SCP-511-FR
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Objet no : SCP-511-FR

Niveau de Menace : Orange

Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales : Les boîtes aux lettres des Personnes d'Intérêt no511-FR-A à Q doivent être fouillées sur une fréquence quotidienne à la recherche de SCP-511-FR. Dès que l'objet est repéré, il doit être détruit le plus rapidement possible. Dans l'éventualité où une PdI entrerait en possession de SCP-511-FR, l'objet doit être supprimé et l'individu se voir administrer un amnésique de Classe A.

SCP-511-FR-A doit être entouré d'une clôture en acier électrifiée de 2 m de hauteur, à laquelle des panneaux en interdisant l'accès (Scénario no4-6 : "Présence de déchets toxiques") sont accrochés à intervalle régulier. Un poste d'observation construit sur place permet aux agents de sécurité d'éloigner les éventuels civils, et d'administrer des amnésiques de Classe A à ceux qui s'approcheraient trop de SCP-511-FR-A, avant de leur faire quitter la zone. Les anciens pièges encore actifs pouvant occasionner de nombreuses blessures, il est fortement déconseillé au personnel de se déplacer dans cette zone.

Les expéditions dans SCP-511-FR-A et B sont soumises à plusieurs règles, listées ci-dessous et devant être respectées scrupuleusement afin d'éviter tout réveil des instances SCP-511-FR-1 et 2 :

  • 4 personnes maximum sont autorisées à se trouver dans l'anomalie à tout instant ;
  • la durée maximale de présence dans l'anomalie est limitée à 2 heures ;
  • une distance minimale de 2 m doit être respectée en toute circonstance avec les instances SCP-511-FR-1 et 2, les contacts étant formellement interdits ;
  • aucun appareil électronique n'est autorisé dans l'anomalie1 ;
  • aucune arme à feu ne doit être utilisée à l'encontre des instances SCP-511-FR-1 et 2 ;
  • la manipulation d'autres objets doit être réduite au strict minimum.

Tout document présentant un intérêt particulier, afin de déterminer les circonstances ayant amené le lieu à devenir anormal, doit être ramené au poste d'observation pour être analysé et enregistré.

Dans l'éventualité où les instances SCP-511-FR-1 et 2 se réveilleraient, l'équipe doit quitter le plus rapidement possible l'anomalie avant de contacter la Force d'Intervention Mobile Delta-3 ("Les Dragons"). Les instances s'approchant de la clôture doivent être abattues à vue à l'aide de toutes les armes disponibles.

L'exploration de SCP-511-FR-B nécessite une autorisation de Niveau 4/511-FR, ne pouvant être délivrée qu'à la Force d'Intervention Mobile Zêta-9 ("Rats-Taupes"), une fois celle-ci lourdement équipée. Toute expédition dans SCP-511-FR-C est strictement interdite, étant donné sa dangerosité due aux instances de SCP-511-FR-3, ainsi que la mise en danger de civils en résultant.

L'Agence de Renseignements est chargée de trouver la moindre trace de SCP-511-FR-Prime. Toute piste potentielle doit être transmise aux membres du personnel possédant une accréditation de Niveau 4/511-FR afin d'être examinée. Sa capture, si tant est que SCP-511-FR-Prime existe, doit être considérée comme étant de priorité Charlie.

Description : SCP-511-FR est une lettre apparaissant à intervalles irréguliers (de quelques mois à plusieurs dizaines d'années) dans les boîtes aux lettres des PdI no511-FR-A à Q, respectivement Jules, Mélanie, Laura, Apolline et Joshua Montfort ; Nicole, Faustine, Quentin, Viviane et Léonard Gombert ; Molly, Gérard, Léonord, Amiens, Théo et Lily Montfort ; Pascal Montfort ainsi qu'Antoine Ribeaudet. La manière dont SCP-511-FR se matérialise est inconnue, les multiples tests menés n'ayant que pu mettre le service postal hors de cause. En effet, la fouille des centres de tri n'a révélé aucune trace de l'anomalie, celle-ci semblant apparaître lors de la récupération du courrier par les PdI.

Ci-joint l'arbre généalogique des PdI. Les branches non-concernées ont été occultées. Passez votre souris dessus afin d'agrandir.

SCP-511-FR adopte à chaque fois la même apparence : celle d'une enveloppe cachetée du sceau des De Houvnolstein adressée à une PdI, contenant une lettre manuscrite, retranscrite ci-dessous :

Je connais votre affliction. Je peux comprendre votre souffrance. Votre passé vous attend à chaque tournant, vous rattrape puis vous blesse cruellement. Les remords, le chagrin et la honte sont vos compagnons d'infortune depuis des années déjà. Et vous en souffrez tant. Meurtris, tourmentés, torturés, à attendre une vaine et illusoire rédemption.

Il n'y a là nulle erreur de votre part. Vous êtes innocent, et ne faites que porter le fardeau des erreurs passées de vos ancêtres. Par leur faute, vous perdez peu à peu la raison. Par leur faute, des promesses ont été rompues. Par leur faute, la ruine et la désolation ont frappé les terres qui vous reviennent, autrefois fertiles et accueillantes, dorénavant sauvages et mortelles, où des chairs corrompues et des métaux pervertis règnent en maîtres.

De Houvnolstein. Ce nom dorénavant maudit projette encore son ombre sur vos vies. Continuerez-vous à en subir les conséquences, ou préférez-vous au contraire vous battre afin d'apaiser ces maux ? Il existe une solution : terminer cet ouvrage qui m'est désormais inaccessible. Brûlez ce Cœur qui pulse d'un rythme démoniaque et recevez votre pardon.

Vous pouvez ne pas me croire, ou encore me rejeter la faute. Mais vous ne pouvez nier ce besoin qui sommeille en vous. C'est pourquoi je vous conjure de rejoindre [INDÉCELABLE] afin de mettre un terme à cette folie. Éradiquez les racines de cette corruption, réclamez votre dû, restaurez l'honneur de votre famille et obtenez enfin la rédemption de vos aïeux.

