SCP-739-FR

Objet no : SCP-739-FR

Niveau de Menace : Jaune

Classe : Sûr

Procédures de Confinement Spéciales : SCP-739-FR doit être stocké dans un conteneur standard pour anomalie. Les restes de chair et de tissus doivent être conservés dans du formol, dans des conditions adaptées à l'abri de la lumière.

Le Directeur des recherches associées à cette anomalie ne doit en aucun cas entrer en contact direct avec celle-ci. Les gardes affectés à l’anomalie, ainsi que tout membre du personnel en contact avec celle-ci, doivent être planifiés avec un mécanisme de roulement, de manière à rendre impossible toute exposition prolongée à SCP-739-FR. Les membres du personnel de classe D, ou tout autre membre du personnel jugé compromis, devront être amnésiés après exposition.

Toute mention du "roi à la couronne d’os" par le personnel non-accrédité doit être considérée comme une brèche de confinement mineure, et entraînera l’amnésie des personnes concernées.

Description : SCP-739-FR désigne les restes d’un individu humanoïde anormal daté de la fin du XIVe siècle. L’ensemble de son squelette retrouvé a été broyé et découpé en fragments de quelques millimètres, rendant sa reconstitution totale impossible. La Fondation estime avoir retrouvé entre 30% et 45% du squelette, soit 3,348kg d’os. Il ne reste aujourd’hui des tissus de l’individu qu’un fragment de testicule gauche, conservé dans du formol. Le reste est présumé détruit.

Les quelques parties récupérées, ainsi que l’étude historique, suggèrent la présence d’excroissances osseuses sur le dessus de la boîte crânienne, pouvant dépasser du cuir chevelu à la manière de huit cornes tout autour du crâne. Aucune autre anomalie morphologique n’a été détectée chez le sujet, qui ne semble pas être différent, hormis ces excroissances, d’un homme moderne.

Le comportement anormal de SCP-739-FR se déclenche au contact visuel ou tactile de celui-ci.

Mis en contact avec des fragments osseux, tout individu développera une fascination, puis une soumission progressive envers SCP-739-FR. Cet effet est progressif et évolue plus ou moins vite selon la proximité et la quantité de restes de SCP-739-FR exposés au sujet, pouvant aller de quelques jours à plusieurs années. Si le sujet n’est pas au courant de l'existence de SCP-739-FR, celui-ci en prendra peu à peu conscience, sous forme de pensées intrusives ou de rêves. Cette figure, ainsi représentée dans l’imaginaire des victimes, ne semble pas présenter de volonté propre ou d’objectif, mais agir simplement comme une figure d’autorité.

Mis en contact avec des fragments de peau de SCP-739-FR, l’individu infecté associera la personne les manipulant à SCP-739-FR.

Aussi, il semblerait que les anomalies osseuses avaient pour objectif de rendre visible l'ossature de SCP-739-FR par delà la peau de celui-ci, et de déclencher son effet tout en identifiant clairement celui-ci comme bénéficiaire de cette anomalie, de par l’effet suggestif associé à sa peau.

Séparé de tout contact avec SCP-739-FR, tout individu affecté perdra progressivement toute influence anormale. L’emploi d’un amnésique suffit également à dissiper les effets de l’anomalie.

SCP-739-FR a été légué à la Fondation en ████ par l’administration française suites aux accords de [CENSURÉ] sur la cessation d’anomalie, et était déjà considéré comme confiné à cette date. SCP-739-FR a tout de même connu plusieurs périodes d’activités avant cette date.

Addendum 1, résumé et commentaire de l’affaire du roi à la couronne d’os

La première mention écrite de SCP-739-FR vient de la correspondance privée entre Philippe II le Hardi, alors tout juste nommé duc de Bourgogne, et son frère le Roi de France Charles V, alors que le duc réalise un inventaire de la région suite à sa prise de pouvoir officielle.

Dans sa première lettre sur le sujet, datée du 3 décembre 1364, Philippe II fait mention d’un "roi à la couronne d’os", (supposément SCP-739-FR), officiant au nord-ouest d’Autun. Il note que le "roi" loge dans un édifice fortifié près de la côte de Montloin, au nord-ouest d’Autun. Il y est présenté comme un noble respecté du peuple, à l'ascendance trouble. Il semble habiter les environs du Morvan depuis plusieurs années, à la surprise du Duc qui ne le retrouve nulle part dans les registres paroissiaux. Le roi à la couronne d’os semble indépendant en dépit de tout soutien d'intérêt connu et refuse de s'acquitter de tous impôts, envers le duc ou envers le royaume. L’ensemble de la basse noblesse locale reconnaît son existence et même son titre, certains même commercent malgré l’insoumission affichée de celui-ci envers la couronne. Il soupçonne un soutien caché des anglais au jeune noble mais s'interroge sur l’impunité manifeste avec laquelle le faux roi évolue, ainsi que du silence des échevins lors de la conférence des États bourguignons quelques années plus tôt alors que son père Jean II prenait possession du Duché. Il demande à son frère si les lettres patentes dans lesquelles leur père lui léguait le duché mentionnaient cet état de fait.

