SCP-722-FR

Objet no : SCP-722-FR

Niveau de Menace : Rouge

Classe : Keter

Procédures de Confinement Spéciales : Les faits divers, localisés dans la région d'Asie du sud-est, dont la description est similaire à celle du mode opératoire d'un individu SCP-722-FR, telle que présentée plus bas, doivent se voir affecter une équipe de la Division Préliminaire Détective, dans le but de vérifier leur lien avec SCP-722-FR. En cas de relation avérée, la Force d'Intervention Mobile Delta-0 ("Les Hommes en Noir") doit intervenir afin d'effacer toute preuve pouvant permettre d'envisager la nature normale du meurtre, en maquillant la scène de crime, en usant d'amnésiques de Classe A sur les potentiels témoins et en soudoyant les officiers de police locaux. L'affaire doit par la suite être attribuée à la cellule 44b du Département des Crimes Anormaux, chargée de retrouver l'individu SCP-722-FR responsable. Ce dernier doit être appréhendé, emmené puis confiné dans une cellule pour humanoïde standard du Site-Beth.

Le port d'un masque couvrant intégralement la bouche est obligatoire lors de l'intervention. Les agents affectés doivent par la suite se désinfecter le visage et antiseptiser leur équipement dans le but de se protéger de toute projection possible de l'entité. L'usage de la force est autorisé si celle-ci ne se montre pas coopérative, tout comme son élimination dans les cas les plus extrêmes.

Les individus SCP-722-FR capturés doivent être interrogés afin de déterminer l'origine de leur condition. Les informations recueillies doivent être transmises au Département de la Mythologie et du Folklore, afin de les mettre en corrélation avec celles liées aux entités surnommées "Tchlou" et "Ma Feng".

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Filature de l'individu SCP-722-FR-14 (seul net sur la photographie).

Description : Les individus SCP-722-FR sont originellement des êtres humains, ayant acquis par le biais d'un accord diverses anomalies modifiant leur nature, résultant en l'adoption d'un comportement meurtrier et de prédation sexuelle. Ceux-ci sont estimés à une cinquantaine, dont 7 sont détenus par la Fondation et 6 sont clairement identifiés par les services de renseignement ; et localisés en Asie du sud-est, principalement en Thaïlande. Les individus SCP-722-FR (immatriculés SCP-722-FR-[NUMÉRO] par la suite, en fonction de leur ordre de découverte) ne sont à l'origine pas mis en contact, mais peuvent être amenés par le hasard à se reconnaître, amenant à des accords voire des collusions afin d'atteindre plus facilement leurs victimes. Il n'y eut qu'un seul affrontement pour une même proie enregistré, menant au décès de cette dernière ainsi que des deux instances (SCP-722-FR-05 & SCP-722-FR-07).

La faveur principale de cette nouvelle nature altérée est l'arrêt immédiat du processus de vieillissement de l'individu, voire l'inversement lent de celui-ci afin de ramener l'âge entre ██ et ██ ans1. Cette anomalie procure à leur bénéficiaire une jeunesse prolongée ou retrouvée, à la fois désirée mais aussi utile dans leur approche des victimes. L'analyse de leurs cellules a révélé une profonde dégénérescence de leur génome, venant contrer voire surpasser celle inhérente au corps humain. En cas de non-respect du marché passé, cette dégradation prend alors le dessus, provoquant un renouvellement excessif des cellules jusqu'à engendrer l'apparition de tumeurs, fatales dans les cas recensés (SCP-722-FR-11, 15 & 16).

Ces derniers sont ainsi forcés d'accomplir un rituel spécifique d'engendrement en contrepartie, provoquant de prime abord une répulsion voire un profond écœurement pour les individus SCP-722-FR, avant que l'habitude voire le plaisir ne prennent le dessus. Capturée assez tôt, l'entité est encore capable d'exprimer des regrets, offrant même son aide à la Fondation en dépit des conséquences ; mais dans l'éventualité d'une interpellation tardive, l'entité fait montre au contraire d'un caractère non coopératif voire agressif. Par conséquent, cette faveur permet au cocontractant d'imposer ses conditions aux individus SCP-722-FR, les asservissant au point d'altérer leur nature humaine.

Le rituel imposé requiert trois conditions nécessaires et suffisantes :

  • un échange de salive entre l'individu SCP-722-FR et une victime ;
  • l'apparition d'un désir sexuel chez la victime ;
  • l'éviscération de la victime.

