ATTENTION Ce document est présentement mobilisé comme comme Argument par la Haute Cour du Département de Justice Interne, dossier I-06-10-412. Toute information pertinente à l'actualisation du présent document doit être communiquée à la cellule d'enquête du dit dossier par l'intermédiaire de votre directeur de site ou votre premier supérieur hiérarchique capable de communication trans-départementale.
Instance no 1 lors de sa redécouverte en 2006
Objet no : SCP-736-FR
Classe : Sûr
Niveau de Menace : Vert ●
Procédures de Confinement Spéciales : Dû aux effets minimes de l'anomalie, son confinement est considéré de priorité minimale. Chacune des instances de l'anomalie est équipée d'un attrape-rêve Lucart afin de surveiller toute évolution du champ de condensation nostalgique. Ces appareils doivent être dissimulés dans les murs du sous-sol ou, dans la mesure du possible, assimilés aux éléments électroniques présents (compteur électrique, compteur de gaz, tableau électrique)1.
L'acquisition des 4 bâtiments concernés est prévue en collaboration avec le Département de Gestion Comptable dans le cadre de l'établissement des infrastructures du nexus roscanveliste.
Description : SCP-736-FR réfère à 4 espaces liminaux de magnitude 1 sur l’échelle de Caron2 prenant la forme de caves dans 4 maisons de la commune de Roscanvel (Finistère). La condensation nostalgique y est environ 1.14 fois plus élevé que le standard environnant, provoquant de vagues sensations chez les sujets s'y trouvant. Le protocole de description phénoménologique standard indique que :
Lorsque les lumières de la cave sont allumées, on peut apprécier un vague sentiment d'irréalité, la pièce semble exister pour elle seule, excluant le monde de son imaginaire spatial. Là, les ombres offrent moins de contraste et le souvenir d'une maison d'enfance peut revenir soudainement. Dans de rares cas, une chaleur paternelle peut être ressentie avec une nostalgie intrusive, ainsi que le son lointain d'une contrebasse, entendue comme à travers du velours. Si les lumières sont éteintes pendant qu'un individu est présent, celui ci a une chance d'entendre de très faibles vocalisations semblant provenir du fond de la cave. Certaines personnes témoignent avoir vu une porte dans l'obscurité, là où il n'y en avait pas auparavant, mais que celle-ci restait systématiquement fermée, laissant seulement passer un courant d'air à travers la serrure.
Ces effets ne sont, en général, pas considérés anormaux par les personnes qui les éprouvent, les occupants de la maison notant qu'ils "apprécient leur vieille cave" ou bien que "le cellier semble plus vieux que le monde" sans pour autant en noter l'aspect anormal.
Les instances de SCP-736-FR sont les suivantes :
- Instance no 1, cave de la maison de vacances de la famille Prigent. Adresse : ██ ████ ██ ██████ █████████
- Instance no 2, cellier d'une maison abandonnée ayant appartenu à la famille Combot jusqu'à son acquisition par la mairie de Roscanvel. Adresse : ██ ██████ ██ █████████
- Instance no 3, caveau dans le jardin de la maison de famille Le Guen. Adresse : ██ ████ ██ ███████
- Instance no 4, sous-sol de l'hôtel Bellevue. Adresse : ██ ████ ██ ███ ███████████ █████
Il est actuellement compris que l'effet anormal de ces caves est la trace d'un événement paranormal de nature trouble s'étant produit le 14 août 19483.
Addendum 1 : Dossier original de 1948
Tout information concernant l'origine de SCP-736-FR est dérivé du dossier suivant, découvert parmi de nombreux autres au sein du poste d'observation C-29-4 lors de sa réouverture en 2006. Ces documents couvrent le travail d'enquête du Bureau des Affaires Oniriques de 1947 à 1949 avant l'archivage systématique et centralisé de toutes les productions de la Fondation.
Le dossier présent contient un rapport d'enquête considérablement tronqué portant sur un évènement anormal s'étant produit le 14 août 1948. Une série de rumeurs aurait amené le Bureau des Affaires Oniriques à enquêter dans la ville de Roscanvel, menant un entretien avec 4 habitants victimes de cauchemars à l'origine des-dites rumeurs.
