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Le bloc de test BT-01 peu de temps après sa construction. Le bâtiment servait alors de centre administratif du Site-Aleph (avril 189█).
Objet no : SCP-744-FR
Niveau de Menace : Rouge ●
Classe : Euclide
Procédures de Confinement Spéciales : Les cadavres immatriculés SCP-744-FR-A doivent être conservés dans la mesure du possible dans des casiers sécurisés de la morgue principale du Site-Aleph. Si le responsable de la morgue (actuellement la Dre Zaïa Marcelin) estime que les mesures de confinement deviennent trop couteuses ou trop contraignantes, une commission scientifique devra étudier au moyen le plus sûr et le plus efficace pour procéder à leur destruction.
De faux certificats de décès doivent être transmis aux administrations des villes d’origine des sujets. Officiellement, les corps doivent être déclarés comme ayant été incinérés conformément aux derniers vœux des défunts. Les familles – si elles sont connues – seront indemnisées selon le barème habituel.
L’accès au puits SCP-744-FR-B doit être verrouillé par un sas de sécurité en acier de deux mètres (2m) de diamètre et de trente centimètres (30 cm) d’épaisseur à commande digitale. Les abords du sas doivent être sécurisés par une Ancre de Réalité de Scranton (A.R.S.) calibrée pour fixer la Réalité locale à un niveau de dix Humes (10 Hm) en toutes circonstances.
Une balise flottante équipée d'un compteur de Kant et de caméras à détection de mouvement doit être placée au fond de SCP-744-FR-B
Depuis le 11/09/202█, l’accès au bloc de test BT-01 est strictement interdit, sauf dérogation spéciale du directeur du Site-Aleph (actuellement : M. Bruce Garrett). Les accès principaux et les fenêtres doivent être condamnés par des volets sécurisés et les clefs confiées à la garde du directeur du Site.
Description : SCP-744-FR est un phénomène affectant tous les cadavres des individus décédés de mort violente ou accidentelle dans l’enceinte du bloc de test BT-01 du Site-Aleph. Pour des raisons évidentes, la plupart des instances de SCP-744-FR concernent des membres du personnel de Classe-D décédés dans le cadre de protocoles expérimentaux.
Les effets anormaux de SCP-744-FR se manifestent dès le début du processus normal de décomposition des corps. Dans les vingt-quatre à quarante-huit heures (24h-48h) suivant le décès, le cadavre va subir une importante baisse de son niveau de réalité jusqu’à se stabiliser aux environ de zéro virgule deux Humes (0.2 Hm). À titre indicatif, le niveau de réalité moyen d’un être humain non-anormal est en moyenne de dix Humes (10 Hm), tandis que celui d’un cadavre non-anormal au cours de son processus de décomposition tombe rarement en deçà de quatre Humes (4 Hm).
Lorsque le cadavre SCP-744-FR atteint un tel seuil, il subit un choc hypoonthique provoqué par les écarts de réalité entre le cadavre et son environnement. La pression de la réalité locale écrase celle des instances de SCP-744-FR et ces dernières subissent alors des transformations spectaculaires et très variables d’une instance à l’autre (voir ci-dessous). À partir de cet instant, le cadavre doit être considéré comme anormal et renommé en SCP-744-FR-A.
Les méthodes suivantes permettent de délayer la survenance ou de diminuer les effets de l’anomalie, mais jamais de les empêcher :
- Éloignement géographique de l’enceinte du bloc de test BT-01
- Conservation du corps en chambre froide ou via des procédés chimiques classiques
- Conservation du corps dans le champ d’action d’une Ancre de Réalité de Scranton (A.R.S.)
- Ablation des principaux organes (foie, cerveau, viscères, poumons, etc.)
Sauf exception, les effets de SCP-744-FR cessent avec la destruction du cadavre par des moyens techniques conventionnels, naturels ou anormaux.
SCP-744-FR n’a été découvert que relativement récemment à l’heure où ce rapport est rédigé. Cela peut être expliqué par les protocoles de sécurité mis en place dès la construction du bloc de test BT-01 disposant que tout cadavre d’un individu décédé dans l’enceinte du bloc dans le cadre d’un protocole expérimental devait être détruit dans les 24h suivants le décès.
Le 21/01/202█, l’élimination accidentelle de D-7010 lors d’une tentative de résistance a permis de découvrir les effets anormaux de SCP-744-FR, le cadavre ayant été conservé au-delà des normes de sécurité habituelles.
Le tableau suivant présente les instances les plus remarquables de SCP-744-FR-A et ne constitue pas une liste exhaustive :
| Sujet |
Nature du décès |
Effets de SCP-744-FR |
| SCP-744-FR-A1 |
Neutralisation accidentelle |
La balle ayant tué D-7010 est une munition de calibre 9mm ayant traversé la nuque et le haut du front du sujet. Lorsque les agents d’entretien ont manipulé le corps pour l’évacuer, une voix correspondant à celle de D-7010 de son vivant s’est échappée des orifices de la blessure. Le phénomène s’est reproduit à chaque fois que le cadavre était retourné sur le ventre ou sur le dos. L’officier de sécurité ayant neutralisé accidentellement D-7010 a confirmé que la réplique, toujours la même, correspondait aux derniers mots du sujet : "S’il vous plaît, je n’ai pas envie." [sic] |
| SCP-744-FR-A3 |
Protocole expérimental impliquant SCP-███-FR |
Peu de temps après le début du processus de décomposition, D-7012 présente ████████████ ██ ████████ █████████████ ██ ███████ ██ ██ ███████ ████████████ des asticots et des mouches ██ █████████████ ██ accidentellement blessés ████████████ ███████ ████████████ ████████ ██ ██ détruit avec succès ████████ ███ ████ ████████ █████████ dans l’attente d’un protocole de confinement approprié. |
| SCP-744-FR-A8 |
Protocole expérimental impliquant SCP-███-FR |
Dans un premier temps : pas d’anomalie visible. Cependant, lorsque les nettoyeurs ont voulu évacuer D-7017 de la salle de test, le cadavre s’est dédoublé en laissant une instance parfaitement identique de lui-même sur le sol. L’incident s’est répété vingt-cinq (25) fois avant que – en raison de l’impossibilité de récupérer l’instance originelle sans créer une nouvelle copie – il ne soit procédé à sa destruction sur place. Aucune des copies ne présentaient de particularités anormales. |
| SCP-744-FR-A22 |
Protocole expérimental impliquant SCP-███-FR |
Le cadavre est devenu rigide et cassant. Les témoignages des équipes de nettoyage décrivent une texture "similaire à de la porcelaine ou de la coquille d'œuf". Cadavre très abîmé lors de son évacuation de la salle de test. |
| SCP-744-FR-A23 |
Neutralisation contrôlée dans le cadre du programme d'étude de SCP-744-FR |
Prolifération rapide de plusieurs espèces de champignons sur l’ensemble du corps. Les spécimens appartiennent à des espèces toxiques et comestibles communes, mais présentent des dimensions et une vitesse de croissance anormales. Les muscles, les organes et le squelette sont rongés en plusieurs endroits et partiellement remplacés par la chair des champignons. |
| SCP-744-FR-A26 |
Neutralisation contrôlée dans le cadre du programme d’étude de SCP-744-FR |
La matière organique de D-7025 se transforme rapidement en une matière savonneuse qui, sous l'effet des gaz de décomposition, se met rapidement à mousser. Le spécimen est bientôt totalement transformé et prend l'aspect d'un nuage de bulle vaguement consistant. Spécimen aspiré et détruit accidentellement par le système de ventilation de la salle de test. |
Addendum 744-a : Historique
Historique : Le bloc de test BT-01 est l’un des bâtiments les plus anciens du Site-Aleph. Construit en 18██ peu de temps après l’installation de la Fondation dans la ville de S████████, il abritait à l’origine les bureaux de la direction, un petit centre d’archive et quelques laboratoires.