La Bourgogne est alors régulièrement en proie à des pillages de la part des grandes compagnies, et Philippe le Hardi arme plusieurs troupes pour régler le problème dans les mois suivants, tout en espérant pouvoir en profiter pour soumettre le faux roi. Cependant, il manque de mourir assassiné dans le chaos de la bataille de Jugy, contre une compagnie gasconne. Une partie de ses troupes, ayant eu vent de son projet de marcher sur le Morvan et stopper le roi à la couronne d’os, tente d'abord de l’en dissuader, avant de se retourner contre lui le lendemain, pendant la bataille. Il ne doit son salut qu’à l’intervention de Bernard de Saulx-Fontaine, qui arrive à mettre seul ses adversaires en déroute jusqu’à l'arrivée de la garde personnelle du duc. Cependant, l’armée est déconfite, les Gascons profitant de la confusion pour semer le trouble et s’échapper. Philippe le Hardi arrive cependant à rallier ses fidèles et atteindre Dijon, où il se barricade dans son château. Celui-ci comprend que le roi à la couronne d’os est plus influent qu’il ne l’aurait imaginé dans le duché, aussi bien parmi la populace que parmi la noblesse locale. Celui-ci commence à redouter un complot. Il demande alors à son frère de lui envoyer des hommes de confiance de Paris afin de récolter des informations, le duc se méfiant grandement des Bourguignons depuis la bataille.

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Portrait de François d'Espiotte, premier dirigeant du Secret du Roy.

Le roi accède à sa demande et détache secrètement un petit groupe de fidèles dirigé par le chevalier François d’Espiotte au service de son frère. Le groupe, parfois appelé les corneilles du roy par les chroniqueurs royaux de l’époque, arrive en Bourgogne dans l’année et révèle rapidement un complot d’envergure. Officiellement non-affilié au duc, se cachant parmi les gens du peuple, François d’Espiotte rapporte que le roi à la couronne d’os semble être quasi vénéré chez les petites gens, dans les villages isolés du Morvan. On raconte qu’il s’agit d’un roi sorcier capable d'exaucer des miracles, de guérir les maux et en particulier la peste1. Certains le disent tout de même fidèle à Dieu, d’autres à un autre dieu. Dans le duché, on retrouve parfois des autels à sa gloire ou des pièces grimées à son effigie. On rapporte également des disparitions de jeunes filles parmi les comptables locaux, et on dit que le roi à la couronne d’os cherche une épouse. Suite à ces informations, un certain Jean Charco est chargé d'enquêter directement à Montloin. Ces premiers rapports font état d’un roi difforme, cornu, apparaissant fréquemment en public dans sa bourgade devant ses gens prosternés, qui le considèrent comme un dieu vivant. Il fait également état de plusieurs visites de nobles bourguignons, et valide la thèse de Philippe II sur l’échange des faveurs. La plupart des filles sont amenées librement par les familles pour rejoindre un harem local, contre les faveurs du roi sorcier. Il est également rapporté qu’il s’exprime dans une langue étrange, aux accents de Navarre, ce qui effraie le Duc qui craint un coup de ses ennemis. Peu à peu, les rapports de Jean Charco deviennent de plus en plus espacés, concis, jusqu’à la disparition de ce dernier. Plusieurs espions du groupe sont assassinés dans les mois qui suivent, faisant craindre la mort de celui-ci, ou le passage à l’ennemi.

Devant l’ampleur du problème, Philippe le Hardi souhaite régler le problème au plus vite. Il prend rapidement contact avec le Pape Urbain V pour demander l’aide des chevaliers de Saint Georges, mais il n’est pas pris au sérieux et son affaire passe au second plan des affaires papales. Pressé, le duc décide d’agir seul. Le 12 juin 1366, il fait arrêter la maison de Vaumignon, qu’il sait en contact avec le roi à la couronne d’os et lui propose le pardon contre son consort, ce qu’ils acceptent. Eude de Vaumignon avait promis sa fille, Catherine, au roi en échange d’une aide à la fertilité des terres de celui-ci, réputées arides. Le jour de l’échange, les gardes des Vaumignon sont remplacés par les corneilles du roy et des troupes fidèles au duc. Ceux-ci s’infiltrent alors à Montloin et lors de la cérémonie d’échange, ils se jettent sur le roi à la couronne d’os et tentent de le tuer. Le roi est gravement blessé à l’aine, mais les fidèles de Philippe le Hardi sont rapidement pris à partie par la foule et doivent fuir la bourgade fortifiée avant de pouvoir achever le roi. Bernard de Saulx-Fontaine, participant à l'expédition aux côtés de François d’Espiotte, ramène au duc un trophée, une partie amputée du roi à la couronne d’os pour prouver au duc le succès du méfait. Il s'agit, selon les textes de l’époque, d’un testicule gauche.

