SCP-794-FR

Objet no : SCP-794-FR

Niveau de Menace : Indéterminé

Classe : Keter Neutralisé

Procédures de Confinement Spéciales : En raison de la cessation des activités précédemment pratiquées au sein de SCP-794-FR et de l'absence de réaction apparente de leur gestionnaire, une équipe d'agents de sécurité doit être présente à chaque instant au sein de SCP-794-FR afin d'empêcher la reprise de toute activité anormale au sein de de la dimension de poche.

SCP-794-FR-1 doit être fixée en permanence sur ses gonds d'origine afin de permettre l'accès à SCP-794-FR. Une utilisation des locaux disponibles par la Fondation SCP est actuellement à l'étude.

Description : SCP-794-FR est un établissement nommé Le Salon de Rencontres de Madame Pélagie, localisé au sein d'une dimension de poche.

L'entrée dans SCP-794-FR se fait par la porte d'une bâtisse en ruine (désignée ci-après SCP-794-FR-1) localisée en périphérie de ██████. Il s'agit d'une porte cintrée à double-battant en bois de pin de style fin XVIIIème siècle, indistinguable de visu d'une porte non-anormale. SCP-794-FR-1 peut être dégondée, mais perd alors ses caractéristiques anormales. Ces dernières réapparaissent lorsque SCP-794-FR-1 est de nouveau fixée sur ses gonds d'origine1.

Le hall d'entrée de SCP-794-FR est organisé autour d'un grand escalier central en fer forgé se divisant en deux branches donnant sur la gauche et la droite du premier étage. Plusieurs couloirs sont visibles depuis le hall d'entrée, permettant d'accéder aux autres salles. L'ensemble est décoré dans un style à dominance baroque, orné de nombreuses tapisseries. La majorité du mobilier date du XIXème siècle, bien que l’on puisse également observer des éléments datant de périodes plus modernes comme des néons ou des caisses enregistreuses.

Les zones accessibles au public depuis le hall d'entrée sont les suivantes :

  • Le bar : Le premier lieu auquel on peut accéder à partir du hall d'entrée. Aucune des boissons servies ne présente de danger pour le consommateur dans le cadre d'une consommation modérée.
  • Les salons d'invocation : Leur nombre n'est pas connu. C'est au sein de ces salons qu'est proposé le service principal proposé par SCP-794-FR : l'invocation du fantôme2 d'un proche décédé. Dans chaque salle d'invocation est présent un assistant qui procède à l'invocation du spectre souhaité. Il est nécessaire pour cela d'amener un objet de la personne décédée et de ressentir pour celle-ci une émotion positive suffisamment intense. Un salon privé est attenant à chaque salon d'invocation, utilisable toute la nuit par le client. Différents thèmes décoratifs sont disponibles3.
  • L'arrière-boutique : non accessible au public, il s'agit des locaux logistiques et administratifs de SCP-794-FR. On y retrouve également une salle de détente pour le personnel ainsi que des espaces de stockage. L'arrière-boutique est directement reliée à toutes les autres sections de SCP-794-FR.
  • Le salon VIP : Il se situe à l'étage. L'accès n'est possible que sur autorisation de la gérante, l'entité spectrale dénommée "Madame Pélagie" (désignée ci-après PdI-794-FR). Le salon VIP propose une version surclassée des services disponibles au rez-de-chaussée ainsi que certains services exclusifs à cette partie.

Le personnel travaillant au sein de SCP-794-FR est composé de sujets humains et d’entités spectrales. Au lever du jour, tout client présent dans SCP-794-FR réapparait au sein de la dimension principale4.

Addendum No1 : Rapport de découverte

SCP-794-FR a été découvert le 02/05/20██ suite à une enquête concernant l'agente ███████ du fait d'un nombre inhabituellement important de demandes d'avances de salaire. Celle-ci a pu mettre à jour l'existence de SCP-794-FR, que l'agente ███████ fréquentait sur son temps de permission. Celle-ci y avait dépensé une partie conséquente de ses ressources financières pour "pouvoir revoir [son] compagnon", un agent de la Fondation décédé en mission 2 ans auparavant. Celle-ci a été requalifiée dans un premier temps en Classe E le temps de découvrir la fonction de SCP-794-FR.

RETRANSCRIPTION - INTERROGATOIRE DE L'AGENTE ███████ - ENQUÊTE SUR SCP-794-FR


[DÉBUT DE LA RETRANSCRIPTION]

Agent Rustin : Bonjour agente ███████. Avant de commencer, je dois m'assurer que vous avez été mise au courant de l'objet de cet interrogatoire.

Agente ███████ : Je sais très bien pourquoi on est là. Vous m'avez sortie du trou dans lequel j'étais enfermée pour me soutirer tout ce que vous pouvez avant de me remettre dans un trou, mais pour toujours cette fois. Alors épargnez-moi le cérémonial et allons droit au but, pour ce que j'en ai encore à foutre.

Rustin : Soit, démarrons alors. Nous sommes ici pour obtenir toutes les informations dont vous disposez sur SCP-794-FR, après que des témoignages de clients que nous avons pu appréhender aient corroboré les informations obtenues de votre part. Je vous informe également qu'il a été mis fin à votre statut de Classe E, vous serez donc jugée responsable de l'ensemble de vos propos. Commencez par m'expliquer comment vous avez eu connaissance de SCP-794-FR.

