Objet no : SCP-819-FR
Classe : Euclide
Niveau de Menace : Vert ●
Procédures de Confinement Spéciales : SCP-819-FR est actuellement sous la surveillance de la FIM Iota-7 « Les Bonnets rouges » dans une extension du Site-Mem (Site-Mem-Tangaroa) basé en Polynésie française. La zone entourant SCP-819-FR est interdite d'accès sous prétexte d'une zone d'entraînement militaire. SCP-819-FR doit être surveillé, l'expansion de la structure ne doit pas dépasser 150 mètres carrés et la destruction de parcelles est autorisée pour diminuer la taille de la structure. Isoler une instance de SCP-819-FR est interdit, puisque les tentatives précédentes ont échoué, SCP-819-FR se laissant mourir lorsqu'il n'est pas dans sa zone d'activité.
Description : SCP-819-FR désigne une colonie de crevettes anormales vivant exclusivement sur l'île de ██████, aux Kiribati. SCP-819-FR ne correspond à aucune espèce connue ; cependant, son apparence rappelle celle des crevettes nettoyeuses de Pederson (Ancylomenes pedersoni), l'unique différence étant le comportement de ces dernières. En effet, SCP-819-FR vit dans les hauts-fonds autour de l'île et remonte du sable afin de former des monticules qu'ils décorent de divers éléments qu'ils trouvent, notamment des coraux, des coquillages, des déchets et des algues. SCP-819-FR creuse des galeries et des salles dans le sable, créant alors un complexe de galeries et de salles qu'ils utilisent pour se défendre des menaces extérieures et créer des fermes d'algues dont ils se nourrissent. Les explorations récentes ont permis de déterminer que les galeries s'étendent sur plusieurs mètres dans le sol. Voir « Rapport d'exploration » pour plus d'informations.
SCP-819-FR vit en colonie dans une structure sociale proche de celle des fourmis ou des abeilles ; il y a une reine et les autres individus de l'espèce sont classés en deux catégories : les bâtisseurs, qui remontent le sable et creusent des galeries, et les cueilleuses, qui partent récupérer des algues. La reine n'as pas encore été découverte mais les biologistes pensent que cette dernière se reproduit par parthénogenèse ou grâce à une spermathèque.
SCP-819-FR a été découvert en 1871 par Ernest van Eijk, explorateur néerlandais connu pour ses recherches sur l'Atlantide, qui a exploré le monde afin de le trouver. Lors de son passage aux Kiribati, il trouve « une immense forteresse de sable, tellement envoûtante qu'on aurait pensé qu'elle a été construite par des sirènes ». Par la suite, les documents d'exploration ont été publiés vers 1911 par le petit-fils d'Ernest van Eijk, ce qui a permis à la Fondation de prendre connaissance de l'anomalie, de récupérer les copies de la publication et de sécuriser la zone. Depuis sa découverte, SCP-819-FR s'est élargi de 8 mètres (à prendre en considération que la structure a subi beaucoup d'écroulements dus au sable et que la montée des eaux en a recouvert une partie).
Rapport d'exploration
La première expédition de SCP-819-FR a été menée en 2004 par la FIM Iota-7 « Les Bonnets rouges »1, dont Petre Dragomir, chef du groupe, est un marin et plongeur expérimenté. Petre Dragomir est chargé d'explorer les cavités.
Petre Dragomir plonge ; il se dirige vers la première cavité qu'il trouve. Le tunnel est étroit et il a du mal à passer. Après environ 15 minutes, il arrive dans une petite cavité et y trouve 5 crevettes immobiles, supposément endormies.
Petre continue alors son chemin, il trouve une petite crevasse où il se faufile ; il avance sur 17 mètres avant d'arrêter et de toucher les murs, constatant que les murs sont devenus du grès. Il reprend son chemin quelques instants après pour finalement arriver dans une nouvelle cavité ; plusieurs colonies d'algues se trouvent dans cette cavité. Les crevettes semblent s'occuper des algues2. Petre Dragomir reprend sa route dans une cavité plus étroite que la précédente et montre des difficultés à se faufiler dans les crevasses ; il trouve sur une des parois de la cavité des gravures dans le grès.
Il reprend finalement sa route ; après 24 mètres, il trouve au sol un collier de coquillages, un peu plus loin il trouve un squelette de poisson avant de finalement trouver une nouvelle cavité beaucoup plus grande que les précédentes.
La cavité ressemble à une grotte, plusieurs ossements de poisson s'y trouvent. Il avance encore quelques mètres dans la caverne avant de voir, contre une paroi, un squelette humain en position du tailleur ; plusieurs bijoux faits en coquillages se trouvent autour de ses bras, de ses jambes et de son cou. En s'approchant, Petre Dragomir constate la présence d'une bulle d'air autour du crâne du squelette ; une file de crevettes apporte continuellement des bulles d'air dans la bulle du crâne. La partie dans la bulle est momifiée et présente encore des cheveux. Il s'en approche encore, mais SCP-819-FR se montre dérangé par la présence de l'agent, tentant de le faire partir ; il réussit à prendre une phalange avant de faire demi-tour.
Note : La phalange récupérée par Petre Dragomir est en cours d'analyse ; nous aurons davantage d'informations concernant cette découverte. Nos experts en gravure historique ont permis de déterminer que les gravures sont d'origine humaine, probablement faites par la personne avant sa mort. – Docteur Mrogurdhur
Addendum 01 : Extrait du journal d’Ernest van Eijk, 1871 – traduction du néerlandais.