Le roi à la couronne d’os est réputé vivant et semble survivre à sa blessure. Cependant, le duc a fort à faire avec le reste des grandes compagnies et doit concentrer ses efforts militaires ailleurs. Pendant ce temps, on dit que le roi reste cependant cloîtré chez lui à Montloin, ne sort plus et ne communique à ses gens plus que par intermédiaire. Son influence diminue grandement dans la région : les disparitions de jeunes femmes stoppent, les autels sont discrètement traqués, les plus fidèles écartés, arrêtés ou assassinés. Suite au rapport des corneilles du roy, Charles V fait à nouveau pression sur le Pape, qui finit par accepter d’envoyer l’ordre en renfort de son frère. Le 14 avril 1368, les troupes papales et bourguignonnes pénètrent enfin à Montloin. La place est mise à sac et rasée, la population locale, fidèle, est exterminée. Cependant, aucune trace du roi à la couronne d’os n’est trouvée dans le château, ce qui enrage le duc, pour qui l’intervention papale arrive trop tard.

Suite au sac de Montloin, aucune nouvelle mention du roi à la couronne d’os n’est enregistrée dans les années qui suivirent. L’affaire a cependant un grand impact sur le royaume de France. Le roi, déçu du traitement réservé à son frère par les affaires papales, décide de pérenniser les corneilles sous le nom de "Secret du roy", dont d’Espiotte devient le premier dirigeant. L’affaire est fortement documentée, Charles V ordonnant "qu’une place leur soit réservée dans l’aile la plus sombre de la librairie royale".

L’étude de documents de cette époque est toujours un exercice délicat, le voile étant beaucoup plus poreux qu’à l’époque, et la compréhension du monde bien moindre. Cependant, de par son statut de première affaire officieuse du secret du roy, le nombre de documents encore existant sur cette affaire nous permet tout de même d’aboutir à un certain nombre de conclusions. Premièrement, la description physique du roi à la couronne d’os correspond aux anomalies physiologiques détectées. Les effets anormaux ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux observés aujourd’hui sur SCP-739-FR, mais ce n’est pas un élément improbable dans la mesure où l'anomalie n’a jamais été connue vivante. L’étude a posteriori des documents réunis par François d’Espiotte lors du sac de Montloin nous permet également de supposer plusieurs éléments qui ont échappé aux services royaux de l’époque.

Premièrement, plusieurs documents retrouvés dans le donjon, probablement de la main du roi à la couronne d’os, sont rédigés en basque. Une analyse des registres paroissiaux de l’époque (ceux ayant survécu à la révolution française car copiés et mis en annexe dans le rapport d’Espiotte) ne montre aucune trace d’un individu correspondant, mais prouve l'existence d’une famille noble à Montloin avant l’affaire. Aucun lien entre eux et le pays Basque ne peut être tracé de quelconque manière, laissant supposer une prise de pouvoir récente de SCP-739-FR sur le château de Montloin par un moyen inconnu. Une étude de l’iconographie des autels retrouvés présente des similitudes avec le culte du rêve du pêcheur, sans qu’aucun lien ne puisse être formellement lié de par le peu d’éléments subsistant de cette époque. Il est probable qu’il s’agisse à la base d’un roturier du sud de la France qui a, par un moyen inconnu, accédé à une anomalie. De nombreuses entités faustiennes sont recensés à cette époque par les Chevaliers de Saint Georges, et la nature de SCP-739-FR présente des caractéristiques classiques de ce type d’anormalité. En somme, il est "un roi qui ne pourra perdre sa couronne". La méthode avec laquelle celui-ci a réussi à convaincre les bourguignons de son statut n’est pas connue, mais une emprise anormale, surtout au regard des effets encore actifs de l’anomalie, n’est pas à exclure. Quant aux "miracles" de guérison, leur existence peut être remise en doute. Rien dans le comportement de l’anomalie ne suppose ce genre d’effet ; de plus, un croisement des familles complices arrêtées par Philippe le Hardi et du taux de mortalité de l’époque lors de l’épidémie de peste ne montre aucune corrélation. Il est fort probable qu’il s’agisse d’un mensonge de l’intéressé, ou d’une légende populaire basée sur le mythe des rois guérisseurs.

- Dr C. Attano, Département Archéologique D’Aleph



Addendum 2, résumé et commentaire de l’affaire du prince en loque

Une trace de SCP-739-FR est retrouvée trois siècles plus tard, en 1650, lors de l’affaire du prince en loque. Le roi Louis XIV est de passage à Dijon et échappe de peu à la mort, ses assassins jouant de malchance. Marc-Antoine Millotet, le maire de l’époque, évoque l’épisode ainsi :