La Gardienne

Un plan détaillé est de plus toujours inclus permettant de rejoindre SCP-511-FR-A à partir du domicile de la personne ciblée. À part sa matérialisation, SCP-511-FR ne possède aucune autre propriété anormale.

La nature exacte de SCP-511-FR-Prime est inconnue, nommé "Gardienne" dans les documents récupéré. Il apparait que SCP-511-FR-Prime soit un être humanoïde possédant plusieurs capacités anormales, ou bien une charge/une responsabilité transmise à diverses personnes. SCP-511-FR-Prime semble avoir occupé un rôle important dans les événements ayant amené à la création de SCP-511-FR-A.

Les alentours de SCP-511-FR-A consistent en une forêt de type continental particulièrement dense dans laquelle aucun animal ne vit. Il est supposé que la faune locale a pris l'habitude de contourner la zone afin d'éviter tout réveil des instances SCP-511-FR-1 et 2. Un chemin traverse cette forêt et permet d'accéder à SCP-511-FR-A. Plusieurs sentiers parallèles, apparemment très peu fréquentés par le passé étant donné leur état, comportent une quantité non négligeable de pièges incapacitants (à mâchoires, à lacet, cages tombantes) dont une minorité est encore en état de fonctionnement. Une partie de ceux-ci contient des corps humains en décomposition, identifiés comme étant des personnes ayant disparu. L'un d'entre eux correspond à celui de Victor Montfort, reclassée par la suite en tant que PdI no511-FR-5.

SCP-511-FR-A désigne les ruines d'un village abandonné situé en Charente-Maritime, à proximité de [DONNÉES SUPPRIMÉES]. Celui-ci se trouve sous la contrainte d'un effet antimémétique anormal, empêchant la conceptualisation de son nom. Seul un verrou antimémétique de catégorie II permet de se prémunir de cette anomalie. L'objet sera donc parfois désigné avec le terme [INDÉCELABLE] dans les documents n'ayant pas été traités de manière appropriée. L'origine derrière cette spécificité est inconnue, bien que certains documents retrouvés sur place laissent sous-entendre que la Confrérie des Chevaliers de Saint Georges2 soit impliquée.

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Exemple représentatif de l'état de délabrement des bâtiments dans SCP-511-FR-A.

SCP-511-FR-A accueillait auparavant entre 2000 et 2400 personnes, estimation basée sur le nombre de maisons habitables, bien qu'il soit possible que plusieurs d'entre elles aient été rasées. À ce jour, plus aucun être vivant ne réside dans l'anomalie, la population ayant très probablement été exterminée sur une très courte période de temps, comme peuvent en témoigner une quantité non négligeable de squelettes répartis sur l'entièreté du hameau. À noter que des blessures ne correspondant pas au mode opératoire des instances ont été repérées. De plus, parmi les corps présents, plusieurs ont été identifiés (par analyse odontologique) comme étant ceux des PdI no511-FR-2 à 4, 6 et 7. Il s'avère que certaines avaient sur elles un appareil photo, duquel sont issues la majorité des photographies du présent rapport.

Plusieurs bâtiments notables, considérablement dégradés, ont pu être recensés :






Deux silhouettes distinctes ont été également aperçues dans SCP-511-FR-A, tentant de se dissimuler aux yeux des agents. Leur nature est inconnue, celles-ci s'enfuyant à la moindre approche et restant muettes à toute forme de communication. Les témoignages parlent d'un reflet métallique ainsi que d'un pan de toge pourpre.
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Une instance SCP-511-FR-1 inactive, passez votre souris sur l'image afin de l'afficher.

SCP-511-FR-1 désigne un type d'entité humanoïde composée de chair humaine à vif et de forme exacte variable (certaines instances possédant des membres disproportionnés, d'autres une taille grotesque, d'autres encore faisant état de très sérieuses blessures). Sur celle-ci figurent plusieurs symboles semblables à ceux retrouvés sur des anomalies sarkiques propres au groupe de "l'Ordre Ésotérique du Ver Blanc", désignée en tant que GdI-0385, bien que ceux-ci soient particulièrement simplifiés et maladroits. Les tissus de l'entité se nécrosent et se régénèrent constamment à une vitesse très élevée, modifiant donc sa masse. Plusieurs plaies, encore purulentes, causées par des armes tranchantes (ne correspondant pas à celles retrouvées à proximité cependant) laissent entrapercevoir un squelette métallique, sur lequel la chair apparaît comme plus stable que celle présente sur l'extérieur. Les instances SCP-511-FR-1 ne possèdent pas de résistance anormale face aux assauts physiques, mais leur vitesse de régénération rend leur élimination extrêmement difficile.

SCP-511-FR-2 désigne un type d'entité humanoïde faite de métal, semblable à celles produites par un mouvement de l'Église du Dieu Brisé, l'Église Orthodoxe de l'Engrenage, désigné en tant que GdI-004B. Les diverses instances sont globalement identiques, même si leur comportement diffère grandement une fois celles-ci actives. Bien que les plaques de fer des instances soient relativement mal assemblées, laissant certains de leurs côtés tranchants à nu, celles-ci restent extrêmement résistantes. L'intérieur de SCP-511-FR-2, découvert grâce à un spécimen ayant été scindé en deux, est rempli d'une chair humaine n'ayant pas pu être précisément identifiée, semblant prévenir toute rouille et assurer la mobilité des pièces métalliques. Un examen plus poussé a cependant révélé que celle-ci est en conflit avec une autre chair de nature différente, chacune tentant de nécroser l'autre.

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Une instance SCP-511-FR-1 active, passez votre souris sur l'image afin de l'afficher.