███████ : C'était pas longtemps après la mort de Thierry5. Je noyais ma tristesse un peu dans tous les coins à ce moment-là. Un soir, dans un vieux bouge, alors que j'enchainais les whiskys, j'ai été abordée par un type. C'est-à-dire que vu de l'extérieur, je devais avoir l'air d'une proie facile à ajouter sur un tableau de chasse. Mais il n'était pas là pour ça, alors on a parlé. Une bonne partie de la nuit. Je lui ai raconté, pour Thierry. Et c'est là qu'il m'a parlé de Mme Pélagie.

Rustin : Et vous ne vous êtes pas méfiée ? Vous avez foncé droit dans l'antre du loup ?

███████ : Vous me prenez peut-être pour une traitresse, mais ne me prenez pas pour une débutante ! Je me suis préparée avant d'y aller. S'il y avait eu le moindre souci, personne n'aurait été capable de remonter jusqu'à la Fondation. C'était une affaire perso, je voulais que personne d'autre ne soit impliqué.

Rustin : Admettons. Et quel était votre plan une fois dans SCP-794-FR ? Juste de payer et passer du temps avec le fantôme de l'agent Neuhoff ?

███████ : Faire du repérage pour commencer. Comprendre comment ça marche. Voir si le type du bar ne m'avait pas embobinée également. Et aviser en fonction de ce que je trouverai sur place.

Rustin : Et c'est tout ? Je croyais que vous n'étiez plus une débutante pourtant ? je dois dire que je m'attendais à quelque chose de plus… organisé disons, un peu réfléchi au moins.

███████ : Je vous emmerde. Vous croyez que je m'en rends pas compte ? Ou que j'avais pas réalisé que c'était irréfléchi quand j'y suis allée la première fois ? Avant de me juger, répondez moi : vous avez déjà perdu quelqu'un ?

Rustin : Ma vie privée n'est pas le sujet.

███████ : Je suis sûre que non. Sinon vous auriez eu une hésitation en répondant, ou quelque chose du genre. C'est pour ça que vous pouvez pas comprendre ce que j'ai fait. Quand Thierry est mort il y a 2 ans, il n'est pas mort tout seul, je suis morte avec lui. Mon corps est toujours là, mais plus rien ne m'anime. Tout est gris, morne. C'est comme si j'avais basculé dans une putain de réalité parallèle où tout est pareil à part sa présence. Alors le plus petit espoir, la moindre chance de pouvoir le voir, lui parler à nouveau, sentir sa présence, je l'aurais laissée passer pour rien au monde.

Rustin : Dans ce cas, pourquoi devrais-je vous croire quand vous dites être toujours fidèle à la Fondation SCP ? Si je suis votre raisonnement, Thierry comptait plus que tout non ? Fondation comprise ?

███████ : Parce que si j'arrivais à le revoir, il ne m'aurait pas pardonnée d'avoir mis la Fondation en péril. Il aimait sa mission encore plus qu'il ne m'aimait, et je ne voulais pas lui faire honte.

[FIN DE LA RETRANSCRIPTION]



D'autres interrogatoires ont permis d'en apprendre plus sur les prestations proposées au sein du Salon de Rencontres, notamment concernant l'invocation spectrale d'un être aimé.

Bien qu'aucune information sensible n'ait fuité par le biais de l'agente ███████, il a pu être déterminé ultérieurement que l'affiliation de celle-ci à la Fondation SCP était connue de PdI-794-FR. De ce fait, l'agente ███████ a été reconnue coupable de haute trahison à l'encontre de la Fondation SCP et exécutée.

Devant la nécessité d'obtenir de plus amples informations sur SCP-794-FR, plusieurs modes opératoires d'approche ont été envisagés. Une opération hostile frontale a été éliminée dans un premier temps6 au profit d'une infiltration sous couvert d'approche diplomatique.

À l'adresse de Personne ou Entité responsable du Salon de Rencontres de Mme Pélagie
Madame, monsieur,

Je vous contacte en qualité de représentant du Département des Affaires Spectrales de la Fondation SCP, plus précisément du Bureau de la Diplomatie Spectrale.

Les activités de votre établissement ont récemment été portées à notre connaissance, et représentent potentiellement un risque pour le maintien de la normalité apparente. C'est pourquoi je viens vers vous en vue d'organiser une inspection de votre commerce. Ceci dans le but de pouvoir évaluer la nature de votre activité et le risque qu'elle pourrait faire peser sur le maintien du Voile.

Le Bureau de la Diplomatie Spectrale a pour fonction de maintenir l'équilibre entre le monde vivant et le monde spectral par la voie diplomatique. Je dois cependant vous informer qu'en cas de refus ou non réponse de votre part, votre établissement et vous-même seriez instantanément considérés comme des anomalies à confiner, ce qui mettrait fin à toute initiative diplomatique de notre part.

Respectueusement

Joseph Penberton
Département des Affaires Spectrales - Bureau de la Diplomatie Spectrale
Fondation SCP

À l'adresse de Fondation SCP - Joseph Penberton, Département des Affaires Spectrales
Très cher M. Penberton,

Je serai bien sûr ravie de vous présenter notre modeste établissement. Nous y proposons toute une gamme de services centrés autour de l'attachement, car dans la vie comme dans la mort, nous croyons à la puissance du lien entre les êtres.

Je me tiens personnellement à votre disposition au jour et à l'heure de votre choix. Après notre entrevue officielle, nos différents salons vous seront ouverts si vous souhaitez poursuivre la visite par un moment de détente. Nous savons en effet que le quotidien des travailleurs et travailleuses de la Fondation SCP n'est pas de tout repos et serions ravis de contribuer même modestement à votre bien-être.