« Ce qui arriva pendant le séjour du Roy à Dijon est à remarquer, et la providence de Dieu sur sa sacrée personne et celle de la Reyne; car il y avoit dans une grande voûte, qui est au petit Clairvaux, plus de cent cinquante tonneaux de poudre qui avoient esté pris à [censuré] […] Il se trouva des hommes assés méchans pour y mettre le feu. […] il n’y eut point d’autre preuve, sinon qu’on avoit veu trois hommes, dont deux avoient des plumes noires, proche la porte de cest arsenal, que l’on recongut avoir levé et forcé deux gros cadenats qui la fermoient. […] Comme ceste voûte est proche d’un torrent qu’on appelle Suzon, il estoit arrivé qu’un débordement d’eau en avoit fait entrer par quelques ouvertures basses, qui, ayant croupy longtems, avoit mouillé et quasi détrempé la poudre des tonneaux qui estoient contre terre, auxquels ces bouttefeux attachèrent leur mesche […] il fit une si estrange fumée qu’elle sortait de toutes parts, et qu’on eut le loisir d’y aller et retirer ce tonneau, et le séparer des autres, quoique le feu fust dans ceste poudre détrempée avec tant d’eau qu’estant dehors elle demeura plus d’une heure à se consumer. »

Officiellement, l’affaire est aujourd’hui étouffée, et les motifs des assassins inconnus. Dans les faits, après une rapide enquête des services royaux conventionnels, l’affaire est transférée au secret du roy après l’arrestation de Ponthus Fouhet, l’un des trois conspirateurs. Celui-ci présente des signes de folie et avoue sous la question avoir agi sous commande d’un autre, "le prince en loque", digne et seul héritier du roi à la couronne d’os. Malgré des propos majoritairement incohérents, la présence de ce terme, bien connu du secret, incite Gauthier de Chambray, agent du Fond de Versailles et seul membre de l'organisation présent dans la délégation royale lors de la tentative d’assassinat, à enquêter plus en amont. Passé par les services du Secret du Roy avant son poste actuel, il reconnait le nom et décide de ne pas impliquer les populations locales dans l’affaire, craignant un complot plus large comme lors de l’affaire initiale.

Il note rapidement que Ponthus Fouhet présente également de nombreuses cicatrices et une marque de trépanation, réalisée il y a quelques années de cela à l'Hôpital du saint esprit, aux portes de la ville.

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Extraction de la pierre de folie de Ponthus Foulet

Les recueils de l’hôpital montrent un nombre important de trépanés, mis sous le compte d’un problème médical endémique aux populations locales. Cependant, de par le souvenir des difformités originales du roi à la couronne d’os et la forme des cicatrices laissées, Gauthier de Chambray décide de pousser l’enquête et opère une nouvelle fois le prisonnier. Le barbier chirurgien chargé de l’opération en retire, à sa plus grande surprise, une pierre de folie, objet mythique et légendes surtout utilisé par les charlatans pour justifier l’opération. Après étude, la pierre s’avère être un fragment d’os étranger. Le barbier pense qu’il peut s’agir d’un fragment de crâne de Ponthus lui-même, laissé là par la première opération. L’ordre est donné de rechercher et enlever discrètement les trépanés survivants de l’hôpital dans la ville, ce qui révèle l’ampleur du complot. Sur quatorze individus "prélevés", cinq sont opérés, et tous présentent la même anomalie, une "pierre de folie en os". Plusieurs font également mention du "prince en loque" lors de leurs interrogations. L’ensemble des personnes arrêtées ne partagent pas de points communs notables, d’origines ou de cercles sociaux similaires, hormis un passage à l'hôpital du Saint Esprit et une trépanation. Après l'opération, le comportement des prisonniers change drastiquement ; mais par le manque de pratique du barbier, la plupart finissent dans un état de débilité avancée, ce qui empêche le fond de conclure formellement sur le sujet.

La piste mène Gauthier de Chambray à enquêter sur Bertrand Troussevache, qui occupe le poste de doyen dans l’institution. Celui-ci est filé par des agents à la solde de Gauthier de Chambray, ce qui montre une proximité de celui-ci avec l’hospice pour jeunes filles de Sainte Anne. Le 14 novembre 1650, l’agent royal demande à l’une de ses collaboratrices, Anne Seclin, de s’infiltrer dans l’institution. En cas de problème, une lanterne rouge doit être allumée à la fenêtre pour déclencher un assaut. L’infiltration est censée durer plusieurs jours, mais la lanterne est allumée en moins de deux heures. Un régiment royal, affilié au Secret du Roy, donne alors l'assaut. Bertrand Troussevache est retrouvé dans les sous-sols de l’établissement, portant une cape de cuir dépenaillé, dans ce qui sera décrit par Gauthier de Chambray dans ses mémoires comme "la plus grande orgie satanique de sa carrière". Plusieurs bonnes sœurs, régentes de l'institution, présentent des traces de trépanations, ainsi que de nombreux invités. Troussevache se défend en ordonnant aux participants de résister et de protéger sa personne contre les envoyés du "faux roi". Les convives, pour la plupart à moitié nus, se jettent sur les forces du roi au cri de "vive le prince en loque". Les troupes royales ripostent au mousquet, puis au sabre. Sans arme digne de nom du côté des insurgés, la scène se transforme rapidement en carnage, ce qui sera plus tard connu comme le massacre de Saint Anne. Troussevache est finalement arrêté et interrogé. Anne Seclin est retrouvée saine et sauve, cachée dans une armoire de maison.

