Document 3333-IV
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Addendum 3333.4.I : Mesures de reconfinement

Des comptes-rendus journaliers standards de non-alerte continuaient d'être diffusés depuis le Poste d'Observation Temporaire 3333 jusqu'au 02/04/2039, quand la transmission de 06h00 fut interrompue par la suite de caractères encryptée suivante :

3333 CMPRMIS ENVYER RENF WILLIAM 0 L166

Ceci était suivi par une suite de 32 caractères alphanumériques qui, un fois croisée avec la clé publique de communications sécurisées du poste d'observation, identifie l'émetteur comme la Spécialiste Contre-Mémétique 0 ou quelqu'un ayant une connaissance étroite de sa clé de vérification de terrain. Étant données ces irrégularités, une équipe de reconfinement sous couverture a été assemblée et déployée dans les six heures qui ont suivi afin d'évaluer et répondre à la situation du poste d'observation.

L'équipe de reconfinement a découvert le poste d'observation abandonné. L'équipement de communication du camp de base semblait avoir été saboté par l'embrasement des circuits électriques, démarré avec des épines de pin sèches et de la fourrure animale. Exploration III a été trouvé entré mais non envoyé sur l'ordinateur portable de terrain du Dr Williams, qui a apparemment été laissé allumé pendant plus d'un mois. Aucune trace des membres du personnel du poste d'observation 53 — incluant la directrice du projet Dr Williams, la Spécialiste 0, ainsi que la FIM Mod-0 — n'a été trouvée.

La trappe vers SCP-3333 avait été fermée au moment de l'arrivée de l'équipe de reconfinement. Elle semble être bloquée depuis l'intérieur par un objet lourd. En vue des événements de Exploration III, l'équipe de reconfinement a décidé de sceller l'entrée jusqu'à jusqu'à l'arrivée de renforts supplémentaires.

Addendum 3333.4.II : Procédures de confinement révisée (à partir du 20/04/2039)

L'entrée vers SCP-3333 doit être fermée et scellée. Au moins deux opérateurs armés doivent stationner sur place constamment pour empêcher toute entrée ou sortie. Toute entité émergant de SCP-3333 doit être abattue. Les méthodes de suppression à privilégier sont les armes de poing, bien que la destruction de la tête ou du torse par un impact cinétique s'est aussi avérée être efficace. Les armes incendiaires sont inefficaces et ne doivent pas être utilisées.

Les communications sans fil ne doivent pas être utilisées dans les environs proches de SCP-3333. Ne faire confiance à aucune communication sans fil reçue dans les environs proches de SCP-3333.

Addendum 3333.4.III : DONNÉES VERROUILLÉES

Transcription du fichier vidéo transmis depuis le téléphone mobile du Docteur Williams, daté du 02/04/2039

[Début de la transcription]

L'enregistrement débute peu de temps après la fin de Exploration III. Le Docteur Williams monte dans SCP-3333, la caméra attachée sur le côté. Elle respire bruyamment et semble fuir quelque chose. Des coups de feu peuvent être entendus plus bas. Un son constant de chuchotements est audible autour d'elle.

Le Docteur Williams grimpe pendant approximativement dix minutes, puis s'arrête pour se reposer. Elle pose la caméra sur une table et bloque la trappe au sol avec une chaise. Elle s’assied.

Elle est couverte de cendres et de sang, est visiblement paniquée et porte une arme de poing. Des morceaux de fourrure animale blanche sont mélangés au sang sur ses bras et son visage. Elle regarde vers la caméra, commence à parler, puis se met à pleurer. Elle continue de pleurer pendant environ une minute, puis s'arrête.

Williams : Ça nous a eu. C'était merveilleusement fait. Juste la bonne dose de mystère, puis qui oserait argumenter contre une FIM saisonnière qui a décidé de faire demi-tour et fuir ? Et bien sûr je n'en connaissais aucun personnellement, donc qui étais-je pour dire si quelque chose allait mal, mais après leur peau…

On entend un grattement. Quelqu'un tente de passer par la trappe. Williams attrape le revolver et le pointe dessus.

