Dire que j'ai passé ma vie entière à attendre
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notation: +4+x


La maison était gigantesque, et avait un… enfin, ça n'avait pas l'air d'être un beau jeu de couleurs, mais crois-moi. Le marron sombre et le rouge étaient mêlés avec talent. Ça m'aurait rendu heureux s'il n'y avait pas ce gros visage peint sur le haut. J'avais l'impression qu'il me regardait. Je ne l'aimais pas du tout. J'ai monté la colline et suis sorti de la forêt, jusqu'à la clairière autour de la maison. Le chemin jaune qui menait à la maison serpentait inutilement, mais je l'ai suivi quand même parce que c'était un détail charmant. Les fleurs à l'extérieur étaient éclatantes, violettes et orange et bleues. Est-ce que quelqu'un s'en occupait, ou était-ce un autre produit ? Les Fleurs Toujours-Éclatantes ou quelque chose comme ça. Personne ne vivait ici, n'est-ce pas ?

J'ai marché jusqu'au palier arrière, ai ouvert la chaise, et sorti la clé qui était cachée là. Cette clé me permettait d'entrer dans l'Attrape Touriste depuis n'importe où sur Terre. Vraiment plutôt cool. Le plus important par contre, c'était qu'elle permettait d'ouvrir la porte et de rentrer. En passant par la porte de derrière, je suis rentré dans la maison type classe moyenne supérieure. Elle avait une odeur de viennoiseries fraîchement cuites. Elle avait toujours une odeur de viennoiseries fraîchement cuites. Je me demandais si elle contenait toujours des viennoiseries fraîchement cuites. J'ai commencé ma quête d'un tel trésor.

J'avais raison, il y avait des brioches à la cannelle fraîchement cuites dans le four. Elles avaient une odeur délicieuse. Elles étaient délicieuses. Est-ce qu'il y en avait plus dans le four ? Oh, oh il y en avait ! Je pris une autre fournée de quatre avant de me rendre compte de mon erreur. Mon ventre me faisait mal comme si quelqu'un avait lâché un rocher dedans depuis très haut. Je n'avais plus envie d'être dans la cuisine, avec ses comptoirs roses et ses brioches à la cannelle infinies. Qu'est-ce qu'il y avait d'autre dans cet endroit ?

Le salon avait une super TVHD incurvée, un canapé jaune semi-circulaire, pleins de photos de super moments passés ici — oh wow ! Il y avait Langue en jeune fille. Elle avait l'air si jeune et jolie. Et je pense que c'était M. Coâ, mais à cette époque il n'était pas M. quoi que ce soit. Il était juste Jack. Jack "Jackrabbit" Herring. Il avait l'air si moyen. Il n'était ni bedonnant, ni jovial. Au mieux il avait l'air un peu mal à l'aise. Il y avait huit autres personnes que je n'avais jamais vues blotties ensemble sur la photo, et elles portaient toutes des tenues moulantes couleur sucre d'orge. Une petite plaque dorée était cachée en dessous de l'image.

SORTIE EN ÉQUIPE DES CATALYSEURS DE CONFISERIES, FÉVRIER 1983

Les Catalyseurs de Confiseries ? Woah, un de ces mecs aurait pu être mon père. J'ai examiné la photo de haut en bas à la recherche de quelqu'un avec des cheveux courts noirs jais. Arg, il y a deux personnes qui correspondent à cette description. Maman ne m'a jamais montré de photos de Papa. Elle a toujours été un peu agitée à ce sujet. En reculant d'un pas, j'ai remarqué que tout le mur était couvert de souvenirs des Catalyseurs de Confiseries. Il y avait le tournoi annuel de hockey des départements de 1989. Les Catalyseurs de Confiseries avaient gagné cette année, avec les Pumis de la Publicité deuxièmes de près. C'est la meilleure place que les Pumis ont jamais eu dans le tournoi de hockey — j'avais quelques bons amis dans le Département des Relations Publiques, et je sais que c'est un peu une de leurs blagues, qu'ils s'entraînent toujours le plus dur et perdent le plus. Mais elle était là. La grosse médaille. Elle n'était même pas dans un genre de boîte de verre — oh, han, ils l'ont remplie de sucres d'orge. Est-ce que j'ai le droit d'en prendre ? Elle se remplissait sûrement comme les brioches à la cannelle. J'ai rempli mes poches avec quelques dizaines de sucres d'orge.