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Interrogation de Bertrand Troussevache par le Secret du Roy

L'interrogation de Bertrand Troussevache permet de mettre en lumière plusieurs éléments : celui-ci n’est pas né Troussevache, mais Etcheverry. Il se présente comme le descendant spirituel du roi à la couronne d’os. L’artefact qu’il porte, la cape de cuir, est en réalité fait de peau tannée humaine, celle du roi, qu’il tiendrait de sa famille. Celle-ci aurait fui Montloin avant l’arrivée des troupes papales avec le seigneur agonisant. Celui-ci prétend que quiconque revêtira la peau du roi à la couronne d’os sera vu couronné de son peuple : "Notre seigneur ne l’était pas de naissance, il l’était de fait". Cependant, l’artefact étant ancien et abîmé, son influence semblait décroissante, aussi Troussevache avait-il eu l’idée de renforcer son influence par un autre moyen. Après la mise à sac de Montloin, le roi avait perdu ses fidèles de cœur, la population locale étant purgée. Le recrutement d’agents fidèles était long et fastidieux, surtout avec pour tout argument une peau humaine tannée. Aussi avait-il eu l’idée d’utiliser le reste du corps de son roi pour ses desseins. Profitant de l'influence anormale du corps, le doyen avait réduit les os du monarque décédé en petits morceaux, et les injectait à ses patients en trépanation, pour qu’ils "gardent le roi en tête". L'influence anormale des restes du roi faisait alors rapidement d’eux des convertis, qu’il était facile de manipuler avec les restes de cuir. "Ils le reconnaissent, et l'associent à moi". Celui-ci semble ensuite avoir utilisé l'influence anormale gagnée sur ses patients pour son plaisir personnel, accumulant au passage une place d'influence de choix dans le paysage politique et social local. Le dispensaire agissait comme un petit royaume à ses ordres, alors que ses patients relâchés lui assuraient un large soutien local. Quant à la tentative d’assassinat, celui-ci avouera ne pas avoir supporté la venue d’un roi qui ne soit pas lui-même.

Bertrand Troussevache et sa famille directe finissent exécutés dans le secret. Lors des mois qui suivirent, l’ensemble des trépanés de Dijon furent arrêtés et opérés. Une partie plus complète du squelette fut récupérée chez le condamné, y compris le crâne complet et ses 8 cornes. Craignant des effets anormaux, celui-ci est stocké dans une malle de plomb et envoyé à Paris. Gauthier de Chambray regagne la capitale quelques semaines plus tard, après avoir transmis le reste de l’affaire au secret du Roy. Il revient devant la cour avec la cape de cuir et quelques trépanés non opérés, qu’il force à danser devant la cour pour démontrer les effets anormaux de l'objet lors d’une soirée d’effroi organisée par le roi Louis XIV pour ses invités. Le spectacle rencontre un certain succès, mais plusieurs convives se plaignent du caractère dérangeant de l'objet. De plus, le directeur du secret du roi, Armand de Fougère, demande à ce qu’on détruise l’artefact par prudence, pour empêcher toute recrudescence, ce qui fut exécuté le 12 mars 1653.

Les effets décrits par Gauthier de Chambray correspondent à ceux observés aujourd’hui, ce qui constitue l’élément clé pour prouver avec certitude le lien entre SCP-739-FR et le roi à la couronne d’os. Les aveux de Troussevache nous renseignent également un peu plus sur les effets anormaux possibles de l’anomalie vivante, mais doivent être considérés avec la plus grande prudence, lui-même n’étant pas contemporain du roi morvandiau. Son témoignage est en réalité une restitution d’un savoir familial, transmis oralement d’une génération à l’autre, avec un taux de déformation probablement élevé. Le corps de Troussevache a pu être récupéré par la Fondation : celui-ci ayant été enterré à l'extérieur d’un cimetière comme le voulait la tradition de l’époque, il a été possible de retrouver sa position à partir des documents d'archives. Une étude de celui-ci conclut à l'absence d’anomalie, et de filiation directe avec SCP-739-FR. Cependant, l’origine basque de son nom reste un mystère. Il est fort probable que la famille Etcheverry ait été parmi les premiers suivants de SCP-739-FR, peut-être même avant l'apparition de son anomalie, leurs assurant une position de choix dans la royauté fantoche de celui-ci. Cependant, au regard des effets connus de l’anomalie et de la connaissance poussée de celle-ci par sa famille, il est fort probable que les Etcheverry n'aient pas fui Montloin avec le roi agonisant, mais avec le cadavre de celui-ci. L’hypothèse principale est la mort de SCP-739-FR à la suite de sa tentative d’assassinat, expliquant le déclin de son influence à l’époque, et son absence d’apparition publique. Les Etcheverry auraient alors régné un temps sur Montloin en cachant la mort du roi avant de fuir à l'arrivée des troupes papales.