Les instances SCP-511-FR-1 et 2 sont la plupart du temps étendues au sol, immobiles. Cependant, rester à proximité plusieurs minutes ou effectuer des mouvements brusques à côté de celles-ci entraîne leur réveil, ainsi qu'un "épuisement considérable" selon les témoins. Suite à une série de tests, il est supposé que les entités vont absorber "la vie" ou "l'énergie" ainsi que "le mouvement" des objets et êtres vivants proches. Ainsi, lors des expéditions dans SCP-511-FR-A, les membres du personnel ressortent extrêmement fatigués et les appareils électroniques déchargés. Les armes à feu notamment, étant donné la vélocité des projectiles, apportent suffisamment d'énergie et de mouvement pour réveiller plusieurs entités simultanément.

Les instances SCP-511-FR-1 et 2 sont présentes dans tout SCP-511-FR-A en proportions égales, bien qu'elles soient plus nombreuses au niveau de l'église. Une fois réveillées, les entités tentent de supprimer la source de leur réactivation par tous les moyens possibles, allant jusqu'à poursuivre les êtres vivants tentant de s'enfuir. Une fois que leur cible a été éliminée, ou qu'elle s'est suffisamment éloignée, les entités errent pendant quelques instants avant de redevenir inertes. À de rares occasions, les instances SCP-511-FR-1 et 2 ont été aperçues se combattre. Leur présence ainsi que leur agressivité rendent les explorations de SCP-511-FR-A extrêmement dangereuses.

Les deux corps les plus récents10, ceux des PdI no511-FR-6 et 7 (respectivement Marie et Josiane Ribeaudet), ont subi un examen plus poussé étant donné leur intégrité11. La double disparition de la conjointe ainsi que de la fille de Antoine Ribeaudet (reclassé par la suite PdI no511-FR-Q) amena la Gendastrerie Nationale Française à enquêter sur le passif de cette famille. Il s’avéra que 5 autres personnes avaient elles aussi disparu (aujourd'hui reclassées en tant que PdI no511-FR-1 à 5) au cours du siècle précédent, sans qu'une quelconque piste ait pu être trouvée. Au même moment, la Fondation enquêtait sur les traces de SCP-511-FR-A, en partie sur décision du Dr Gobatoin suite à plusieurs entretiens avec SCP-406-FR. Lorsque les deux pistes se croisèrent, la Gendastrerie décida de se retirer de l'investigation, préférant rediriger ses ressources sur d'autres affaires. La Fondation put donc librement interroger le suspect, âgé de 56 ans au moment des faits, et ce deux semaines après la double disparition. Les informations recueillies sont disponibles dans le dépliant ci-dessous.

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Blason de la famille De Houvnolstein.

Toutes les PdI descendent, ou ont été mariées à un membre, de la famille des De Houvnolstein. Cette maison, autrefois inconnue de la Fondation, semble avoir joué un rôle très important, bien qu'encore partiellement incompris, dans les événements ayant mené à la création de SCP-511-FR-A. Les recherches ont permis de mettre à jour l'historique de cette famille, mis en forme par Charles Gaffin, historien de la Fondation, et disponible ci-dessous :

Les traces de cette puissante dynastie ayant périclité au fil des siècles sont assez difficiles à trouver, la faute revenant à une histoire relativement peu glorieuse, la maison des De Houvnolstein étant souvent reléguée en arrière-plan dans les documents officiels. Les actes de bravoure, les procès, les contrats, les actes de propriété… bien trop peu les mentionnent au cours des cinq siècles et demi pendant lesquels la famille a existé. Reconstruire une chronologie exacte s'est donc avéré particulièrement difficile, et le résultat apparaîtra hélas parcellaire aux yeux des experts qui consulteront le présent document. Celui-ci tendra cependant à s'enrichir au fur et à mesure des documents ramenés de SCP-511-FR-B.

La plus ancienne trace retrouvée, et très probablement la première ayant existé, se situe dans un document officiel adjoint au Traité de Brétigny, daté donc du 8 mai 1360, nommé "Accord des Territoires Conquis". Celui-ci fait état de la création d'un comté, sorte de territoire-tampon entre le Royaume de France et celui d'Angleterre, dans le duché d'Aquitaine, dont la direction est remise à un petit seigneur local. Sa gestion désastreuse de plusieurs épisodes de famine entraînera cependant une rapide montée en tension parmi la population, ainsi qu'une inquiétude grandissante pour les comtés adjacents, comme peut en témoigner Les Aventis, une chanson de geste probablement écrite vers la fin du XIVème siècle, mettant en scène un chevalier quittant son village pour subvenir aux besoins de sa famille. La suite du texte est malheureusement illisible, mais on retrouve la trace de ces difficultés dans d'autres documents. Sentant que la situation n'allait pas tarder à basculer d'un moment à l'autre, le seigneur fit appel à un groupe mercenaire afin d'assurer sa protection le moment venu. Une lettre signée de la main du comte lui-même fut donc envoyée à ce chef, qui refusa et préféra à la place en informer la population, qui se révolta sous les regards passifs des domaines adjacents. Les habitants portèrent en triomphe ce chef mercenaire, qui par sa prévenance et sa stratégie avait su mettre la population dans sa poche, et fut donc amené à prendre la place du seigneur, ce qu'une fois de plus les comtés aux alentours approuvèrent. Il est précisé qu'il avait été aidé d'une force armée venue du sud, sans qu'aucune autre trace ait pu être retrouvée. Un surnom émergea bien vite pour témoigner de cet important événement : "Celui qui n'accompagne nulle texte signé", retranscrit en "Hourde nul seing".

