SCP-7027

Objet no : SCP-7027

Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales : Le Site de Confinement Provisoire-95 a été construit près du point d'origine (terrestre) de SCP-7027. En raison de la relative isolation du Site-95 et de la nature passive du GDI-0184/SCP-7027-1, seul un niveau de sécurité minimal est requis.

Toute interaction avec le GDI-0184 est interdite depuis 2021. L'observation doit se poursuivre à distance tant qu'elle ne perturbe pas les pratiques du GDI-0184. Tout refus d'un membre du personnel de se conformer à cette règle de non-intervention entraînera son élimination. Le Site-95 doit rester actif pour assurer le confinement permanent de SCP-7027-2. Les recherches portant sur SCP-7027-2 doivent rester en suspens dans l'immédiat.

Description :  SCP-7027 désigne un phénomène anormal principalement exploité comme processus de transfiguration physique et d'augmentation psychologique par les membres d'un ordre monastique situé dans la chaîne de montagnes du Karakoram. Les individus affectés par SCP-7027 sont classés comme SCP-7027-1. L'anomalie se manifeste initialement sous la forme d'un point circulaire noir de 15 à 25 mm de diamètre au centre du front de l'individu affecté. Cette marque ressemble superficiellement à un bindi décoratif, mais elle est inamovible à moins d'être excisée chirurgicalement peu de temps après l'infection.

Au fur et à mesure que SCP-7027 progresse, le phénomène consume le visage de son hôte, provoquant l'enfoncement de l'avant du crâne, qui finit par s'effondrer pour former une cavité vide d'une profondeur indéterminée avant de s'étendre lentement au reste du corps. La chair noircie par SCP-7027 ne reflète pas la lumière et développera, au fil du temps, des trous et des fissures qui défigureront davantage SCP-7027-1 et, comme l'ouverture qui a consumé une grande partie de la tête de l'hôte, présenteront des dimensions intérieures physiquement impossibles. Les objets introduits dans ces espaces vides ne peuvent jamais être récupérés.

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SCP-7027-1(44), après 16 ans d’infection.

Les cavités créées par SCP-7027 produisent une émanation continue, celle-ci se comportant superficiellement d'une manière similaire à un gaz chaud ou à un plasma, mais apparaissant presque complètement opaque, à l'exception de sa zone la plus extérieure qui possède une qualité semi-translucide qui trouble et/ou distord l'espace qui l'entoure. Toutes les tentatives d'extraction d'un échantillon se sont soldées par un échec, et la composition chimique de l'émanation est actuellement inconnue (si tant est que le terme de composition chimique s'applique d'une quelconque manière à l'anomalie). Malgré la résistance de l'anomalie à l'analyse, il a été découvert que la température diminue progressivement près des fissures, s'approchant du zéro absolu lorsque SCP-7027-1 entre dans la phase finale de l'infection. À ce stade, le sujet se désintègre avant de disparaître complètement, ne laissant aucune trace de matière derrière lui, y compris lorsque le sujet est placé dans une unité de confinement sous vide entièrement stérilisée. La progression de SCP-7027 viole la loi de la conservation de la masse, les particules subatomiques composant SCP-7027-1 s'annihilant sans introduction apparente de leurs antiparticules respectives.

La transformation s'étale sur des décennies et aboutit inévitablement à la destruction des organes vitaux, notamment le cerveau et le cœur. À ce stade, les instances de SCP-7027-1 sont cliniquement décédées et n'ont besoin ni de sommeil ni de nourriture, mais elles restent mobiles et continuent d'errer dans le monastère lorsqu'elles ne sont pas assises en méditation.

La Fondation n'a pas encore découvert la source exacte de SCP-7027, mais les symptômes physiques de l'infection ne se manifestent qu'après que les moines se soient enfermés dans les cellules du monastère. Ces pièces sont juste assez grandes pour permettre la méditation et fonctionnent comme une forme de privation sensorielle. Les moines sont convaincus qu'en se plongeant dans l'obscurité, ils permettent à leur corps de devenir son hôte.

Le personnel du Site-95 a rapporté de possibles expériences paranormales, mais la nature éphémère de ces incidents ne permet pas de les soumettre à des expériences répétables et de les classer. Ci-dessous figure une liste d'incidents présumés :

  • Observation d'ombres humanoïdes mobiles sans source apparente.
  • Fréquence accrue de terreurs nocturnes et de paralysies du sommeil.
  • Points froids transitoires soudains, même dans les sections isolées et chauffées du Site-95.
  • Interférences radio plus élevées que la moyenne à l'intérieur et autour du monastère.
  • L'apparition (et la disparition rapide) de taches noires dans tout le monastère (bien qu'il puisse s'agir d'une espèce inconnue de moisissure).
  • Les membres personnel en poste depuis plusieurs années présentent une diminution constante du sentiment d'estime d'eux-mêmes lors des examens psychologiques de routine (sans autres symptômes typiquement associés à la dépression), bien qu'il puisse s'agir d'une réaction normale suite à l'observation des pratiques et des traditions du GDI-0184.