Cette enquête à été menée par :
- Romane Caron, fondatrice du Bureau, docteure de théologie appliquée et agente de terrain ;
- Vincent Lucart, fondateur du Bureau, docteur de mécanique ontolygésique et agent de terrain.
Notons qu'est numérisé ici l’entièreté du dossier tel que trouvé. Le pertinence de certains documents dans l'affaire liée est sujette à question.
| Archives A.S.I.A. C-29-4-736 | ||
Site Aleph Monsieur Vincent Lucart Madame Romane Caron
Objet d'enquête : Rêves étranges dans la commune de Roscanvel, apparitions non folkloriques. Situation préliminaire : La gendastrerie de Camaret répond aux rumeurs répandues concernant des "rêves sombres", "les frissons de la lande" et des "caves sans fond". Aucune activité anormale n'est relevée malgré l'agitation des habitants. Quatre témoignages sont isolés comme départ des rumeurs. La Fondation est contactée le 20 août.
Romane Caron 1
Première déposition par Monsieur Cozic de la gendastrerie de Camaret. "Non, non, il ne nous a pas fallu longtemps pour intervenir. À vrai dire, nous n'avions pas tant à faire. La situation n'était pas vraiment de notre ressort. Voyez-vous, suite aux rumeurs qui nous sont arrivées nous sommes venus vérifier s'il nous fallait intervenir et … et il se trouve qu'il ne se passait rien du tout dans le village, rien d'anormal en tout cas. seulement des rumeurs, il semblerait. Quelques gens qui ont eu des cauchemars et les pauvres bonhommes ont cru qu'ils avaient vu le diable. Mais les nouvelles règles nous demandent de vous appeler alors … Si nous intervenons à chaque nouvelle rumeur ? C'est vrai que tout cela doit vous paraître bien ridicule pour vous qui êtes de Paris, où vous devez avoir de tels cas sur votre dos tous les jours. Vous êtes de Paris, c'est bien ça ? La situation ici est un peu particulière. Voyez vous ; le petit peuple est déchaîné dans notre pays. Quand j'étais à Douarnenez, j'avais du travail à en mourir. Mais la presqu'île c'est … c'est pratiquement vide, vous voyez ? On a bien quelques créatures mais c'est comme si elles n'appartenaient pas vraiment au coin, elles ne font pas vraiment partie du paysage. Comme si le folklore était différent ici. Non je pense pas que les boches aient fait quoi que ce soit au pays, non, ahah. Mais les vieux et les brigades4 savent qu'il y a quelque chose de spécial dans l'air, ils nous le disent, que la lande frisonne la nuit, que des choses serpentent les forêts, que la nuit est plus sombre et les chemins plus tortueux. Alors vous voyez, ici, quand on entend des rumeurs, on se pose les bonnes questions, parce qu'on a pas vraiment de réponse toute faite." 2 Notes pour une interprétation onirologique des systèmes de Barone5 par Vincent Lucart Considérer que notre modèle de la mécanique ontolygésique6 est complet est une erreur que nos sciences occultes font dans les pas des physiciens du siècle dernier. Les problèmes auxquels nous nous confrontons ne sont pas des exemples à écarter sous le coup de l’imprédictibilité de notre champ d'étude mais bien des indicateurs des futures révolutions du monde anormal, tels les nuages de Kelvin. La question, bien sûr, est désormais de déterminer quels problèmes de mesure sont dus à leur anormalité intrinsèque, et quels sont ceux qui méritent notre intérêt, ceux qui cachent un système. Dans cette présentation je propose de porter notre attention sur le problème d'équivalence de Camargue et de sa résolution théorique par les équations de Barone. Ce que je propose ici est un exercice d’interprétation de cette nouvelle dynamique. Ici nous parlerons des rêves, mais je vous demanderai d'oublier ce que vous savez de l'onirisme. Car nous ne parlerons pas de ces échappées nocturnes qui nous touchent tous, ni de ce plan métaphysique que les onireoi habitent. Je vous demande d'oublier ces préconceptions sur ce qu'est l'onirique, car les rêves, pour nous, sont l'imaginaire même du réel. Le