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Crédits
Titre : SCP-654-FR - Le Village
Auteur : Cauchynambour
Date : 05/08/2024
Image : singe, requin, rhinocéros, hippocampe, Irelande du Nord. Tous les montages sont de moi et sous licence CC-BY-SA 3.0.

MESSAGE DE L’ADMINISTRATION DE LA SÉCURITÉ DES INFORMATIONS ET ARCHIVES
Le dossier actuel de SCP-654-FR est indisponible en raison d'une erreur administrative quant à sa classification. Par conséquent, une version du rapport de 1959 conservée par les services de l'ASIA est temporairement mise à disposition. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.
— Élise Schaffner, Directrice de l’ASIA (FR)
Objet no : SCP-654-FR
Niveau de Menace : Orange ●
Classe : Keter
Procédures de Confinement Spéciales : L'accès au village de Killdery, Irlande du Nord, est interdit à la population civile1 et est conditionné par une autorisation de catégorie C dispensée par le Département de Sécurité ou le Département Scientifique. Les habitants du village doivent se voir injecter des souches non-mortelles de la grippe sur une base biannuelle afin de justifier ce confinement et ne doivent pas être tenus aux courant de la nature des évènements. Le puits, noté SCP-654-FR-P ci-après, a été condamné à l'aide d'une plaque de béton, de fonte et d'acier. Il est interdit de pénétrer à l'intérieur de ce dernier de 18 h 00 à 8 h 00 sans autorisation expresse du Dr Stevenson. L'accès à la berge du Lough Neagh, ci-après dénommée SCP-654-FR-L, est interdite pour le personnel de la Fondation, tout comme la consommation de produits issus de cette dernière2. L'accès au cimetière du village, dénommé ci-après SCP-654-FR-C, est interdit de 17h00 à 9h00 pour toute population civile et ne peut être réalisée par le personnel de la Fondation qu'accompagnée d'au moins 1 membre du département de Sécurité muni de munition CR42-123. Toute instance de SCP-654-FR-B doit, en dehors d'une demande expresse de nouveaux spécimens de la part de l'administration du Site-Yod, être abattu si elle est surprise en dehors de l'enceinte de SCP-654-FR-C et à l'intérieur du village de Killdery.
L'accès au château de Killdery est formellement interdit tant pour les populations civiles que pour le personnel de la Fondation.
Description : SCP-654-FR désigne un ensemble de lieux d'intérêt, de créatures et de phénomènes anormaux s'étant tous développés ou se développant actuellement autour du village de Killdery, en Irlande du Nord.
Le village de Killdery
L'origine causale comme temporelle de tous ces phénomènes sont à l'heure actuelle inconnues, mais les légendes entourant Killdery ont pu être retracés jusqu'au milieu du XVIIe siècle, laissant supposer une origine d'au moins certains de ces phénomènes à cette période. Du fait du caractère extrêmement reculé du village de Killdery et de l'isolement perpétré par le reste de la population environnante, SCP-654-FR n'a pu être découvert par la Fondation qu'à partir de 1953, lorsque l'agent de la Division Préliminaire Détective Théodore Schmidt a découvert le village et prévenu sa hiérarchie. En l'attente d'une étude plus approfondie du terrain, la majeure partie des analyses liées à SCP-654-FR sont issues du rapport de ce dernier, fourni avec la présente.
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2089
28/10/1953
Division Préliminaire Détective
COMPTE-RENDU D'ENQUÊTE
(DD-S&L(SA)154)
STATUT DU DOSSIER :
Ouvert
Document disponible en français, échanges traduits depuis l'anglais, original disponible sur demande
I- Ouverture du dossier et éléments préliminaires
Tout au long des années 1920 à 1940, un nombre croissant de témoignages d'individus entourant des phénomènes anormaux sur le territoires européen sont enregistrés. La majorité de ces témoignages font état de chasseurs, trappeurs ou vendeurs de produits de chasse issus de créatures potentiellement anormales, centrées autour de plusieurs foyers (Auvergne française, Écosse, Valais suisse, Aquitaine…). Plusieurs membres de la Division Préliminaire Détective sont envoyés suivre ces témoignages, dont l'agent Schmidt (moi-même), qui rédige ce document après trois mois d'enquête.