Le comté fut alors balloté entre les différents conflits qui suivirent, saisissant les opportunités qui se présentaient à lui : on peut remarquer son nom, officialisé en "Hournulseing", dans les divers traités et lettres opposant les deux camps : que cela soit dans la correspondance de Bertrand du Guesclin en 1372, considéré comme une cible à capturer ; ou bien comme solution de repli en cas d'échec de la prise de Bordeaux en 1375 ; le domaine a su habilement se placer derrière les vainqueurs et récolter en conséquence les récompenses souhaitées. En effet, plusieurs actes de propriété retrouvés dans SCP-511-FR-B font état de dons de terres particulièrement généreux au comté, quelques pots-de-vin et promesses en l'air y ayant sûrement participé.

Puis le domaine se fait plus discret. On retrouve de-ci de-là plusieurs traces, mais peu sur le comté en lui-même, à l'exception de la construction du château de Hournulseing entre 1386 et 1398 comme peuvent en témoigner plusieurs factures des carrières de pierres environnantes. Il apparaît notamment dans un compte-rendu de la bataille de Rapallo en 1494 comme ayant fourni près d'une centaine de fantassins, puis dans un autre de celle de Fornoue où "Il ne restait qu'une poignée de ces gars". Par la suite, le domaine n'est que très brièvement cité dans une pièce classique de Barmassons en 1728, en tant que simple cadre pour une intrigue amoureuse, l'auteur en étant très probablement originaire, ainsi qu'un décret de mariage entre la baronne Clothilde de Carmell (terres encore inconnues aujourd'hui) et le comte Arnaud de Hournulseing en 1772. La maison a su se tenir à l'écart des grands événements, tant normaux que anormaux : aucun document ayant été conservé du Fonds de Versailles ou relatif aux Gendarmes Noirs ne la cite.

Les choses deviennent un peu plus intéressantes en 1789, où sous la crainte des violences provoquées par la Révolution, la famille des Hournulseing fuit à Fribourg, comme on peut le retrouver dans les listes édictées par la Convention en 1795. Le nom est alors légèrement germanisé afin de mieux se fondre parmi la population, devenant ainsi "Houvnolstein". Une fois de plus, peu d'informations sont disponibles sur cette période, même s'il est probable que la faute revienne cette fois-ci à la famille elle-même, ne désirant sûrement pas conserver de documents compromettants sur une période aussi trouble pour leur honneur. Heureusement pour eux, la Première Restauration vient mettre un terme à leur exil, mais ceux-ci préfèrent rester encore quelques temps à Fribourg pour affaires, dont on retrouve une preuve d'achat dans un commerce de la ville, décision qui se révèle judicieuse lorsque Napoléon reprend momentanément le pouvoir durant les Cent-Jours. Ce n'est donc qu'au début de la Seconde Restauration que les Houvnolstein rentrent définitivement dans leur comté. Mais celui-ci a été ravagé : les champs ont été saccagés lors de la guerre de Vendée, certains villages rasés sous les ardeurs des révolutionnaires, et le château familial brûlé, expliquant en partie la quantité relativement faible de documents à notre disposition. Qui plus est, le mécontentement général de la population associé à l'intransigeance de Louis XVIII ne permettent aux Houvnolstein de ne récupérer que les ruines de leur demeure ainsi que le petit hameau à ses pieds.

Les deux décennies suivantes occuperont donc Hector De Houvnolstein, surnommé "Le Bon", à reconstruire, réaménager et restaurer le château familial, dans un style plus moderne cependant, ainsi que le village adjacent, engloutissant des sommes considérables afin de retrouver un tant soit peu d'image. Les journaux de l'époque, dont le Journal de la Vienne, publièrent plusieurs reportages et interviews sur ce brusque regain, n'hésitant pas à nommer cette période "La Belle Époque". Les articles font état de dépenses extrêmement élevées dans le but de réhabiliter certains bâtiments, comme plusieurs fermes et constructions communales, régler quelques dettes, construire des infrastructures essentielles comme une école, une église, des routes… Et tout ceci grâce à des fonds presque inépuisables. Peu de détails nous sont arrivés, mais les soupçons portent sur un investissement particulièrement rentable avec un mystérieux investisseur des Pyrénées dont la Restauration semble avoir été une rampe de lancement. Un début de recherche montre même plusieurs ébauches de contrats datant de cette époque de la part de sociétés-clefs, ainsi que plusieurs brochures promulguant le bien-être des lieux et invitant à l'installation.

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Famille De Houvnolstein, 1890.

Et puis un beau jour, tout cesse. Du jour au lendemain, les journaux, les investisseurs, les visiteurs se désintéressèrent totalement du devenir des Houvnolstein et du hameau à proximité. La date du 18 avril 1836 marque un tournant considérable dans l'histoire de cette dynastie, celle de sa disparition pure et nette de la sphère publique. Plus aucune mention à partir de ce moment-là, comme si une gigantesque affaire de désinformation avait pris pour cible le domaine et tenté d'en supprimer l'existence. Une fouille approfondie des archives de la Singulière Académie Royale en possession de la Fondation n'a pu trouver de documents traitant de cet événement, ce Groupe d'Intérêt peut donc être mis hors de cause (bien que plusieurs dossiers aient disparu avec le temps). Il semble que cet "effacement" de l'Histoire ait été réalisé par une organisation ou un individu inconnu et probablement disparu, ou bien par la famille elle-même. Aucune piste potentielle n'a pu être trouvée au fil des années.

C'est aussi à cette date qu'a probablement été créé l'effet antimémétique relatif au nom du hameau. C'est d'ailleurs cette anomalie qui a permis aux équipes de recherche d'en retrouver les traces : alors qu'au début nous tâtonnions afin de déterminer les documents faisant mention d'un village dans cette zone géographique, il s'est avéré bien plus aisé au final de scanner tous les textes que nous trouvions afin de trouver ceux dont le nom même de la bourgade ne pouvait être enregistré. La seule faiblesse de cet artifice : alors que le but était de détourner notre regard, il n'a fait que l'attirer lorsque nous nous sommes rendus compte que quelqu'un ou quelque chose cherchait à nous le cacher.