Lors de la catastrophe ayant ravagé S████████ au début du XXème, l’édifice est miraculeusement épargné et sert de dépôt et d’avant-poste lors des travaux de sécurisation des ruines du futur Site-Aleph.
En 1963, le bâtiment BT-01 est rénové et modernisé pour être transformé en centre expérimental. Plusieurs salles de test sont aménagées dans les sous-sols et rapidement le bloc de test s’impose comme infrastructure de référence pour la plupart des expériences du Site-Aleph impliquant des sujets de test humains, la disposition des lieux se prêtant particulièrement bien à l’installation de cellules.
Descriptif : Il s’agit d’un imposant bâtiment possédant une surface totale de près de 5000 m2 répartis en six étages (quatre en surface et deux en sous-sol). Les quatre salles de test se trouvent toutes au dernier sous-sol.
- 3ème E : Entrepôt du matériel et armurerie. Archives physiques.
- 2ème E : Bureaux du superviseur du bloc et de ses assistants. Salle de conférence principale.
- 1er E : Bureaux des techniciens et des usagers. Salles de briefing A, B, C et D. Laboratoire à l’usage du personnel scientifique.
- RDC : Hub d’accueil. Accès aux couloirs de transfert. Centre de contrôle vidéo.
- Locaux techniques. Salle de repos.
- 1er S-S : Cellules des sujets de test (capacité : 12). Poste de garde. Sas stérile de préparation et d’accès aux salles de test.
- 2ème S-S : Salles de test A, B, C et D. Plateforme de supervision. Bunker sécurisé. Morgue et incinérateur.
Les six étages sont desservis par deux cages d’ascenseur accessibles depuis le hub d’accueil au rez-de-chaussée, une pour les étages en surface et une pour les étages en sous-sol. Le transfert des SCP depuis leur bloc de confinement et des Classe-D depuis leur bloc de détention se fait par un réseau de couloirs sécurisés.
Remarques :
- Il s'agit du deuxième bloc de test francophone possédant le taux de mortalité des sujets de test humains le plus élevés, derrière le bloc de test principal du Site-Yod.
- En 20██, le Comité d’Éthique y a recensé [DONNÉES SUPPRIMÉES] décès de membres du personnel de Classe-D, ce qui le place également en deuxième position parmi les infrastructures les plus coûteuses en sujets de Classe-D, juste derrière le site He-291
- Paradoxalement, il s’agit aussi du bâtiment le plus sûr pour le personnel régulier de la Fondation. Aucun décès accidentel n’y a jamais été recensé et les rares brèches de confinement s’y produisant sont généralement sans gravité. Si la direction du Site-Aleph revendique l’exemplarité du suivi des protocoles de sécurité, une raison anormale n’est pas à exclure
Addendum 744-b : Rapport d'expérience
De : pcs.fitartsinimdaped|inaissac.l#pcs.fitartsinimdaped|inaissac.l
À : pcs.euqihtemoc|madretsma.g#pcs.euqihtemoc|madretsma.g
Objet : SCP-744-FR
Gunther,
J’ai bien reçu votre mémo concernant la demande de suspension des expériences dans le bloc BT-01. Je l’ai transmis à qui de droit, mais j’ai le regret de vous informer que les mesures que vous proposez ne seront pas appliquées "avec effet immédiat" comme vous l’espériez. La raison principale est que la direction a décidé d’établir une série de protocoles supplémentaires impliquant un (ou plusieurs, selon les résultats obtenus) Classe-D afin de comprendre l’origine de SCP-744-FR.
Après avoir beaucoup insisté, j’ai pu obtenir qu’un représentant du Comité soit présent pour s’assurer que tout soit fait le plus humainement possible.
Je me suis permis de proposer votre nom et il a été retenu. Je sais bien que ce n’est pas un moment très agréable pour vous autres du Comité d’assister à ce genre de chose, mais je suis persuadé que vous vous en tirerez très bien.
Tous les détails sont en PJ. Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
Cordialement,
Ludovic Cassiani, service des requêtes expérimentales
Date : 23/08/202█
Objet : Observer les variations et les flux de réalité du phénomène SCP-744-FR afin d'en déterminer l'origine.
Personnel : Pr Yolande Faust (Service des analyses ontométriques) ; Dr Gunther Amsterdam (Comité d’Éthique) ; Agt Patrice Ariel (Département de la sécurité)
Sujet : D-7088
Avant-propos : D-7088 est allongé sur une table médicale au centre de la salle de test B qui a été choisie en raison de sa position centrale dans le bloc BT-01. Par mesure de sécurité, le sujet a été soigneusement sanglé et placé sous sédatif pour éviter tout mouvement de panique ou de résistance pendant le déroulé de la procédure.