En dépit d'un nombre conséquent de traces de chasse sur le territoire Nord-Irlandais et de quelques indices quant à la nature anormale de la pratique comme de ses victimes, aucun chasseur ni aucun gibier n'a pu être clairement identifié. Le rapport d'analyse numéro 2088 fournit néanmoins une carte partielle des sentiers de chasse, ainsi que des inscriptions caractéristiques de ces dernières. Un certain nombre d'outils de chasse, notamment des douilles de calibre inconnu dans un métal laissant supposer un alliage d'argent ont été envoyés avec le rapport. À l'heure actuelle, seule une analyse biologique a pu être menée et est disponible dans l'Addendum 001.
II- Rapports de l'agent Schimdt
001
29 octobre 1953
2089
Toute la région est couverte de sentiers de chasse. Partout où je vais, je trouve des traces de traqueurs, leurs munitions, leurs campements, des traces de leurs chiens de chasse ou même certains graffitis qu'ils laissent sur les rochers pour indiquer un nid ou un troupeau à leurs congénères… Sauf ici. Brutalement, dans ce trou paumé de l'Irlande du Nord, il n'y a plus aucune trace, rien du tout. Elles viennent toutes mourir dans un rayon de bien 3-4 bornes autour d'un point au bord du Neagh, ou alors elles font demi-tour. Le brouillard est extrêmement épais, je ne peux confirmer la raison de ce phénomène sans m'y rendre directement. Suite du rapport d'intervention à venir.
002
29 octobre 1953
2089
— Échange avec l'hôtelier
Incroyable. Toutes ces traces s'achèvent aux abords d'un petit village de merde. Je veux dire, il n'y a aucun putain de panneau pour arriver ici et de ce que j'ai vu, cette communauté a l'air… très recluse. Pourtant, on est en plein milieu de l'Irlande du Nord, on devrait s'attendre à un peu plus de mouvement quand même. Je vais chercher un hôtel pour la nuit. Normalement, les couvertures fournies devraient me permettre d'échapper à ceux qui en ont après moi, quels qu'ils soient. Et puis de toute façon, pas certain qu'il y ait du réseau ici. Je vais laisser mon enregistreur dissimulé dans ma valise afin de rendre compte des relations avec les habitants. La nature du brouillard a l'air non-anormal mais bien malvenu. J'ai également l'impression de distinguer des lumières derrière les fenêtres s'agiter au fil de mes allées et venues pour chercher un hôtel. Sur une note plus personnelle, j'ai perdu mon gant gauche il y a quelques jours dans un piège à loup, et j'ai extrêmement froid à la main.
Échange avec l'hôtelier
Hôtelier : Vous voulez ?
Schmidt : Bonsoir monsieur. Je suis perdu et…
Hôtelier : Oui vous êtes perdu oui. Personne n'arrive à Killdery de son plein gré. Et puis quelqu'un comme vous ici…
Schmidt : Comme moi ? Enfin bref, je voudrais une chambre pour la nuit.
Hôtelier : Je ne sais pas s'il me reste-
Schmidt : Payée en cash. D'avance pour 3 jours.
Hôtelier : Ne croyez pas que le fait de payer en liquide vous avantage, la maison ne prend pas les chèques ! Cependant, si vous souhaitez payer d'avance, je devrais me débrouiller… Chambre 18 ! Je vous conseille tout de même de vous faire discret, les touristes ne sont pas toujours les bienvenus par ici…
Schmidt : Je suppose qu'ils ne sont pas si nombreux, en effet. Vous arrivez malgré tout à gagner votre vie ?
Hôtelier : Oh, oui, vous savez par ici on se débrouille… Des petites combines, des amis, et puis on a toujours été plus ou moins protégé par ici. Enfin, jusqu'à récemment.
Schmidt : Comment ça ? D'ailleurs, si je peux me permettre c'est quand même un peu l'angoisse tous ces crânes d'animaux au mur…
Hôtelier : Rien de spécial, juste, depuis quelques années on se sent moins en sécurité qu'avant à Killdery. Vous voyez ? Une sorte… d'ambiance. Du reste, nous sommes en plein cœur d'un territoire héritier d'une tradition de chasse, jeune homme.
Schmidt : Non, pas vraiment, non… Enfin bref, chambre 18 vous avez dit ?
Hôtelier : Tout à fait ! C'est une de mes plus belles chambres, avec baignoire !
003
29 octobre 1953
2089
Photographie du liquide incriminé
Après avoir obtenu une chambre au sein d'un certain « hôtel du lac » aux abords du Lough Neagh à Killdery — sous l'identité de ████ ███████ —, j'ai commencé la retranscription de mon interaction avec l'hôtelier rencontré plus tôt, dont les propos peuvent constituer un indice non négligeable. Cependant, au vu de la faible température de ma chambre et de la journée particulièrement longue qui vient de se passer, j'ai jugé bon de prendre un bain.