Voix : Docteur Williams ? Docteur Williams ! Ici la FIM Alpha-3 ! Nous avons reçu un message de détresse de cet avant-poste ! Nous avons été attaqués par le personnel assigné ici ! Que se passe-t-il, Docteur ? [Martèlements] Laissez-nous entrer, Docteur !

Williams : [Paniquée] Res— [Tousse] Restez où vous êtes ! Je—je ne me ferai pas avoir !

Alpha-3 : Docteur Williams ! S'il vous plaît ! Nous vous considérerons comme un agent ennemi si vous ne nous laissez pas rentrer !

Williams : [Criant] Restez où vous êtes !

Plusieurs doigts émergent au travers de la trappe et commencent à la soulever. Williams cours dans sa direction et tape du pied sur les doigts. Il y a un bruit de craquement et les doigts deviennent complètement plats, toujours coincés dans la trappe. Des crépitements peuvent être entendus quand ils commencent à se désagréger, comme s'ils étaient composés de cendre. Le bout des doigts brûlent légèrement et fument pendant un moment avant de disparaître. Williams tire deux coups de feu au travers de la trappe, attrape la caméra et continue son ascension.

Williams grimpe pendant approximativement une minute et demie, bloquant plus de trappes sur son chemin, puis s'arrête pour vomir et pleurer. Après environ dix minutes, elle récupère la caméra. Elle crache sur l'objectif et l'essuie avec son manteau, puis éteint la caméra.

[Fin de la transcription]

Transcription du fichier vidéo transmis depuis le téléphone mobile du Docteur Williams, daté du 03/04/2039

[Début de la transcription]

La vidéo est datée de douze heures après la conclusion de la précédente. Le Docteur Williams fixe la caméra. Son visage est inexpressif. Dehors, c'est l'aube. Le ciel à l'extérieur des fenêtres de la tour d'observation est rose.

Williams : Je—suis toujours là. J'ai pas encore atteint le sommet. [S'arrête] J'ai soif. [S'arrête] Je regrette de ne pas avoir pris de kit. Merde, il fait putain de chaud.

Il commence à pleuvoir à l'extérieur de SCP-3333. Williams éclate de rire.

Williams : Je parie que vous adorez ça, salopards. Je parie que vous adorez la pluie. Ça vient un peu tard, hein ?

Williams pose la caméra, puis va à l'extérieur pour essayer de boire. Après une courte période, elle crache et retourne à l'intérieur.

Williams : La même merde poussiéreuse que plus tôt.

Williams récupère la caméra, l'attache sur le côté, puis continue son ascension. Vingt minutes plus tard, elle rencontre les restes d'une entité humanoïde. Son crâne est visible, clairement d'origine canine. Il apparaît que les restes ont été modifiés à un certain point : le sang et la matière biologique ont été réarrangés en bandes légèrement plus grandes qu'une main humaine.

Williams s'approche du corps, tenant sa main sur sa bouche. Avec son autre main, elle soulève doucement les restes, révélant un appareil métallique et des bandes de tissu enroulées autour du torse de l'entité. Sur ce dernier se trouve une empreinte de chaussure, légèrement plus grande que la moyenne humaine.

Williams : Annette.

Williams se redresse et repousse le torse avec le pied. Il est plus fragile qu'il en a l'air et s'effondre en un amas de cendres noires. Williams observe l'entité pendant un moment et continue son ascension.

L'enregistrement se termine deux heures plus tard, vraisemblablement au moment où les batteries sont tombées à plat.

[Fin de la transcription]

Transcription du fichier vidéo transmis depuis le téléphone mobile du Docteur Williams, datant du 06/04/2039.

[Début de la transcription]

Le visage du Docteur Williams remplit l'image. La pièce autour d'elle est plus lumineuse, de manière non-naturelle, laissant son visage dans l'ombre.

Williams : Le crépuscule est brûlant. [S'arrête] Et bien, je me suis arrêtée pour le moment. Annette a rejoint le sommet—Je ne crois pas que j'en sois proche.

