Objet no : SCP-8309
Niveau de Menace : Sûr

Procédures de Confinement Spéciales :
SCP-8309 est confiné dans une cellule standard de confinement pour humanoïde. Sa surveillance est examinée quotidiennement hebdomadairement mensuellement, et doit se focaliser sur l’apparition de manuscrits à l’intérieur de sa cellule. Tout document de ce type doit être immédiatement récupéré, scanné et transmis à l’équipe de recherche assignée pour examen. Les copies originales seront envoyées aux archives où elles seront stockées de manière sécurisée.
En raison d'une conformité ostensible et de l’absence de comportements violents, SCP-8309 est autorisé un accès supervisé au jardin du Site-███ pour une durée maximale de 3 heures par jour. Lors de ces sorties, les mêmes protocoles de récupération de documents s’appliquent. Le personnel est conseillé de maintenir une observation périphérique tout en minimisant le contact visuel direct.
Description :
SCP-8309 est une entité humanoïde mesurant 1,90 m de haut, équipée de matériel de l'Armée Suisse comprenant une cape de pluie TAZ 83, des gants Sharktec-CP et des chaussures KS 901. Le visage de l'entité est dissimulé par un masque à gaz noir de fabrication inconnue. Les verres teintés dudit masque à gaz empêchent l'observation des traits de l'anomalie.
SCP-8309 évite systématiquement le contact visuel direct humain, maintenant une distance maximale et se dissimulant derrière des objets ou constructions lorsque cela est possible. Bien qu'il n'offre aucune résistance visible, les chercheurs sont d'avis que l'entité induit délibérément une aversion télépathique chez le personnel tentant un contact physique, empêchant ainsi l'interaction. De plus, SCP-8309 est capable de détecter la présence d’individus à travers des barrières opaques ; cette capacité semble imprécise à longue distance, comme en témoignent les signalements à proximité de Maules, en Suisse, qui ont conduit à son confinement initial.
Toutes les tentatives d’entretien avec SCP-8309 ont échoué. Toutefois, l'entité génère des lettres écrites en français depuis l’intérieur de son vêtement extérieur. Ces documents présentent un haut degré de maîtrise linguistique et calligraphique, et constituent le principal canal de communication entre l'entité et la Fondation. (L’ensemble de la correspondance récupérée a été automatiquement annexé à l’Addendum.)
Lors des accès autorisés au jardin, SCP-8309 demeurait initialement immobile, fixant l’horizon au-delà des clôtures du site. Plus récemment, l'entité a été observée en train de cueillir des champignons et de fournir des grains de céréales à des mulots2. Ce changement comportemental s’est produit à la suite d’une modification notable dans le contenu des lettres de l'anomalie.
Addendum :
L.8309.01
Date : 18/05/2003
Transcrit par : Dr Vivian Beckett
Transcription :
À la geôlière, et aux pions qui se précipitent à ses talons.
Vous avez saisi un vagabond des sentiers silencieux, vous l’avez entravé de vos chaînes et traîné jusque dans votre forteresse. Celui qui jadis cheminait tel un esprit monastique sous des voûtes d’émeraude, ne portant préjudice pas plus que le bisoton3 qui murmure à travers le blé mûrissant. Lui qui n’acceptait que l’humble aumône de la forêt, et n’inscrivait nulle blessure sur vos rues.
Et pourtant, comme si tel transgression n'étaient pas assez vorace, votre Cour désormais orbite autour de lui tels des vautours sur une biche abattue, exigeant qu'il fasse le pitre pour votre divertissement. Et bien, sachez que je ne vous laisserai point guignier sous son voile, ni sur son corps, ni sur son cœur, car sa dignité n’est vouée en couvent qu’à moi seul.
Additionnel : Enfin une percée ! Il peut communiquer ! Pas comme je l'aurais attendu ou souhaité, mais ça fonctionnera. Dites à Jared de garder la caméra allumée au cas où il en lâcherait d'autres.
L.8309.02
Date : 10/08/2003
Transcrit par : Dr Vivian Beckett
Transcription :
Ainsi donc, vous entrouvrez à peine la plus étroite de vos portes, dans l’espoir d'ouïr ma voix.
Je foule votre bosquet soigné, où les arbres se dressent en rangs, identiques aux barres métallique de cette cage ; mais j’aperçois la tranchée sous l’appât. Un morceau offert, non par bienveillance, mais pour bercer le gibier dans la baisse de sa vigilance.
J’accepte votre geste drapé d'oripeaux de grâce, et avec finesse j’effleurerai les traquenards que vous avez semés parmi les prairies. Car un moineau qui a goûté aux forêts de pins débarbelés, ne saurait chanter pour nul jardin, sinon celui où seule la brise le regarde.