Lorsque j'ai tourné le robinet, plusieurs sons suspects ont pu se faire entendre dans les canalisations sans qu'aucun liquide ne sorte. Quelques secondes après ce premier phénomène, une substance rouge, épaisse et relativement visqueuse accompagnée de grumeaux a inondé la baignoire et recouvert une partie de mes jambes. Une photographie de la substance accompagne cet addendum imprévu. Aucune odeur particulière n'a été émise, mais il va de soi de dire qu'un tel liquide est pour le moins suspect. De l'eau relativement claire a suivi.
Lorsque j'ai confronté l'hôtelier, ce dernier a assuré qu'il ne s'agissait que des algues rouges qui bordent l'eau du lac et qui ont dû pousser dans les canalisations. Cette explication n'a pas été jugée suffisante. Le dossier est classé en Rumeur du fait d'un trop grand nombre de phénomènes concordants.

004
30 octobre 1953
2089
- Photographie de l'hôtel du lac
- Exploration du laboratoire
- Photographie du laboratoire et échantillons
La brume, moins dense aujourd'hui, permet de prendre quelques photographies. Le village est relativement petit et nombre d'habitations semblent vétustes. Je n'ai pas croisé d'habitants au cours de la matinée, mais je tiens malgré tout à signaler d'étranges bruits en provenance du puits au centre du village. Il ne s'agissait au final que d'une nuée de corbeaux qui a élu domicile dans le puits, mais j'aurais juré que leurs cris avaient des accents humains.
Cependant, à mon repas de midi, j'ai été surpris par un violent saignement de nez d'origine inconnue. L'hôtelier qui me sert de logeur m'a indiqué, non sans un peu d'insistance de ma part, que le dernier médecin du village n'avait pas donné de nouvelles depuis des années. Toutefois, je ne suis pas d'avis de quitter ce village aussi facilement et j'ai donc décidé d'aller visiter son ancienne maison, qui lui servait également de cabinet.

Cette visite sans grande conviction s'est avérée plus qu'instructive. On dirait que M. [CENSURÉ] n'était pas qu'un banal médecin de campagne : dans le sous-sol de la maison — dont la serrure ne m'a pas posé de grandes difficultés — s'étend un véritable laboratoire de nature industrielle ! Un travail important attend les équipes d'analyses si jamais la nature anormale d'au moins un des phénomènes autour du village est confirmé. Le laboratoire contient un grand nombre d'échantillons sanguins, certains périmés ou séchés, mais j'ai réussi à en isoler certains. Il est à noter que quelques un de ces échantillons contiennent un précipité verdâtre et ont été inclus au dossier par voie postale.
La nature des expériences ici est inconnue, mais la présence de matériel de pointe tout comme des instruments peu engageants, comme des lits garnis de chaînes ou encore des perceuses similaires à du matériel d'usine ne laisse pas présager de banales consultations. Un journal, presque totalement brûlé, a été retrouvé dans le bureau de cette annexe gigantesque. J'ai également retrouvé un certain nombre de munitions, de nature et de matériaux variés avec un précis sur l'utilisation et la fabrication d'armes à feu. Si j'en crois les écrits du journal, ces balles n'appartiennent pas au médecin. Je les emporte avec l'arme à feu qui est censée accueillir les balles, qui seront jointes au dossier.
Bien que je n'ai trouvé aucun corps durant mon exploration, je tiens à noter qu'une forte odeur de charogne se dégage de toute l'infrastructure. Dans l'éventualité de reclassification en Erreur, il serait de bon aloi de contacter les autorités malgré tout.
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réactif à la dépaglobine fonctio[ILLISIBLE]
Origine couleur verte ? Aucune molécule [ILLISIBLE]
impliquée ne fait de vert. Plus d'essais à prévoir sur la dépablobine.
Dégradation [ILLISIBLE] aléatoire, pas liée au temps ? TRÈS forte mutation quand oxy[ILLISIBLE]
mesurer masse sups[ILLISIBLE]]
Fragment de notes brûlées. Le texte en gras est interprété.
005
30 octobre 1953
2089
Extrait d'entité confirmée comme Manifestation L'extrait a disparu.
