après le carnage. Mais les humains en résultant n’avaient pas survécu aux radiations, à la température, ni même au manque total de protection de l’atmosphère face aux rayonnements solaires. Des mort-nés, rampants sous une lumière trop dure pour eux.
Il fallait s’y résoudre. J’étais seul. Ou presque.
De temps en temps, je clignais des yeux, et entendais un « crac » dans mon dos. Je me relevais bien vite et voyais une statue qui elle-même avait l’air de se sentir seule et sans but désormais.
Les jours étaient simples. Si j’étais chanceux, je croisais peut être quelque chose. Que ce soit SCP-073 et SCP-076 se battre éternellement, ou alors un SCP-682 qui semblait s’être ramolli avec le temps. On parlait un peu des fois, nous qui avions renoncé depuis longtemps d’essayer de nous entretuer. SCP-682. Ce qui était désormais la chose la plus proche d’un ami ici-bas. Ce truc qui haïssait la vie par-dessus tout était la seule chose qui rendait la mienne un peu moins insupportable.
Le temps passe. Les souvenirs restent. Les amis n’en font pas autant.
Pourquoi ne puis-je pas y revenir, enfin ?

Pourquoi ne puis-je pas rejoindre mes amis, qui m’attendent peut être, dans un Site Aleph quelque part dans les cieux, avec une bonne bière et quelques cigares qui m’attendent depuis trop longtemps ?

Se jeter d’une falaise, faire exploser autant de choses que possible, ça ne suffit pas.

Pourquoi ne puis-je pas mourir ?

Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir. Laisse-moi partir.

Je t’en supplie.

Comme tous les jours.

Bonne nuit et à demain.

Journal du Dr Grym. 18/03/2500

Aujourd’hui c’est un jour de plus sur Terre…

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License