frisson de l'ontologie au contact du mystère. Sujet : Madame Françoise Prigent Le témoin déclare s'être endormi près de l'âtre le matin du quatorze août, aux côtés de son chien de compagnie, Kuchenn, couché à ses pieds. Elle défend qu'il ne s'agissait pas d'un rêve, bien que ses sensations étaient perturbées, "prises dans un voile épais". Madame Prigent se réveille alors que les lumières du matin percent à peine. Une légère bruine s’abat à l’extérieur et la lumière de l'âtre éclaire à peine l'intérieur du salon. Le témoin déclare ressentir "quelque chose dans la pièce avec moi". En observant les alentours elle aperçoit son chien regardant l'extérieur par la fenêtre, debout, sur deux pattes, parfaitement droit. Alors qu'elle se redresse, prise un sentiment d'insécurité très fort, le chien se tourne brusquement vers elle et la fixe. Le témoin déclare alors prononcer faiblement son nom avant de se rendre compte que Kuchenn se trouvait toujours contre ses jambes. A ce moment, le chien à la fenêtre s'élance vers elle. Il est toujours sur deux pattes. Il court et passe à côté d'elle. Quand elle rouvre les yeux, le chien est de l'autre côté de la fenêtre, fixant son regard le long de la rue. Il semble parler à quelqu'un juste en dehors du champ de vision de madame Prigent. Madame Prigent reporte qu'avant de se rendormir, la porte de la cave était grand ouverte et elle ressentait toujours la présence sinistre à ses côtés. 3 Sujet : Monsieur Loïc Combot Le témoin rapporte s'être levé pendant la nuit pour trouver que l'éclairage électrique ne fonctionnait pas. À ce moment, Monsieur Combot sort de sa chambre dans le noir presque complet. Il se rend compte qu'il avance dans l'eau jusqu'aux chevilles. Le témoin reporte un silence total à l'exception des ses pas dans l'eau. N'interrogeant pas cette situation, il avance jusque la salle à manger. Là, il déclare observer cinq corps assis autour de la grande table. Ils sont disposés de manière à mimer un repas. Seule une femme immobile semble vivante. Elle fixe une horloge accrochée au mur. Monsieur Combot tente de communiquer mais sa voix se perd comme un écho dans la pièce. Plus profondément dans la maison, on peut entendre des bruits de pas dans l'eau. Quand le témoin s'approche pour enquêter, il trouve la porte de sa cave ouverte. Les corps se lèvent, traversent la pièce et descendent dans la cave, sans produire un seul son. La femme n'est plus là et le soleil perce l'horizon. 4 Sujet : Monsieur Léon Le Guen Monsieur Le Guen s'est réveillé le matin du quatorze dans sa chambre baignée par une lumière bleutée, celle d'un matin bruineux. Alors qu'il ouvre les yeux, il se concentre sur les bruits environnants comme celui du parquet, des murs ou encore des tuiles. Alors qu'il s'apprête à se rendormir, il entend un nouveau bruit venant de la porte de la pièce. Celle ci est entrouverte et derrière, le témoin affirme entendre "quelqu'un respirer". Le témoin se lève et s'approche de la porte. La respiration se tait alors qu'il ouvre la porte, ne révélant qu'un couloir vide. Monsieur Le Guen entend alors à nouveau la respiration, provenant cette fois-ci de la cage d'escalier. En s'approchant prudemment et en se haussant sur la pointe des pieds, il parvient à voir une forme glissant furtivement vers l'étage inférieur dans un silence total. Le souffle provient de plus bas. Le témoin tente de poursuivre le bruit à travers sa maison, arrivant toujours dans une pièce pour voir une ombre la quitter. Il se met marcher de plus en plus vite jusqu'à se retrouver face à une fenêtre donnant sur le jardin. Une biche se trouve au milieu de celui-ci regardant dans sa direction. Le témoin entend le souffle à nouveau, provenant de derrière lui. Dans la cuisine, un homme couvert de goudron pointe du doigt le jardin. Il a la bouche grand ouverte, imitant la forme d'un cri. Mais de sa bouche ne produit que le son d'une respiration épaisse. Alors que Monsieur Le Guen se retourne vers la direction pointée, Il voit que la biche a traversé le jardin et descend maintenant les escaliers menant à la vieille cave. Elle ferme la porte "comme si elle avait des doigts, peut-être qu'elle en avait". L'homme de goudron pose une question, mais sa voix n'est qu'un rire de mouette. Il repose la question une deuxième fois, puis disparait. Il s'agit du dernier souvenir reporté par le témoin. 