La disparition de l’anomalie pendant une longue période, trois siècles, reste tout de même sujette à de nombreuses conjectures. L’hypothèse prédominante repose sur une expérimentation, puis une utilisation prudente de l’anomalie par les Etcheverry pendant cette période, jusqu’à la prise de pouvoir, consentie ou non, de Bertrand sur la famille, ce qui le laisse œuvrer de manière beaucoup plus libre avec l’anomalie.

- Dr C. Attano, Département Archéologique D’Aleph



Addendum 3, résumé et commentaire de l’affaire La machine infernale et l’horreur de Malvoisine

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Portrait de Giuseppe Fieschi, sur lequel les marques de trépanations sont clairement visibles

Après l’affaire précédente et la suppression des derniers tissus de SCP-739-FR, on pense l’anomalie neutralisée, mais celle-ci revient dans le paysage politique français de manière inattendue en 1835. Le 28 juillet de cette année, boulevard du Temple à Paris, Giuseppe Fieschi fait feu avec une machine artisanale composée de vingt-cinq canons de fusils juxtaposés et reliés entre eux sur le roi Louis-Philippe. Par malchance pour l’assassin, ni le roi ni ses fils ne sont touchés. Pire, cinq des canons, trop chargés en poudre, lui explosent au visage, ce qui permet son arrestation immédiate. L’attentat fait tout de même 19 morts et 42 blessés. Plusieurs autres républicains, supposés complices, sont également arrêtés.

Cependant, une image du comte de Chambord, candidat des ultra-royalistes, est retrouvée dans sa chambre. Dans un premier temps, les enquêteurs pensent que l’un de ses complices, Pierre Morey, aurait piégé Fieschi avec celle-ci pour faire accuser ceux-ci et protéger les républicains de la retombée de l’enquête, avant de saboter lui-même la machine infernale pour tuer Fieschi dans l'opération et se débarrasser d’un témoin gênant. Une image du comte de Chambord, candidat au trône soutenu par les ultra-royalistes, est retrouvée dans la chambre de Fieschi, possiblement posée par Morey pour faire accuser ses opposants. Cependant, un élément interpelle les enquêteurs. Fieschi, blessé à la tête par l’explosion, présente des propos parfois incohérents, étranges. Celui-ci ne semble pas présenter de velléités ultra-royalistes ou républicaines, tout en admettant l’ensemble des charges et en collaborant avec les enquêteurs. Un médecin collaborant régulièrement avec justice de l’époque, Louis Loriot, vient examiner ses blessures suite à l'explosion et fait une découverte étrange : l’homme présente une trace ancienne de trépanation. Celui-ci fait immédiatement le lien avec une affaire précédente, une échauffourée survenue quelques années plus tôt dans un café de faubourg, dont de nombreux participants présentaient des cicatrices similaires. Il prévient les enquêteurs, qui évoquent cette coïncidence dans leurs rapports. Les services royaux, suivant de près le dossier, décident alors de reprendre celui-ci et de lancer une seconde enquête diligentée par la SAR, la Singulière Académie Royale.

L’affaire précédente, signalée par Louis Loriot, intéressait en effet déjà les agents de l’académie de par ses belligérants. Le 8 août 1833, un groupe de forcenés pénètre dans le café du "Merle Blanc" et attaque violemment les clients de l’établissement. Ceux-ci se défendent mais sont presque exterminés, au prix de quelques morts du côté des assaillants, qui présentent des traces de trépanation. La clientèle du café décédée est rapidement identifiée comme plusieurs membres connus et surveillés par la SAR, comme sympathisants ou soutiens affichés de la loge absolutiste du recousu. Les assaillants, eux inconnus, sont pour la plupart des badauds venus des campagnes voisines, mais il est suspecté l’implication d’une seconde loge.

En effet, en 1792, craignant la mise à sac des réserves du fond de Versailles par les révolutionnaires et la prise des anomalies par les républicains, plusieurs membres du fond décident de cacher une partie de celles-ci. Lorsque la république confisque les entrepôts, certains sont vides. Certains agents de l’institution royale collaborent, d’autres s'exilent, et les derniers résistent. La mort progressive de Louis XVI et de ses successeurs est vécue par certains anciens membres comme un affront innommable, et ceux-ci se réunissent peu à peu, dans le secret, pour créer les loges absolutistes, prônant le retour du roi Louis XVI par des moyens anormaux. Cependant, ceux-ci ne sont pas tous d’accord sur le moyen d’y parvenir, générant rapidement des schismes. Certains finissent par abandonner le combat lors de l’accession au trône de Louis XVIII ou se reconvertissent dans le trafic d’artefacts, profitant des stocks volés à la révolution. De nombreux conflits éclatent alors entre les loges, sous fond de conflit idéologique comme commercial. Si certaines reprennent le combat après l’accession au trône de Louis-Philippe, la plupart sont déjà devenues plus opportunistes que militantes. Dans ce contexte, les enquêteurs de la SAR estiment qu’un réel danger de complot contre le roi n’est pas écarté et décident de poursuivre l’enquête. La loge du recousu dirigée par François-Marie de Vulpilières, ancien délégué du fond en cavale, est dite proche des milieux favorables au comte de Chambord ; plusieurs rumeurs d'amnisties sont évoquées en cas de prise du trône par celui-ci, mais la loge, en perte de vitesse, ne s'est pas manifestée récemment par son militantisme. Il est supposé que la loge derrière l’attentat soit au contraire en froid avec le comte et ait voulu se débarrasser d’un "faux prétendant" en en accusant un autre.