La Fondation a découvert SCP-7027 en 1956, suite à des rapports faisant état de malformations du visage inhabituelles parmi les membres d'une secte bouddhiste isolée basée au Tibet. En raison de la nature singulière de leur philosophie, la secte et le monastère n'avaient pas de nom officiel, mais les habitants des villages voisins les appelaient communément "Ceux Qui Sont Vides" (littéralement "Ceux Qui Sont Vides De Leur Être"). Classé comme GDI-0184, l'ordre en question pratique une forme extrême d'ascétisme et interdit l'utilisation de noms personnels, de représentations de la forme humaine, ou même la préservation de sa propre histoire. Les membres du GDI-0184 croient que l'illumination (bodhi, "éveil") ne peut être atteinte que par une humilité extrême. Pour ce faire, ils doivent se débarrasser de leur fierté et de leur orgueil, l'existence physique étant considérée comme "l'arrogance ultime" à éliminer. Grâce à SCP-7027, les moines pensent pouvoir échapper définitivement au Samsara, le cycle de la vie, de la mort et de la réincarnation.

Malgré sa ressemblance superficielle avec d'autres sectes bouddhistes, le GDI-0184 présente plusieurs différences notables. Par exemple, les moines du GDI-0184 croient en l'Akriyavada1, une doctrine hérétique qui prétend que les actes de nature morale n'ont pas de conséquences et n'ont donc pas d'influence sur la réincarnation. Contrairement à la plupart des traditions monastiques, le GDI-0184 comprend à la fois des hommes (gelong) et des femmes (gelongma), dont beaucoup ont été initiés dès l'enfance. Tous sont censés pratiquer le même niveau d'ascétisme, indépendamment de leur âge, de leur genre ou de leur santé. Cette vie d'austérité comprend le renoncement aux biens matériels, le refus des plaisirs physiques, et un régime alimentaire laissant les membres du groupe dans un état de famine chronique, sans toutefois présenter les nombreux symptômes associés à une inanition sévère.

Les membres du GDI-0184 pratiquent l'auto-mortification rituelle, convaincus que la douleur, l'humiliation, la négation du soi et la défiguration contribuent à la destruction de l'égo. Avant la mise en place du confinement, les méthodes d'humiliation consistaient souvent à se rendre dans les villages voisins, où les moines se déshabillaient, se couvraient de terre et de cendres et suppliaient ou incitaient (non verbalement) les habitants à les agresser physiquement. Malgré les blessures et les infections fréquentes, ce comportement n'a jamais entraîné de décès et les villageois considèrent leurs actions comme faisant partie d'une tradition bénéfique pour les moines, et non comme des actes de violence motivés par la colère.

Le GDI-0184 ne recrute pas activement et accueille plutôt les initiés par des moyens anormaux. Les membres nouvellement arrivés ont jusqu'ici refusé de communiquer, ce qui suggère une connaissance a priori d'au moins quelques-uns des principes de l'ordre. Comme ils ne veulent pas divulguer d'informations, les raisons pour lesquelles ils rejoignent l'ordre sont jusqu'ici inconnues. On suppose actuellement que l'influence de SCP-7027 s'étend au-delà du monastère et que celle-ci est capable de contraindre certains individus à adhérer à l'ordre par le biais d'une suggestion anormale ou peut-être même d'un contrôle direct. La Fondation autorise ces adeptes à entrer au Site-95, car ils fournissent un flux régulier de spécimens de SCP-7027-1 pour la recherche, acceptent volontiers leur confinement permanent et n'interfèrent pas avec le travail du personnel. En raison du terrain extrêmement accidenté de la région, il est possible que certaines des personnes recrutées par le monastère ne survivent pas au voyage. Comme tous les membres semblent être d'origine tibétaine ou népalaise, il est probable que la portée de SCP-7027 soit limitée à la région ou déterminée par une composante génétique, mais il est également possible que ces points communs soient une pure coïncidence. La seule exception à ce schéma est SCP-7027-1(251), qui sera décrit plus en détail dans la section consacrée à l'incident du 12/09/1997.