Des capteurs reliés à un compteur de Kant ont été placés à des endroits prédéfinis dans l’ensemble du bloc BT-01. L’objectif est de mesurer les variations de réalité au cours de la procédure et d’en déduire s’il existe un « point de fuite » vers lequel la réalité du sujet de test serait drainée.
Afin de limiter les interférences, le personnel non-essentiel au déroulé de l’expérience a été évacué et toutes les installations électriques et informatiques non critiques ont été débranchées. L’Ancre de Réalité de Scranton du bâtiment a été mise en situation inerte, mais est prête à être réactivée à la moindre alerte.
Le Pr Yolande Faust et le Dr Gunther Amsterdam se trouvent tous deux derrière la baie vitrée de la salle de test B. L’agent Ariel, en combinaison de sécurité, se trouve à son poste, au chevet de D-7088.
——
< Début de la procédure >
11 h 59 m 33 s – Agt P. Ariel : J’attends votre signal.
11 h 59 m 40 s – Dr G. Amsterdam : Est-ce que tout ce cinéma est bien nécessaire ? Est-ce qu’on ne pourrait pas en finir une bonne fois pour toute ?
11 h 59 m 45 s – Pr Y. Faust : Surtout pas, toute la procédure a été soigneusement millimétrée. Il faudrait modifier le calibrage de tous les capteurs et tout recommencer depuis le début. Hum, hum. H moins quinze secondes.
[L’agent Ariel lève le pouce en direction de la baie vitrée pour indiquer qu’il a bien compris. Le Dr Amsterdam détourne volontairement le regard et s’éloigne un peu de la fenêtre, l’air visiblement mal à l’aise.]
11 h 59 m 52 s – Pr Y. Faust : Attention Agent Ariel, à mon top veuillez initier la procédure. Trois… deux… un… Top !
[L’agent Ariel sort son arme et tire une balle à bout portant dans la tête de D-7088.]
12 h 00 m 09 s – Pr Y. Faust : Notes de recherches : La procédure s’est déroulée correctement. Le sujet ne présente plus de signes vitaux. Le compteur de Kant indique une légère variation, mais rien de notable pour l’instant. Nous en saurons plus d’ici quelques heures quand le corps commencera à se décomposer.
12 h 00 m 32 – Dr G. Amsterdam : Je crois que je vais sortir prendre un peu d’air…
< Fin de la procédure >
Date : 31/08/202█
Objet : SCP-744-FR
——
Chers confrères, chères consœurs,
Les données récoltées par le compteur de Kant au cours de l’expérience ont été analysées par le service des analyses ontométriques, me permettant de formuler une hypothèse – à défaut d’une explication définitive – quant à l’origine de SCP-744-FR.
Vingt-quatre heures environ après l’application de la procédure sur D-7088, le phénomène SCP-744-FR a commencé à se manifester : le corps du sujet s’est progressivement affaissé, perdant toute épaisseur jusqu’à ne plus subsister qu’à l’état de silhouette intangible imprimée sur la table médicale. Les légistes s’accordent désormais pour estimer que le cadavre de D-7088 n’existe plus dans un référentiel tridimensionnel, mais uniquement dans un plan à deux dimensions. Conformément aux Procédures de Confinement Spéciales, le sujet a donc été officiellement reclassé en SCP-744-FR-A30
Parallèlement à cette transformation, les capteurs disposés dans le bâtiment ont mis en évidence un drain continu de réalité, s’écoulant depuis le corps de D-7088 vers un point fixe situé dans le couloir de transit du bloc BT-01 correspondant avec une précision absolue au barycentre structurel du bâtiment. Cela tend à exclure toute localisation fortuite du phénomène et suggère l’existence d’un puits ontologique stable, possiblement antérieur à la construction du site.
En conséquence, nous déduisons que l’origine de SCP-744-FR pourrait être liée à quelque chose se trouvant sous le bloc BT-01. Des travaux d’excavation, ainsi que des recherches approfondies sur l’historique des lieux, sont à ce jour les seules pistes susceptibles d’apporter des réponses quant à la nature, l’ancienneté et la fonction exacte du point de convergence observé.
Je demeure à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, à la mesure de mes moyens.
Bien cordialement,
Dr Yolande Faust – Service des analyses ontométriques
Observations : Conformément aux instructions du Dr Faust, des travaux d’excavations ont été menés au "point de drainage" du bâtiment BT-01. Les fouilles ont permis de mettre à jour les vestiges d’un puits creusé d’une profondeur indéterminée mais supérieure à ███ mètres. Si les vingt premiers mètres présentent des traces d’architecture médiévales et antiques, le reste du conduit semble suivre une galerie naturelle débouchant à la verticale sur une grotte inondée.
La collecte de sources écrites sur d’éventuelles traces du phénomène SCP-744-FR à travers l’Histoire est en cours.
Addendum 744-c : Recherches documentaires
Avant-propos : Le document suivant est un extrait du Livre IX des Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César, dans sa version accessible au public. Le pays des Séphalontes recouvrait un territoire correspondant à peu près à la région où se trouve aujourd’hui le Site-Aleph. Il est plus que probable que le "Puits du teutates" mentionné dans l’extrait soit en réalité SCP-744-FR-B.
Quand César arriva aux confins du pays des Arvernes, ses éclaireurs rencontrèrent les Séphalontes. C'était une tribu farouche et indépendante, jusqu’alors inconnue des Romains, qui habitait d’épaisses forêts protégées par des collines escarpées et des marais impénétrables. César, intrigué par la réputation terrifiante que leur faisaient les tribus voisines, voulut s’en faire des alliés dans sa guerre contre les Arvernes. Il envoya donc des émissaires leur offrir sa protection.
Les Séphalontes accueillirent les Romains avec amitié, mais refusèrent la protection de Rome, malgré leur mépris des Arvernes et de leurs clients. Lorsque les émissaires s’en étonnèrent, les Séphalontes expliquèrent que le teutates de leur tribu possédait de grands pouvoirs et qu’il interdisait à leurs ennemis de pénétrer sur leur territoire en affaiblissant leurs sens, troublant leur mémoire et insufflant une profonde crainte dans leur esprit.
