Objet no : SCP-897-FR
Niveau de Menace : Blanc ●
Classe : Thaumiel
Procédures de Confinement Spéciales : Les évènements du jeudi 22 au lundi 26 avril 1976, détaillés dans l'addendum no1, constituent les procédures de confinement spéciales de SCP-897-FR.
Description : SCP-897-FR désigne la cause ayant induit, durant l'année 1976, un phénomène de pétrification anormale des éléments constituants du Site Botanique Nun, la pétrification anormale désignant ici le processus par lequel la matière composant un objet est remplacée par de la matière minérale de manière instantanée.
Ce phénomène a été pour la première fois détecté par le personnel du Site-Nun le 18 avril 1976. Le rapport de cet évènement décrit "une serre de Dendrocalamus membranaceus autrefois douée de facultés de communication, aujourd'hui brillante, silencieuse et cassante comme du verre". Cette première itération présente déjà les caractéristiques observées dans les occurrences ultérieures : pétrification instantanée d'un groupe situé dans une pièce sans surveillance directe d'un agent.
La seconde itération de pétrification a été signalée le 19 avril 1976, avec pour cible un chêne plurimillénaire aux capacité de régénération à l'étude au moment de l'évènement. Une caméra placée dans la salle d'étude a confirmé le caractère instantané du processus : le chêne est passé d'un état organique à un état minéral en l'espace d'une image. Tous les appareils associés à l'étude du chêne ont également été pétrifiés. Le phénomène s'est ensuite présenté cinq fois de suite durant les 2 jours suivants, chaque itération convertissant une masse en matière minéral supérieure à la précédente.
Face à la récurrence et à l'augmentation du phénomène de pétrification, un groupe de chercheurs spécialisé dans l'étude des anomalies archéogéologiques a été diligenté pour trouver et confiner la cause de cette anomalie. Suite aux évènements du 22 au 26 avril 1976, plus aucune pétrification n'a été signalée au Site-Nun.
L'intégralité des cinq jours précédant la résolution du phénomène de pétrification du Site-Nun, annotée par l'équipe en charge de l'opération de sauvetage réussie du Site, est disponible dans les addendum ci-dessous.
Addendum no1 —
Nous sommes arrivés le 20 avril 1976, sur requête du Site-Nun, afin de déterminer les raisons d'une pétrification anormale s'étendant progressivement à tout le Site. Cet évènement est d'autant plus étrange que le Site était au contraire connu pour son effervescence de vie et d'évolution foisonnante : nous savons tous que le Site Nun n'est pas un site botanique par hasard, les plantes évoluent plus rapidement dans la terre du Site-Nun que dans les autres serres de la Fondation. De même, la plupart des prix de la Fondation récompensant les découvertes les plus majeures dans le monde anormal sont attribués à des chercheurs et des chercheuses du Site-Nun, et tout scientifique qui passe un séjour ici le remarque bien vite : il est bien plus simple d'avancer dans ses projets, de faire mûrir ses idées au Site-Nun, ce qui en fait un lieu privilégié pour les séminaires d'équipes et de département. Cette particularité du Site-Nun n'a toujours pas trouvé d'explication, malgré les nombreuses études à ce sujet. Ainsi, le voir dans un état aussi ralenti, du fait de cette pétrification qui progressait chaque jour, contrastait avec son activité habituelle.
Nous avons étudié le minéral composant ces éléments pétrifiés : du silicate, du quartz commun, de la pyrite, rien d'anormal. Nous les avons datés, et nous avons déterminé que tous les éléments pétrifiés avaient plusieurs millions d'années, si ce n'est davantage pour certains. Il semble que cette pétrification ait suivi un processus semblable à celui du bois pétrifié commun, mais en une fraction de seconde. Il s'agissait désormais de fossiles.
C'est ici qu'est née la piste d'un probable problème temporel, impliquant le vieillissement d'un million d'années en une seconde, et nous verrons par la suite qu'elle était effectivement pertinente.