Les moines du GDI-0184 font vœu de silence, ne laissant qu'une seule personne représenter et exprimer le point de vue de la secte. Considéré comme le chef de facto du GDI-0184, cet individu (connu sous le nom de PDI-539) se qualifie lui-même de "Bodhisattva", et sa position exige qu'il s'abstienne de certains aspects de sa foi afin de faciliter le chemin vers le nirvana pour les autres moines (une pratique qui n'est pas inédite et que l'on retrouve dans la tradition Mahayana du bouddhisme). En conséquence, la PDI-539 a évité d'être infectée par SCP-7027, mais a l'intention de chercher un successeur afin de pouvoir commencer le processus.

Un radar géologique a détecté la présence d'objets artificiels sous le monastère et les terres environnantes. Les premières découvertes comprennent plusieurs grands dépôts de cendres contenant des traces de papier, d'écorce de bouleau et de soie (très probablement des manuscrits immolés), ainsi que des statues et des peintures murales bouddhistes très endommagées qui ont été datées du 14ème siècle. Les reconstitutions des statues ressemblent au Bouddha assis en position du lotus, mais comme aucun fragment du visage n'a été découvert, on suppose que les statues ont été obtenues intactes, puis défigurées rituellement pour ressembler à SCP-7027-1, avant d'être brisées et enterrées à une date ultérieure. Une restauration minutieuse des peintures murales révèle des représentations de personnages vêtus de robes (probablement des moines) entourés d'une aura de flammes noires, qui représentent sans doute SCP-7027.

Sur la base de ces informations, on peut supposer que le GDI-0184 n'a pas toujours interdit les représentations artistiques, mais a adopté l'aniconisme3, entraînant ou précédant un épisode iconoclaste entre le 14ème et le 15ème siècle.

Le 17/04/1987, le monastère du GDI-0184 a été endommagé par un glissement de terrain naturel. La partie touchée n'étant que rarement utilisée, il n'y a heureusement pas eu de victimes. La catastrophe a révélé la présence de structures artificielles sous le monastère. Une étude archéologique du site a permis de déterminer que les ruines étaient épipaléolithiques et qu'elles avaient été construites peu de temps après l'arrivée des humains modernes dans la région. Les matériaux de construction se composent de pierre, d'os et d'argile, mais l'architecture elle-même témoigne d'un niveau d'ingéniosité peu commun parmi les cultures contemporaines.

La structure était construite à l'entrée d'une caverne naturelle, dont on a découvert qu'elle contenait une galerie d'art pariétal bien conservée, comprenant notamment deux fresques murales. La première représente un grand humanoïde blanc, la main gauche sur le cœur (où des éclaboussures de pigment rouge suggèrent une blessure) et la main droite tendue, la paume vers le haut. Six humanoïdes de couleur ocre se prosternent devant la grande silhouette blanche. Une substance noire et informe s'élève du sol et pénètre dans les bouches ouvertes des personnages les plus petits, vraisemblablement des êtres humains. Malgré sa grande taille, l'humanoïde blanc n'est pas représenté comme une figure menaçante, mais plutôt comme un professeur ou un chef spirituel qu'un roi ou un conquérant. Ce que l'on a d'abord pris pour une queue s'est avéré être une fissure dans le mur, mais son apparence, ainsi que la posture mystique de la figure, ont conduit un spécialiste tibétain à faire une comparaison avec Pha Trelgen Changchup Sempa4, le singe-ancêtre mythique du peuple tibétain.

La deuxième fresque murale présente un scénario complexe à trois niveaux centré sur un arbre aux racines profondes. Vu de bas en haut, il représente des serpents noirs rongeant les racines, qui ont des veines noires, peut-être pour représenter l'empoisonnement, l'infection ou la propagation d'une malédiction. La souillure monte à travers les racines jusqu'au deuxième niveau, où des humanoïdes mordent les racines, aspirant la souillure comme du venin ; il manque des membres aux humanoïdes et ils ont de nombreuses taches noires, la pratique de la purification des racines semblant les affecter. Au plus haut niveau, l'arbre est sain et couvert de feuilles, survivant grâce au sacrifice de ceux d'en bas.

Si la datation au radiocarbone de ce site est exacte, il est possible que des individus travaillent à confiner SCP-7027 depuis 20000 ans.

Le 12/09/1997, l'agent de sécurité Łukasz Maciejewski est entré à l'infirmerie du Site-95 à 6 heures du matin pour demander des médicaments pour ce qu'il croyait être un mal de tête. Le personnel médical a immédiatement remarqué une tache noire sur le front de Maciejewski et, après un examen physique approfondi, a déterminé que le sujet était infecté par SCP-7027 et présentait le premier symptôme visible de la transformation en SCP-7027-1. Maciejewski a été classé comme une entité anormale et a reçu la désignation SCP-7027-1(251), devenant ainsi le premier et, à l'heure actuelle, le seul cas enregistré de SCP-7027-1 à ne pas être membre du GDI-0184. SCP-7027-1(251) a volontairement coopéré à son confinement et à son observation, devenant une source d'information essentielle du fait qu'il était le seul SCP-7027-1 à ne pas être lié par le vœu de silence du GDI-0184.