Qu'est-ce qu'il y avait d'autre ? L'entrée à l'avant était phénoménale. Elle étincelait avec quelques pierres précieuses arc-en-ciel et te renvoyait des reflets d'un millier de couleurs différentes. Il y avait une petite table en bois très ornementée pour y mettre des chaussures, et en dessous se trouvait… wow ! C’était trois boîtes de lego ! Je devrais y jeter un œil plus tard. Il y avait des escaliers vers le premier étage. Je pense que ma chambre était là-haut. Enfin, il devait y en avoir environ cinq, et je pouvais choisir celle que je voulais. Montant les escaliers, je suis tombé sur un couloir avec sept portes : trois de chaque côté et une tout au bout. Les deux plus proches des escaliers étaient les toilettes des garçons et des filles. Il y avait un petit palier autour du haut des escaliers, et en faisant le tour on y trouvait une porte qui menait au toit.

En sortant sur le toit, j'ai observé le paysage de la dense forêt extra-dimensionnelle. C'était drôle de penser que ça n'existait pas vraiment. Je me suis demandé à voix haute comment les graines d'arbres se répandaient dans le territoire de l'Attrape Touriste, ou comment de petits animaux se sont retrouvés ici, quand tu devais dire un mantra pour rentrer mais pas pour sortir. Peut-être que la magie ne s'appliquait qu'aux gens. Je ne saurais pas le dire, les choses à grande échelle n'étaient pas mon fort. Même pour le jeu de plateau, je n'avais que pensé des cartes individuelles. Les gigantesques paysages tentaculaires hallucinés étaient tous de l’Équipe des Bâtisseurs Barbares, ou du Département de la Construction. Tout le monde suppose d'abord que les Bâtisseurs Barbares sont méchants et serviles. Ils ne le sont pas. Ils ont été au premier plan de certains des projets les plus impressionnants de Wondertainment, dont la maison dans laquelle j'étais en ce moment. Ils avaient trouvé un moyen de charmer le monsieur de la troisième dimension, et il faisait tout ce qu'ils lui demandaient. Cette fois-ci, ils lui ont dit d'être à deux heures de tout, et il a obéi.

J'étais monté sur le toit à temps pour voir le coucher de soleil — dans quel fuseau horaire est-ce que j'étais ? — et c'était incroyable. Les rouges et les orange et les roses qui s'effaçaient dans un long gradient de lumière allant du bleu foncé au noir à travers le ciel. "La plus grande lumière de scène à honorer la terre. Observe ! La splendeur de la lampe à chaleur électrique de l'univers ! Vois que chaque jour est une partie d'un long et interminable spectacle, et tu sais quoi gamin ? Tu es la star !" Je devenais émotif. J'avais besoin de descendre du toit. Me retournant, j'ai été surpris par le visage que j'avais oublié. Il me regardait vraiment, je le jure. Ses pupilles n'étaient pas peintes là avant.

À l'intérieur, je me suis appuyé sur la rampe et ai fixé la cage d'escalier des yeux, en espérant que je ne vomirais pas. Les brioches à la cannelle n'aidaient pas. J'avais des vertiges, et j'ai soudain eu l'impression que je pourrais basculer et tomber. Je me suis assis et me suis appuyé contre le mur. Ma tête me faisait vachement mal. Peut-être que quelqu'un vivait vraiment ici — j'avais besoin d'aide. J'avais besoin que quelqu'un m'aide. J'avais besoin de crier pour que quelqu'un m'aide.