Afin de réunir ces trois conditions, l'individu SCP-722-FR a toute latitude, mais procède dans la quasi-totalité des cas selon le mode opératoire suivant :

  • une approche enjôleuse de la victime, par le biais de compliments sur son physique et si possible une mise en valeur de son propre corps. Ce premier contact se déroule généralement dans des endroits peu fréquentés (rues de traverse, quartiers peu passants, établissements délaissés) et lorsque la victime est seule. Il vise à établir une attirance de la proie pour l'individu SCP-722-FR, ce dans le but d'endormir sa vigilance et d'encourager un rapprochement physique.
  • une invitation à se rendre dans un endroit privé, comme une chambre d'hôtel ou le logement personnel de la victime, en vue de l'isoler. Si la confiance établie est suffisante et que la victime paraît intéressée, il est prétexté une pulsion sexuelle immédiate à assouvir. Il est ici important de noter que, lors du second choix, l'entité a besoin de l'autorisation explicite de la victime pour entrer, sans quoi elle n'est physiquement pas capable de franchir le seuil. Cette condition réduit considérablement l'activité des individus SCP-722-FR en zone rurale, étant donné l'attachement aux mythes et à leurs mises en garde.
  • l'adoption d'un comportement érotique en vue de provoquer un fort désir sexuel chez la victime, commençant généralement par un baiser exagéré et sensuel, ce afin de procéder à l'échange de salive.
  • l'établissement d'un rapport sexuel entre l'entité et la victime. Cette étape s'avère facultative si cette dernière est suffisamment excitée.

Une fois les deux premières conditions remplies, un serpent se met à pousser sur la tête de la victime2, sans que cette dernière ne s'en rende compte. L'animal est d'espèce et de taille variable, sans qu'une corrélation ne puisse être établie, ainsi que non agressif. Cet engendrement s'interrompt progressivement si le désir sexuel se dissipe, ne laissant aucune séquelle. Afin de libérer ce serpent, l'individu SCP-722-FR éviscère alors la victime, à l'aide d'un objet tranchant ou de ses propres ongles. Aucune méthodologie particulière ne paraît être requise à ce moment-là, les entités agissant en fonction des possibilités et des opportunités : certaines ouvrent le ventre d'une unique incision afin d'exposer l'entièreté des entrailles, dans une mise en scène morbide3 ; tandis que d'autres tailladent la peau jusqu'à déchirer les muscles abdominaux puis les organes en dessous4. En raison des précautions prises par l'entité, attachant la victime sous prétexte d'un jeu sexuel et la bâillonnant au besoin, le meurtre passe la plupart du temps inaperçu.

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Dos de l'individu SCP-722-FR-02, date et contexte inconnus.

Cependant, l'exercice répété de ce rituel provoque, au fur et à mesure, de nombreuses et profondes mutations de l'individu SCP-722-FR. Celles-ci commencent généralement par le dérèglement du système tégumentaire de l'ensemble du corps, amenant à la pousse indolore d'écailles sur la peau. Ces dernières ne provoquent qu'une légère démangeaison, et apparaissent au début en des endroits discrets, comme l'intérieur des cuisses, le dos des bras ou au niveau des omoplates. La pousse est continue et ne s'arrêterait qu'à la métamorphose totale de l'entité, bien qu'aucun cas n'ait pu être documenté5. Par la suite, la croissance kératineuse s'applique également aux ongles, qui peuvent atteindre en quelques semaines une taille de 10 cm ainsi qu'une solidité renforcée. Ces griffes nouvelles demandent en général un temps d'adaptation à l'individu SCP-722-FR, mais constituent un atout non négligeable lors de la phase d'éviscération.

Peu après, le torse de l'entité s'allonge, au rythme d'une vertèbre et d'une paire de côtes par semaine, jusqu'à atteindre 1,5 fois sa longueur originelle. Cette étape s'avère particulièrement douloureuse, déséquilibrant complètement le corps et provoquant des maux de dos, freinant considérablement l'individu SCP-722-FR dans ses activités. La pousse, dans la semaine qui suit, d'une queue au niveau du bassin permet de contrebalancer et de reprendre une démarche plus ordinaire. Longue en moyenne d'un mètre, articulée voire préhensile pour certaines entités, cette queue est en général enroulée autour d'une jambe afin de rester camouflée. Les altérations morphologiques mineures incluent l'affaissement des cartilages du nez et des oreilles, la pousse d'une membrane nictitante et d'une crêtes ou d'épines, ainsi qu'une langue bifide dans de rares cas. Celles-ci présentent de nets désavantages dans les phases de séduction des entités, obligés de dissimuler ces altérations, mais présentent des avantages dans la phase d'éviscération.