Elle arrête de parler et tourne la tête vers la droite. En fond, un léger tambourinement a commencé.

Williams : Je ne pense pas qu'il le veuille.

Le Docteur Williams tourne la caméra pour faire face à la trappe au dessus d'elle. Elle lève les mains et le tambourinement devient plus fort, émanant clairement de l'étage supérieur. Il est doux et régulier : deux frappes, une pause, une frappe et une pause plus longue.

Elle tourne la caméra à nouveau vers son visage. La lumière devient plus vive. Il est maintenant clairement visible que ses pupilles sont contractées, de manière presque anormale ; et ses lèvres sont maintenant noires et gercées. Elle a le souffle court.

Williams : Donc — ce que je vais faire maintenant c'est — c'est rester ici. Si vous êtes au camp de base, ne montez pas. [S'arrête] Si vous êtes Annette, je resterai où vous êtes, aussi.

Elle tourne la caméra vers la fenêtre. L'origine de la couleur du ciel est claire à présent. Depuis la crête des montagnes, Une lueur orangée émane de l'arrière de la crête des montagnes qui entourent la tour d'observation. Aucun soleil n'est visible dans le ciel.

Williams : Vous êtes énervé n'est-ce pas ? Et bien, je ne bouge pas. Vous ne m'aurez pas — pas là où vous me voulez, pas à votre horrible sommet.

Williams s'effondre contre le mur de la tour d'observation, laissant la caméra sur la table. Elle reste dans cette position pendant plusieurs heures.

Soudainement, il y a des coups à la porte.

Williams s'arrête immédiatement et dégaine son pistolet. C'est un P90-1 d'une FIM, il est noirci par la suie. Elle respire fortement et ses mains tremblent.

Il y a un autre coup, cette fois provenant directement de derrière la caméra.

Williams se retourne. Quelque chose bouge, faisant tomber la caméra au sol. Elle monte sur la table en tremblotant, marchant à quatre pattes. Elle a des bras humains et des jambes humaines d'une longueur inhabituelle. Elle est particulièrement décharnée et sa peau est sèche et craquelée. Un appareil est attaché à son poignet gauche.

Sa tête n'est pas visible depuis l'angle de la caméra. Elle relève son torse et fait un bruit de respiration rauque.

Williams : ANNETTE !

Williams hurle, déchargeant son arme dans le torse et le bras gauche de l'entité.

L'entité titube, tousse violemment tandis que de l'ambre est propulsée par sa bouche. Elle s'effondre sur le sol, toujours en avançant vers le Docteur Williams en perdant encore des morceaux de peau, révélant une chair abîmée et de la cendre. Elle s'approche à quelques pas du Docteur Williams, qui lève sa botte et l'écrase sur son crâne, lequel s'enfonce avec un craquement distinct et un giclement d'ambre et de fluide.

Williams : Ce — c'est — [S'arrête]

Le Docteur Williams tente de vomir à nouveau. Cependant, elle n'est capable que de tousser pendant quelques secondes.

Williams : …Annette…

Au dessus, les coups recommencent.

Williams quitte le cadre, reculant à l'autre bout de la pièce. Pendant dix minutes, quelques sanglots peuvent être entendus de son côté, irréguliers et secs.

[Fin de la transcription]

Transcription du fichier vidéo transmis depuis le téléphone mobile du Docteur Williams, daté du 09/04/2039

[Début de la transcription]

Williams fixe la caméra. Elle a posé son corps contre le bord du lit de la tour d'observation. La pièce est entièrement éclairée par un éclat orange, instable et ardent. Dans sa main gauche, elle serre le P90-1. Des douilles et de la fourrure orange roussie jonchent le sol autour d'elle.

Ses lèvres bougent, sans produire aucun son pendant plusieurs secondes. Quand elle parle, sa voix est faible et grinçante. Elle ne parle plus clairement. Aucun autre son ne peut être entendu en arrière plan.

Williams : Aauuwcun coucher de soleil. C'est comme ça depuis — depuis trois jours. Pas de minuit. [S'arrête] Il est devenu silencieux. M'attend dehors.