À partir de là, les informations se raréfient, les sources extérieures étant définitivement taries. Tout ce dont nous disposons dorénavant sont d'anciens ouvrages, cartes, lettres et contrats retrouvés dans SCP-511-FR-B et ayant été conservés malgré les années. Nous pouvons ainsi mettre un nom sur les deux derniers occupants du manoir familial : Évelyne et Charles De Houvnolstein respectivement nés le 15 mars 1889 et le 23 avril 1892. Relativement peu de choses sont connues sur ces personnes, à part qu'ils ont tous deux dû quitter le hameau en 1910 sur ordre de leur mère, Honorine De Houvnolstein. Diverses raisons semblent invoquées : afin de les protéger des restes de l'épidémie de choléra ayant sévi en 1896-1897 dans le village, un voyage initiatique ou encore un bannissement.

Suite à cela, tout s'arrête brusquement le 28 décembre 1913 : plus aucune note, facture, journal… Rien du tout. Il semble que cette date coïncide avec celle de la création de l'anomalie.

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Portrait de Charles De Houvnolstein, 1912.

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Portrait de Évelyne De Houvnolstein, 1912.

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Portail d'entrée de SCP-511-FR-B.

SCP-511-FR-B désigne l'ancien domicile appartenant à la famille De Houvnolstein, occupant une superficie de 2 000 m2. Situé à trois kilomètres de SCP-511-FR-A, le bâtiment est établi au sommet d'une colline, le faisant culminer à une hauteur de 260 m. Une forêt sépare SCP-511-FR-B du village, dans laquelle se situent de nombreux outils et armes de fortune abandonnés dans un état de dégradation avancé. Une partie des bois contient des essences différentes de celles rencontrées habituellement dans la région, résultant probablement de l'ancien parc du manoir, cité à plusieurs reprises dans les actes de propriété. Bien que la majorité ait pu être identifiée, de nombreux végétaux restent encore à ce jour inconnus12.

Des instances SCP-511-FR-1 et 2 patrouillent en permanence SCP-511-FR-B, rendant son exploration extrêmement risquée. Ces dernières sont constamment actives, ne semblant pas nécessiter de mouvement ou d'énergie de la part de sources extérieures13. Leur nombre est estimé à une trentaine, en comptant celles se déplaçant dans le parc.

SCP-511-FR-B est un manoir de style Restauration, incorporant cependant plusieurs éléments architecturaux tirés d'un château fort (comme deux tours circulaires reliées par une courtine, deux barbacanes, une guette, une échauguette ainsi que quatre bretèches). Bien que le bâtiment soit dans un état de délabrement avancé, la majeure partie de la structure a été préservée. Cette condition actuelle permet d'aisément retrouver SCP-511-FR-B dans les archives des journaux locaux, cadastres et plans conservés, habilitant ainsi l'Agence de Renseignements à fournir un plan du lieu aux Forces d'Intervention Mobiles. Ce document permet aux expéditions visant SCP-511-FR-B d'être les plus efficientes et rapides possibles.

Un squelette éparpillé se trouve au niveau de l'entrée, juste en dessous d'une terrasse située à 8 m de haut. Celui-ci comprenait un mécanisme ainsi que des augmentations métalliques n'ayant pas pu être identifiés, l'objet ayant été déformé et cassé, probablement à cause d'une chute. Une lettre cachetée, protégée par une pochette de cuir, est également présente sur le cadavre. Celle-ci a été récupérée et est disponible ci-dessous :

À l’attention de Évelyne et Charles De Houvnolstein.

Les comptes-rendus des Chevaliers sont enfin arrivés, malgré vos précautions, et j'ai enfin pu déterminer ce que vous aviez fait durant votre départ de [INDÉCELABLE]. Je suis à la fois étonné d'avoir vu si juste, et décontenancé par la réalité des faits.

Inutile de vous faire part de mon dégoût à votre égard dans ce billet, je me serais montré grossier. C'est tout bonnement inacceptable et contre-nature. Vous vous êtes approchés, avez appris les secrets et même apprécié ces deux sectes diaboliques. Il n'existe pas de péché assez vil pour décrire ce que vous avez fait, voire même que vous continuez à faire.

J'ai surpris la Gardienne, l'air paniqué, tentant vainement de contacter ses amis. Même si elle est par essence mon ennemie, ce que j'ai entendu m'a fait froid dans le dos. Ainsi donc, votre "grande œuvre" a pris vie sous la forme d'un cœur démoniaque. Ce crime semble avoir cristallisé leur colère : alors qu'ils cherchaient à ce que vous respectiez les promesses de votre famille, voilà que dorénavant c'est cette chose infâme qui semble être devenue la clef de votre contrat. Tant de malveillance envers eux a été insufflée dans ce cœur, cette souillure a réussi à les ébranler malgré la distance et le secret.

Bien évidemment, l'Église condamne, tout autant que ces païens, cet acte abjecte. Sans mon intervention, des chevaliers auraient réduit en cendres [INDÉCELABLE], et vous au passage. Cette diaboli anomali doit évidemment être anéantie dès que possible. Mais pour l'instant, j'y vois une opportunité.

Peut-être ignorez-le-vous, aveuglés par votre arrogance, mais j'ai toujours œuvré pour votre rédemption. Je vous propose donc là un compromis.

Votre abomination blesse ces païens. Cette ignominie est telle que c'est leur âme elle-même qui est attaquée. Et nous pouvons tirer profit de cela, nous pouvons l'utiliser pour les anéantir, et ainsi briser ce contrat.

Bien que cela me répugne, je vous demande donc de conserver cette monstruosité. Bien évidemment, je vous ordonne aussi en passant de stopper net toute entreprise qui vous mènerait au péché. Et de détruire cette atrocité une fois que tout sera fini.

Je serais très heureux de renouer contact avec vous, le confessionnal vous attend et je saurai me montrer bienveillant. Après tout, ne suis-je pas là uniquement pour assurer votre salut ?

