Six pieds sous terre
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Un nouveau jour se lève sur la mine de charbon
mais je m’en fous du soleil on m'a fait mineur de fond,
aujourd'hui c’est mon tour je n’ai plus vraiment le choix
après tout ce sont mes dettes, qui ont fait ce choix pour moi.

L’ascenseur arrive et l’on commence à descendre
dans une cage rouillée au son d’une mécanique mourante,
chaque raté de l’engrenage glace un peu plus mon cœur
comme le son d’un croque-mort, qui clouerait mon cercueil.

Ne pleure pas ma mère, ne pleure pas ma sœur !
Je suis parti à la mine, il faudra faire mon deuil,
le jeu m’a condamné et il me faut payer mes dettes
même si pour ce dernier tour, ce n'est pas le Seigneur qui me prête.


Si un jour ami joueur, tu dois finir fauché,
prie que ce soit par l’Ankou et pas par une mauvaise donne,
prie pour que la mine ne vienne jamais te chercher,
prie l’Enfer s’il le faut, le Seigneur me pardonne.


En bas les hommes ont la peau grise quand elle dépasse sous la suie,
des silhouettes osseuses et voûtées qui ont déjà brûlé leurs vies,
sous ces crassiers fumants aux allures de crématoires
des hommes morts creusent dans leurs tombes, pour eux c’est déjà trop tard.

Ici nulle place à la vie on se moque bien du canari !
On prie seulement pour la mine et pour éviter l’avarie,
tous les hommes savent déjà qu'à l’instar d’une pioche cassée,
eux aussi sont remplaçables, quand ils ne poussent plus les rails…

Et déjà l’ascenseur revient dans un fracas de trépassé,
de nouvelles âmes damnées viennent rejoindre le sérail,
à chaque fois qu’il descend ce n’est jamais pour nous,
le contremaître est formel il faut finir le trou.


Si un jour ami joueur, tu dois finir fauché,
prie que ce soit par l’Ankou et pas par une mauvaise donne,
prie pour que la mine ne vienne jamais te chercher,
prie l’Enfer s’il le faut, le Seigneur me pardonne.


Nous vendîmes nos âmes mais ça ne leur suffit pas,
pourquoi s’en contenter, d’elles qui ne travaillent pas !
Nos carcasses furent donc prises comme la dernière des options,
asservis de corps et d’esprit pour notre ultime punition.

Depuis peu importe le jour et peu importe la nuit,
il nous faut creuser encore et étayer les conduits,
alors lève ton verre, pour tous les mineurs damnés
morts pour éponger leurs dettes, mais qui continuent de creuser.

Parfois on se prend à rêver du Seigneur, qui nous offrira le salut,
qui réclamera nos vielles âmes enfermées dans nos contrats,
alors on ajuste nos guenilles tout en n’y croyant plus,
la chair a déjà quitté nos bas, on flotte tous en bas.


Si un jour ami joueur, tu dois finir fauché,
prie que ce soit par l’Ankou et pas par une mauvaise donne,
prie pour que la mine ne vienne jamais te chercher,
prie l’Enfer s’il le faut, le seigneur me pardonne.

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