Bien que cette étape n'ait jamais été formellement observée, les individus SCP-722-FR sont de plus capables de muer, ce de manière volontaire afin d'accélérer le processus de transmutation ou de régénérer plus rapidement leur épiderme en cas de blessure grave. Des mues de taille humaine ont en effet été retrouvées sur de rares scènes de crime, lorsque la victime paraissait s'être défendue6.

Auparavant en nombre restreint, les archives établissant une moyenne d'un cas tous les dix ans, les individus SCP-722-FR s'avèrent aujourd'hui plus nombreux et entreprenants, passant de trois meurtres à leur actif en moyenne à douze. Il est supposé que l'entité supérieure responsable ait récemment durci les termes du marché, afin d'augmenter le nombre de serpents engendrés lors du rituel. Le devenir de ceux-ci est inconnu, tout comme leur utilité : ces derniers fuient dès la fin du rituel, rendant leur étude difficile. L'unique occurrence du rituel sous supervision de la Fondation7 n'a apporté que peu de données supplémentaires par rapport aux témoignages des entités capturées et des survivants.

Cependant, le ██/██/2008, l'interpellation de SCP-722-FR-38 (██████ █████) à ███████, en Thaïlande, fut perturbée par un événement anormal inhabituel. Le corps de l'entité se nécrosa subitement, la tuant sur le coup devant les agents venus l'arrêter. L'analyse des tissus et la fouille de la zone révélèrent un rituel d'assassinat complexe, incorporant entre autres la dispersion d'une poudre de fer, des runes placées en des endroits stratégiques, le sacrifice d'une chauve-souris ainsi que la complicité d'un vendeur à proximité. Ce dernier fut interrogé et avoua n'être qu'un intermédiaire malchanceux. Il reçut un amnésique de Classe B après avoir donné le nom de son commanditaire.

L'enquête permit de retrouver ███████ ██████ (immatriculé par la suite PdI no722-FR-12), étudiant non connu des services de renseignement. La perquisition de son domicile révéla son affiliation à l'Association des Utilisateurs de Magie Noire, Groupe d'Intérêt actif dans la région. L'individu fut interpellé, placé en détention et questionné sur ses motifs. ███████ ██████ avoua avoir agi de son propre chef, sur les conseils néanmoins de plusieurs autres membres, afin d'éliminer l'entité8 qui menaçait les affaires de l'Association. Ses propos permirent d'identifier cinq nouvelles instances9, renforçant l'impression d'une récente accélération du phénomène. Divers documents perquisitionnés attirèrent également l'attention des services de renseignement : une étude théologique résultant d'un croisement de divers textes antiques ; une notice biographique relative à un membre important de l'Association ; ainsi qu'une série de notes et de déductions sans connivences explicites, résultant de délires fiévreux selon l'individu ; dont des extraits pertinent sont respectivement retranscrits ci-dessous :

Aucune sororité ne pouvait découler de la serpent et de la lézard, rivales pour le trône et la domination des forêts, des jungles, des déserts et des ruisseaux. Ils ne s'agissait pour autant que de chamailleries d'enfants, vites réparées par leur Roi, infimes parmi le joyeux chaos qui régnait alors dans la fratrie. Mais sans ascendant clair, la brouille se gonfla vite de haine, et chacune se mit à détester l'autre, en silence cependant afin de ne pas perdre les faveurs de leur Roi. L'hypocrisie devint bientôt monnaie courante, comme il est de coutume dans un monde qui stagne.

Lorsque le Roi disparut, le fragile équilibre fut rompu. Tour à tour proies ou chasseuses, leurs engeances se disputèrent la suprématie pendant des millénaires, jusqu'à hier. L'une d'elle fut blessée et manqua de disparaître, mais elle s'endormit juste à temps et survit peut-être aujourd'hui. Alors quelque chose changea en la lézard, pour qui les liens de famille apparurent plus importants que jamais. De douze elles étaient déjà passées à onze, mais nulle n'avait envie de savoir ce qu'était devenue la douzième. Mais maintenant presque à dix, c'était la preuve de leur mortalité et de leur possible déclin avant leur disparition.

Cependant, la lézard ne chercha pas tout de suite une solution, car le ressentiment l'en empêchait et le temps ne la menaçait pas. Mais peut-être que si finalement.

Des douze tourments du Roi, Vessandan Sangkaeo

Note : L'auteur, ayant vécu vers le milieu du XXème siècle, est connu pour ses transes soudaines, tant véritables que simulées. Ses ouvrages présentant dans certains passages diverses similitudes troublantes avec l'intérieur d'une cellule de confinement standard pour humanoïde sans jamais y avoir été, le Département de Censure et de Désinformation ordonna son élimination et la suppression de ses travaux. De nombreux ouvrages ésotériques et de folklore thaï furent retrouvés chez lui, considéré à l'époque comme un matériau original pour ses prochains livres.