Sans piste réelle, l’enquête s'oriente sur la loge du recousu, dans l’espoir d’un conflit toujours actif entre eux et la loge inconnue. L’enquête finit par porter ses fruits et en novembre 1835, à la suite d’une nouvelle échauffourée entre les deux loges, deux membres de la loge inconnue sont arrêtés. Le profil des deux individus surprend les enquêteurs : sans lien connu avec le Fond de Versailles ou même de la noblesse, il s’agit de deux fermiers de Boullay les Troux, Adolphe et Joseph Petiot. Les propos sont quelque peu incohérents, et des marques de trépanations sont là encore observées. L'organisation des conspirateurs a cependant enfin un nom pour les enquêteurs : la loge de l’indécouronnable.

La santé d’Adolphe, blessé lors de son arrestation, se dégrade rapidement et il meurt quelques jours plus tard en prison. Une autopsie est menée, et un bout d’os est retrouvé dans le crâne de l’intéressé. Un enquêteur fait alors le lien avec l’affaire du prince en loque. Le crâne de SCP-739-FR fait partie des artefacts disparus pendant la révolution, mais avec la disparition de la cape de loque, un contrôle est impossible. Interrogé sur le roi à la couronne d’os, Joseph Petiot réagit positivement, confirmant pourtant un lien avec l’affaire. Il fait mention du "Dernier Chambellan" à la tête de l’organisation, portant "l’instrument de la continuité du roi". La trépanation est présentée comme un signe d'allégeance, "le couronnement des disciples".

Avec l’aide des renseignements extirpés à Joseph, l'enquête avance. On croise les indices avec les trépanés connus de la ville et rapidement, les enquêteurs sont capables de tracer un portrait de la loge. Celle-ci est effectivement en froid avec les soutiens du comte de Chambord ainsi qu’avec les milieux proches de Louis-Philippe ; cependant et contre toute attente, la loge semble avoir plusieurs liens avec les milieux républicains. Plus inquiétant, plusieurs chefs de file semblent appartenir à la loge. Le Dernier Chambellan est identifié en janvier 1836 comme "Marc d’Écheverie", un notable bourguignon né à Beaune. La loge semble avoir été formée suite à une scission avec la loge du recousu, que d’Écheverie aurait rejointe puis quitté brutalement en emportant avec lui une partie du trésor de la loge, créant une inimitié durable avec celle-ci. La loge de l’indécouronnable est en conflit ouvert avec de nombreux autres groupes absolutistes, comme la loge du Monarque ou celle du linge blanc de part ses croyances particulières, mais s’illustre par le fanatisme zélé de ses membres et par une soumission absolue à Marc d’Écheverie.

Le 13 janvier 1836, une lettre anonyme, attribuée aujourd’hui à un membre de la loge des recousu, est adressée aux enquêteurs de la SAR, suggérant à ceux-ci de poursuivre leurs investigations à Senlisse, petite ville à trente kilomètres de la capitale.

Plusieurs espions sont envoyés enquêter sur place et les premières conclusions arrivent rapidement. Malgré une apparente tranquillité, la ville semble anxieuse. Les habitants refusent pour la plupart le contact avec les étrangers. On y note quelques trépanés, mais le compte exact est difficile, le chapeau y étant plus populaire encore qu’à Paris. La messe y est célébrée tous les jours par le père Trobard, qui ne quitte son haut de forme que dans la maison de Dieu. Ces messes sont réservées aux gens de la paroisse et à personne d’autre. Les espions notent quelques va-et-vient extérieurs, par des individus portant la plume noire, qui sont identifiés comme les contacts républicains de la loge. L’étau se referme finalement sur un édifice fortifié, la ferme de Malvoisine, lieu de rencontre privilégié des externes, et visité quotidiennement par le prêtre avant ses offices.

Des pressions sont supposées sur les populations locales, qui sont jugées probablement compromises d’une manière ou d’une autre. Les trépanés sont à la fois gardes et otages pour leurs familles. L'allégeance au maître de Malvoisine, supposément le Dernier Chambellan, est récompensée et l’insubordination fortement punie. Si Senlisse s'acquitte encore de l'impôt, la ville entière semble sous le contrôle de la loge. Il est alors décidé d’agir.

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Entrée actuelle de la ferme de Malvoisine

Le 2 avril 1836, Senlisse est encerclée par les gendarmes noirs qui forment des barrages. Le régiment de dragons de la garde royale donne l’assaut sur la ferme à la levée du soleil. Prise par surprise, la ville n’oppose pas de résistance. La porte de la ferme de Malvoisine est oblitérée avec un tonneau de poudre et le régiment entre rapidement dans la ferme.