Je me dois cependant de vous informer qu'il ne me sera pas possible de vous faire visiter les services logistiques pour des raisons de secret commercial. J'espère que cette modeste contrainte n'altèrera pas l'intérêt que vous portez à notre établissement. De notre côté, l'ensemble du personnel et moi-même sommes très enthousiastes de susciter l'intérêt d'une institution aussi prestigieuse que la Fondation SCP.

Dans l'attente de votre retour

Votre obligée

Mme Célestine Pélagie


Suite à cette réponse, une enquête a été déclenchée afin d'obtenir plus d'informations sur PdI-794-FR. Ci-dessous est disponible une fiche récapitulative des éléments obtenus après le travail conjoint de la Division des Relations d'Intérêt et du Département d'Histoire :

FICHE D'INFORMATIONS

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Mme Célestine Pélagie (1858).

Code Référencement Interne: PdI-794-FR

Identité : Célestine Pélagie

Date de naissance : 15/12/1834

Date de décès : 18/08/1877

Données connues : Née dans une famille paysanne installée dans l'ancien Orléanais7, elle est la 2ème d'une fratrie de 5 enfants.

À l'âge de 15 ans, elle quitte le domicile familial pour rejoindre Paris. Elle est employée comme domestique au sein d'une famille bourgeoise, où elle acquiert les codes sociaux et usages des classes aisées. Elle y travaille durant 1,5 ans avant d'être congédiée suite à une liaison avec le fils ainé de ses employeurs.

Elle connait après cela la précarité pendant plusieurs années et survit en travaillant dans divers domaines comme la couture ou la blanchisserie. Sa connaissance du monde bourgeois lui permet cependant de rebondir et d'être embauchée dans un établissement gastronomique de prestige où ses manières raffinées et sa conversation attirent l'attention de divers notables et hommes influents.

Pendant un temps, elle est entretenue par l'un d'entre eux dans le cadre d'une relation adultérine. Cela lui permet en quelques années de s'enrichir suffisamment pour ouvrir une maison close discrète connue sous le nom de Salon des Rencontres. L'établissement se distingue par le grand soin apporté à la décoration, l'hygiène des lieux et l'instruction exigée des jeunes filles qui y sont employées. Les revenus dégagés par l'établissement lui permettent de continuer à prospérer, par la constitution d'un patrimoine immobilier, et intégrer totalement la bourgeoisie parisienne.

Dans les années 1870, l'établissement fait face à des difficultés, étant régulièrement pris pour cible par les mouvements émergents de "salubrité morale" et les perquisitions policières, probablement liées à la dénonciation des maisons closes par les instances religieuses conservatrices. Ce n'est cependant qu'en 1877 que l'établissement cesse toute activité, suite à un incendie criminel qui voit disparaitre la totalité du bâtiment. L'incendie fait de nombreuses victimes, dont Mme Pélagie qui logeait dans des appartements attenants à la maison close, ainsi qu'une grande partie des employées du Salon de Rencontres.



Addendum No2 : Premier contact - Exploration 794-FR

Au vu de la nature fantomatique de PdI-794-FR, le Département des Affaires Spectrales a été chargé de la constitution de l'équipe en charge de la prise de contact. Il désigna pour cela le chercheur Joseph Penberton, au vu de ses connaissances approfondies en psychologie spectrale, accompagné de 3 membres de la FIM Mu-13 "SOS Fantômes".

RETRANSCRIPTION - RAPPORT D'EXPLORATION - SCP-794-FR


[DÉBUT DE LA RETRANSCRIPTION]

PdI-794-FR : Très chers amis ! Au nom de l'ensemble du Salon de Rencontres, nous vous souhaitons à tous la bienvenue, et espérons que votre passage parmi nous soit des plus agréables ! Toute notre équipe est à votre service.

Joseph Penberton : Merci de nous recevoir. Nous ne sommes cependant pas là pour profiter des services de l'établissement, mais plutôt pour une prise de contact et une inspection.

PdI-794-FR : Bien entendu ! Nous connaissons tous le professionnalisme de la Fondation SCP, et souhaitons une collaboration complète entre nos deux établissement. Par où voulez-vous donc commencer votre visite, messieurs ? Nous pouvons d'abord passer par le bar et les parties communes, où se diriger directement vers les salons.

Penberton : Si cela ne vous ennuie pas, deux de mes agents vont visiter les parties ouvertes au public. Je souhaiterais pour ma part m'entretenir en privé avec vous.

PdI-794-FR : Oh ! Je ne fournis plus ce genre de services moi-même depuis bien longtemps, mais pour vous je peux faire une petite exception.

Penberton : Pardon !? Mais enfin qu'est-ce que vous…

PdI-794-FR : [Rit] Allons, il s'agit d'une simple boutade, très cher. Le caractère officiel de notre entrevue n'empêche pas une petite touche d'humour, ne pensez-vous pas ?

Penberton : Je préférerais que nous gardions un ton plus sérieux à l'avenir, sans vouloir vous vexer.

PdI-794-FR : Mais très certainement. Je ne souhaitais point vous mettre mal à l'aise, veuillez m'en excuser.

PdI-794-FR : [S'adressant à une employée vivante] Amélie ! Voulez-vous bien remettre un badge à chacun de nos invités et guider ces deux jeunes gens dans leur visite du Salon ? Je compte sur vous pour répondre à toutes leurs demandes.

Penberton : À quoi servent ces badges ?

PdI-794-FR : Habituellement, ils font office de ticket d'entrée. Mais dans votre cas, il n'y a évidemment rien à payer, alors voyez les plutôt comme un symbole de votre statut d'invités d'honneurs.