Les prêtres de la tribu invitèrent ensuite les émissaires de César à une cérémonie religieuse en l’honneur du teutates. Ils les menèrent dans les bois jusqu’à un puits où, selon eux, le teutates avait élu domicile. Sur le puits du teutates, ils immolèrent plusieurs prisonniers gaulois et y firent couler le sang, mais gardèrent les corps par devers eux.
Les émissaires furent alors témoins de prodiges terribles qui les plongèrent dans un grand trouble. Horrifiés par ce à quoi ils avaient assisté et ne souhaitant pas s'attarder plus longtemps, ils prirent congé des Séphalontes sans qu'aucun mal ne leur soit fait et retournèrent au camp de César. Pendant leur rapport, ils conseillèrent à César de passer outre ce pays maudit et de le laisser aux loups et aux serpents, mais lorsqu’on les interrogea sur ce qu’ils avaient vu au puits du teutates et sur la façon dont celui-ci gardait les Séphalontes en sécurité, tous gardèrent le silence.
Avant-propos : Le document suivant est le verdict d'un procès rendu dans les dernières semaines des Grands Jours d'Auvergne contre le Baron Odon Villeu de Séphalite. SCP-744-FR-B y est mentionné en tant que "puits de la cave profonde".
Au nom de Dieu Tout Puissant, sachent tous ceux qui la presente liront, que par devant nous Me Helie de Tourtoirac, docteur èz droit et procureur extraordinaire de la chambre criminelle du parlement de █████, avons rendu verdict du jugement qui a esté fait au sieur Odon de Villeu de Sephalite, baron dudit Sephalite, aigé de vingt-neuf ans, pour les nombreux crimes et mal faits dont il a esté accusé :
Premierement, attendu que le vingt-et-un du precedent mois, Me Jacques Picard, lieutenant de louveterie de la senechaussée de ████████ et trois de ses aides, ont surpris nuitamment au lieu-dit « Le Puits de la Cave Profonde », l’accusé susnommé et certains de ses domestiques et servantes qui tenoient Sabbat et faisoient vilaines œuvres de sorcellerie ;
Secondement, attendu que ledit accusé et ses complices detenoient par devers eux le jeune Perrin Petit aigé de cinq ans ou environ, fils à Pierre Petit, cultivateur au hameau d’Ormaie la Combe, pres Sephalite, lequel avec sa sœur Perrette, aigée de huit ans ou environ avoient disparu depuis trois jours et que c’est justement pour les recouvrer que Me Picard et ses aides battoient la forêt ;
Troisiemement, attendu que l’accusé s’est defendu de toute intention criminelle et pretendoit aider l’enfant a retrouver sa sœur au moyen de quelque secret occulte dont il avoit connoissance, mais que ledit Perrin Petit n’a pu confirmer les dires de l’accusé et se trouve depuis ce jour dans un etat de stupeur muette inexplicable et que sa sœur n’a point encore estée recouvrée ;
Quatriemement, attendu que ce n’est point la première fois que disparaissoient environ le chateau de Sephalite et ses alentours enfants, vieillards, femmes esseulées et infirmes malades du corps ou de l’esprit, et qu’on a longtemps accusé les loups, mais que des soupçons se faisoient de plus en plus grands et nombreux tous les jours envers ledit accusé et qu’on pensoit de longue memoire qu’il estoit sorcier ou ogre ;
Cinquiemement, attendu qu’il a esté fait perquisition au chateau de l’accusé et dans ses domaines et qu’y ont esté saisis nombre de livres traitant de magie et d’objets ensorcelés fort nefastes et contrevenant aux lois de la nature divine ;
Sixiemement, attendu que l’accusé a esté interrogé sur la possession desdits livres et objets, qu’il a prétendu que c’etoit a des fins d’etude et de philosophie naturelle, mais qu’enquit sur la façon dont il les avoit collecté, n’a voulu en reveler le secret.
Pour les raisons susmentionnées, avons reconnu Odon de Villeu de Sephalite coupable des crimes de sorcellerie et lese-majesté divine, vol et recel, enlevement et meurtre et manœuvres en vue de commettre le meurtre, et le condamnons ce jour mesme à la roue et au bucher, ses cendres devant estre jetée au vent ;
Ses complices a estre pendus par le cou jusqu’a ce que mort s’ensuive ;
Son chateau a estre rasé a hauteur de sol, ses biens saisis pour le benefice de ses victimes, ses titres cassés et son nom honni ;
Ses livres et objets de magie confisqués et confiés aux prevosts du Secret du Roy.
Fait ce jourd’hui a ████████, le premier de janvier mil six cent soixante et six.
Avant-propos : Le document suivant est la transcription d’un film d’information tourné en mai 1914 dans les ruines de la ville de Séphalite, immédiatement après la sécurisation des lieux par la Fondation SCP. Les commentaires audios ont été enregistré à part sur un disque-sillon 78 tours. La faible qualité de l’image est due aux conditions dans lequel le film a été tourné.
<Début de l'enregistrement>
Voix off : Nous nous trouvons à présent dans le secteur "Aleph", à une faible distance de l’épicentre de la catastrophe. En ces lieux, la trame même de la réalité s’avère singulièrement précaire. Les vaillants Fantassins d’Infanterie Mobile du fameux détachement des "Dragons" nous enjoignent, avec la plus grande insistance, de ne pas quitter les sentiers qui ont été scrupuleusement délimités.
Plan présentant un petit groupe d’agents de la Fondation progressant à travers ce qui devait être un ancien axe de circulation. Quelques camions chargés de matériel circulent sur la voie. De part et d’autre de la chaussée s’élèvent des monticules de gravats récemment dégagés. Toutes les personnes visibles sur le film portent les prototypes de tenues de protection A.R.S. utilisées par la Fondation dans les années 1900-1910.
Voix off : … ancienne avenue de la République. Partout ce ne sont que ruines et décombres. On imagine mal qu’il y a cinq ans à peine se dressaient là les maisons et les commerces de ce qui était alors l’une des cités les plus prospères du département.
Succession d’image présentant des bâtiments détruits. Quelques plans dramatiques s’attardent sur des objets de la vie courante abandonnés par les habitants : valises, chaussures, peluches d’enfants, etc.
Voix off : Mais au milieu de ce décor navrant, se dressant telle une forteresse victorieuse au milieu du champ de bataille, un bâtiment presque intact semble défier le chaos. Le vieux quartier général de notre Fondation a traversé la tempête et l’a surmontée.
