SCP-240-FR
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Reproduction sécurisée de l'instance 240-FR-01, une photographie de la mission Apollo 11 de 1969. Instance de catégorie A.

Objet # : SCP-240-FR

Niveau de Menace : Orange

Classe : Sûr Euclide Keter

Procédures de Confinement Spéciales : SCP-240-FR doit être recherché activement sur le web mondial1, et des copies inoffensives conformes aux originaux substituées aux instances affichées sur les sites et échangées via les réseaux sociaux. Les utilisateurs suspectés d'avoir été victimes de SCP-240-FR doivent être pistés, localisés et appréhendés. Le choix du type d'amnésique qui leur est administré est laissé à l'appréciation des agents dépêchés, et est susceptible de varier selon la durée d'exposition des individus à SCP-240-FR.

La mémoire interne des ordinateurs ou dispositifs numériques des civils suspectés de contenir une ou plusieurs instances de SCP-240-FR doit être effacée de manière irréversible par la fonte du disque dur, et les supports de mémoire externe confisqués et également détruits. Un scénario de couverture impliquant le cambriolage de leur résidence ou le piratage de leurs données par un logiciel malveillant doit leur être conté après assimilation de l'amnésique.

Le personnel de la Fondation n'est en aucun cas autorisé à consulter les fichiers cryptés dans lesquels sont conservées les instances recensées de SCP-240-FR. Tout membre du personnel coupable d'un tel acte doit être soumis au traitement amnésique, et rétrogradé au rang de Classe D dans le cas d'une exposition prolongée.

Description : SCP-240-FR désigne une série de photographies virtualisées d'évènements s'étant déroulés entre 1926 et 2010. La plupart d'entre elles sont en couleurs, et certaines comportent des imperfections photogéniques, qui pourraient être justifiées par l'époque ou le contexte du cliché. L'importance des scènes photographiées varie considérablement ; certaines sont ainsi tout à fait anecdotiques, tandis que d'autres revêtent une importance historique. À l'heure actuelle, 81 instances au total ont été répertoriées par la Fondation, dénommées SCP-240-FR-01 à SCP-240-FR-81 selon leur ordre de découverte.

L'ensemble des photographies se divise en deux catégories distinctes selon la nature de la scène représentée. La première, nommée "SCP-240-FR-A", comprend les images sur lesquelles figure un évènement dont l'authenticité a été établie. La seconde, nommée "SCP-240-FR-B", admet les clichés identifiés comme des contrefaçons ou des canulars.

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SCP-240-FR-32, photographie du légendaire "Monstre du Loch Ness" réalisée en 1934. Instance de classe B.

Si une observation brève des photographies est sans effet, une observation prolongée induit chez le sujet, appelé SCP-240-FR-D, un trouble psychologique. Ce trouble survient généralement au bout d'approximativement 30 à 60 secondes consécutives d'observation, et présente des différences selon qu'il s'agisse de SCP-240-FR-A ou SCP-240-FR-B. Il est à noter que les propriétés anormales des photographies demeurent intactes lorsqu'elles sont diffusées sur un écran de télévision, mais ne se manifestent plus une fois imprimées.

Les symptômes développés par le sujet lorsqu'il est exposé à SCP-240-FR, quel que soit le type d'instance, commencent systématiquement par la volonté d'examiner minutieusement la scène photographiée afin de la soumettre à une analyse approfondie. SCP-240-FR-D est alors hermétique à la plupart des sollicitations extérieures, mais ne néglige pas pour autant ses besoins primaires, ni sa propre sécurité. Le sujet refuse toute conversation avec un tiers qui n'a pas pour sujet l'évènement analysé. De fait, plusieurs individus exposés à SCP-240-FR échangent volontiers et immédiatement entre eux.

Toute tentative d'interdire à SCP-240-FR-D l'accès aux images, par exemple en le détournant physiquement de l'écran de l'ordinateur ou en désactivant l'unité centrale, est susceptible de le plonger dans un état d'anxiété, ou d'angoisse dans les cas les plus extrêmes. SCP-240-FR-D implore habituellement les membres du personnel de lui permettre de reprendre l'analyse de SCP-240-FR, les priant de ne pas l'importuner en vertu d'une "découverte capitale" ou d'un "bouleversement majeur de l'Histoire" dont il déclare être le témoin. Les sujets qui font usage de la force lorsqu'ils sont empêchés de poursuivre l'examen de SCP-240-FR se limitent à ceux dont la prédisposition naturelle pour la violence est connue de par leurs antécédents. Ils retrouvent cependant toutes leurs facultés avec succès si la durée d'exposition n'excède pas 2 à 3 minutes, que le contact visuel entre eux et SCP-240-FR est rompu, et qu'il leur est physiquement impossible de l'initier une nouvelle fois.