Sur le chemin pour rentrer à l'hôtel, j'ai cru distinguer dans la brume — qui était remontée entre-temps à un épais brouillard — un local, le premier depuis mon arrivée à Killdery. J'ai tenté de l'interpeller et de le suivre, mais il est parti sans dire un mot et je n'ai pu suivre que la lumière qu'il semblait transporter avec lui. Son chemin m'a amené jusqu'au cimetière du village que je n'avais pas encore eu le luxe de visiter. Un certain nombre de Manifestations, que j'estime à 5, ont été repérées aux abords de ce dernier. Il s'agit d'entités de type canin, d'une hauteur au garrot d'environ 1 m et qui rappellent des mastiffs, avec un pelage plus long. Ces entités sont manifestement hostiles et résistantes aux balles conventionnelles après tentative de suppression à l'aide de mon arme de service. Dans le feu de l'action j'ai saisi le revolver trouvé chez [CENSURÉ], dont les munitions ont eu une puissance d'arrêt incontestable. Les autres entités ont fui et j'ai prélevé des tissus de la créature afin de les ajouter au dossier.
Bien qu'il soit évident que le cas de Killdery doive être reclassé en Manifestation, j'ai l'impression que certaines choses ne sont pas élucidées et qu'il y a des éléments à creuser. En particulier cette note, mais pas que. Il reste les propos étranges de mon hôte, mais également le liquide poisseux
rouge, sans parler du laboratoire que j'ai découvert plus tôt dans la journée. Quelque chose ne tourne pas rond au village de Killdery, même si je dois pour le moment admettre que seul mon instinct me dicte que ces entités n'en sont qu'un rouage.
PS : Durant la rédaction de ce rapport, les échantillons prélevés ont disparu pour laisser place à de la poussière. La reclassification en Manifestation n'est donc pas appuyée par un indice matériel et doit attendre plus de données.
Hôtelier : Monsieur ! Vous avez passé bonne nuit ? Je suis ravi de vous voir ! Que désirez-vous manger ce matin ?
Schmidt : Bonjour… Vous êtes bien accueillants ce matin. Puis-je savoir d'où vient un tel enthousiasme ?
Hôtelier : Oh, rien… Je voulais simplement rendre une petite visite à mon client favori, rien de plus ! Ce matin, œufs brouillés et haricots, je n'ai plus de saucisse et de bacon j'en ai bien peur.
Schmidt : Vous ne fournissez pas de service de petit-déjeuner et encore moins de room service, monsieur… Monsieur ?
Hôtelier : O'Kane. Brent O'Kane, pour vous servir. Et bien que tous ces services ne soient pas toujours disponibles pour tout le monde, vous n'êtes pas tout le monde et un traitement de faveur s'impose !
Schmidt : Vous… pouvez sortir une seconde ? J'ai du mal à comprendre.
Hôtelier : Très bien, je vois, vous souhaitez rester simple, c'est une position admirable ! Mais sachez qu'à Killdery, quelqu'un tel que vous, la main gantée de rouge, ça ne passe pas inaperçu. Allez, je vous laisse, j'ai entendu dire que le maire veut vous voir !
005
31 octobre 1953
2089
— Retranscription de l'échange avec l'hôtelier Brent O'Kane
J'ai été réveillé au petit matin par des coups sur la porte de ma chambre. Dans la précipitation, j'ai eu le temps d'allumer l'enregistreur et de glisser le revolver du médecin sous ma robe de chambre. Il s'avère que le visiteur n'était autre que l'hôtelier, bien plus serviable et agréable que depuis le début de mon arrivée ici. J'ignore si la fusillade d'hier ou si mon escapade souterraine y sont pour quelques choses, mais manifestement quelque chose a changé. D'après les déclarations d'O'Kane, le maire souhaite me voir. Il est temps pour moi d'aller à la rencontre de ce dernier.
Murphy : Monsieur Schmidt ! Quel honneur de recevoir quelqu'un tel que vous en personne ! Votre… prédécesseuse n'était pas des plus locquaces, ni des plus proches de la population. Toutefois, je tiens à dire que je suis plus qu'heureuse d'un tel changement de relation entre vous et nous. Oh, mais quelle idiote, je ne me suis pas présentée. Kathleen Murphy, mais vous pouvez m'appeler Kathleen. Je suis maire depuis… tiens, je ne sais même plus ! Les gens d'ici m'aiment bien, alors à chaque élection la question ne se pose pas je suppose.