Plan fixe du bâtiment BT-01. Les bâtiments et dépendances alentours ont été complètement rasés, mais le BT-01 n’a subi presque aucun dommage et est en grande partie identique à son aspect pré-restauration. On remarque néanmoins plusieurs fenêtres brisées et des brèches dans la toiture. Plusieurs dizaines d’ouvriers s’affairent autour du bâtiment, déblayant des décombres et transportant des caisses de matériel. Tous portent les prototypes de tenue A.R.S.
Voix off : Hélas, si les murs du quartier général ont été épargnés, nous ne pouvons en dire autant de nos valeureux employés et amis qui y ont été surpris lorsque l’incompréhensible catastrophe s'est abattue sur la malheureuse cité de Séphalite.
À partir de là, la qualité du film est fortement endommagée par les effets de l’altération de la réalité. En dépit des travaux de restauration effectués sur la pellicule, la qualité de l’image reste assez médiocre.
Trois plans successifs filmés dans les sous-sols du bâtiment BT-01. Chacun d’eux présente le cadavre d’un employé de la Fondation décédé dans le bâtiment BT-01 lors de la catastrophe de Séphalite. Tous les cadavres présentent des effets similaires à ceux de SCP-744-FR.
- Premier corps (non-identifié) : Seul le squelette semble apparent. Un plan plus rapproché permet de déduire que la chair et la peau du cadavre se sont rétractés à l’intérieur du crâne, de la cage thoracique, du bassin et autour des ligaments et des cartilages. Les os sont craquelés et fendus comme s’ils étaient soumis de l’intérieur à une pression importante.
- Second corps (identifié comme celui du Dr Félix Beaugrand, le tout premier directeur du département scientifique de la Fondation) : Aucune lésion apparente. Au bout de quelques secondes, le corps se relève et fait quelques pas en regardant autour de lui, puis disparait brutalement avant de réapparaître à nouveau, allongé à son emplacement et dans sa position initiale. Le processus se répète en boucle plusieurs fois sans aucune variation dans les mouvements du cadavre.
- Troisième corps (possiblement celui de M. Jean-Balthazar de Pinot-Bazincourt, premier adjoint de [DONNÉES SUPPRIMÉES]) : Le cadavre est apparemment en feu, mais ne semble pas se consumer. Un officier de la Fondation s’approche de lui et l’asperge d’eau avec une lance à incendie. Dans un premier temps les flammes s’éteignent, mais quelques instants plus tard des étincelles apparaissent en crépitant et le cadavre s’enflamme à nouveau.
Voix off : Ils sont tombés dans l’ombre pour que nous puissions vivre dans la [INAUDIBLE] Gageons que le sacrifice de ces martyrs de la science ne sera pas vain et nous permettra d’acquérir les connaissances pour protéger le genre humain tout entier.
<Fin de l'enregistrement>
Fais cloche-pied autour du trou,
Penche-toi z’y et jette un sou,
Ferme les yeux et fais un vœu,
Demande tout ce que tu veux
Mais prends bien garde au dragon.
Ou il te croqu’ra tout rond.
Comptine enfantine de la région de [DONNÉES SUPPRIMÉES]
Addendum 744-d : Incident 744-1 "Grand Dragon de la Caverne Profonde"
Avant-propos : À compter du 04/09/202█, les vestiges du puits découvert sous le bloc de test BT-01 sont officiellement renommés SCP-744-FR-B et une mission d’exploration est ordonnée. Un sujet de test doit être descendu dans le conduit de SCP-744-FR-B jusque dans la caverne sous-marine et tâcher de découvrir s’il s’y trouve un élément quelconque susceptible d’être à l’origine du phénomène SCP-744-FR-B.
Date : 10/09/202█
Sujet : D-7095
< Début de l’enregistrement >
[Le couloir de transit du bâtiment BT-01 a été évacué et aménagé pour l’occasion. La trappe de confinement a été installée au-dessus de l’orifice du puits et un treuil électrique positionné à son aplomb. D-7095, un ancien plongeur professionnel spécialisé dans les grottes sous-marines, a été équipé d’une combinaison étanche et reçoit ses dernières instructions tandis que les équipes de recherches finissent de le fixer au treuil. L’image est filmée depuis le point de vue de D-7095.]
Pr Y. Faust : Rien de plus simple : on vous descend avec le treuil le long du puits, une fois dans la grotte vous vous baladez un peu partout et surtout dès que vous voyez quelque chose d’intéressant vous n’oubliez pas de le filmer. Vous avez deux heures de film et quatre heures d’oxygène. Pour votre propre sécurité, ne vous détachez pas de votre ligne de vie ou nous ne pourrons pas vous remonter ! Vous avez des questions ?
D-7095 : [levant les bras à hauteur du visage] Oui. Vous n’aviez pas autre chose que de l’orange ? Les couleurs flashy c’est pas trop mon truc.
Pr Y. Faust : Non. [Portant la main à son oreillette] C’est bon, descendez-le.
[Le treuil est actionné et D-7095 est lentement descendu le long du puits. Dans un premier temps se succèdent les sections bétonnées du premier bâtiment de la Fondation, suivi des sections en briques et en chaux, plus anciennes. Au bout de quelques dizaines de mètres les parois du puits sont directement taillées dans la roche, manifestement à l’aide d’outils rudimentaires. Finalement, la roche redevient naturelle. Les parois de pierre lisses sont légèrement plus étroites qu’à l’orifice du puits, mais D-7095 parvient à se faufiler sans grande difficulté.]
Pr Y. Faust : Vous vous débrouillez très bien D-7095, continuez comme ça.
D-7095 : C’est sacrément profond. J’en suis à combien de mètres, prof ?
Pr Y. Faust : Nous en sommes à vingt-sept mètres de câbles. Encore quelques mètres et puis le conduit devrait s’élargir.
[Au bout d’une dizaine de mètres, le conduit débouche en effet sur une vaste caverne souterraine. Le faisceau de lampe frontale du scaphandre de D-7095 se reflète sur un plan d’eau en contrebas.]
D-7095 : Je… je crois que je viens d’arriver au-dessus d’un lac souterrain énorme. Je ne sais pas exactement à quelle distance est la surface. Trente ou quarante mètres peut-être ?