Spécificités de SCP-240-FR-A


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SCP-240-FR-13, photographie de l'attentat du 11 Septembre 2001. L'une des plus célèbres instances de type A.

Tout être humain exposé à une instance de type A adopte une attitude de déni, affichant une détermination à remettre en cause l'authenticité du cliché et la réalité de l'évènement représenté, et ce, même s'il était persuadé de son bien-fondé jusque-là. Il semble alors convaincu de l'inexactitude ou de la fausseté de l'image, la considérant comme un montage ou une supercherie.

SCP-240-FR-D utilise d'abord des arguments faisant intervenir le contexte politique, social ou économique, et apporte éventuellement des explications d'ordre technique, afin de mettre en évidence de prétendues incohérences dans le déroulement de l'évènement photographié. La qualité de l'argumentation du sujet dépend de ses connaissances, mais se traduit inévitablement par un raisonnement fallacieux et subversif, reposant sur des hypothèses peu pertinentes et invérifiables.

Le sujet relève ensuite des détails anodins dans chaque cliché afin de les interpréter comme la preuve concrète d'une mystification avérée. Il s'agit le plus souvent de taches, de zones floues, de formes sombres ou imprécises apparaissant en arrière-plan, difficilement perceptibles, et dont tirer des conclusions avec certitude quant à leur nature s'est révélé impossible par les membres du personnel assignés à l'étude des versions sécurisées. Le sujet peut se montrer conciliant avec quiconque s'accorde à son opinion, mais montre des signes d'inquiétude et de méfiance envers son entourage si celui-ci oppose des réticences à admettre sa version des faits.

Dans les 24 ou 48 heures qui suivent la phase d'exposition initiale, SCP-240-FR-D paraît déceler d'autres preuves corroborant sa thèse à travers des éléments cachés, supposément dissimulés derrière les composants visibles de SCP-240-FR-A. Il rapporte aussi la présence d'individus, d'objets, ou de détails divers en-dehors du champ de la photographie, qu'il estime être tout autant d'indices dénotant un simulacre. SCP-240-FR-D paraît de plus éprouver une forte aversion envers les institutions publiques et sources d'informations faisant autorité. Il développe au plus tard 72 heures après la première exposition les symptômes d'une paranoïa, se caractérisant par l'appréhension d'une menace insidieuse et latente, ainsi que la sensation qu'une entité invisible cherche à influer sur son comportement et sa perception du monde. À ce stade, il est unanimement admis que le sujet n'est plus jamais en mesure de considérer l'évènement de façon critique et objective.

Spécificités de SCP-240-FR-B


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SCP-240-FR-38, photographie de l'"Affaire de Roswell" datée de 1947. Instance de type B parmi les plus notables.

Tout être humain exposé à une instance de type B en considère le contenu comme une vérité absolue qu'il lui faut divulguer, car ignorée ou répudiée par l'opinion publique en raison de sa nature inhabituelle. À l'exemple des instances de type A, le sujet change radicalement d'avis quant à la réalité de la scène photographiée, la reconnaissant comme incontestablement vraie alors qu'il connaissait auparavant son caractère fictif ou captieux.

SCP-240-FR-D effectue dans un premier temps une corrélation entre SCP-240-FR-B et différents phénomènes recensés au cours des époques, non-expliqués ou dont l'origine surnaturelle a officiellement été démentie, arguant que le cliché est la preuve de leur authenticité. Les phénomènes décrits consistent principalement en évènements étroitement liés aux disciplines exobiologique et cryptozoologique, incluant l'apparition d'objets volants non-identifiés, la formation de cercles de culture2 et l'observation d'espèces disparues ou mythiques dans le monde. SCP-240-FR-D associe dans un second temps ces données à des théories soulevées par des auteurs et très populaires au cours des XIX et XXème siècle, impliquant notamment l'existence d'une civilisation technologiquement avancée dont la population extraterrestre est venue sur Terre. Le sujet en conclue inéluctablement que SCP-240-FR-B atteste de l'exactitude de ces théories.

L'opinion de SCP-240-FR-D quant à la réalité du phénomène ne peut être fléchie, quand bien même des preuves tangibles l'indiquant comme un faux lui sont présentées. Il prétexte ainsi l'ignorance des évènements et le peu de crédit accordés par la population aux photographies comme un gage de leur authenticité, expliquant que leur contenu est diffamé ou parodié afin d'endormir les soupçons. Par ailleurs, toute tentative de raisonner le sujet semble le conforter dans ses convictions.