"Est-ce qu'il y a quelqu'un ?"

Je pensais avoir entendu une réponse, quelqu'un sous la maison. Quelque part profondément sous les planches — sous le canapé du salon.

"Aidez-moi, s'il vous plaît, j'ai mal !"

"Est-ce que tu vois le soleil gamin ?"

J'ai commencé à vomir. Partout sur le tapis en plus. Je me suis demandé si cet endroit s'auto-nettoyait. Est-ce qu'ils pouvaient faire ça ? Oh zut, si ça ne l'était pas ça serait horrible à nettoyer.

"Amenez-moi mes pilules ! S'il vous plaît, j'en ai besoin, j'ai besoin de mes pilules."

"Tu vois cette grosse boule de gaz et de feu ? Regarde-la."

J'ai commencé à me tirer vers les escaliers. J'avais besoin d'atteindre ma valise. J'avais besoin de mon ordonnance.

"Elle tourne autour de toi, gamin."

"Je suis dans les escaliers, s'il vous plaît ! Monsieur, s'il vous plaît, j'ai besoin d'aide !"

J'ai dû m'arrêter et attraper la rampe, observant de plus en plus de bile sortir de ma bouche et commencer à goutter le long des marches.

"S'il vous plaît, oh seigneur, s'il vous plaît…"

"Tu es la star, Brian !"

"Je ne veux pas y retourner !"

"La vie est un spectacle, gamin."

"S'il vous plaît, amenez-moi mes pilules, je ne veux pas y retourner ! S'il vous plaît !"

"La vie est un spectacle, et tu es la star !"

J'ai glissé dans mes propres fluides, et ai dégringolé dans les escaliers. Il y eut un gros bruit sourd quand ma mâchoire heurta le poteau.




Mon ventre était en feu. Ma mâchoire donnait l'impression d'essayer de me transformer en serpent. Un clapotement sur le toit m'indiquait qu'il pleuvait. J'aimais la pluie. Le son me calmait. Mon cou aussi se tordait et essayait de me rendre serpentin. J'ai dû me cogner le coude, parce qu'il était douloureux aussi. Mon corps entier conspirait contre moi. Il y avait de la pluie ici ? Comment est-ce que les nuages entraient ici ? Est-ce que ici existait sur Terre ? Mes genoux pourraient mieux se porter. Je pense que j'avais sali mon pantalon, il était mouillé. C'était embarrassant. Mais c'était plutôt loin sur ma jambe. Je veux sortir et sentir la pluie sur ma peau. Qu'est-ce qui aurait pu mouiller ma jambe ? C'est un temps merveilleux. Oh attends, du vomi.

Oh non, j'ai dû manger trop de brioches à la cannelle. C'était sûrement pour ça. J'ai mangé à en être malade et suis tombé dans les escaliers. C'était exactement pour ça. Pas de quoi s'inquiéter. Oh zut, j'avais besoin de me brosser les dents. Et de changer mes vêtements. En fait, j'avais besoin d'aller prendre une douche… mais je ne voulais pas bouger. Je souffrais. Bouger était une souffrance. Tout faisait mal. Surtout ma tête. Ma tête faisait très mal. Heheh, heheheh, des lumières. J'étais Brillant Brian, et je voyais des lumières. Heheh, heh, heheheheh. Aïe. Aïe aïe aïe. Douche. Ouais.

C'était sûrement bien d'avoir de l'eau chaude me couler dessus avant de sortir sous la pluie. J'avais besoin d'aller faire quelque chose sous la pluie. Il n'y avait, de ce que j'avais vu, pas grand-chose à faire dans la maison. Pour sa défense, ce n'était pas censé être une attraction. Elle était censée être à deux heures de toute attraction. Grosse différence. Ça fait combien de temps que je n'avais pas pris de douche ? Ça ne peut pas faire si longtemps, je gardais toujours bonne figure au travail. Non, je ne devrais pas penser au travail. C'était une erreur. J'aurais dû continuer à penser à la pluie. Routine matinale. De retour à ma routine matinale. Je suis sorti de la douche, et me suis fixé dans le miroir.