Réveillé par le bruit de l’explosion, une partie des trépanés se ruent sur la ferme, sans armes, en vague de damnés, et sont fauchés par les tirs des dragons. À l'intérieur, les partisans de la loge, surpris et sous-équipés, sont rapidement neutralisés et arrêtés. Marc d’Écheverie se barricade dans sa chambre avec quelques fidèles, mais la porte est rapidement enfoncée. Il invective ses troupes en brandissant un bocal de verre, mais sans arme, ceux-ci se font maîtriser par les dragons. À onze heures, la ferme est considérée comme prise et sécurisée.

Dans les caves, sont retrouvées plusieurs tables d'opération, servant sans doute aux trépanations ; un charnier est découvert à proximité pour les ratés. En dehors de Marc d’Écheverie et de sa famille, la ferme est habitée par quelques proches, ainsi que par un grand nombre de jeunes gens, majoritairement des femmes, tous trépanés. Plusieurs artefacts datant du pillage du Fond de Versailles sont récupérés, et le bocal de Marc d’Écheverie est saisi. Il s’agit d’un bocal de verre, rempli de formol et comprenant un testicule gauche humain, que les partisans de la loge survivants identifient comme "l’instrument de la continuité du roi".

Interrogé, Marc d’Écheverie admet rapidement ses objectifs. La finalité de la loge était l’avènement du roi à la couronne d’os, ainsi que de lui-même par extension, sur le trône de France. L’objectif de l’attentat était de se débarrasser de Louis-Philippe tout en discréditant le comte de Chambord, s’assurant de la suppression, directe ou politique, de ses deux rivaux. En parallèle, la loge s’attaquait aux représentants républicains par un système bien rôdé. Une sélection était faite parmi les jeunes gens de Senlisse et quelques marginaux, et les plus présentables étaient embrigadés et trépanés de force pour servir la cause. Ils étaient ensuite envoyés à Paris séduire les notables républicains pour les embrigader à leur tour ou les faire venir à la ferme. Conscient que l’avènement du roi d’os était impossible politiquement, leur objectif était de promouvoir la république tout en s’assurant le contrôle d’une partie du futur parlement, pour ensuite pouvoir imposer leurs idées. Toutes les grandes familles de la ville avaient au moins un trépané dans leurs rangs pour s’assurer de leur fidélité, assurant à la loge un soutien financier dans ses affaires.

Marc d’Écheverie prétend posséder une filiation indirecte avec Bertrand Etcheverry, descendant d’une branche familiale parallèle à celui-ci, lui assurant une connaissance de l’anomalie. Le testicule gauche désigné comme "l’instrument de la continuité du roi" semble être celui coupé par Bernard de Saulx-Fontaine lors de la tentative d’assassinat de 1366, et disparu des hospices de Beaune à une date inconnue. Marc d’Écheverie aurait alors profité de la révolution et du pillage du Fond de Versailles pour retrouver la trace des restes du roi à la couronne d’os, les auraient dérobés à la François-Marie de Vulpilières, et aurait mis son plan en œuvre. Le crâne, complet en 1653, a été lui aussi réduit en pierre de folie.

Il est exécuté le 26 juin 1838.

Il s’agit ici de la dernière manifestation historique de SCP-739-FR. Officiellement, l’attentat sera imputé aux républicains pour des raisons politiques, et dès 1835, des lois répressives sont votées à leur encontre. Pendant longtemps, la SAR supposera de lourdes connivences entre les républicains et les milieux anormaux de l’époque, se servant de cet épisode historique comme exemple. Dans les faits, le lien supposé entre les deux est assez faible. Une étude approfondie des documents de l’époque et un regard pragmatique sur les purges menées à la suite de cette affaire montre en réalité un impact très limité de la loge de l’indécouronnable sur la vie politique française. Le nombre de républicains pris sous leur emprise était en réalité très faibles, et loin des grands noms de l’époque. Cette affaire a surtout servi d’excuse pendant des années pour une politique anormale précise ciblée, celle-ci ayant l'intérêt d’incriminer pêle-mêle royalistes absolutistes et républicains, les deux ennemis de l’époque. Dans les faits, il est très probable que la loge ait été avant tout au service des intérêts de Marc d’Écheverie qui en retirait avant tout un intérêt financier et matériel immédiat. Il est tout à fait possible que l’attentat n'ait d'ailleurs pas été commandité directement par celui-ci, mais lui ait été commandé par un autre contre paiement. Parmi la population de Senlisse, si la plupart des trépanés moururent lors de l’assaut sur Malvoisine, certains survécurent et furent opérés à nouveau, puis laissés dans un dispensaire créé dans la ville pour l'occasion. On ne sait pas si l’exposition prolongée à cette influence a eu un impact sur la résistance des populations aux anomalies suggestives, mais ce n’est étonnamment pas le seul cas d’anomalie du genre recensé dans la commune, avec l’affaire dite des libertés totales.

Une demande d’enquête a été ouverte sur ce point, en attente de financement.

- Dr C. Attano, Département Archéologique D’Aleph

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