Penberton : Puis-je vous demander quel type de paiement exactement ? J'imagine qu'en tant que spectres, les devises habituelles vous sont inutiles.

PdI-794-FR : [Rit à nouveau] Allons bon, qu'allez vous imaginer ? Nous sommes des spectres, pas des démon ou des esprits maléfiques. Nous acceptons tout type de monnaie tant que le paiement se fait en espèces, même si nous avons une préférence pour le dollar. Vous savez ce que c'est, avec les taux de change en ce moment…

Penberton : Mais à quoi ça vous sert exactement tout ça ? Travailler ? Gagner de l'argent ?

PdI-794-FR : Oh, à plusieurs choses ! Combattre l'ennui notamment. J'ai probablement passé plus de temps à ne rien faire que celui que vous avez vécu. Moi, une femme du monde. Je me sens littéralement revivre depuis que je suis ici ! Aider tous ces gens, c'est devenu une passion. Et l'argent, et bien c'est pour les travaux, le paiement de nos employés vivants, l'entretien et le loyer, tout simplement.

Penberton : Comment ça le loyer ? Cet endroit ne vous appartient pas ?

PdI-794-FR : J'aimerais bien. Mais non, mes économies ont été dispersées après ma mort, et vous imaginez bien que dans ma condition, aller en justice pour récupérer mes biens eut été… disons incongru.

Penberton : Mais qui est le propriétaire ? Même de ce côté du Voile, peu sont près à aider les fantômes.

PdI-794-FR : Le secret des affaires ne m'autorise pas à vous répondre, mon cher ami. Tout ce que je peux dire, c'est que le propriétaire est pour nous un bienfaiteur. Vous n'êtes pas sans savoir que le monde extérieur est devenu très hostile pour nous autres spectres. La Diaspora est plus active que jamais, et ceux des nôtres qui leur échappent restent menacés par la petite fin8. Alors qu'ici, nous sommes toujours occupés, pas d'ennui, pas de monotonie. Mais je vous en prie très cher, allons à mon bureau !

[SUSPENSION DE LA RETRANSCRIPTION]




Extrait du compte-rendu de rapport d'exploration - Fim Mu-13 "SOS Fantômes".

Compte-rendu d'exploration - Salon de Rencontres : Invocation spectrale


Agents impliqués :

  • Agente - Nom de code : Price - FIM Mu-13 "SOS Fantômes"
  • Agent - Nom de code: Warren - FIM Mu-13 "SOS Fantômes"
  • Agente spectrale - Nom de code : Ogura - FIM Lambda-32 "Bloody Mary9"

Déroulé :

[…] Après nous être séparés du reste de l'équipe, la jeune hôtesse chargée de nous guider nous a mené vers un long couloir, qui donnait accès à de nombreuses pièces. Chaque porte était différente, agrémentée selon le style du salon privatif attenant. C'est en tout cas notre supposition principale, car la porte de notre salon, de thème "Seventies", était décorée de grosses fleurs colorées et de couleurs vives.

Warren : Seule l'agente Price a pénétré le salon. Je suis moi-même resté à l'extérieur à but de surveillance et sécurisation, avec l'accord de notre hôtesse. Je n'ai rien à signaler de particulier sur ce point, personne n'a emprunté le couloir durant le temps ou j'y étais présent, à part l'hôtesse qui est ressortie normalement. J'ai cependant entendu des bruits légers venant de certains autres salons pendant ma surveillance, sans y voir personne entrer.

Price : Je suis rentrée seule avec l'hôtesse. La porte donne sur un salon privatif agencé à la façon d'une chambre d'hôtel. Nous l'avons cependant vite traversé pour arriver dans une autre salle, le salon d'invocation proprement dit. La pièce n'avait rien de très particulier en dehors d'un brasero en son centre. Il y avait également un employé spectral avec lequel l'hôtesse m'a laissé seule.

Celui-ci m'a expliqué qu'il était le chargé d'invocation, et m'a demandé un objet appartenant à la personne défunte. J'ai transmis comme convenu la montre d'Ogura. Il m'a ensuite demandé de boire un petit verre d'un liquide semblable à de l'eau, qui était posé sur un buffet dans la pièce. Lorsque je lui ai demandé ce que c'était, il a seulement répondu que cela me permettrait de voir le fantôme invoqué. Pour ne pas rompre la couverture quant à ma réelle fonction au sein de la Fondation SCP, j'ai bu le liquide. Il avait un goût herbacé, légèrement amer. Je n'ai cependant pas ressenti d'autre effet. J'ai pu en conserver une petite quantité.

Il m'a ensuite demandé de me concentrer sur mes sentiments positifs envers Ogura, tout en jetant dans le brasero une plante que je n'ai pas reconnue. Il m'a expliqué que tout sentiment positif assez puissant et personnel, d'amour comme d'amitié, était efficace. Après avoir fait cela, Ogura s'est matérialisée en une dizaine de secondes devant moi. L'employé lui a expliqué où elle se trouvait, ainsi que l'impossibilité pour elle de sortir de l'établissement sans un nouveau rituel. Il nous a ensuite laissées seules en lévitant à travers un mur.

Conformément au plan prévu, nous n'avons échangé que des banalités en cas d'écoute, et j'ai transvasé le liquide gardé auparavant dans un récipient portatif. Je suis ensuite ressortie rejoindre l'agent Warren. Ogura, elle, est restée dans la pièce privative afin de ne pas éveiller de soupçons dans sa mission d'infiltration. […]

Agente - Nom de code Price
Agent - Nom de code Warren

FIM Mu-13 "SOS Fantômes"



L'examen médical post-intervention de l'agent Price a permis d'éliminer toute trace d'empoisonnement ou de contamination par un agent pathogène, de nature normale comme anormale. Le liquide transmis a été immédiatement recueilli pour analyses.