Pendant que je me brossais les dents et utilisais du fil dentaire, je fixais ma tronche nue et pensais à comment je pourrais la colorier. La direction m'avait dit que je ne devrais pas peindre mon visage avant d'aller en public. "Ce n'est pas Wonder World!™, tu dois t'intégrer." M'intégrer ? Si je m'intégrais, alors comment est-ce que les gens sauraient que c'est moi ? Comment est-ce que je préserverai mon charme Brillant caractéristique ? Mais peut-être qu'ils avaient raison. Il y avait des gens qui n'aiment pas les choses bizarres, et on a toujours eu une sorte de relation amour-haine. Cependant, je n'étais pas magique, mes conceptions l'étaient. Je veux dire, si j'avais peint mon visage, à quoi ça ressemblerait ? Eh bien, si j'allais en public, je serais confronté à des gens. Je n'avais pas envie d'interagir avec des gens. Oh, parfait ! Je pourrais être un mime. Mais je n'étais pas censé…

Oh la direction peut aller se faire voir. Ils pouvaient aller s'asseoir sur leurs grandes chaises et mâcher leurs grandes barres de confiserie et arrêter de perturber ma vie — j'étais un homme à part entière. J'allais être un mime, un point c'est tout. Ça exprimerait sans un mot que je ne voulais pas parler à des gens. Ouais, ouais c'était parfait. Et tant pis pour la direction. Mais, il pleuvait à l'extérieur. Je prendrais un parapluie, pour que ma peinture ne coule pas.

Voilà ! Ah ha, j'étais magnifique. Noir et blanc, j'avais un masque renfrogné et deux larmes noires coulaient sur mon visage. J'avais l'air absolument merveilleux. Le masque me semblait très approprié à ce moment. J'étais prêt à faire face au monde ! Je pouvais aller n'importe où ! Littéralement, je pouvais littéralement faire ça. Où est-ce que j'irais ? Je suis sorti de la salle de bain, ai éteint la lumière et — non, il y avait quelque chose que j'avais oublié. Qu'est-ce que ma routine matinale entière était vraiment ? J'avais pris une douche, utilisé du shampoing et du démêlant et frotté du savon de haut en bas sur moi… j'avais brossé mes dents, utilisé du fil dentaire, mis du déodorant. J'avais coiffé mes cheveux d'une manière que j'aimais, et je m'étais fait mime. J'avais l'impression qu'il manquait quelque chose. Quelque chose… d'important… ? J'ai rallumé la lumière, et j'ai examiné la salle. La salle de bain était si grande, et coloriée avec de si beaux blancs et or. Il y avait… le lavabo. Est-ce que c'était ça ?

Ça devait être ça. Je m'inquiétais pour rien. J'ai éteint la lumière, et me suis dirigé vers le couloir. Oh, hé, je n'avais pas remarqué, mais cet endroit se nettoyait vraiment tout seul. Je m'en doutais. Où est-ce que j'irais pour commencer ? Je n'avais pas une très bonne connaissance du monde. J'avais pratiquement grandi à Wonder World!™. Où est-ce que j'irais ? Eh bien… je suppose que je devrais commencer quelque part de familier. Commencer petit et se développer. Je connaissais un endroit dans ce monde, et je devrais y aller. Est-ce que je devrais essayer la voiture qui se trouvait dehors ? Je ne savais même pas où elle était ; je n'avais pas pu finir ma visite de la maison hier. Est-ce qu'un jour entier était passé ? J'ai décidé de juste marcher. Je voulais sortir sous la pluie de toute manière. J'ai attrapé un grand parapluie arc-en-ciel dans l'entrée et suis sorti dans le monde. Heheh, regarde toute cette boue ! Magnifique. J'ai commencé à marcher dans l'allée, et sorti mes bras de sous le parapluie. La pluie faisait du bien sur ma peau. Bref, plus de jeux. J'ai fermé les yeux en marchant, et gardé en tête mon vieux quartier.