Pr Y. Faust : Pas plus de trente mètres. Nous allons vous descendre progressivement. Essayez de filmer un peu les alentours. Si vous voyez un point d’atterrissage sûr, signalez-le-nous.
[Tandis que D-7095 est lentement descendu vers la surface du lac, sa caméra balaye les parois du gouffre. Les parois à pic plongent directement dans l’eau du lac et n’offrent aucune surface émergée. La surface totale du lac est estimée par les équipes de recherches à environ 5000 m2.]
Pr Y. Faust : D-7095, vous me recevez ?
D-7095 : Cinq sur cinq.
Pr Y. Faust : Il y a une petite boite en plastique fixée à votre harnais. Vous allez la détacher et tirer sur la poignée avant de la jeter dans l’eau, c’est bien compris ?
D-7095 : Je pense, oui.
[D-7095 s’exécute. La balise flottante tombe à la surface de l’eau et se met à dériver lentement. Le compteur de Kant intégré indique des variations de réalité faibles, mais constantes. D-7095 atteint à son tour la surface de l’eau. Aucune anomalie à signaler.]
D-7095 : Brrrr… C’est… c’est glacé…
Pr Y. Faust : Votre combinaison est conçue pour conserver la chaleur corporelle, vous ne devriez pas ressentir le froid longtemps. Prenez une grande inspiration et préparez-vous à commencer la plongée. Essayez de plonger en suivant l’une des parois, nous allons vous donner du mou.
D-7095 : D’accord… Je n’aime vraiment pas ça.
[D-7095 rejoint rapidement l’un des bords du gouffre. Après plusieurs longues inspirations, il embouche son respirateur et plonge sous l’eau. Le sujet commence lentement son exploration en descendant à un rythme régulier. La lampe frontale offre un éclairage minimal et il est impossible de distinguer ce qui se trouve au-delà des abords immédiats du sujet.]
[Au bout de quelques minutes, D-7095 atteint finalement le fond du gouffre. Le sol est constitué d’une épaisse couche de limon et de sédiments qui se soulève en un épais nuage trouble sous le mouvement des palmes de D-7095.]
Dr. Y. Faust : Vous êtes à vingt-et-un mètre sous la surface du lac D-7095. Comment vous sentez-vous ?
[D-7095 lève le pouce devant la caméra pour indiquer que tout va bien.]
Pr Y. Faust : Hop, hop, hop, un instant. Sur votre gauche, là. On aperçoit un objet. Est-ce que vous pouvez l’atteindre ? Non, un peu plus à gauche… Voilà, vous y êtes.
[D-7095 atteint l’objet désigné par le Pr Faust et tire un coup sec dessus, soulevant un nouveau nuage de sédiments. D-7095 place l’objet à hauteur de caméra pour le filmer avant de le relâcher presque aussitôt avec un cri étouffé par son respirateur. L’objet est très clairement identifié comme un fémur humain. Le nuage de sédiment retombe peu à peu, découvrant un grand nombre d’autres ossements dispersés un peu partout dans le fond du gouffre.]
[À partir de ce point, D-7095 est pris d’un soudain accès de panique et toutes les tentatives pour le rassurer ou le calmer resteront vaines. La qualité de l’image est fortement affectée par les mouvements désordonnés du sujet et les nuages de sédiments, mais les services techniques affirment qu’il sera néanmoins possible d’exploiter certaines données en analysant la vidéo image par image.]
Pr Y. Faust : D-7095, calmez-vous immédiatement. Si vous continuez à paniquer vous risquez de…
[Au même instant, on aperçoit distinctement le respirateur de D-7095 qui lui a manifestement échappé de la bouche. Une colonne de bulles d’air vient encore troubler l’image. Les cris de D-7095 sont audibles distinctement, quoique étouffés par l’eau.]
Pr Y. Faust : Bon sang, remontez-moi vite cet imbécile ou bien il va se noyer.
Technicien : Tout de suite madame.
[Le treuil est actionné et D-7095 commence à être tracté vers la surface.]
Pr Y. Faust : Non, non attendez ! Un instant… Arrêtez le treuil.
Technicien : Madame ?
Pr Y. Faust : Faites ce que je vous dis. À quelle profondeur est-il ?
Technicien : Trente-trois mètres, sous la surface du lac.
[Le treuil est immobilisé. Les mouvements de D-7095 sont plus lents, mais toujours aussi erratiques. Celui-ci ne parvient pas à récupérer son respirateur correctement. Son comportement semble indiquer que le sujet est victime de narcose des profondeurs.]
Pr Y. Faust : Au fond… ce n’est pas plus mal. Après tout, nous sommes là pour comprendre l’origine de SCP-744-FR. C’est l’occasion d’observer le phénomène au plus près de sa source.
Technicien : C’est… ce n’est pas ce qui est prévu dans la procédure. Le Comité d’Éthique…
[La caméra de D-7095 est à présent parfaitement immobile.]
Pr Y. Faust : Nous avons une mission : comprendre les anomalies pour protéger l’Humanité et ce quels qu’en soit les sacrifices. Occupez-vous plutôt de relever les mesures du compteur de-
[À cet instant, une obscurité tombe sur l’image. Le faisceau de la lampe est toujours visible et la caméra continue de filmer, mais il devient impossible de distinguer l’environnement du sujet. Le compteur de Kant flottant à la surface du lac enregistre une brutale dépression de la Réalité. L’indicateur de profondeur du sujet recommence à descendre.]
Technicien : Madame, la Réalité du lac est tombée à quatre Humes.
Pr Y. Faust : Et D-7095 ? Focalisez-vous sur D-7095.
Technicien : Il est toujours au même endroit. Non, attendez, il plonge de nouveau. Trente-six mètres. Non, trente-huit. Quarante-deux… Hem… Le… le lac n’était pas aussi profond tout à l’heure.
Pr Y. Faust : Et l’image ?
Technicien : La lampe fonctionne, mais on ne voit toujours rien.
Pr Y. Faust : Bon sang.
[Au niveau du treuil, le câble commence soudain à se tendre et à peser sur l’enrouleur. Un grincement métallique se fait entendre et les barres de la structure commence à se tordre.]
Pr Y. Faust : Le câble, remontez le câble ! Il y a quelque chose en bas !