Dans un espace compris entre deux jours et six mois, SCP-240-FR-D met tout en œuvre pour véhiculer ses opinions tout en maintenant une certaine distance entre le monde et lui, s'expliquant probablement par le sentiment de mépris que lui inspire toute idéologie étrangère à la sienne. SCP-240-FR-D utilise fréquemment Internet pour faire connaître ses idées et les théories auxquelles il adhère, en créant par exemple son propre site web ou un profil sur un réseau social, sur lequel il publie un article au sujet de l'instance qui l'a affecté, ou se met quête de telles informations. Le sujet limite autant que possible les interactions dans le monde réel au profit des échanges virtuels, sa tendance à la solitude évoluant progressivement en isolement total. SCP-240-FR-D cristallise davantage son ressentiment envers l'opinion publique lorsqu'il est exposé à SCP-240-FR-B qu'à SCP-240-FR-A, développant un fort complexe de supériorité qui l'incite à croire en la suprématie de sa théorie sur les autres et à la nécessité de l'imposer au monde entier.

Les sujets, qu'ils soient affectés par SCP-240-FR-A ou SCP-240-FR-B, développent au contact les uns des autres une affinité mutuelle les incitant à collaborer ou à se réunir en communauté fédérée par les convictions communes que leurs inspirent les photographies. Ils font connaissance dans 98% des cas grâce à Internet, et communiquent surtout dans des forums ou conversations privés. Ils partagent alors entre eux et collectent toutes les instances qu'il leur est possible de trouver, et en approfondissent l'analyse. Nul ne sait encore si les sujets agissent ainsi afin de rationaliser leur perception erronée de la réalité pour mieux l'accepter comme étant l'unique vérité, ou si cela est simplement destiné à légitimer leurs thèses pour convaincre d'autres individus non-affectés par SCP-240-FR sceptiques ou hostiles à leurs opinions.

Tous les sujets présentent des similitudes psychologiques qui paraissent favoriser leur rapprochement. Ces caractères communs impliquent dans 100% des cas :

► un sentiment de lucidité et de compréhension des enjeux du monde au-delà de la moyenne
► un rejet des médias populaires, de l'éducation publique, des forces de l'ordre et organisations influentes
► le sentiment d'appartenance à une élite intellectuelle3
► la crainte que leurs pensées soient affectées et contrôlées par une entité tierce
► le besoin de dévoiler leur vision du monde au plus grand nombre et de dénoncer des impostures et mensonges socialement tolérés ou acceptés
► la certitude de l'existence d'une intelligence entre les plus grandes puissances mondiales, dissimulée au public et visant à soumettre l'humanité à ses desseins.

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La société des Skull and Bones, dont certains hommes d'État américains furent membres dans leur jeunesse, tels que Georges W. Bush. D'abord suspectée d'être l'organisation décrite par les sujets, cette thèse a ensuite été réfutée.

Les sujets dépeignent cette organisation comme extrêmement puissante, omniprésente, et hautement hostile. Leurs témoignages n'ont pas permis de déterminer clairement ses objectifs, ceux-ci proposant une approche trop conceptuelle de son véritable but. Cependant, lorsque SCP-240-FR-D est interrogé sur ses procédés, il décrit toujours une immixtion dans les pouvoirs publics, un abrutissement des masses, l'asservissement de la population, ainsi que le monopole de la vérité et dans une certaine mesure, du crime. Le gouvernement et les services secrets américains sont toujours cités en tant qu'acteurs de cette organisation par les sujets, s'expliquant peut-être par la prédominance de la représentation des États-Unis au travers des évènements photographiés. Parmi les figures célèbres récurrentes se trouvent également, selon les sujets, les membres des familles Rockfeller, Kennedy, Bush et Rothschild.

À ce jour, et en dépit de nombreuses investigations, aucune preuve tangible n'étaye l'existence d'une telle organisation.

SCP-240-FR-D ne présentant en apparence aucune pathologie mentale, il est impossible de distinguer un individu sain d'un individu affecté sans s'entretenir au préalable avec lui. Pour cette raison, le nombre exact de sujets non-confinés est inconnu, bien que des tentatives de faire connaître leurs revendications hors de leur sphère d'influence habituelle attirent régulièrement l'attention de la Fondation.

Veuillez vous reporter au document 240-FR-058 pour des informations complémentaires.

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