Le voilà, les vieilles maisons sans couleurs et les rues grises et sales. Mon vieux terrain de jeu. Ou, peut-être pas de jeu. Mon vieux terrain de vie. C'était pour le moins familier. Les trottoirs ont dû être réparés, ils étaient bien plus lisses que dans mes souvenirs. Ils n'avaient pas toutes leurs fissures caractéristiques. Cependant, la route était encore couverte de trous. Je suppose que certaines choses ne changent jamais. Je n'ai jamais connu mes voisins, donc je suppose qu'il n'y avait qu'un seul endroit où aller. J'ai marché un moment, ai tourné à un coin, et vu ma vieille maison blanche. Elle n'avait vraiment pas été repeinte ? Le blanc était une couleur si ennuyeuse. Je me demandais à quoi ressemblait le salon, ou si la cuisine était comme je l'avais laissée, ou peut-être comment ma chambre était. Je voulais vraiment y aller. Est-ce que ça embêterait quelqu'un ? Il n'y avait pas de voiture dans l'allée, et toutes les lumières étaient éteintes. Je me suis retourné, et me suis dit que les rues et les maisons voisines avaient l'air très vides aussi. Ça n'embêterait personne. Est-ce que le verrou de la fenêtre de devant était encore cassé comme dans mes souvenirs ?

Oui, il l'était.

J'ai grimpé à l'intérieur, en faisant attention de ne pas me faire mouiller le visage pendant l'opération. La dernière chose que je voulais était que ma peinture faciale coule. Après être tombé dans la cuisine, je me suis étiré et me suis senti à la maison. Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas senti à la maison. Je veux dire, Wonder World!™ était ma nouvelle maison, et maintenant l'Attrape Touriste était ma maison temporaire, et je ne me sentais pas mal à l'aise ici — enfin, je ne me sentais pas mal à l'aise à l'Attrape Touriste. Je n'avais pas remarqué que je ne me sentais pas à la maison avant, mais ça m'est vraiment revenu quand je me tenais dans la cuisine. Elle était vraiment comme je l'avais laissée. Presque intacte. Les comptoirs étaient aussi insipides qu'avant, le four était toujours d'un vert pastel laid, et la TV pouvait être vue depuis là où on se tenait quand on lavait la vaisselle. Je n'avais jamais vu la maison de ce point de vue ; j'étais bien plus petit quand je vivais ici.

Je suis allé dans le salon. Il était couvert de nouvelles photos. Des photos de ceux qui vivaient ici maintenant. Ils n'étaient pas aussi bien que ma famille. Que ma maman. Personne ne pouvait se mesurer à ma maman. Pas mon père, pas les voisins, personne. Pas même ces salauds à Wonder World!™. Personne. Elle avait tout fait bien, jusqu'à la toute fin. Et personne ne pouvait lui retirer ça. Ces photos étaient inadaptées. Maman était superbe. Ces gens étaient insipides. C'était une comparaison injuste — tout le monde était insipide en comparaison. Elle brillait comme la pleine lune.

Je me suis promené jusqu'à la salle de bain. J'ai failli ouvrir la porte, mais je ne voulais pas vraiment. Je n'avais jamais aimé la salle de bain de cette maison. Elle m'a toujours embêté. J'ai décidé que ça ne valait pas la nostalgie. Passant à autre chose, j'ai levé les yeux dans les escaliers vers la chambre principale. Ça n'a jamais été ma chambre. Je ne voulais pas monter là-haut non plus. En fait, je me suis rendu compte que je n'étais pas intéressé par les chambres à part une. J'ai ouvert la porte de mon ancienne chambre.