Père Thibaud


L'entrée de SCP-511-FR-B semble avoir été forcée : de nombreuses entailles et chocs sont présents sur la porte de bois à double battants. Une analyse approfondie a permis de retrouver de petits débris métalliques dans ces encoches, appartenant aux armes (après récupération et examen) retrouvées sur le chemin menant au manoir ou ayant servi à entailler les instances SCP-511-FR-1 et 2.

SCP-511-FR-B est composé de quatre ailes, reliées entre elles par le hall d'entrée14, des jardins intérieurs ou des passerelles :




Les combles contiennent une grande quantité de meubles datant du XVIIème siècle (voire avant), ainsi que des malles recelant de nombreux objets de culte tirés de la religion catholique. Plus particulièrement, nombre d'entre eux rendent hommage à des saints chrétiens guérisseurs18. Une analyse des factures de livraison présentes a permis de déterminer l'origine de ces objets : [DONNÉES SUPPRIMÉES], connu dans les archives de la Fondation comme ayant été une manufacture dans laquelle se trouvaient plusieurs membres de la Confrérie des Chevaliers de Saint Georges à cette époque.

Une trappe permet de se rendre sur le toit, d'où il est possible de passer à une partie habituellement inaccessible d'une des deux tours circulaires. Celle-ci contient une petite pièce où se trouve un autel de pierre planté dans un bac de terre. Ce dernier est considérablement endommagé, ayant été brisé à de multiples reprises par des objets contondants voire tranchants. Les symboles à sa surface ont été grandement altérés, mais une étude approfondie a permis de déterminer que ceux-ci étaient censés à l'origine appeler à la protection des Matrones.

Au milieu d'une cour intérieure de l'aile ouest se trouve un puits asséché. Celui-ci mène à une petite caverne où des inscriptions de nature inconnue sont gravées sur les parois. L'usure laisse supposer que ces dernières datent au moins du XIVème siècle. Les caves, en plus d'être composées de nombreuses petites pièces contenant chacune des étagères, contiennent également un endroit comprenant une chaudière. L'endroit est quasiment vide, n'ayant manifestement pas été réapprovisionné en alcool et en charbon.

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Premier sous-sol de SCP-511-FR-C, une instance de SCP-511-FR-2 est visible en haut de l'échelle, hésitant à descendre.

L'accès à SCP-511-FR-C se fait au niveau du hall principal : un mécanisme camouflé, situé derrière le premier pilier de l'escalier, permet de faire coulisser un pan de mur et de révéler un passage secret. Celui-ci est fermement verrouillé par une épaisse porte métallique. L'objet ne peut être ouvert à l'aide de clefs conventionnelles, aucune ne correspondant à la serrure ayant été retrouvée. Le crochetage demandant un temps excessif et l'emploi de charges explosives produisant trop de bruit, les instances SCP-511-FR-1 et 2 se déplaçant très rapidement, la seule manière connue à ce jour afin de pénétrer dans SCP-511-FR-C consiste à utiliser une PdI nommée plus haut. En effet, la porte se déverrouille automatiquement à l'approche d'un descendant de la famille De Houvnolstein par le biais d'un mécanisme inconnu. Ce moyen nécessitant l'exposition ainsi que la mise en danger d'un civil face à une anomalie, le test n'a été autorisé et mené avec succès qu'une seule fois19. La Description qui suit se révèle donc plus lacunaire que la précédente.

Cette porte donne accès à une échelle menant à un vaste réseau de tunnels souterrains. Ces galeries aménagées s'étendent sur plusieurs centaines de mètres et à une profondeur inconnue, l'unique expédition n'ayant réussi à en atteindre le bout. Deux parties peuvent être différenciées dans SCP-511-FR-C : une première plus ancienne, sans doute construite comme abri pour les habitants du château et sommairement meublée ; ainsi qu'une seconde bien plus large et grossière, datant du tout début du XXème siècle. Des instances SCP-511-FR-3 parcourent en permanence ces tunnels.

SCP-511-FR-C commence par une pièce de vie sommaire constituée de deux lits ainsi que de plusieurs commodités. Celle-ci semble avoir été succinctement utilisée : la vaisselle présente sur la table possède des traces de moisissure, les draps sont défaits et le linge roulé en boule. Une porte donne accès à un couloir menant à trois salles, décrites comme des mélanges entre un laboratoire, un atelier ou encore un autel :

  • La première pièce possède une table sur laquelle sont présentes une grande quantité de sang séché ainsi que de nombreuses sangles. À proximité, un plan de travail comprenant des outils tranchants (comme des scalpels, des scies, des paires de ciseaux, des pinces ou encore des bistouris) non nettoyés, ainsi que des ouvrages traitant d'anatomie. Des notes sont également présentes, non récupérées à ce jour20. Une grande armoire située à côté de l'entrée contient de nombreux bocaux, fioles et autres récipients remplis de substances inconnues (décrites cependant comme "animées"). Une trappe à l'extrémité de la pièce permet d'accéder à ce qui s'apparente à une chambre froide21 dans laquelle est entreposée une quantité inconnue de corps entassés en décomposition. Les Opérateurs rapportent aussi la présence de tas de chairs inconnues et grandement altérées n'ayant pu être identifiées, ainsi que d'un registre sur lequel une série de comptes annotés était inscrite. Celle-ci a pu être photographiée et est retranscrite ci-dessous :

1912 :
Mars - Avril : 5 villageois peu attentifs. Manqueront pas.

Mai - Juin : 2 villageois, dont un gamin. Ça devrait fonctionner. Difficile, pas la saison des loups comme excuse.

Juillet - Août : 1 villageois. Besoin d'une autre source. Routes vont devenir moins sûres.

Septembre - Octobre : 1 villageois, 1 vagabond. Pas assez rentable, besoins urgents. Espérons pouvoir compter sur la famille.