Début 1998, SCP-7027 s'est étendu à l'œil gauche de SCP-7027-1(251) et a formé une veine enroulée autour du cou du sujet et connectée à une marque noire nouvellement formée située dans la région cervicale de la colonne vertébrale. SCP-7027-1(251) se plaint parfois de maux de tête avant d'expulser de sa bouche de la fumée noire et un liquide poisseux, les deux substances s'évaporant trop rapidement pour pouvoir être analysées. Le sujet souffre de tremblements fréquents et violents, provoquant des contorsions anormales de son corps et une démarche raide et saccadée. Comme les SCP-7027-1 appartenant au GDI-0184 ne présentent pas de réactions similaires, il est possible que leurs enseignements et leurs pratiques, en particulier la méditation, leur permettent de mieux tolérer les effets de l'infection par SCP-7027.

En raison du potentiel de recherche que représente SCP-7027-1(251), la demande d'élimination a été refusée. La transformation de SCP-7027-1(251) a présenté des différences notables par rapport aux autres SCP-7027-1, déformant le corps du sujet en même temps qu'augmentait le nombre de taches de vide (chacune d'elles s'élargissant régulièrement, à une vitesse d'environ 1,3 cm/an) et fusionnant le sujet avec le sol de sa cellule de confinement. Avant l'arrêt de l'activité cérébrale, le sujet a développé des symptômes de démence et de perte de mémoire aiguë, sans que l'on sache si ces symptômes ont été causés directement par SCP-7027 ou s'il s'agit d'une réaction naturelle au traumatisme induit par SCP-7027. En 2000, SCP-7027-1(251) a perdu la capacité de voir mais avait encore sa bouche et son oreille droite.

SCP-7027-1(251) n'a repris conscience que 14 jours après l'entretien du 23/12/2000 et n'était pas conscient de sa dernière conversation, affichant une perte de mémoire et une confusion accrues. Vers la fin de l'année 2001, le bas du corps et le bras gauche du sujet se sont transformés en un monticule informe et dur, et l'épiderme restant a pris une apparence grise et craquelée.

Le corps effondré de SCP-7027-1(251) s'est répandu dans la cellule de confinement alors que ses taches de vide fusionnaient pour créer un portail unique, désigné SCP-7027-2. Contrairement aux autres SCP-7027-1, SCP-7027-1(251) n'a pas réussi à s'annihiler complètement, son enveloppe restante formant un anneau de 3,2 m de rayon autour de l'anomalie nouvellement manifestée et rendant SCP-7027-2 impossible à déplacer pour le moment. L'intérieur de SCP-7027-2 présente des propriétés identiques à celles des petites ouvertures créées par SCP-7027. En raison de la taille et de la stabilité apparente de SCP-7027-2, une exploration téléguidée a été jugée possible.

L'environnement intérieur de SCP-7027-2 est hostile à la vie organique mais présente des conditions similaires au vide spatial, avec des températures anormalement basses comparables à celles de la nébuleuse du Boomerang (LEDA 3074547)6. Malgré ces similitudes, rien d'autre ne suggère que SCP-7027-2 donne sur le vide spatial, aucune étoile n'ayant été observée depuis l'intérieur. Bien qu'aucune preuve concluante n'ait été découverte, l'hypothèse la plus acceptée est que SCP-7027-2 mène à une dimension extérieure à la nôtre. Il y existe une attraction gravitationnelle vers le bas, mais sa source n'a pas encore été déterminée.

Compte tenu de ces facteurs, il a été décidé que la meilleure méthode pour étudier l'intérieur de SCP-7027-2 serait d'utiliser une sonde téléguidée conçue pour l'exploration spatiale à long terme. Le 10/04/2002 à 09h00, cette sonde a été lâchée dans SCP-7027-2, d'où elle enregistrerait et transmettrait ses découvertes au Site-95.

Le Site-95 n'a reçu aucune transmission notable jusqu'au 16/07/2020, plus de 18 ans après son envoi à l'intérieur de SCP-7027-2. Les données collectées comprennent un certain nombre d'images représentant des structures artificielles de couleur dorée qui, ensemble, semblent former une métropole tentaculaire. Ces images ont été capturées environ 46 heures plus tôt, sur une période de 12 secondes avant que tout contact avec la sonde ne soit perdu, l'appareil ayant vraisemblablement été détruit lors de l'impact avec le sol.

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Dernière image capturée avant la fin de la transmission.

Des recherches complémentaires sont en cours.



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