Elle avait beaucoup changé depuis que je l'avais quittée. Elle était bleue, et maintenant elle était peinte avec un violet éclatant. Il y avait un lit superposé là où mon lit simple se trouvait — le lit du haut était rose, et celui du bas bleu ciel. Il n'y avait pas ma vieille table de chevet, ou mes collections de livre. J'ai soudain senti une forte envie pour un livre du Dr. Seuss. Il devait y en avoir, c'était une chambre d'enfant. Aucune chambre d'enfant ne pouvait survivre sans livres du Dr. Seuss. J'ai commencé à fouiller la bibliothèque à côté de la porte et, évidemment, il y en avait un.

Oh les Endroits Où Tu Iras, par Dr. Seuss. Est-ce qu'on avait Dr. Seuss à l'Attrape Touriste ? Je n'en avais pas vu. Je vais peut-être ramener ça avec moi. Je me suis assis dans le lit du bas, ai posé mon parapluie et ai commencé à lire…

"Tu as la tête bien vissé.
Tu n'as pas froid aux yeux.
Tu peux te diriger,
Dans la direction que tu veux.
Tu es seul. Et tu sais ce que tu sais.
Et TU es le gars qui va décider où aller.
"

Ça pour sûr. J'adorais ces livres. Ils étaient mon enfance. Je n'avais jamais imaginé que je finirais dans le monde de Seuss — c'était une sacré surprise. Ils m'ont trouvé dans la rue, en train de vendre des bibelots que j'avais fait à partir de déchets dans les ruelles. J'étais créatif et bouillonnant et innocent : tout ce qu'ils cherchaient. Bien sûr, ça a aidé qu'ils me cherchaient déjà.

"Tout le monde attend.
Attend un verre à boire,
ou attend de s'envoler de son perchoir,
ou attend le vendredi soir,
ou attend, peut-être, leur Oncle Charlot,
ou qu'une casserole bout, ou un meilleur repos,
ou un collier de perles, ou une danse,
ou une perruque avec des boucles, ou une autre chance.
Tout le monde attend.
"

Attendre le prochain gros produit. Attendre le prochain gros projet. Attendre la prochaine promotion, les prochaines vacances, la prochaine sortie, la fin de la prochaine pause. Attendre la nuit suivante, puis le jour suivant, puis le suivant… puis quoi que ce soit qui suive ça. Des mois, des années ? Des vies ? Attendre de rencontrer cette personne spéciale, de fonder un foyer ? Qu'est-ce que j'attendais ?

"J'ai peur que par moments,
tu joueras à des jeux solitaires également.
Des jeux où tu ne seras pas gagnant,
Car tu seras ton propre opposant.
"

Il y avait une lueur dans le placard, entre les lattes de sa porte. Qu'est-ce que c'était ? Est-ce que — ça avait l'air mouillé, et brillant. Ça a tressauté et est parti. Est-ce que c'était des enfants ?

"Bonjour ?"

Il y avait indubitablement un bruissement. Je crois que j'ai entendu un "chh".

"Est-ce que vous jouez à cache-cache ?"

Je me suis levé du lit, et ai commencé à marcher vers le placard à un rythme de tortue. Ils avaient l'air effrayé. De quoi ?

"De quoi avez-vous peur ?"

En ouvrant la porte du placard, j'ai pris un livre dans la figure. J'ai trébuché en arrière, et me suis rattrapé au mur. C'était ma mâchoire. Encore. J'ai résisté à l'envie de ma mâchoire de bouger sur le côté, et l'ai tenue dans ma main. Il y avait une fille, à peu près la moitié de ma taille, qui tenait deux petits enfants derrière son dos. Elle tremblait, et me fixait, encore à moitié dans le placard.