Novembre - Décembre : 4 vagabonds, 1 bout de Gustave. Lui apprendra à quitter le hameau.

1913 :

Janvier - Février : 4 vagabonds, 1 villageois, 1 gendastre. Rentable.

Mars - Avril : [EFFACÉ]. Parfait.

Mai - Juin : 6 villageois. Cet effondrement était une aubaine. Routes calmes.

Juillet - Août : 1 villageois, 1 vagabond. Pas assez, demande croissante.

Septembre - Octobre : 1 villageois. Trop de suspicion. Charles ne se satisfait pas de ma production, désire des corps frais. Imbécile, sa précipitation et sa préciosité nous perdront.

Novembre - Décembre :

  • La deuxième pièce contient ce qui semble être un grand atelier : des établis sur lesquels sont soigneusement disposés une grande variété d'outils (tournevis, marteaux, clefs de serrage et pinces entre autres) et de pièces métalliques (boulons, fils, engrenages, vis, boulons ou plaques). Plusieurs ossatures d'instances SCP-511-FR-1 et 2 sont visibles, inachevées cependant. Des horloges mécaniques sont également présentes, ne s'activant que lorsque des êtres vivants s'en approchent dans un rayon de 2 m environ. Celles-ci produisent alors suffisamment de bruit pour attirer les instances SCP-511-FR-3 à proximité. L'exploration de cette pièce en particulier s'avère donc être particulièrement périlleuse. Une cassette verrouillée se trouve également dans un endroit précis déclenchant toutes les horloges. Celle-ci contient un phonographe s'activant dès l'ouverture, permettant d'entendre le discours suivant22 :

Ma très chère sœur.

Si tu écoutes cet enregistrement, c'est que tu as ouvertement ignoré mon ingénieux système d'alarme, méprisant au passage mon industrieux intellect. Tu te doutes bien en découvrant cette cassette vide que j'avais évidemment prévu ta forfaiture. Mes notes de recherches sont ailleurs, à l'abri de tes sournoises pulsions.

Tu me déçois.

J'avais bien évidemment anticipé ce geste de ta part. Malgré notre association, j'ai bien vu clair dans tes promesses fantaisistes et ai donc pris mes précautions. Mais je m'y attendais.

Non, je suis chagriné de t'avoir eue aussi facilement. Tu me navres, vraiment. Je pensais qu'à la vue de ces sots de sarkites, tu saisirais toute la bêtise dans laquelle tu t'apprêtais à basculer afin d'en réchapper. Ils t'auraient donc plus corrompue que purgée par catharsis. Si décevant. Tes morbides tendances ont su trouver un parfait terreau pour s'y développer.

Que je ne t'y reprenne plus.

  • La troisième pièce consiste en une grande zone de stockage et d'assemblage : de nombreuses instances SCP-511-FR-1 et 2 inactives et incomplètes sont présentes. Un pentacle est gravé au sol, prenant la forme d'un cercle confondu avec un carré dans lequel des symboles d'origine sarkique ou mekhanite sont tracés, à l'aide d'un fluide identifié comme étant un mélange de sang et d'huile. Un examen post-expédition a permis d'identifier ces marques : celles-ci sont une forme abâtardie de rituels, propres à une secte Néo-Sarkique, connue sous le nom de "l'Ordre Ésotérique du Ver Blanc"23 ; ainsi qu'à un mouvement de l'Église du Dieu Brisé, l'Église Orthodoxe de l'Engrenage24. Cette association entre ces deux Groupes d'Intérêt a tout particulièrement surpris les experts de la Fondation, étant donné l'inhérente hostilité entre les deux en temps normal. De minces conduits au sol, disposés de manière concentrique, sont emplis d'une substance rougeâtre inconnue. Les hypothèses, basées sur les schémas présents sur place, feraient descendre ces fins canaux jusqu'au "Cœur". Une petite boîte en bois, située dans un coin de la pièce, contient de nombreux billets écrits par deux personnes différentes. Ceux-ci sont disponibles ci-dessous, classés dans l'ordre chronologique :
Tunnel.jpg

Tunnel de SCP-511-FR-C.

Les instances SCP-511-FR-3 sont des entités non-humanoïdes composées de chair et de métal. Celles-ci sont toutes distinctes, aucune récurrence dans leur anatomie n'ayant pu être repérée. Leur nombre est estimé à une dizaine, bien qu'il soit possible que de nombreuses autres soient présentes dans les niveaux inférieurs de SCP-511-FR-C. Les instances adoptent divers moyens de locomotion, allant de la marche au flottement en passant par la reptation, dépendamment de leur morphologie. Celles-ci sont extrêmement agressives, chassant et éliminant toute forme de vie autre qu'elles. Plusieurs entités ont été enregistrées :

  • Une instance de SCP-511-FR-3 semblable à un grand ver (2 m de long environ) s'accrochant aux parois des tunnels à l'aide de griffes. L'extrémité de son corps comprend une large gueule secrétant un mucus corrosif pour la peau.
  • Une instance de SCP-511-FR-3 prenant la forme d'une grande boule de chair, de laquelle de nombreuses pattes métalliques sortent. Bien que celle-ci se déplace la plupart du temps en roulant, il lui est cependant possible de se stabiliser à l'aide de ses bras, puis de saisir des outils afin d'attaquer ses cibles.
  • Une instance de SCP-511-FR-3 similaire à une créature volante, possédant deux ailes greffées sur une tête décrite comme "vaguement humaine". L'entité est capable de projeter une substance visqueuse et toxique, provoquant une sensation de brûlure ainsi que de fortes nausées. Au moins trois d'entre elles ont été aperçues, se déplaçant toujours en groupe.
  • Une instance de SCP-511-FR-3 s'approchant de [DONNÉES SUPPRIMÉES].
  • Une instance de SCP-511-FR-3 comparable à un canidé par sa morphologie, mais possédant cependant des griffes longues d'une dizaine de centimètres, une mâchoire capable de broyer des os d'une seule morsure, ainsi qu'un dense pelage reflétant des couleurs jugées "impossibles". Celle-ci produit un grognement sourd, rendant son esquive plus facile.
Souterrain.jpg

Endroit le plus profond atteint dans SCP-511-FR-C.