[SUITE DE LA RETRANSCRIPTION]

PdI-794-FR : Nous voilà à mon bureau ! Je vous laisse entrer par vous même, la porte n'est pas verrouillée. Je vous prie de ne pas vous méprendre sur ce manquement à l'étiquette, ma condition m'empêche seulement d'entrer en contact avec la poignée.

PdI-794-FR passe à travers la porte en lévitant. Penberton et l'agent qui l'accompagne ouvrent la porte et entrent dans un bureau à la décoration chargée, à dominante rouge et mauve.

PdI-794-FR : Asseyez-vous, je vous en prie ! Si vous souhaitez une liqueur ou une eau-de-vie, elles sont dans le buffet sur votre droite, sentez-vous libre de vous servir.

Penberton : Je préférerais aller directement au vif des questions si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

PdI-794-FR : Bien sûr ! Vous êtes notre invité, nous ferons à votre guise. Que voulez-vous savoir exactement ?

Penberton : Et bien je me questionne sur certains aspects de votre activité. Vous invoquez des fantômes sur demande c'est bien cela ? Mais comment faites-vous quand on vous réclame de faire revenir des âmes déjà disparues dans l'au-delà ?

PdI-794-FR : Il m'est désagréable de l'avouer, mais vous touchez là à une de nos limites encore irrésolue. Nous ne pouvons faire apparaitre que les spectres qui n'ont pas encore subi ce sort. Heureusement, nous sommes peu confrontés à ce cas de figure, nos clients sont des vivants, et leurs demandes ne concernent que rarement des âmes trop anciennes pour qu'ils les aient connues.

Penberton : Mais que faites-vous dans ces cas-là ? Vous refusez les demandes ?

PdI-794-FR : Maintenant oui. Mais dans le passé, nous avons cherché à les satisfaire, avec un succès… Relatif disons.

Penberton : Comment cela ? Il est impossible d'arracher une âme à l'au-delà une fois qu'elle s'est dissoute dans le Grand Esprit.

PdI-794-FR : Détrompez-vous très cher. La nécromancie fait ça très bien. Enfin très bien… Elle le fait en tout cas. Mais les âmes récupérées par ce biais sont en lambeaux, inexploitables. Dès qu'elles possèdent quelqu'un, elles sont hagardes, sidérées ou agitées. Hurlantes quelques fois aussi. Elles sont complètement traumatisées, et je ne vous parle pas de l'image que ça nous donnait auprès des clients ! Notre nécromancien n'a jamais su nous expliquer le phénomène, il nous baragouinait des pseudo-explications qui ne m'ont jamais convaincue.

Penberton : C'est possible de le rencontrer pour en savoir plus ?

PdI-794-FR : Nous avons dû le remercier. Entre le trauma de l'arrachement à l'au-delà et l'incapacité pour la conscience réactivée d'intégrer l'expérience du néant, j'étais excédée de toutes ses explications contradictoires. Et je vous passe les plus fantasques ! Ce n'est pas lui qui s'est retrouvé avec des dizaines d'âmes en lambeaux à gérer.

Penberton : Qu'en avez-vous fait ?

PdI-794-FR : On les a expulsées dans la dimension principale, tout simplement. J'imagine qu'elles y sont toujours, ou que la Diaspora les a trouvées et renvoyées, ou alors elles errent en tant que banshees, allez savoir. Je suis une femme d'affaire avec un commerce à faire tourner, je n'ai pas le temps de régler tous les problèmes des âmes perdues.

Penberton : Je vois, je vois. Revenons à votre commerce justement, je voudrais comprendre la nature exacte de vos activités.

PdI-794-FR : Bien entendu ! Je suis très fière de ce que nous faisons ici. Nous permettons à des couples de se retrouver, à des familles de se reparler, à des amis de se rappeler le bon vieux temps. Que vous ayez perdu une âme-sœur, un parent, un enfant, un ami, peu importe. Nous sommes là pour aider les liens à perdurer.

Penberton : Mais concrètement ça veut dire quoi ? Vous invoquez le fantôme souhaité et on peut converser avec lui le temps d'une soirée c'est ça ?

PdI-794-FR : Converser, passer du temps, chaque personne fait son choix. Mais ça ne s'arrête pas là. Nous sommes un espace de liberté pour nos visiteurs. Certains clients et clientes, lorsqu'ils retrouvent leur âme-sœur ici, peuvent aussi renouer avec l'intime.

Penberton : Qu… Quoi ? Je vous avais demandé de ne plus plaisanter à ce sujet.

PdI-794-FR : [Rit] Je suis très sérieuse, très cher. Quand nous, fantômes, nous possédons un vivant, nous acquérons un contrôle très précis du corps. Il suffit seulement au spectre invoqué d'exercer une stimulation nerveuse sur les bonnes zones de son ou sa partenaire et…

Penberton : [La coupe] Je crois que j'ai saisi. Plus de développement ne sera pas nécessaire.

PdI-794-FR : Vous manquez quelque chose, cela permet des choses impossibles pour des partenaires vivants, vous savez ?

Penberton : J'ai bien compris. Ces fantômes invoqués, ils deviennent quoi ensuite ? Vous les lâchez dehors eux aussi ?

