SCP-770-FR lors de sa sécurisation.
Objet no : SCP-770-FR
Niveau de Menace : Jaune ●
Classe : Euclide Sûr
Procédures de Confinement Spéciales : Toutes les instances de SCP-770-FR destinée aux recherches ont été supprimées, l'équipe chargée de la destruction des instances en liberté est maintenue jusqu'à nouvel ordre. SCP-770-FR (dite "la souche") a été transféré au Site Kybian sous cryogénie dans un caisson hermétique.
Description : SCP‑770‑FR est un lichen présentant un thalle fruticuleux5, épais de 0,5–1 cm, aux ramifications souples gris‑bleu. Les spores, mesurant 0,8–1,2 mm de diamètre, sont organisées en grappes. Sous microscope électronique, la symbiose algue-champignon montre une matrice protéique inconnue (SCP‑770‑FR‑01) contenant huit acides aminés exogènes6, dont deux chiraux7 imprévus. Des canaux tubulaires protéiques8 ont été détectés, évoquant des structures microvasculaires internes, potentiellement dédiées au transport d’une substance nommée psycholinine (SCP‑770‑FR‑02). Cette molécule, un alcaloïde psychoactif9 inédit, est détectée à 0,8–1,2 mg/m³ dans l’air entourant le thalle après >90 jours de vie.
L’inhalation de psycholinine déclenche trois phases distinctes :
| N° | Nom de la phase | Description des effets |
|---|---|---|
| 1. | Synesthésie spatiale | Hallucinations géométriques modulaires, souvent décrites comme des fractales dynamiques en 3D. |
| 2. | Dissociation temporelle | Sujets rapportant la perception de boucles temporelles brèves (2–15 s) se répétant. |
| 3. | Hypnotisme somatique | Attraction réflexe vers toute matière lichénoïde, conduisant à l’ingestion, suivie d’amnésie partielle ou totale. |
Après ingestion du thalle, entre 4 et 6 heures, les filaments mycéliens migrent le long des fibres nerveuses jusqu’au cortex. Durant cette phase, la perméabilité de la barrière hémato‑encéphalique10 augmente de 30 % (mesure IRM de contraste). Les sujets présentent une catatonie profonde, tandis que le lichen consomme progressivement les tissus périphériques. Les tissus neuronaux (hippocampe, tronc cérébral) sont conservés et émettent des ondes entre 270 et 290 Mhz.
Rapport de récupération SCP-770-FR
Date : ██/██/202█
Lieu initial : Contrôle routier, périphérie de ███████, France
Agent impliqué : Agent intégré Harold █████ affecté aux forces de police locales
Lors d’un contrôle routier, un individu de sexe masculin a refusé d’obtempérer aux injonctions policières. Une fois interpellé, le sujet présenta un comportement
suspect, répétant de manière compulsive la nécessité de rejoindre « un endroit sombre et humide, là où il n’y a personne ». L’agent infiltré [Censuré], a identifié l’anomalie potentielle et a immédiatement procédé à une mise en observation du sujet.
Ces symptômes étais les suivants : agitation nerveuse, propos incohérents, absence de réaction cohérente aux stimuli externes, ainsi qu’une rigidité musculaire fluctuante. Les signes rappelaient à la fois un état d’intoxication par substances psychotropes et un parasitisme systémique par organisme inconnu. Signalement transmis à la Fondation SCP conformément au protocole.
Note de terrain, médecin urgentiste rattaché à l’unité mobile :
« Même sous sédatif, le sujet continuait à murmurer les mêmes phrases, comme une boucle. Il n’a pas réagi aux injections, mais son rythme cardiaque se calait étrangement sur ses paroles. »
L’individu fut confié à une équipe médicale de la Fondation SCP. Moins de 48h après confinement, le sujet entra dans un état de catatonie végétative complète. Un examen au spectrogramme et par imagerie spectrale permit la détection de structures fongiques-lichéniques intracrâniennes, identifiées comme étant à l’origine des troubles observés.
Suite à la découverte, une équipe mobile fut mandatée pour analyser le parcours du sujet avant son interpellation.
Les résultat de l'enquête préliminaire indiquèrent la possible présence d'un vaste réseau en étoile de foyer de contamination :
- Multiples points de passage identifiés dans des zones urbaines abandonnées, réseaux souterrains et friches industrielles.
- Découverte successive d’instances secondaires, humaines, toutes affectées à divers degrés par l’organisme.
- Mise au jour de plus d’une centaine de cas de disparitions locales correspondant à des hôtes partiellement ou totalement intégrés au réseau mycorhizien.