[…] La renommée exagérée de [DONNÉE SUPPRIMÉE], surnommé le "Mage Kaki", ne reposait pas uniquement sur ses capacités hors normes, mais aussi sur l'improbable manière dont il les avait acquises et l'impact durable sur sa condition, aussi farfelue que fût son histoire. Ses disciples tentèrent de le retrouver mais toujours il se dérobait, d'un sort inconnu ou grâce à sa prévoyance, tant de ses amis que de ses ennemis, car ils étaient eux-aussi nombreux à cette époque. Il fut un atout des plus précieux dans la fondation de l'Association, tant par sa renommée que par ses actes. Trois ans plus tard, on le retrouva finalement, mort, de profondes morsures en des endroits vitaux trahissant un assassinat par le biais d'un animal. Un pisteur toucha son sang dans l'espoir de déterminer le moment de son décès, mais il tomba raide mort : il avait également été empoisonné.

Heureusement, des notes de sa main, écrites à la hâte, permirent d'obtenir ses derniers délires, traitant d'une fuite perpétuelle, traqué par les parèdres10 pour venger un régicide. Il repoussa les lézards, combattit les poules, se cacha des boucs puis se sauva des cannes, mais il doutait de résister à la discrétion et au venin des serpents de Ma Feng, la Matriarche Sifflante.

Cependant, il avait prévu de piéger son corps, qu'au moins il emportasse sa ravisseuse dans sa tombe. D'où probablement le poison ayant emporté ce pisteur, à moins que [DONNÉE SUPPRIMÉE] se fût lui-même empoisonné par erreur. Toujours est-il que ses exploits restèrent vivaces dans la mémoire de ses contemporains. […]

[DONNÉES SUPPRIMÉES], ou du charlatanisme au miracle, Teppitak Kasen

Note : L'auteur est un érudit connu de l'Association des Utilisateurs de Magie Noire, capturé de nombreuses fois par la Fondation mais ayant toujours réussi à s'évader par des moyens anormaux. Sur la fin de sa vie, il restait continuellement enfermé dans une cave, souhaitant ne pas être dérangé car travaillant sur sa "grande œuvre", brûlée par inadvertance lors de l'enlèvement de son corps.

Les corneilles s'agitent et soufflent du nez, c'est un signe. Tchlou, la Mère Squameuse, ne peut pas en être à l'origine, c'est certain, plus qu'évident même. Pourtant, elle complote en secret, certains ne l'ont pas vue à l'œuvre mais ses rejetons si. Nous devons rester sur nos gardes et trouver toute écaille suspicieuse, afin d'avoir des preuves mais surtout des ingrédients. On ne fait rien sans ingrédient, encore moins de la magie, qui ne peut fonctionner sans rien ni contrepartie. Il me faut aller voir [DONNÉES SUPPRIMÉES] pour quelques questions, si possible avec quelques feuilles de thé en poche, pour faire bonne figure. Il connaît ce genre de prédateurs, mieux que quiconque à l'Association, mieux que [DONNÉES SUPPRIMÉES]. Il connaît leurs méthodes et leurs dangers.

Si quelque chose de gros est en approche, cela viendra-t-il des corbeaux, des serpents ou des lézards ?

Ces documents furent transmis au réseau CORAIL, sans qu'une conclusion satisfaisante ne pût ressortir jusqu'à présent. Les recherches se poursuivent.

Addendum 722-FR :

Serpent.jpg

Situation similaire à celle de l'incident 722-FR, quoiqu'à une échelle beaucoup plus réduite.

Le ██/██/████, un événement inhabituel et très probablement lié à SCP-722-FR se déroula à proximité du village de █████, en Thaïlande. Plusieurs témoignages de la part de civils font état d'un mouvement anormal d'un important nombre de serpents, estimé à plusieurs dizaines de ████████. Ces derniers se seraient spontanément réunis en un endroit précis avant de s'entortiller, pour former au bout de quelques minutes un "roi des serpents". L'ensemble n'aurait pas survécu plus de quelques minutes, les serpents s'étouffant à force de se contorsionner. Aucune trace ne fut retrouvée malgré les recherches, et les témoins reçurent des amnésiques de Classe A. Il est à l'heure actuelle impossible de déterminer si les serpents étaient ceux issus des rituels des individus SCP-722-FR.

Mes sœurs, mes sœurs, vous éveillez-vous pour m'accueillir ou me faire face ?

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