Schmidt : Bonjour Madame Murphy. C'est également un honneur de vous rencontrer, je dois dire que j'ai effectivement dû cacher mon identité un moment afin de m'assurer d'arriver jusqu'ici en un seul morceau, mais j'ai à coeur de vous connaître du mieux possible. D'ailleurs, à ce propos, comme vous vous en doutez je viens d'assez loin et ne suis pas très au fait des coutumes locales… Pourquoi Killdery est-il si difficile à trouver ? Il n'y a ni indication, ni panneau et la seule route pour venir ici s'arrête brutalement avant de reprendre.
Murphy : Oh, des légendes, des superstitions. Depuis longtemps, notre village est victime d'un certain nombre de disparition, mais également de plusieurs problématiques écologiques. Il ya bien sûr les bactéries dans le Lough Neagh qui polluent l'eau et font croire à des choses macabres, les attaques de chien sauvages au nord… À ce propos, nous vous avons tous vu hier soir, vous avez été impressionnant ! Des touristes à Killdery, ça n'arrive jamais, alors quand le vieux Brent m'a prévenu de votre arrivée, je me suis doutée de quelque chose. Heureuse de voir que je ne m'étais pas trompée !
Schmidt : Oh, vous savez, c'est tout naturel, [rire nerveux] ! Ces chiens sont quand même assez… résistants, pour de simples canidés, non ?
Murphy : Personne n'arrive à les blesser voyons, enfin personne sauf les gens comme vous ! Lucrecia en avait assez de s'en occuper, sur la fin… J'ai toujours supposé qu'ils étaient la source de toutes ces disparitions, même si je n'ai rien d'une chasseuse comme elle ou vous.
Schmidt : En parlant de disparitions, vous savez ce qui est arrivé à M. [CENSURÉ], le médecin ? J'ai-
Murphy : Monsieur Schmidt, j'ai énormément de respect pour les gens comme vous. Je vous conseille toutefois d'éviter de vous intéresser aux gens inintéressants. Et le médecin étaient de ceux-ci. Je ne sais pas où il a bien pu passer, et à vrai dire cela m'importe peu. D'autres question, café peut-être ?
Schmidt : Mmmh pourquoi pas oui. Et en effet, afin de mieux comprendre les problématiques qui entourent votre village, j'aimerais accéder aux archives, notamment sur ces disparitions. Enfin, si ce n'est pas trop demander, sauriez-vous m'indiquer où vivait ma prédécesseuse ?
Murphy : Bien sûr ! Juste en haut du village, dans l'ancien château que ses aieux avaient réquisitionné lorsqu'ils sont arrivés en échange du service de chasse. Pour ce qui est des archives, je vais appeler mon petit-fils Cináed pour qu'il vous porte tout ça dans votre chambre chez Brent. La 18, c'est ça ?
Schmidt : Vous êtes bien renseignée à ce que je vois ! Je n'ai pas plus de questions madame, passez une agréable journée.
006
31 octobre 1953
2089
— Retranscription de l'échange avec le maire Kathleen Murphy
Durant ce rendez-vous où j'ai feint comprendre de quoi il retournait exactement, un certain nombre d'informations cruciales ont pu être obtenues. D'une part, la population me perçoit comme un "chasseur", sans doute d'anomalies venu ici pour résoudre leurs problèmes. D'autre part, il en a existé ici pendant un certain temps, la précédente répondant au nom de Lucrecia (je soupçonne d'ailleurs Mme Murphy d'avoir échappé son nom au vu de son insistance à ne rien laisser paraître). Il ressort également que les recherches du médecin sont un tabou ici, mais également qu'un phénomène possiblement anormal a cours ici depuis bien plus longtemps.
Grâce aux archives fournies par le fils du maire, j'ai pu déterminer plusieurs éléments intéressants. Tout d'abord, ce fameux château a été acquis avant le début de l'archivage par un certain Duncan Briarheart, un écossais. Il ne fait techniquement pas partie du village mais n'a pas été inclus dans le plan cadastral des communes voisines. Quant à sa dernière occupante, Lucrecia Briarheart, elle a manifestement résidé pendant plus de… 150 ans. Pour une raison que j'ignore, ces archives consignent les professions de la plupart des habitants, mais cela m'arrange puisque notre châtelaine est renseignée sous la dénomination d' "anthropologue". Il est également noté qu'elle a fourni au
total 6 cadeaux à la mairie de Killdery, toujours en nature. Quelque chose me laisse penser qu'il s'agit des trophées de chasse ou ornements osseux que j'ai pu observer lors de ma visite, puisque O'Kane toutes celles de la mairie et 3 autres en sa vertu d'hôtelier, exactement le nombre de ces macabres décorations dans l'hôtel. D'ailleurs, en passant, j'ai cru distinguer une sorte de blason en-dessous de l'un d'eux, une main rouge. Cela explique sans doute leur fixation sur mon gant.