Note de terrain, opérateur de récupération :
« Certaines victimes ont été retrouvées accroupies dans des caves, immobiles, la peau couverte de filaments grisâtres. Pas de réaction. Elles semblaient en attente. »
Après environ trois mois de suivi et de recoupements, le traçage mena les équipes de la Fondation SCP au Jardin des Plantes à Paris. Dans une serre désaffectée, un foyer de croissance majeur fut identifié, considéré comme la souche primaire du lichen anormal. Site immédiatement sécurisé et protocole de confinement temporaire appliqué en attendant le transfert de la souche.
Note de terrain, chef d’équipe :
« L’odeur était suffocante, mélange de terre mouillée et de végétaux en décomposition. La structure entière de la serre semblait ‘respirer’. On savait qu’on avait trouvé le cœur, Le point de départ. »
Rapport de test SCP-770-FR
Date : ██/██/202█ à ██/██/202█
Lieu de recherche : Branche biologique du Site Yod
Personnels en charge : Dr Moreau, Dr Lebrun : CO Directeurs de recherche, L. Darsel et B. Kenzaki, Chercheurs juniors
Rapport d’expérience 770‑FR‑1 (Premier double test humain) :
| Date | Sujet | Test réalisé et résultat | commentaire |
|---|---|---|---|
| █/█/202█ | D-2149 et D-4589 | Une exposition simultanée contrôlée (concentration 0,5 mg/m³, durée 5 min). Les IRMf croisées ont révélé des motifs d’activation synchrones à 3,7 km de distance, confirmant une connexion par onde radio. | Les implications s’étendent de la neurologie à l’informatique biologique. Ce n’est plus un être humain, mais une plateforme de calcul organique. -Dr Moreau |
Transcription interrogatoire du sujet 1 :
Dr Moreau – Racontez-moi ce que vous voyez.
D-2149 – Je… je suis où là ! Je… je vois double !
Dr Moreau – Pouvez-vous préciser s’il vous plaît.
D-2149 – Je… vois double, mais pas ici… je suis… plusieurs. Je… Je suis plusieurs !
D-2149 Est en état de panique, il crie et se frappe frénétiquement la tête pendant 1 minute et 26 secondes suite à quoi, D-2149 entre dans un état végétatif
D-2149 n'est plus en capacité de répondre aux questions, le test a donc été stoppé.
Après analyse des enregistrements, il s’est avéré que les sujets 1 et 2 parlaient de manière synchronisée malgré la distance.
Rapport d’expérience 770-FR-2 (analyse de la puissance de calcul) :
| Date | Sujet | Test réalisé et résultat | Commentaire |
|---|---|---|---|
| ██/██/202█ | 4 hôtes de classe D | Les quatre sujets ont été exposés (concentration 0,5 mg/m³, durée 5 min). Perte de conscience des sujets après exposition. Monitoring EEG et IRMf maintenu durant 2 heures. Augmentation progressive et mesurable de la capacité de traitement. Avec un seul hôte, l’activité globale observée correspond à ≃8–10 TFLOPS (soit l’équivalent d’une carte graphique moderne haut de gamme). Augmentation à l'ajout d'un second sujet de ≃50 TFLOPS, synchronisation mesurée à ≃90% des signaux cérébraux. Trois hôtes ≃220–250 TFLOPS, le quatrième a permis de franchir la barre des 1500 TFLOPS. La relation puissance/nombre d’hôtes est notablement exponentielle, suggérant une synergie et non une simple addition des capacités. | Le potentiel est tout simplement extraordinaire. Quatre cerveaux endormis atteignent 1500 TFLOPS, c'est l'équivalent d'un superordinateur universitaire ! Imaginez ce que donneraient vingt, cinquante ou cent hôtes connectés ! Nous sommes peut-être devant une forme d’architecture de calcul biologique qui dépasse nos modèles actuels, une sorte de processeur vivant -Dr Moreau |
Rapport d’expérience 770-FR-3 (Phase “Éveil”) :
| Date | Sujet | Test réalisé et résultat | Commentaire |
|---|---|---|---|
| ██/██/202█ | 12 hôtes de classe D | Le réseau a diffusé 0,5 µg/m³ de psycholinine sur 30 min, provoquant une transe collective et une synchronisation à 280 Hz entre l’ensemble des participants. | // Nous pouvons désormais affirmer que SCP-770-FR permet de connecter un grand nombre d'hôtes sans grande difficulté. Toutefois, je déplore une telle utilisation des ressources humaines de la part du Dr Moreau.//-Dr Lebrun |
Rapport d’expérience 770-FR-4 (Intensification du protocole) :
Le Dr Moreau a proposé un protocole d’intensification suite aux observations du Dr Lebrun.