[Le moteur du treuil se met à fumer et finit par lâcher complètement avec un grésillement électrique. Le câble se déroule à grande vitesse jusqu’à son extrémité et se tend de nouveau avec un claquement sec. Le compteur du lac atteint les 0,2 Hm. Les compteurs du bloc BT-01 commence à enregistrer à leur tour une baisse de la réalité locale. L’alarme du bloc se déclenche et les équipes de recherches commencent à évacuer rapidement le bâtiment.]
[Le treuil cède et est emporté au fond du puits. Au même instant, la lampe, l’image et le son de la caméra de D-7095 sont coupés. La trappe de sécurité installée au-dessus de l’orifice se referme et la réalité revient à la normale.]
Dr Y. Faust : Bon sang, mais c’était quoi ça ?
< Fin de l’enregistrement >
Conclusion : À la suite à cette mission d’exploration, les équipes de recherches affectées à SCP-744-FR ont envoyé de nombreux drones explorer les profondeurs du lac de SCP-744-FR-B sans qu’il ne soit possible de découvrir une quelconque forme de vie. Le sondage par écholocalisation du limon n’a rien donné de concluant si ce n’est la détection d’un grand nombre d’ossements et d’objets similaires à ceux filmés par D-7095 au cours de sa mission.
Depuis ce jour, le compteur de Kant fixé à la balise flottante indique des variations de Réalité légèrement supérieure à la moyenne sans toutefois rien révéler d’anormal.
DIRECTIVE O4-ALEPH n°202█-24
Date : 11/09/202█
Objet : SCP-744-FR
Au cours des dernières semaines, le Comité d’Éthique a fait remonter de nombreux manquement aux obligations de sécurité lors des recherches sur l’origine de SCP-744-FR. Ces manquements ont entraîné le décès de plusieurs membres du personnel de Classe-D, bien plus que ce qui est généralement toléré par notre charte d’éthique professionnelle.
Il est également regrettable que ces recherches, en dépit de leur coût en vies humaines et en matériel, n’ait donné aucun résultat concret sur l’origine de l’anomalie SCP-744-FR, hormis le fait qu’elle ne se manifeste que lorsque quelqu’un décède à l’intérieur du bloc de test BT-01.
Pour ces raisons, la direction du Site-Aleph, avec l’aval du Conseil O5 et en coopération avec le Comité d’Éthique et le Département de la Sécurité Interne, a décidé de prendre les mesures suivantes :
- Suspension immédiate du Pr Yolande Faust, chercheuse senior au service des analyses ontométriques et responsable du programme de recherche de SCP-744-FR.
- Examen psychologique de tous les membres du personnel ayant mené au moins une expérience impliquant au moins un membre du personnel de Classe-D dans le bloc de test BT-01 au cours des douze derniers mois
- Désaffectation immédiate du bloc de test BT-01. Des mesures de séquestres doivent être mises en place pour condamner le bâtiment et intégrées aux Procédures de Confinement Spéciales de SCP-744-FR.
- Suspension des expériences impliquant un risque létal pour les membres du personnel de Classe-D sur l’ensemble du Site-Aleph, hormis celles indispensables aux Procédures de Confinement Spéciales des anomalies.
Applicable avec effet immédiat
Bruce Garett, directeur du Site-Aleph
Avant-propos : Le 11/09/202█, soit un an jour pour jour après la mission d’exploration de D-7095, un nouveau signal a été émis par le compteur de Kant fixé à la balise du lac SCP-744-FR-B. Le compteur enregistrait une nouvelle baisse du niveau de réalité à zéro virgule deux Humes (0.2 Hm) à la surface du lac.
Une dérogation exceptionnelle a été accordée afin d’envoyer un drone de reconnaissance par la trappe de confinement afin de vérifier si ce phénomène présentait un risque de brèche de confinement.
Une fois le drone parvenu au fond du puit et au niveau de la balise, il a été constaté qu’une combinaison de plongée orange, similaire à celle portée par D-7095 lors de sa disparition était accrochée à la bouée de la balise, encore équipée de son équipement de plongée.
La combinaison a été récupérée et transportée à la morgue principale du Site-Aleph pour y être étudiée. Le document suivant est extrait du rapport d’autopsie filmé par la Dre Zaïa Marcelin, médecin légiste et le Spé. Marco Rotta, spécialiste des anomalies post-mortem.
Date : 11/09/202█
Objet : Examen de la combinaison de D-7095
< Début de l'enregistrement >
[La combinaison de D-7095 est posée sur la table d’examen. La Dre Marcelin et le Spé. Rotta sont en train d’examiner prudemment l’objet. On constate que les palmes, le masque et le harnais avec les bouteilles sont toujours en place, mais le vêtement semble vide.]
Spé M. Rotta : Zaïa, vous voulez commencer ?
Dre Z. Marcelin : Eh bien c’est une combinaison de Classe-D. Rien à ajouter. Une combinaison étanche de couleur orange avec le matricule D-7095 scratché sur la poitrine. J’espérais découvrir des fragments de corps à l’intérieur ou peut être des lésions sur la structure, mais rien du tout. Pas même un brin d’A.D.N. exploitable. Tout ce que je peux dire c’est que cette combinaison a passé beaucoup de temps dans l’eau. À vous Marco.
Spé. M. Rotta : J’ai un peu plus intéressant à proposer. Regardez ça, quand j’approche mon compteur de Kant de la combinaison, il indique quatre Humes. Assez bas, mais rien d’exceptionnel. En revanche, lorsque je plonge le capteur dans la combinaison… Zaïa, l’A.R.S. fonctionne normalement ? Je n’ai pas envie de voir mon bras imploser en confetti ou je ne sais quoi…
Dre Z. Marcelin : Tout va bien.
Spé. M. Rotta : Quand je plonge le capteur dans la combinaison disais-je, le niveau descend rapidement. Regardez, trois Humes, deux Humes, un Humes et demi et- BON SANG DE BONSOIR !
[Les deux chercheurs s’éloignent précipitamment de la table d’examen. Le bras droit de la combinaison s’est redressé et agite les doigts du gant en palpant l’air autour de lui. Le plateau avec les outils de la Dre Marcelin est renversé, mais les mouvements ne sont ni brusques, ni hostiles.]
Spé. M. Rotta : Ce… ça n’a pas fait ça tout à l’heure…
Dre Z. Marcelin : On dirait… on dirait qu’il est vivant.