5 que cette tendance du travail négatif d'une puissance méta causale indique qu'aux bornes d'un espace de Barone, le second principe de la mécanique ontolygésique est inversé. Il a souvent été noté qu'une conséquence immédiate de cette loi est une considération matérialiste de l'organisation du réel, souvent résumé par la formule "les idées sont des faits". Un espace de Barone renverse donc ce principe, causant le consensus actuel concernant leur inexistence. Mais au lieu d'entendre ce renversement comme une contradiction, essayons de comprendre ses implications si un espace de Barone existait, à savoir considérer la hiérarchie inverse à leurs bornes. Un tel retournement des structures du réel est plus facilement compréhensible par son application sur la même formule : "ici, les faits sont des idées". Cette sortie d'un matérialisme effectif vers l'idéalisme semble aussi abstrait que la fissure philosophique qui existe entre ces concepts mais illustre pourtant le mieux la différence essentielle de ces espaces exotiques : la dynamique de Barone n'est pas une dynamique matérielle du réel mais sa plasticité phénoménologique. Les impressions, les sensations, les sentiments ne sont plus les interprétations psychiques que le sujet fait du monde : elles sont le tissu même de la réalité. Et c'est dans ce renversement de la structure première du réel qu'est la fissure dans laquelle se glisse l'onirique. Le rêve n'est pas qu'une existence psychique mais un schème de comportement du réel même. Comprendre le fonctionnement d'un espace de Barone, c'est y comprendre la réalité comme s'y incarnant à la manière de l'onirique. Dans un espace où l'être-au-monde est un absolu descriptif, les formes du surréel sont celles du rêve. Là où le sujet et l'objet ne font qu'un, le monde lui-même se met à rêver. Le monde respire sous le signe de la souterannéité, les formes deviennent nostalgiques, les ombres soupirent dans les chambres bleutées. La solitude s'incarne comme une présence totale, l'amour comme une aube. Peut-être est ce l'inverse. L'existence sensible de nos rêves est la piste phénoménale que nous pouvons explorer pour comprendre ce mode unique de réalité qui se concentre dans ces espaces "oniriques", si bien qu'ils existent. Une question suit directement : existent-ils ? Sujet : Madame Sylvie Bonnaire Le témoin est de passage dans la région et séjourne temporairement à l'auberge Bellevue. Elle déclare s'être levé très tôt dans la matinée du quatorze, trouvant l'auberge plongée dans un noir abyssal, notant que "dans un tel silence, cette obscurité hurle". En descendant au rez de chaussée, elle aperçoit une lumière discrète se séparant des ténèbres ambiantes. En s'approchant, le témoin observe cinq personnes en cercle autour d'une table se tenant la main. Un bougie éclaire faiblement la scène. Une voix semble provenir d'un endroit plus profond dans l'obscurité mais Madame Bonnaire ne parvient pas à déterminer les mots prononcés. Personne ne réagit à son arrivée alors qu'elle se trouve à quelques pas de la table. Elle peut discerner les traits des inconnus et compte deux hommes et trois femmes, tous fermant les yeux. La voix s'élève à nouveau depuis les ténèbres. Le témoin décide alors de contourner la table étrange et d'en chercher l'origine. Alors qu'elle s'éloigne de la lumière de la bougie et pénètre plus profondément dans l'obscurité, elle rapporte entendre un faible crissement provenir de devant elle. Un