Il y a de cela plusieurs jours que nous sommes dans le Pacifique. Nous avons rencontré un groupe d’Anglais qui parlaient d’une étrange forteresse dans la mer, proche des îles Gilbert. Ils ont parlé d’Atlantide, ou d’Eldorado, ou je ne sais quoi. Je n'y crois pas beaucoup ; j’ai passé suffisamment de temps dans ma vie à rechercher des lieux mythiques pour savoir reconnaître quand une histoire est invraisemblable. Je pense qu’ils disent vrai, cependant, sur le fort dans la mer, mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’Eldorado ou de l’Atlantide, et même eux le savaient ; enfin, ce sont des Anglais, quoi.
Nous avons réussi à trouver une île, nous avons décidé d'accoster pour quelques jours, nous avons besoin de refaire le plein de nourriture. Nous avons rencontré un groupe d’insulaires, je leur ai demandé s’ils connaissaient une histoire de forteresse dans la mer ou quelque chose comme ça ; apparemment, on n’est pas les premiers Néerlandais à venir ici, mais ils ne veulent rien nous dire, ils sont particulièrement méfiants. Je vais essayer de leur offrir des objets, peut-être qu’ils accepteront de nous en parler.
Ils sont difficiles en affaires mais nous avons réussi. Nous avons fait le parti pris que nous trouverions un trésor ici, mais nous avons donné plusieurs de nos armes à feu et même plusieurs artefacts de chez moi ; mais voilà, leur chef a accepté de nous raconter ce qu'il savait sur cette tour dans la mer. Je rapporterai demain ce qu'il nous aura dit.
Il nous a parlé d'une légende, encore plus ancienne que toutes les lignées du village, encore plus ancienne que la tribu elle-même. Il y a fort longtemps vivait une femme nommée Kō'umi (Note du traducteur : le texte original nomme la femme Koumi, mais pour des soucis d'authenticité, il fut décidé de retranscrire le nom en format moderne.), appréciée de tous, d'une beauté lunaire. Elle était même appréciée de la terre et de la mer, et du ciel l'appréciait beaucoup. Un beau jour, le ciel décida de demander la main de Kō'umi. Tout le village était sous le choc que le dieu du ciel la demande comme épouse, mais trop attachée à son village elle refusa l'offre du dieu du ciel et ce dernier furieux déversa sa colère sur le village qui subit alors des jours atroces. Le village alors, pour calmer le ciel, bannit Kō'umi. Rejetée par les siens, elle tenta d'apaiser la situation, mais le ciel n'écouta pas, la terre qui avait subi toute les attaques du ciel, rejeta la jeune femme, et seule la mer accepta de la protéger. C'est alors qu'elle ne fit plus qu'un avec les animaux de la mer, devenant leur reine et ordonna une immense montagne pour remercier la mer, une montagne de sable qui montait jusqu'au ciel, pour montrer qu'elle était en sécurité avec la mer. Et dans sa douce compassion, la mer apaisa le Ciel. On dit, que chaque coucher du soleil, c'est la Mer qui calme le Ciel. Depuis ce jour, les villageois font des offrandes à la montagne de sable pour avoir de bonnes récoltes et être bénis par Kō'umi.
Tout cela semble pas mal correspondre aux récits des Anglais et si la légende est vraie, on devrait pouvoir y trouver pas mal d'or. Nous devrions arriver aux îles Gilbert dans la nuit.
La légende est réelle, il y a une forteresse dans la mer, une forteresse de sable recouverte d’or et de pierres précieuses. Nous avons tout récupéré, c'est magnifique, personne ne doit nous voler notre trésor. Il y a des centaines de crevettes, des milliers. Nous avons pu faire un plein de nourriture et nous somme près à rentrer. Je remercie Dieu pour ce présent.
Le soleil est en train de se coucher. Nous avons réussi à récupérer tout l'or de cette cité de sable. J'ai décidé de nommer cet endroit le Fort à Ismaël.
Addendum 02: La Fondation a reconstitué une version probable des événements concernant cette personne en se basant sur la légende, les images du corps et l'analyse de la phalange, et en comparant la mythologie aux découvertes archéologiques. Le corps a entre 3000 et 6000 ans, datant de la seconde migration asiatique vers l'Océanie. Elle aurait vécu à Malden Island, dans l'actuel Kiribati, et il s'agirait d'une femme. Elle aurait été chassée du village après avoir brisé un tabou et aurait fini par trouver la colonie de SCP-819-FR. D'une manière ou d'une autre, elle aurait réussi à apprivoiser et/ou à diriger SCP-819-FR3. Elle aurait fini par se cacher dans l'eau, avec l'aide de SCP-819-FR, en demandant aux crevettes de créer une bulle d'air continuellement entretenue pour respirer. Les crevettes auraient continué de construire la structure autour de cette dernière pour la protéger. À sa mort, aucune instance de SCP-819-FR n'aurait eu conscience de sa mort et elles continuent de construire et d'alimenter sa bulle.
étude de Tahiti par Paul Gauguin, 1891. Considéré comme une représentation d'un des rituels associé à la légende
Cependant, plusieurs éléments restent flous ; cette légende est racontée dans plusieurs îles du Pacifique, notamment aux Kiribati, aux îles Cook et en Polynésie française, et plusieurs rituels ont existé, associés à cette légende. Mais aujourd'hui, la majorité des traces des pratiques rituelles ont disparu et sont donc particulièrement méconnues et incomprises. L'unique représentation admise comme étant l'un des rituels est une œuvre de Paul Gauguin datée de 1891, « Étude de Tahiti », peinte sur l'île du même nom. La scène représente trois femmes, dont une portant un panier d'offrandes.
Détruit, la Fondation a détruit une tradition. Une fois de plus, leur volonté maladive de tout cacher a détruit les restes d'une religion, d'une croyance si ancienne qui aurait pourtant expliqué beaucoup sur le monde.