[Le bras s’immobilise et lève le pouce]
Dre Z. Marcelin : Mince alors, il comprend ce que je dis ? Vous comprenez ce que je dis ?
[Les doigts du gant s’agitent de haut en bas. Ils s’immobilisent pour former le symbole "OK" et lève à nouveau le pouce.]
Spé. M. Rotta : Qu’est-ce que je fais, j’appelle la sécurité ?
Dre Z. Marcelin : Un instant, j’ai une idée.
[La Dre Z. Marcelin ramasse son carnet et son stylo qui ont chuté au sol. Elle pose le carnet à portée de la combinaison et place prudemment le stylo entre ses doigts avant de s’éloigner rapidement. La combinaison trouve rapidement le carnet et se met à griffonner dessus au hasard.]
Spé. M. Rotta : Qu’est-ce que vous faites ?
Dre Z. Marcelin : Attendez, regardez.
RETRANSCRIPTION : OU SUIS-JE ? L’EAU TROUBLE ET LE LIMON [ILLISIBLE]
Dre Z. Marcelin : Vous… vous êtes bien D-7095 ? Le sujet de test qui s’est noyé- [Le Spé. M. Rotta donne un coup de coude discret à la Dre Z. Marcelin] -je veux dire… qui a manqué de se noyer il y a un an pendant les recherches sur SCP-744-FR ? On vous a récupéré jeune homme. Tout… hem tout va bien. Dites-nous simplement ce qui vous est arrivé.
RETRANSCRIPTION : ET MAINTENANT JE SUIS MORT, CAR MON CHEMIN A CROISÉ CELUI D’UN CROQUE-MITAINE. IL M’A ARRACHÉ À MA VIE, M’A JETÉ DANS LA CAGE DES DRAGONS ET M’A LONGTEMPS SOUMIS À DES TOURMENTS ÉTRANGES, EN D’ÉTRANGES LIEUX ET EN D’ÉTRANGES CIRCONSTANCES
Spé. M. Rotta : D’a…ccord. Avez-vous pu découvrir quoi que ce soit sur l’origine de SCP-744-FR ? Un objet ? Une créature ? Dites-le-nous vite.
RETRANSCRIPTION : IL EST LE GRAND DRAGON DE LA CAVERNE PROFONDE, LE LOUP DES SERPENTS ET LE SERPENT DES LOUPS. LE MONSTRE QUI – DE BIEN DES FAÇONS – APPRECIE LA CHAIR DES ENFANTS.
Dre Z. Marcelin : …
Spé. M. Rotta : …
RETRANSCRIPTION : SES PACTES SONT JUSTES ET CRUELS, CAR IL DÉVORE LES SOLEILS COUCHANTS POUR QUE SE LÈVENT LES AUBES DORÉES. LE SANG ET LES LARMES SONT SES BOISSONS FAVORITES, LA PEUR ET LES LACHETÉES SON AMBROISIE.
Dre Z. Marcelin : C’est bon, je pense que vous pouvez appeler la sécurité. Je, j’ai un mauvais pressentiment.
[Le Spé. M. Rotta ne se fait pas prier et appuie sur le bouton d’alarme. Deux agents de sécurité entrent aussitôt et s’immobilisent, un peu interloqués par la vision de SCP-744-FR-A31 en train d’écrire sur son carnet. Par réflexe, l’un d’eux tire son arme de poing et mets l’entité en joue.]
Dre Z. Marcelin : Attendez, il n’est pas hostile !
[Mais à partir de ce moment, l’entité laisse tomber le stylo et la combinaison se redresse tout entière. SCP-744-FR-A31 descend de la table d’examen et se tient debout, bien que manifestement toujours vide, devant les deux agents de sécurité et les deux chercheurs réfugiés à l’autre bout de la pièce. Le compteur de Kant tombe à 0.2 Hm et l’A.R.S. de la pièce se met à fumer. Des distorsions de réalité apparaissent sur le sol au pied de SCP-744-FR-A31 et sur la table d’examen.]
[Le premier agent de sécurité tire trois coups de feu qui atteignent SCP-744-FR-A31 au niveau du torse et du masque qui vole en éclat. La combinaison apparaît toujours vide, mais une importante quantité d’eau, d’une provenance inconnue, s’échappe de l’orifice du torse. Une voix caverneuse et très forte se fait alors entendre dans la pièce. Les quatre membres du personnel tombent au sol en se bouchant les oreilles.]
SCP-744-FR-A31 : POURQUOI M’AFFAMEZ-VOUS À PRÉSENT ? JE VOUS SERVAIS POURTANT BIEN.
[SCP-744-FR-A31 s’effondre au sol dans un torrent d’eau qui inonde une bonne partie du laboratoire. Le compteur de Kant, l’A.R.S. et les installations électriques sont mises hors-services par un court-circuit. Des équipes de confinement tactiques débarquent sur les lieux pour évacuer le Spé. Rotta, la Dre Marcelin et les deux agents de sécurité qui sont sous le choc mais ne semblent pas blessés.]
Spé. M. Rotta : Mais enfin m████, c’était quoi ça ?
< Fin de l'enregistrement >
Date : 27/03/202█
Objet : SCP-744-FR
Mon cher Bruce,
Toute cette histoire avec SCP-744-FR commence à prendre beaucoup trop d'ampleur. La Sécurité Interne nous signale des débuts de rumeur inquiétantes sur l'entité (quelle qu'elle soit ou quelle qu'elle ait été) à l'origine du phénomène. On a surpris certains de vos chercheurs affirmer ouvertement que cette entité empêchait les brèches de confinement se produire et que pour que cela continue, il fallait continuer de la nourrir.
Nous sommes des scientifiques Bruce, pas une tribu de barbares reclus au fond des bois ou une bande de sorciers superstitieux tapis dans leur manoir. Il est impératif que vous preniez immédiatement toutes les mesures nécessaires pour que ces histoires absurdes cessent de se répandre immédiatement.
Sécuriser, Confiner, Protéger
P.S. : Tâchez tout de même de vérifier si cette affaire n'a pas eu un impact sur la sécurité de vos dispositifs de confinement. Il n'y a aucune raison que ça soit le cas, mais après tout, autant ne prendre aucun risque n'est-ce pas ?