soupir est poussé depuis la table dans son dos. Maintenant plongée dans le noir, elle discerne une figure dans l'ombre, assise sur une chaise. En laissant son regard épouser le faible éclairage, elle peut à peine voir la silhouette d'un vieillard, qui pousse à nouveau la voix. "C'était rouge." Derrière elle, un cri strident perce la nuit et la bougie est soufflée, laissant le témoin dans l'obscurité totale. Face à elle, Madame Bonnaire aperçoit la porte de la cave de l'auberge. Elle est grande ouverte. Il y a quelqu'un en bas. Elle nous urge d'y aller. Elle dit que la cave possède surement un secret. Elle dit qu'il est toujours en bas. 6 Retranscription d'enregistrement Lieu : Auberge Bellevue, Roscanvel CARON : Ici Romane Caron, agent du Bureau des Affaires Oniriques et voici … LUCART : Vincent Lucart, encore vivant. CARON : Nous nous apprêtons à franchir le seuil de ce qui pourrait s'avérer être un espace onirique … LUCART : Oh, c'en est un. CARON : … Et nous sommes dans l'impossibilité d'affirmer ce qui adviendra de nous s'il s'avère que l'intensité de celui-ci est plus importante que ce que nous pouvons supporter. LUCART : C'est pour cela qu'en bonne et due forme nous reportons les conclusions premières de notre enquête. Le matin du quatorze août, quatre habitants de Roscanvel reportent avoir vécu d'étranges rêves particulièrement intenses, tous liés d'une manière à une autre à leur cave. CARON : Les caves en questions sont actuellement sous l'influence d'une déformation locale de la réalité … Elles … Comment dire ? Elles sont plus profondes qu'elles ne le devraient. Notre hypothèse actuelle est que les épisodes cauchemardesques n'en étaient pas. Nos habitants ont probablement assistés à l'apparition d'une ou de plusieurs entités oniriques dans la commune ; la région semble particulièrement propice à ce genre de phénomène … LUCART : Extrêmement propice. Bien plus que ce que nous avons pu voir par le passé. Et si mon intuition a le plus petit soupçon de crédibilité… CARON : Mais encore ? LUCART : …Il se peut qu'il se trouve quelque part sur la presqu'île un espace onirique particulièrement intense. Peut être même approchant la limite de Barone. CARON : Vincent, restons en aux certitudes. LUCART : Si cet espace existe, peut être que cette cave nous y amènera, Romane. Et nous devons être préparés à cette possibilité. CARON : Alors monsieur Lucart, je vous en prie. Descendons. LUCART : Descendons. 7 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
Conclusions
Il est de l'avis du Docteur Lucart et de moi-même qu'un évènement paranormal a bien eu lieu le 14 août 1948 à Roscanvel. Cependant cet évènement est effectivement terminé et constitue très probablement un phénomène isolé et désormais incompréhensible dû à la disparition de toute trace de son existence. L'impact sur la population est minime et l'affaire est déjà considéré comme une rumeur, fait aidé par le travail de la gendastrerie locale. Sinon les cauchemars, aucun élément intéressant n'a été relevé lors de notre enquête. Aucune autre mesure n'est à prendre de la part de la Fondation. Madame Romane Caron 12 |
Addendum 2 : Enregistrement audio
Une bande magnétique est également trouvée au sein des archives du poste d'observation C-29-4, contenant plus de 2 heures de prises sons liées à la découverte originale de SCP-736-FR. Sur la bobine le mot "Outrenoir" est marqué au feutre rouge. L’enregistrement est fortement dégradé, notamment par l'omniprésence de bruit ontologique, et seuls quelques passages sont considérés d’intérêt pour une retranscription complète. La plupart de l'enregistrement correspond à des bruits de pas allant à des vitesses diverses, un bruit de vent, des tintements clairs et métalliques, un fredonnement masculin sourd, des voix chantants au loin.
Pour avoir accès à l'enregistrement original, veuillez vous référer à la direction du poste d'observation C-29-4.