Par la suite, cette dernière pièce donne accès à plusieurs tunnels continuant à s'enfoncer sous terre. Ceux-ci sont sommairement aménagés : la plupart du temps, des caisses emplies de matériel sont posées à même le sol. Cependant, certaines parties comprennent ce qui semble être des réserves, dans lesquelles de nombreuses cuves sont disposées. Celles-ci contiennent des entités comparables aux instances SCP-511-FR-3, inactives cependant. Certaines des cuves sont brisées : le liquide récupéré à l'intérieur apparaît être un mélange de formol, d'huile ainsi que de [DONNÉES SUPPRIMÉES]25. Parmi les entités figure notamment une semblable à SCP-406-FR.

Cependant, les pièces citées précédemment ne semblent pas exhaustives : de nombreux objets essentiels à la création des instances vues plus haut sont absents, comme le "Cœur" par exemple. L'hypothèse la plus probable est que d'autres laboratoires se situent dans SCP-511-FR-C, plus profondément. La cartographie de l'endroit n'étant pas complète, il est possible que de nombreuses autres pièces aient pu échapper au repérage effectué lors de la seule expédition entreprise.

Cette hypothèse a été confirmée le 15 juin 2015 par Jules Montfort PdI no511-FR-A. Suite à un enchaînement de complications, l'individu entra finalement en possession de SCP-511-FR. Il profita de soucis d'organisation dus aux difficultés précédentes pour se rendre dans SCP-511-FR-A, les agents de sécurité présents sur place ayant été temporairement écartés par une fausse intrusion. Lorsque la famille de la victime se rendit compte de la disparition le lendemain, elle alerta la gendarmerie la plus proche. L'information fut interceptée par la Gendastrerie Nationale, qui la redirigea à l'Agence de Renseignements de la Fondation. Une Force d'Intervention Mobile fut immédiatement dépêchée sur place afin de secourir Jules Montfort.

Après près d'une heure de recherches, l'individu fut finalement retrouvé, errant dans SCP-511-FR-B. Son extraction conduisit un agent d'intervention à se faire grièvement blesser par une instance SCP-511-FR-1. Une fois en sécurité, Jules Montfort fut interrogé. L'entretien est disponible ci-dessous :

Par la suite, le Dr Gobatoin envoya un courriel au Directeur du Pôle de Recherche du Site-Aleph, le Dr Grym, afin de demander à ce qu'une accréditation de Niveau 4/511-FR soit délivrée à une Force d'Intervention Mobile. Cette requête avait pour but de monter une nouvelle expédition dans SCP-511-FR-C, dans l'objectif de détruire l'objet anormal désigné comme "le Cœur" dans les divers documents récupérés. Une semaine plus tard, celui-ci reçut la réponse, disponible ci-dessous sur décision du Comité d'Éthique.

De : ten.pics|ec.rf-nimda#ten.pics|ec.rf-nimda
À : ten.pics|niotabogleakcim#ten.pics|niotabogleakcim
Objet : Demande d'accréditation de Niveau 4/511-FR
Envoyé le : 24/06/2015


Dr Gobatoin,

Suite à votre demande, nous avons le regret de vous informer que, après concertation avec le Directeur du Pôle de Recherche du Site-Aleph, nous ne pouvons vous délivrer une accréditation de Niveau 4/511-FR.

Vous avancez comme arguments que la destruction de l'objet anormal surnommé "le Cœur" :

  • Rendrait inopérantes les entités SCP-511-FR-1, 2 & 3, rendant l'exploration de SCP-511-FR-A, B & C plus prudente ;
  • Soulagerait grandement les PdI de l'affliction dont elles sont dotées, par le biais de l'accomplissement d'un "accord".

Bien que ces deux objectifs soient louables, il convient cependant d'examiner les trois issues liées à un tel projet :

  • La mise en danger d'une Force d'Intervention Mobile ainsi que d'un civil, condition nécessaire afin de pénétrer dans SCP-511-FR-C ;
  • La neutralisation d'entités et de phénomènes anormaux, doctrine contraire aux principes de la Fondation SCP ;
  • L'accomplissement d'un "accord" dont nous ne connaissons ni les tenants, ni les aboutissants.

J'attire notamment votre œil sur ce dernier point. Quoi que les ancêtres de la famille De Houvnolstein aient fait, il y a manifestement eu rupture d'un engagement, dont les descendants actuels payent encore le prix. La neutralisation du "Cœur" semble être une condition au rétablissement, ou du moins à la cessation définitive des implications relatives à ce pacte. Et nous n'avons actuellement aucune piste, aucun indice, aucun repère sur ce qu'il se passera par la suite. Et cela, nous ne pouvons nous le permettre : la situation est actuellement sous contrôle, et bien qu'elle soit quelque peu désagréable pour les PdI, leur peine est cependant négligeable devant les risques que nous prendrions en nous aventurant dans l'inconnu.

Ce que vous voulez entreprendre, c'est ce que SCP-511-FR-Prime espère que nous fassions. Et sans connaître ses intentions véritables, nous ne pouvons nous permettre de lui donner raison. En l'état, mieux vaut pour nous de rester en relativement bons termes avec la Confrérie des Chevaliers de Saint Georges.

Par ailleurs, vous savez comme moi à quel point les relations avec la cité-état de Mirmande sont, disons inexistantes. Nous ne savons quasiment rien d'eux, et il serait dommage de nous attirer leur hostilité par une quelconque maladresse. En conséquence, rien ne sera entrepris à l'encontre de cette anomalie.

Bien à vous,

David Blumenstein
Représentant du Comité d’Éthique

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