PdI-794-FR : Seulement ceux qui le souhaitent. Mais certains choisissent de rester ici et travailler dans l'établissement. Ils préfèrent ça que redevenir des fugitifs. Et notre établissement a toujours besoin de main d'œuvre, entre le turn-over et l'augmentation de l'activité. Enfin, je ne vais pas me plaindre sur ce point !

Penberton : Et c'est tout ? Vous n'avez jamais affaire à des récalcitrants ? Des clients qui refusent une nouvelle séparation ? Ou des spectres qui n'acceptent pas ce que vous leur proposez ?

PdI-794-FR : Qu'allez-vous imaginer ? Nous sommes un établissement de luxe, nos clients et clientes sont des personnes tout à fait respectables ! Bien sûr, il arrive qu'il y ait des malentendus, mais nous disposons d'un service de sécurité tout à fait compétent, et mixte, composé de vivants et de fantômes pour parer à toute éventualité. Mais nous n'avons à déplorer aucune violence.

Penberton : C'est rassurant à entendre. Je vous remercie pour toutes ces informations, je pense que nous allons maintenant disposer si vous n'y voyiez pas d'inconvénient.

PdI-794-FR : Vos désirs sont également les miens. Puis-je seulement vous demander quelle sera la conduite de la Fondation SCP par rapport à notre établissement ?

Penberton : Je ne le sais pas encore moi-même. Je vais leur transmettre mon rapport et appliquer leurs directives. En attendant, nous maintiendrons une surveillance afin de s'assurer de votre bonne foi.

PdI-794-FR : Je puis vous en assurer ! Nous n'entraverons en rien votre surveillance, ni n'essaierons de fuir. Je préfère avoir affaire à la Fondation SCP qu'à la Diaspora. Je me permets seulement une requête personnelle si c'est possible, celle de ne pas faire fuir nos clients, cela nous condamnerait.

PdI-794-FR saisit un stylo, arrache une feuille de papier d'un bloc-note, et écrit quelques mots dessus. Elle tend ensuite le papier à Penberton.

PdI-794-FR : Tenez, voici mon canal direct, si vous ou l'un de vos supérieurs voulez me joindre.

Penberton : [Étonné] Je croyais que vous ne pouviez rien saisir ?

PdI-794-FR : Ça ? Ce sont des fournitures spécialement traitées pour qu'un fantôme puisse interagir avec. Mais ce genre de traitement est affreusement onéreux, alors je le réserve à mon unique usage. Mais attendez, je vais vous raccompagner !

Penberton : Pas besoin, nous connaissons le chemin.

PdI-794-FR : Je vous souhaite une très bonne journée dans ce cas, à vous et tous les membres de votre équipe. Oh, et pouvez-vous transmettre mes amitiés à l'agente ██████ ? Nous ne la voyons plus ces derniers temps, j'imagine qu'elle a dû être affectée à des fonctions plus prenantes.

Penberton : Je n'y manquerai pas.

[FIN DE LA RETRANSCRIPTION]

Addendum No3 : Résultats d'analyse

L'analyse chimique du liquide prélevé par l'agente Price a pu identifier les composants suivants :

  • Eau.
  • Achillée.
  • Estragon.
  • Fleur de chanvre CBD.
  • Essence fantomatique inerte10.

Résultats d'analyses : Au vu de la composition du breuvage, il est supposé que celui-ci à pour fonction non seulement d'induire un sentiment d'apaisement émotionnel léger à modéré, mais aussi d'augmenter l'affinité de l'organisme du consommateur aux phénomènes spectraux par l'ingestion de restes fantomatiques. Cette consommation permet en effet de pouvoir observer les fantômes sans dispositif optique adapté, mais également de faciliter la possession du corps par ces derniers.

Notes annexes : Il est à noter que la récolte d'essence fantomatique n'est possible qu'au moment de la désagrégation du spectre, lorsque celui-ci est à la frontière entre l'état d'individu animé et celui de morceaux inanimés. La fabrication régulière d'une boisson de ce type nécessite donc un approvisionnement régulier en spectres dans un état proche de la léthargie spectrale terminale11, ou idéalement dans les premiers stades de celle-ci. Le Département des Affaires Spectrales12 comme le Département de Nécromancie13 et le Département de Nécrobiologie14 ne disposent pas de connaissances sur un procédé permettant de garantir un tel approvisionnement.

Addendum No4 : Conclusion

L'opération d'infiltration de l'agente spectrale Ogura était initialement prévue pour une durée de 2 semaines avant évacuation15. Durant les 10 premiers jours de la mission, Ogura n'a pas donné de nouvelle à la Fondation SCP.

Au onzième jour de la mission, la Fondation SCP a reçu une communication venant de SCP-794-FR à destination du Département des Affaires Spectrales, qui a mis fin à la mission d'infiltration de l'agente spectrale Ogura.

[DÉBUT DE LA RETRANSCRIPTION]

??? : Allo allo ? C'est bien la section des fantômes ?

Penberton : Nous ne l'appelons pas ainsi mais j'imagine que oui. Je ne vous connais pas je crois ? C'est inhabituel que nous recevions des appels extérieurs.

??? : Ah enfin ! Votre standard n'est pas des plus efficaces si vous me permettez. Dix bonnes minutes que j'attends, vous pourriez mettre une petite musique au moins !

Penberton : Puis-je savoir à qui ai-je l'honneur ? Je vois que vous appelez depuis une dimension de poche dont nous surveillons l'accès, et votre voix n'est pas celle de la gérante.

En même temps qu'il parle au téléphone, Penberton rédige une petite note demandant un compte rendu de surveillance de SCP-794-FR-1, qu'il transmet immédiatement à un assistant.