Sur un plan tout aussi inquiétant, le village de Killdery subit un nombre effarant de disparitions depuis aussi loin que remontent les archives. Il semblerait que les gouvernement successifs aient tenté de résoudre les enquêtes sans succès, notamment parce que les enquêteurs déployés sur place ont également souvent été frappés de disparition. Bien que la dissimulation du village ait été facilité par l'Irlande du Nord, il est quand même à noter que ces disparitions sont suffisamment importantes pour avoir durablement impacté la démographie de Killdery, d'où le fait qu'il n'y ait pas plus de 200 âmes ici.
Plus notable encore, on dirait que certaines de ces disparitions sont ciblées. On retrouve par exemple pas moins de 4 des 7 adversaires de Murphy à la candidature de la mairie depuis sa première élection, les deux anciens concurrents de O'Kane qui possédaient le Grand Hôtel d'Ulster, tous les policiers ruraux envoyés ici, tous les fossoyeurs, plus de la moitié des médecins qui ont exercé ici et l'unique garde-chasse de Killdery, en activité de 1904 à 1905. Ces fréquences sont autrement plus importante que dans d'autres corps de métiers.
Ces disparitions, pour le cas de Brent O'Kane et de Kathleen Murphy, ne sont pas toujours bénéfiques. On remarque que le maire a perdu son fils et sa petite-fille quand l'hôtelier a perdu sa mère. Cependant, c'est bien du côté de la famille Briarheart que ces dernières sont les plus nombreuses. Absolument aucun individu répondant à ce nom ayant séjourné dans le village n'en est revenu. Y compris Lucrecia, portée disparue il y a deux mois.
Je dois absolument en savoir plus sur la nature de toute cette affaire et les réponses se trouvent au château. Toutefois, je ne suis pas idiot et y aller seul semble une extrêmement mauvaise idée. D'autant plus que, bien que je ne sois pas superstitieux, le Samhain commence ce soir, avec tout ce que cela implique. O'Kane est venu me porter une missive de Murphy pendant mes recherches. Elle me signale un problème d'infestation de corbeaux dans le puits. J'ai prétexté devoir aller chercher du matériel pour résoudre ce problème afin de quitter le village.
III - Conclusions du rapport et propositions de résolutions
— Reclassification du dossier en Manifestation : un faisceau d'indice trop grands demandent au moins une enquête de la part de départements plus adaptés.
— Visite et analyse du château de Killdery et campagne de renseignement sur la famille Briarheart.
— En cas de résultats probants, mise du village sous quarantaine et établissement à moyen terme de forces de la Fondation au sein de ce dernier, avec un confinement renforcé pour le cimetière et le puits.
— Analyse de l'eau du lac pour déterminer l'origine du fluide rouge.
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Addendum 001 : En l'attente de l'application des Procédures de Confinement Spéciales inspirées des recommandations de l'agent Schmidt, une exploration du château a été réalisée. Aucun élément suspect n'a été repéré à l'issue de cette exploration. Une impressionnante collection de squelettes d'animaux, incluant sans se limiter à un éléphant, deux orques, une baleine, trois lions, vingt et un singes, quatre loups, deux chats, un paresseux, un requin, une girafe, un gnou, deux yaks, un élan, un aigle, trois faucons, dix-sept rats et six sangliers ont pu être retrouvés, affichés en exposition dans toute l'habitation. Certains de ces squelettes font état d'anomalies génétiques ou zoologiques. Aucun effet personnel n'a été retrouvé.
Un squelette d'hippocampe de 21,5 cm de long.
Un squelette de rhinocéros, corne incluse.
Un crâne d'Anoplogaster cornuta. Il est à noter que les ossements sont bien plus durs que des ossements de poisson classiques.
Un crâne simiesque d'espèce inconnue.
Une instance de [CENSURÉ]. La raison de sa présence ici est inconnue.
Mise à jour : Après une analyse demandée par l'agent Schmidt, tous les ossements retrouvés sont d'origine humaine. La nature de leurs déformations est inconnue.