Addendum 3 : Enquête de 2006
Pendant l'hiver 2006, la docteure Émilie Fabre entreprend la réouverture du Bureau des Affaires Oniriques, celui-ci ayant cessé toute activité depuis 1975. De nombreux dossiers jusque là non communiqués au reste de la Fondation sont trouvés. Parmi ceux-ci le dossier d'enquête original concernant SCP-736-FR.
Afin de vérifier les conclusions de l'enquête, la Dr Fabre et l'agent Nathan Frey se rendent à Roscanvel et effectuent une série de mesures standardisées dans chacune des instances de SCP-736-FR, démontrant ainsi que les caves gardent une activité anormale minime. Les procédures de confinement spéciales actuelles sont mise en place.
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Enregistrement audio
18 Novembre 2006
Personnes présentes : Dr Émilie Fabre, Agent Nathan Frey, Lucie Prigent
Lieu : SCP-736-FR, instance no 1
Fabre : Merci pour votre coopération, on ne devrait pas en avoir pour très longtemps.
Prigent : Oh ne vous en faites pas, j'aimerai éviter au plus possible les dégâts de eaux, votre travail aide plus qu'il ne m'embête, vraiment. Je vous laisse faire vos mesures, si vous avez besoin de quoi que ce soit je serai dans le salon.
Bruits de pas.
Frey : Qu'est ce qu'ils ont trouvé au fond de ces caves, tu penses ?
Fabre rit légèrement.
Fabre : L'enregistrement était pas assez clair ? Probablement la même chose qui les a fait disparaitre 20 ans plus tard.
Frey : Et qu'est ce qui les a poussé à cacher ce qu'ils y ont vu ?
Silence.
Fabre : La peur probablement. Soupir. Eteins la lumière, on va vérifier si c'est comme les autres.
Bruit de pas et clic audible suivi d'une vingtaine de seconde de silence.
Frey : Peut être que c'était de la fascination plutôt que de la peur.
Une voix très faible peut être entendue.
??? : Plus bas.
Fabre : Est ce que vous pouvez me répondre ?
La voix chuchotte une phrase indiscernable.
Fabre : Où est Vincent Lucart ?
La voix se tait. Une porte grince.
Fabre : Une porte ?
Frey : Je ne vois rien.
La voix revient, plus audible.
??? : Plus bas.
Le grincement de porte recommence.
Fabre : Rallume la lumière. Vite.
Bruits de courses suivi d'un clic audible.
Silence.
Frey : Pas de porte.
Fabre : Sans surprise.
Silence. On peut entendre le grésillement d'une ampoule à incandescence.
Frey : Je suis étonné que personne ait remarqué à quel point ces caves sont étranges. Rien que d'être dedans j'ai cette sensation …
Fabre : Nostalgique ?
Silence.
Frey : À qui elle est ? Cette nostalgie ?
Fabre : La cave ? Nous ? Lucart, Caron ? J'en ai aucune idée. Lucart pensait que la nostalgie des espaces oniriques était le monde prenant la forme du rêve.
Frey : Je peux comprendre d'où il tire ça.
Silence.
Fabre : Tu sais pourquoi on a changé le nom de ces espaces ? Pourquoi on les apelle liminaux et plus oniriques ?
Frey : Nomenclature ?
Fabre : Parce que le monde a oublié Lucart et Caron et leur onirologie, le Bureau et ses démiurges, et parce qu'avec ces années d'oubli, le nom du rêve s'est perdu. Le rêve s'est retiré dans les coins les plus sombres des caves et on ne peut plus voir que leur étrangeté.
Silence.
Fabre : Mais si tu tends l'oreille …
Fabre : Tu peux entendre les chambres bleutées des rêves de Lucart.
Silence.
Fabre : Allons-y, j'ai tout les relevés.
On entends des bruits de pas alors que Frey et Fabre quittent la pièce. Une voix se met à chuchotter sans que les agents ne la remarque.
??? : Plus bas.
??? : Plus bas.
[Fin de l'enregistrement]