| Date | Sujet | Test réalisé et résultat | Commentaire |
|---|---|---|---|
| ██/██/202█ | 30 hôtes de classe D | Hausse graduelle de psycholinine (de 0,2 à 1,0 mg/m³ sur 60 min), couplée à un suivi comportemental. Durant cette expérience, quatre sujets manifestèrent des symptômes de connexion préliminaire après seulement 15 min, avec une latence moyenne de 3,4 min pour l’établissement d’une activité synchrone. | Même à faible concentration, la psycholinine initie un maillage neural efficient. Les hôtes semblent « sentir » la présence des autres avant toute communication visible. -Dr Moreau Malgré les progrès, je crains que cette entité ne transcende bientôt nos capacités de contrôle. Les classes D endurent un stress cognitif extrême, et les conditions déshumanisantes de leurs fonctions se font sentir. -Dr Lebrun |
Rapport d’expérience 770-FR-5 (surexposition) :
DATE : ██/██/202█
NOTE : Le Dr Marc Moreau, assisté par L. Darsel et B. Kenzaki, a mené une expérience de saturation progressive de psycholinine sur un sujet humain (D-3498) exceptionnellement autorisé par le directeur de recherche du secteur biologique Pr. Garan, visant à étudier les effets neurologiques d’une surexposition.
[Observations :]
• T+10min (0,3 mg/m³) : Le sujet commence à signaler des "échos visuels" et perçoit des objets en double, il témoigne d'une légère douleur cérébrale :
J’ai mal à la tête, docteur, j’ai vraiment mal là ! - D-3498
• T+20min (0,5 mg/m³) : Synchronisation EEG sur bande gamma (160–210 Hz), regard fixe, réponses retardées, visage crispé de douleur, le sujet crie.
• T+35min (0,8 mg/m³) : Le sujet cesse de répondre aux questions et de témoigner d'une quelconque douleur, se redresse, lève lentement les bras, et marmonne de façon inaudible. Apparition de motifs lumineux rétiniens sur l’enregistrement oculaire.
• T+45min (1,2 mg/m³) : Accélération brutale des ondes cérébrales ; le sujet frappe doucement ses tempes. La voix du sujet se met à imiter les phrases prononcées lors de tests précédents avec d'autres sujets, du sang coule du nez du sujet, probablement en raison d’une pression sanguine excessive.
• T+50min (1,4 mg/m³) : L’assistante Kenzaki signale une activité anormale sur le scanner thermique : le lobe temporal présente une température supérieure de 6,8 °C au reste du cortex. Le sujet se met à parler en tandem avec une voix secondaire, en léger décalage (écho différé de 0,4s) du sang coule des yeux du sujet.
À T+55min (1,5 mg/m³), la Dr Hélène Lebrun en déplacement accède à distance à l'expérience et ordonne l'arrêt immédiat de celle-ci :
Le sujet entre dans un état de double conscience projective. Le lichen ne se contente plus de synchroniser, il construit une contre-personnalité. Arrêtez. Ce n’est même plus une expérience, c’est de la torture pure et simple.
Le Dr Moreau exprime un désaccord :
Nous approchons d’un moment décisif. Ce genre de phénomène est exactement ce que nous cherchons. Il ne souffre pas. Il s’adapte.
Dr Lebrun active à distance le protocole d'arrêt PAX-3. La chambre est purgée, et le sujet est éliminé par les contre-mesures.
Rapport d'incident 770‑FR
Le █/█/202█, le système d'hermétisation du sas a subi un court-circuit. Le Dr Lebrun, présente pour superviser, n’a pas été enregistrée comme utilisatrice active et ne portait pas de scaphandre complet. Une décharge d’air non filtré a contaminé l’espace de travail, propulsant une dose de spores à haute concentration. En moins de 10 s, un réseau en étoile commença à se former, reliant le Dr Lebrun à deux sujets de classe D (D-6532 et D-5587) en attente d'expérimentation. L’alarme s’étant déclenchée immédiatement, les portes se sont fermées automatiquement, isolant la contamination. L’équipe mobile a appliqué un champ à fréquences inverses (900 MHz) entraînant la mort du Dr Lebrun et des deux sujets de classe D avant de réinitialiser le sas après 72 h de cycles de décontamination.
/Après autopsie du système, des modifications volontaires ont été effectuées, une enquête est en cours pour identifier le saboteur// -Agent keran
Suite à l’Incident 770‑FR, une équipe de la SEP a mené une enquête approfondie sur les anomalies de fonctionnement du sas et les possibles délits commit. Le rapport met particulièrement en cause le Dr Marc Moreau.
Les premières preuves suggèrent un sabotage interne. En l’absence d’explications plausibles de la part du Dr Moreau, je recommande une suspension immédiate de ses privilèges d’accès et une mise en quatorzaine pour interrogatoire. -Agent Renault
Fermeture du dossier SCP-770-FR
Raison : Le personnel en charge de SCP-770-FR n'est plus en mesure d'effectuer toute recherche sur l'objet.
le dossier SCP-770-FR ne peut être réouvert sans l'approbation d'au moins 3 membres du personnel de classe B