Prosper : La gérante ? Ah, la Pélagie ? Allons bon, elle n'était la gérante que de façade, elle ne faisait qu'appliquer les ordres de ses supérieurs. Mais c'est vrai que je ne me suis pas présenté ! Vous pouvez m'appeler Prosper.

Penberton : Prosper comment ?

Prosper : Prosper tout court. Vous ne me croyez pas assez bête pour vous donner ma vraie identité quand même ?

Penberton : Vous seriez surpris de l'efficacité d'une simple question posée sans détour.

Prosper : Et bien pas cette fois, désolé.

Penberton : Pourrions-nous revenir au sujet de votre appel ? Je suppose à vos propos que vous ne faites pas partie de l'établissement ?

L'assistant de Penberton revient avec le compte-rendu demandé précédemment. La liste ne comporte aucun civil particulièrement suspect ou non identifié.

Prosper : Vous êtes quelqu'un qui va droit au but vous ! J'aime bien ça. Non, plus maintenant effectivement. Quand j'ai découvert ce qu'ils faisaient vraiment ici, j'ai claqué la porte en furie. Mais assez parlé de moi, je vous appelle en tant que porte-parole de la Société d'Étude Spiritiste des Confins Implorants.

Penberton : Spiritiste ? Vous êtes de la Diaspora !?

Penberton tend une nouvelle note à son assistant. Il est indiqué sur celle-ci de prévenir les agents de surveillance de se tenir prêts à pénétrer SCP-794-FR. L'assistant sort un téléphone portable et commence à taper un numéro de façon rapide.

Prosper : Bingo ! C'est pour ça que je vous appelle justement. Les relations que vous entretenez avec la Pélagie et toute sa clique vont à l'encontre de nos intérêts, et donc de ceux de toute l'humanité.

Penberton : C'est votre appréciation. Mais que dois-je comprendre ? Vous demandez une suspension de nos activités c'est ça ? Vous pensez vraiment être en mesure d'exiger cela ?

Prosper : Allons, pourquoi tant d'agressivité ? Je viens en paix comme on dit. J'ai même quelques infos pour vous sur le Salon si ça vous intéresse. Vous savez que la Pélagie ne vous a pas tout dit ? Les fantômes sont comme ça, ils ont le mensonge inscrit en eux.

Penberton : Peut-être y sont-ils obligés vu la traque dont ils font l'objet, vous ne pensez pas ?

Prosper : Allons, ne me dites pas que vous adhérez à leurs discours victimisants ! Un agent de la Fondation qui verse dans l'idéalisme, on aura tout vu. Si vous saviez vraiment ce qu'il se passait là-dedans, croyez-moi, vous tiendriez un autre discours.

Penberton : Et qu'est-ce qu'il se passe exactement alors "là-dedans", comme vous dites ?

Prosper : C'est pour ça que je vous appelle justement. Pour vous dire qu'il ne s'y passera plus rien. On s'en est occupés. Mais on vous a laissés un petit cadeau sur place, quelqu'un de chez vous qui jouait les agents doubles pour la Pélagie et ses employeurs. Pour vous montrer que c'est pas vous nos ennemis. C'est lui qui nous a donné votre numéro d'ailleurs.

Penberton, entendant cela, appuie sur un bouton, et fait signe à son assistant de prévenir immédiatement les forces de sécurité pour pénétrer SCP-794-FR.

Penberton : Comment ça vous vous en êtes occupés !? C'est impossible ! Quand à notre agente, nous avons toute confiance en…

Prosper : [Le coupe] L'agente ? C'est pas une agente qu'on vous a laissé, mais un agent. Tous les autres, on les a rendus au Grand Esprit, ils existent plus maintenant. Aïe, désolé du coup. Mais bon soyons honnêtes, un spectre de moins, c'est toujours ça de…

Penberton : [Le coupe à son tour, en colère] Silence ! Comment vous avez pu entrer d'abord ? Nous faisions surveiller l'entrée 24 heures sur 24 !

Prosper : On s'en doutait bien. Et j'imagine que vos hommes sont en train de l'emprunter en ce moment même n'est-ce pas ? Mais ça c'est juste l'entrée officielle. Je vous ai dit, elle vous a caché des choses. Moi j'ai travaillé là-bas, je connais les autres accès.

Penberton : Et les employés vivants, vous en avez fait quoi ?

Prosper : Pareil, on les a envoyé dans l'au-delà. Quand vous aurez fouillé ce qu'il reste de l'endroit, vous comprendrez qu'ils ne l'avaient pas volé, ne vous inquiétez pas. Mis à part Pélagie qui s'est échappée et votre agent là, on s'est chargés de tous les autres. Bon allez je vous laisse, on a assez parlé ! J'ai passé un bon moment, j'espère que nous aurons l'occasion de nous parler à nouveau. Et qui sait, collaborer peut-être ?

L'appel prend fin et laisse place à une tonalité continue.

[FIN DE LA RETRANSCRIPTION]



Lorsque les forces de sécurité sont arrivées dans SCP-794-FR, elles ont retrouvé l'ensemble de l'endroit mis à sac. Les corps des employés humains ont été retrouvés massés dans l'arrière-boutique. Les lésions présentes sur les différents cadavres orientent vers l'utilisation de [DONNÉES CENSURÉES]. Au milieu des corps a été également trouvée une petite jarre scellée. Après analyse de son contenu par le Département des Affaires Spectrales, il a pu être identifié qu'elle contenait le fantôme de l'agent Thierry Neuhoff. Il est pour l'instant maintenu sous scellé en l'attente de son interrogatoire.