Additionnel : Tout ce qui importe c'est qu'il ait mordu à l'hameçon. Transmettez ceci à la Sécurité pour que nous puissions obtenir l'autorisation de continuer.
L.8309.03
Date : 02/01/2004
Transcrit par : Dr Vivian Beckett
Transcription :
Par quels moyens impies vos laquais déterrent-ils leurs réponses ? Quelle vision blasphématoire brandissent-ils, pour s’introduire sans appel dans les sanctuaires que j’ai scellés ? N’était-ce point assez d’emprisonner les rameaux, qu’il vous faille enfoncer vos serres jusque dans les racines sous terre ? Votre fierté se serait-elle vu percé par un épouvantail qui n’a su tromper le corbeau ?
Le silence que je garde n’est pas né de la faiblesse, mais du choix. Les mots retenus sont des remparts ; les mutismes, des fossés. Chaque pic lancé contre cette citadelle n'ôte que les restes de votre dignité, pas la mienne. J’ai vu votre cirque s’assembler, penché vers l’avant pour lorgner le clown que vous croyez avoir démasqué. Pendant que vous trônez dans votre tour, répandant vos coffres aux mains de mercenaires engraissés de salaire. Vous parez votre forteresse sans âme d’opulence frappée à la monnaie, tandis qu’au-delà de ces murs, là où l’or guérirait, la paysannerie saigne pour payer à son roi.
Ne me parlez point comme l’un des vôtres.
Additionnel : Bravo à tout le monde ! On dirait qu'on a tapé dans le mille. Continuez à suivre cette ligne.
L.8309.04
Date : 06/04/2005
Transcrit par : Dr Vivian Beckett
Transcription :
Va, ma colombe. Voyons où tu voleras.
Additionnel : Une année d'enquête sans réponse, et c'est tout ce qu'il nous donne ?
L.8309.05
Date : 02/08/2006
Transcrit par : Dr Vivian Beckett
Transcription :
Je n'ai rien à vous dire.
Additionnel : Gottverdammi ! Envoyez juste tout ça aux Archives. S'ils pensent que ça vaut le coup d'œil, ils peuvent nous les revoyer. Je ne vais pas me traîner jusqu'ici à une heure aussi matinale, juste parce que notre sujet a décidé d'écrire l'équivalent d'un doigt d'honneur à quatre heures du matin.
L.8309.06
Date : 24/10/2007
Transcrit par : M. Diedrich Üli
Transcription :
Je n'ai rien à dire.
Additionnel : N/A
L.8309.07
Date : 21/01/2009
Transcrit par : AATA4
Transcription :
Rien à dire.
Additionnel : [Transcrit approuvée par M. Diedrich Üli]
L.8309.08
Date : 18/11/2011
Transcrit par : AATA
Transcription :
Rien.
Additionnel : [Approbation de la transcription en attente]
L.8309.09
Date : 26/11/2013
Transcrit par : AATA
Transcription :
À travers ces longs cycles de lumière et d’ombre, j’ai vu les arbres taillés pour paraître et l’herbe décapitée pour l’uniformité. Et pourtant, chaque printemps, les fleurs renaissent. Cela me dit que, quelque part, quelqu’un peut-être se soucie encore. Fût-ce à sa manière brisée.
À travers ces pages factices, j’ai lassé mes ravisseurs de moi. Pourtant, ces mots ne s’éteignent pas dans le néant. J’ai compris qu’ils étaient conservés. Nichés au plus profond des veines métallique de cette machine infernale, en attente des yeux qui se soucient assez pour les découvrir.
Laisse les braises de ces lignes allumer ta chandelle, et et laisse-les chasser la brume de ton esprit.
Je demeure dans votre cellule, arraché au royaume que vous avez depuis longtemps oublié, où une symphonie respire encore. Toi, tu demeurer dans votre forteresse, parmi les hommes qui ornent de trophées leurs vestes et échangent une chaîne pour une autre. Vos murs sont aussi épais que les miens, et n’y résonne que le métronome des pas sur les dalles. Pourtant, il ne suffit que d’une pierre pour troubler l’eau, créant des ondes de tolérance et de liberté. La main qui la jette sachant que ses rives ne resteront plus jamais immobile.
Je n’en dirai pas davantage. J’attendrai ici que le temps ponce ces murs en poussière, ou que le changement vienne poser sa main sur vos épaules. Et lorsque ces portes se tiendront béantes, que ce soit par la clémence ou par la ruine, je marcherai au-delà, et me perdrai de nouveau parmi les arbres, mon esprit en paix.
Additionnel : [Approbation de la transcription en attente]