Nous avons également inspecté l'entièreté du Site-Nun et remarqué un fait peu banal dans les Sites francophones : la présence relativement importante de salles entièrement vides. Les gestionnaires du Site nous ont pourtant indiqué que le bâtiment principal était utilisé à plus de 95%, sans pour autant nier la présence évidente de secteurs dépourvus d’activité, contredisant clairement ce chiffre.
L'évènement qui a parachevé l'évolution de cette étude géologico-anormale vers des considérations plus paradoxales encore, et qui constitue le point de départ de ces cinq jours du Site-Nun, est la découverte, le 21 avril, d'une combinaison de classe-D entièrement pétrifiée dans le hall principal du Site :
À première vue, cette découverte signifiait que le phénomène de pétrification s'étendait maintenant aux êtres humains, bien que le corps de ce classe-D ne fût pas présent dans le vêtement. Comme nous le verront, les conséquences de cette découverte sont allées bien plus loin que cette simple considération.
Ne connaissant pas les modes de transmission de ce phénomène, nous avions laissé cette combinaison à l'endroit où elle avait été trouvée et interdit tout contact avec elle. Nous avons fait évacuer le grand hall, installé un espace de surveillance composé d'appareils photographiques afin d'observer ce vêtement.
Les éléments présentés ci-dessous retracent les cinq jours suivants.
— Équipe Mazarakis (GR:7845)
Addendum no2 —
Les gestionnaires du Site-Nun nous ont alertés sur un cas particulier de modification chronologique délétère affectant le Site-Nun.
En effet, depuis maintenant quelques mois, les archives du Site-Nun s'enrichissent régulièrement de fragments historiques décrivant sa propre destruction, de causes diverse, fragments jusqu'alors absents de l'histoire du Site. Ces modifications historiques du Site-Nun ont également pour effet de changer la nature du Site à chaque destruction : ainsi, le Site-Nun n'a plus toujours été un Site Botanique, comme il l'avait toujours été jusqu'à présent.
Le Département des Anomalies Temporelles a confirmé cette tendance et a également signalé l'apparition, dans la trame temporelle future du Site-Nun, de nouveaux cas de destruction, à raison d'un évènement ajouté à la trame temporelle du Site, future ou passée, tous les dix jours.
Ce phénomène est apparu quelque temps après notre intervention contre la pétrification du Site. Ainsi, les gestionnaires nous demandent si les évènements des cinq jours du Site-Nun ont quelque chose à voir avec cette fâcheuse destruction permanente.
Cette requête soulève plusieurs questions. Dans le cas purement hypothétique où les évènements des cinq jours seraient à l'origine de la destruction perpétuelle du Site-Nun, les questions seraient :
- Pourquoi le Site-Nun doit-il être détruit de manière régulière ?
- Par quel procédé le Site-Nun est-il détruit de manière récurrente ?
- Pourquoi y a-t-il eu ce phénomène de pétrifications anormales ?
- Pourquoi certaines salles du Site-Nun étaient vides ?
Ces réponses ne sauraient, malheureusement, être données aujourd'hui, car elles reviendraient à divulguer la nature de SCP-897-FR, objet soumis à un protocole confidentiel de type Thaumiel.
La censure inhérente au protocole Thaumiel nous limite à une seule confirmation : si destruction contrôlée du Site-Nun il y a, en plus d'être organisée dans le respect absolu de l'intégrité de ses agents, elle demeure le moindre mal face à une alternative ontologiquement inacceptable.
Concernant le mécanisme de cette destruction, comprenez que la chronologie des cinq jours du Site-Nun n'admet pas une lecture univoque, la nôtre. La destruction du Site intervenant tous les dix jours et non tous les cinq, il convient d'en déduire l'existence d'une seconde phase procédurale, le versant complémentaire achevant le cycle de dix jours.
L'explication complète de la raison et du processus lié aux cinq jours du Site-Nun est disponible librement à la lecture dans le document ci-après, sous les conditions d'accessibilité du protocole Thaumiel, c'est-à-dire 50 ans après son émission, le 26 avril 2026.
— Équipe Mazarakis (GR:7845)
Addendum no3 —