L'individu dénommé Prosper n'était pas présent au moment de l'intervention. Il a pu être déterminé que son appel a été passé depuis un endroit extérieur à SCP-794-FR, par l'intermédiaire d'un dispositif connecté à un téléphone présent dans la dimension de poche. Ce dispositif avait pour but de transférer l'appel à la Fondation SCP tout en maintenant son origine intraçable.

La fouille des restes de SCP-794-FR a permis de retrouver différents éléments mettant en lumière l'ensemble des activités présentes au sein de SCP-794-FR ainsi que l'identité du propriétaire de la dimension de poche.

Le 04/08/1994

Bonjour Célestine,

Nous avons bien reçu les chiffres du dernier bilan annuel, et contrairement à ce que vous nous aviez annoncé, ils ne sont pas très encourageants. Votre budget est certes à l'équilibre, mais est largement en deçà de ce que nous attendions en terme de croissance.

Notre clientèle est de plus en plus exigeante, et la concurrence dans notre secteur est impitoyable. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas nous permettre de n'être qu'un nom parmi les offres disponibles, et attendons donc de la part de votre établissement un meilleur retour sur investissement. Ainsi, si votre trajectoire budgétaire reste la même, nous serons contraints de fermer le Salon de Rencontres.

Cependant, nous n'en sommes pas encore là, et personnellement, je crois toujours en votre projet. C'est pourquoi j'ai chargé notre service marketing d'étudier la situation du Salon de Rencontres afin de pouvoir diversifier ses activités et conquérir une nouvelle clientèle.

Je vous ferai parvenir l'ensemble de leur rapport d'analyse sous peu, mais je profite de ce courrier pour vous soumettre les deux pistes qui me paraissent les plus prometteuses. Je crois qu'un nombre important des fantômes que vous invoquez demandent à travailler au sein de l'établissement pour échapper à la traque de la Diaspora n'est-ce pas ? De notre côté, de nombreux clients sont intrigués par les plaisirs qu'un fantôme peut faire ressentir, mais n'ont pas connu la perte d'un être cher qui leur permettrait de bénéficier de vos services actuels. Je crois qu'il y a là une opportunité à saisir. Si ces fantômes veulent rester, ils doivent participer aux recettes de votre établissement, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.

La vente de produits dérivés est également une piste à investir, il s'agit d'une source de revenus importante pour un grand nombre de franchises de nos jours. Un de nos anciens produits notamment a connu un certain succès par le passé, au point que l'un de nos meilleurs clients nous a acheté tout notre stock, que nous allons bientôt lui livrer. Nous pensons cependant à relancer une production destinée à la vente dans les franchises. Et il se trouve justement que vous disposez en grande quantité de la ressource habituellement la plus complexe à trouver. Lorsque les spectres invoqués ne sont pas intégrés à l'établissement, vous les renvoyez dehors je crois ? Ce produit vous offrira la possibilité de continuer à le faire tout en les mettant à l'abri de la Diaspora, et devrait nous dégager d'importants profits. Tout le monde y gagnera.

J'espère que ces quelques pistes sauront attirer votre attention et relancer l'attractivité de votre établissement. Soyez certaine que si je devais fermer votre établissement et vous renvoyer à la merci de la Diaspora, cela provoquerait chez moi une certaine tristesse.

Dans l'attente de votre retour.

█████ ██ ████████
Responsable de Franchises
Caldeira

Le 01/04/1995

Cher M. ██ ████████

Je vous remercie des précieux conseils que vous m'avez envoyé l'été dernier. Cela n'a pas été facile à mettre en place, et nous avons dû faire face à quelques départs, mais la plupart des membres du personnel acceptent maintenant parfaitement la situation.

Voilà deux mois que nous avons terminé les travaux d'aménagements et que les salons VIP ont ouvert. Nous avons choisi de réserver les nouvelles prestations à nos meilleurs habitués et aux personnes recommandées afin de garder auprès de nos autres clients une image de marque à laquelle ils sont familiarisés. Mais le succès est tel que nous envisageons d'étendre bientôt les nouvelles offres à une plus large part de notre clientèle.

Nous avons également commencé à explorer d'autres pistes fournies par le service marketing, notamment les enregistrements vidéo. J'en suis moi-même surprise mais leur vente semble avoir un certain succès et nous devrons bientôt racheter du matériel pour pouvoir honorer toutes les demandes.

Il est encore trop tôt pour présenter un bilan, mais nos projections sur cette année 1995 sont extrêmement positives et je ferai tout pour que cela se poursuive !

Votre obligée

Célestine Pélagie
Responsable - Salon de Rencontres de Madame Pélagie



En plus des documents administratifs ont été retrouvées au sein du stock des salons VIP plusieurs caisses comportant la mention "JOUETS SPIRITUELS - PRÊTS À LA VENTE", toutes remplies intégralement, ainsi que des [DONNÉES CENSURÉES]. Les registres de vente indiquaient un chiffre d'affaire de [DONNÉES CENSURÉES] entre janvier et avril 20██.

L'agente spectrale Ogura n'a pas été retrouvée et ne s'est pas manifestée de son propre chef. Il est supposé qu'elle a été renvoyée dans l'au-delà et s'y est dissoute. Le Département de Nécromancie a pour mission de l'en ramener dans un état permettant le recueil de son témoignage afin d'en apprendre davantage sur les méthodes de la Diaspora. Une demande de fonds supplémentaires est à l'étude auprès du Département comptable.

La PdI-794-FR "Madame Pélagie" est à l'heure actuelle toujours portée disparue.

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