Williams sursaute. Quelque chose bouscule la caméra, cependant aucun son n'est audible. Elle se pousse plus loin dans le coin. Bien qu'elle tente de lever l'arme vers un point, il semble qu'elle ait du mal à la tenir correctement. Ses yeux et sa bouche s'ouvrent grand de terreur.

Ses prochains mots ne s'alignent pas exactement avec ses mouvements faciaux.

Williams : Il y a un fétiche parmi les hommes au plus bas niveau sur la connaissance et les sommets, sur l’ignorance et la profondeur.

Des éclats de verre traversent le cadre, comme s'ils étaient projetés de derrière la caméra. Une rafale de vent commence à souffler, faisant voler quelques chaises dans la pièce. Williams se fait presser contre le mur, incapable de résister.

Williams : [Faiblement et rapidement] Nous y voilà, sur un château dans le ciel, sur une montagne dans les airs, le Pilier du Dieu, un tas récurrent…

Sa voix s'éteint en un chuchotement. Le reste de ses mots est inaudible.

L'éclat orange devient plus intense. Des cendres brûlantes volent dans le champ, poussées par le vent. De la fumée emplit la pièce ; le plancher de la tour d'observation prend feu. La peau de Williams commence à se cloquer et se fendre. Tandis qu'elle lutte, il semble que ses bottes soient coincées au sol. Le caoutchouc de ses semelles a commencé à fondre.

Williams : [Légèrement plus fort] Les renards sont connus pour manger des langues. Vous le saviez ?

Elle lève la tête. Quelque chose bouge derrière elle, mais la fumée et l'éclat orange derrière la fenêtre rendent la forme difficile à voir. Williams ouvre la bouche dans un cri silencieux.

Williams : Les langues sont pleines de sang et de muscle. Les langues sont très humides et vivantes. Les langues vous aident à parler.

La forme marche d'un pas pesant dans l'encadrement de la fenêtre derrière Williams, grimpant au bord de la tour d'observation. Elle a quatre pattes chétives et un corps allongé, presque serpentin, couvert de fourrure orange. Pendant qu'elle approche, la fenêtre se brise comme si elle était soumise à une forte chaleur, cependant, aucun son n'est audible. Des cendres brûlantes et de la fumée sont soufflées dans la pièce.

Williams : C'est pour ça que ça nous adore. C'est pour ça que ça a besoin de nous.

La créature se baisse, pliant ses longues jambes et passant sa tête et son cou au travers de la fenêtre brisée. Sa tête est un crane canidé, noirci et luisant d'une couronne de flammes. Deux charbons ardents lui font office d'yeux. Elle ouvre grand sa bouche. Il y a une secousse, puis la lentille de la caméra se fissure.

La créature tourne pour faire face à Williams, maintenant immobile et enveloppée de flammes.

Williams : [Parlant plus lentement] Annette a été autorisée à atteindre son sommet ; moi pas. [S'arrête] Loo. Lee. Loiloiloiloiloi.

La créature grince des dents, soufflant de petites flammes. Elle ouvre grand sa mâchoire et mord la tête de Williams. Lentement, elle soulève Williams, dont le corps pend mollement sous son étreinte. Il n'est pas clair si Williams est vivante à ce moment là.

Williams : Ça parait un peu injuste. Mais il n'y a rien ici. Rien pour nous, rien pour moi.

La créature donne un coup de mâchoire, séparant la tête de Williams de son corps. Elle reste dans le cadre pendant quelques secondes supplémentaires, faisant tourner la tête de Williams dans sa bouche. Elle penche ensuite sa tête en arrière par la fenêtre, puis descend la tour d'observation. Peu de temps après, la vidéo se coupe.

Aucun son n'est audible pendant une minute et vingt-cinq secondes.

Williams : Il n'y a rien. C'est juste le putain de silence et de la fumée.

Williams se racle la gorge.

Williams : Je—Je pense que je vais redescendre maintenant. Souhaite-moi bonne chance, Annette.

[Fin de la transcription]

Fichier d'image transmis depuis le téléphone mobile du Docteur Williams, datant du 17/04/2039

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