"Oh, oh je suis désolé, je dois avoir l'air bizarre. Je sais que d'habitude les mimes ne parlent pas — mais, je ne suis pas vraiment un mime, je me suis juste déguisé comme ça aujourd'hui ! Je suis désolé pour la confusion, est-ce qu'on peut être am- ?"

Un autre coup de pied dans le flanc m'envoya en boule sur le sol. Ma respiration était coupée, et j'ai toussé en essayant de reprendre mon souffle. La fille était plus près maintenant, et se tenait au-dessus de moi. Ces enfants avaient l'air vraiment effrayés. Pourquoi ça ? Je leur avais dit que je n'étais pas un mime, qu'est-ce qui pourrait… ?

"Je n'allais pas prendre votre livre du Dr. Seuss ! Je ne faisais que le regarder… je vivais ici, vous savez. C'est ici que j'ai grandi — j'ai dormi dans ce lit — ough !"

Elle m'a frappé dans le nombril, et de la salive est sortie de ma bouche. J'ai senti de la bile monter. Oh non, j'avais assez vomi hier. Je ne pouvais pas encore vomir ! Je pourrais avoir des problèmes d'estomac ! Quel était son problème ? Je ne volais pas — oh zut, est-ce que c'est du sang ? — et je n'étais pas un mime parlant. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? J'ai levé les yeux vers elle, et l'ai vu en colère. Elle se préparait à me frapper à nouveau. Son téléphone était dans sa main droite, et les mains des enfants étaient dans son autre. Ils avaient l'air terrifiés. Ils étaient silencieusement effrayés. Ça ne pouvait pas être moi, ça devait être — ils avaient peur d'elle. Elle tendit sa jambe vers l'arrière, mais elle ne me toucha jamais.

Je ne savais pas que je pouvais frapper des gens si fort.

Elle était étalée sur le sol. Je l’avais frappée en plein dans la tempe, et ça l’avait envoyée dans le mur et l’avait mis par terre. Elle ne bougeait pas. Les enfants étaient en sécurité.

"Est-ce qu’elle vous faisait mal ? Elle vous a blessés ? Qu’est-ce qu’elle a fait ?"

Les enfants ont juste pleuré, et soudainement la chambre était très bruyante. Des larmes coulaient sur leurs joues, et leurs bouches étaient béates de cris mouillés.

"Chh, tout va bien, elle n’est plus là ! Je vais… je vais euh, je vais la gronder quand elle se réveillera, et euh…"

Qu’était ce bruit ? J’avais ignoré les sirènes au loin, parce qu’on s’habitue à ça quand on vit dans un environnement urbain. Mais elles se sont rapprochées, se sont arrêtées, et il y a eu un gros bang dans l’autre chambre. Plus d’eux ? Plus d’elles ?

Je me suis penché et ai entouré les enfants de mes bras. Quelques autres bangs. C’était des portes. C’était des portes qui se faisaient abattre. Je sue, qu’est-ce que je pouvais faire ? J’ai fouillé mes poches pour la clé, la clé pour retourner à la maison. Retourner à l’Attrape Touriste. Ces enfants étaient en danger — je ne savais pas pourquoi, mais quelque chose de mal se passait ici. J’ai trouvé la clé.

"Nous voulons voyager de par le monde,
Même si nous devons quitter les pistes, -"

Un bang. Un bang.

"Un havre pour les voyageurs et les vagabondes,
Nous savons que tu existes, -"

Bang. Bang. BANG. Un gigantesque homme musclé défonça la porte avec son épaule, et pointa un, un revolver vers moi !

"BOUGE PLUS !"

"- tu es l’Attrape Touriste !"

Un trou s’ouvrit sous les enfants et moi, et j’ai entendu un gros pan.

"Aaaaah !!"

Une balle a frappé ma cheville lorsque je tomba dans le terrier de lapin, deux enfants sous mes bras.




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