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Crédits
Titre original : SCP-1928 - The Family Banjo
Auteur : Skara Brae (utilisateur désinscrit)
Traducteur : Dr Attano
Date de publication originale : 28 février 2013
Image : ici, domaine public.
Objet no : SCP-1928
Classe : Sûr
Procédures de Confinement Spéciales : SCP-1928 doit être conservé dans un étui rembourré et hermétique afin d'empêcher tout dommage ou activation accidentelle de ses propriétés anormales.
L'artefact doit être conservé dans le Secteur de Recherche-09 en tant qu'élément de la collection concernant la famille Bonifay. Les croisements de tests de SCP-1928 avec SCP-1890 et SCP-1896 ont été suspendus en attendant une étude approfondie de l'Incident Times-Union (voir l'Addendum 2).
Description : SCP-1928 est un banjo ukulélé ou "banjolélé" identique à une marque initialement fabriquée en masse dans les années 20 et dont la production a désormais cessé.
Lorsque SCP-1928 est gratté ou tapoté avec une seule main, il produira des sons comparables à un instrument non-anormal. Cependant, lorsqu'un sujet humain place ses deux mains sur n'importe quelle partie de l'artefact, ils se sentiront contraints d'y jouer. À l'exception de cas d'handicap ou de déficience manuelle, les sujets affectés par SCP-1928 présentent une technique et une rapidité constamment supérieures dans des styles variés de battements et de fingerpicking.
Aucun son audible n'est produit par un jeu compulsif. Des observations en direct ou via des enregistrements audio n'ont permis de rapporter que le son de la respiration du sujet affecté ou le froissement de ses vêtements.
Les sujets testés décrivent leurs mouvements comme involontaires ; les expressions faciales et le langage corporel des sujets affectés suggèrent cependant une détermination intense ou une humeur songeuse. Sous l'influence de SCP-1928, les sujets ne répondront à aucun stimulus visuel ou auditif et ne reviendront à un état de conscience entier que si un autre individu entre en contact physique avec SCP-1928.
Six photos de SCP-1928, identifié grâce à des éraflures distinctives et les lettres majuscules "BON" griffées à l'arrière de la tête, ont été trouvées dans SCP-1890. L'instrument est photographié dans les mains d'individus à l'âge et l'ethnie variés ou exhibé avec d'autres possessions de valeur.
Addendum 1 :
Depuis le 10/12/██, 7 jours exactement après le premier test conduit sur SCP-1928 avec un sujet humain, un effet secondaire a été observé.
extraits des notes du Chercheur Hart :
12/10/██
En replaçant un autre objet dans son confinement, un assistant de recherche a remarqué que SCP-1928 vibrait à l'intérieur de son étui protecteur. L'assistant rapporta cette anomalie rapidement et ne tenta pas de manipuler l'objet. Je suis arrivé dans les cinq minutes suivant l'alerte ; la vibration avait alors cessé. Quelques secondes plus tard, le son d'une musique émise par un banjo pouvait être entendu dans la proximité immédiate de SCP-1928, à un volume similaire à un instrument comparable et sans être étouffée par l'étui.
Après approximativement soixante secondes, une voix joignit la mélodie, chantant dans un style rappelant le sprechstimme présent dans de nombreuses chansons folk étasuniennes. Cette "chanson" dura pendant approximativement quatre minutes et demie, mais l'assistant et moi-même furent incapables d'enregistrer la musique. Curieusement, bien que nous ayons tous les deux identifié la langue de la chanson comme de l'anglais étasunien, nous fûmes incapables de nous remémorer des paroles ou même des mots individuels de la "chanson". SCP-1928 a été soustrait à son confinement afin d'être observé plus étroitement.
14/10/██
À 15:07, le phénomène se déroula de nouveau alors que moi-même ainsi que plusieurs assistants et sujets de Classe D l'observaient. Malgré la coopération de six auditeurs, aucun membre du groupe ne put se rappeler les paroles de la chanson après sa fin abrupte. Les auditeurs décrivirent également des voix nettement différentes— certains identifièrent le chanteur comme un homme adulte, d'autres comme un vieil homme, une femme adulte ou un enfant. Les souvenirs de la mélodie et du style de la chanson ne disparurent cependant pas, et les sujets se rappellent unanimement entendre une "complainte" ou un épithète synonyme.
Les tentatives visant à enregistrer la musique avec des appareils analogiques, numériques et même [SUPPRIMÉ] n'ont rien permis d'obtenir d'autre que 5 minutes et 16 secondes de bruit statique.
19/10/██
Après la troisième récurrence de ce phénomène (sept jours exactement après le troisième test initial sur SCP-1928), il devint clair que le timing de la musique anormale coïncidait avec les dates des tests initiaux. En préparation de la prochaine occurrence, un enregistrement visuel du quatrième test fut programmé pour se lancer en même temps que les premières notes de la musique anormale, conformément aux rythmes notés dans le rapport de test initial.
Un chercheur de Niveau 2 avec une expérience importante dans les instruments à corde observa le test et confirma que les gestes du sujet de test dans l'enregistrement étaient parfaitement synchronisés avec la musique anormale.
11/02/██
Ce phénomène a été observé à dix reprises en l'espace de deux mois, correspondant toujours à la date, l'heure et la durée des tests précédemment conduits.
Addendum 2 :
Quelques temps après l'observation de l'effet secondaire de SCP-1928, des tests croisés sur les artefacts de la "famille Bonifay"— SCP-1928, SCP-1890, et SCP-1896 —ont été approuvés, dans l'objectif d'en apprendre davantage sur l'histoire et la nature de ces objets apparemment liés. L'Incident Times-Union décrit les altérations textuelles et photographiques ayant eu lieu en résultat de ces tests.
Procédure : SCP-1928 a été placé dans les mains de sujets déjà sous l'influence anormale de SCP-1890 (c'est-à-dire expérimentant une prosopagnosie aiguë et possédant la capacité de se rappeler des photographies des Bonifay avec moult détails), désigné Groupe A, ou SCP-1896 (c'est-à-dire ayant récemment expérimenté plus de 40 minutes d'hallucinations associées à des distorsions sensorielles), désigné Groupe B ; le Groupe C était constitué de sujets sous l'influence des deux objets.
Résultats : Les sujets des trois groupes n'ont pas été affectés par les propriétés compulsives de SCP-1928. Au lieu de cela, lorsqu'ils ont placé les deux mains sur l'artefact, les sujets ont exprimé un attachement nostalgique et une familiarité avec l'objet.
- Les sujets du Groupe A ont immédiatement et sans question reconnu SCP-1928 comme étant l'artefact présent dans SCP-1890, exprimant une grande joie vis-à-vis de la chance de voir "le bébé banjo de la famille"— une phrase utilisée par cinq des sept sujets de test. Peu importe les connaissances antérieures, les sujets furent capables de répondre à des questions concernant l'histoire et les propriétés techniques du banjo ukulélé avec une certaine précision. Chaque sujet affirma connaître le propriétaire original de l'instrument, bien qu'aucun sujet ne décrivit le même individu. L'artefact fut alternativement décrit comme un cadeau de mariage, le travail artisanal d'un fermier aux multiples talents et le produit d'un troc réussi avec une sorcière, parmi d'autres anecdotes détaillées.
- Les sujets du Groupe B reconnurent tous SCP-1928 comme un objet familier, mais n'étaient pas certains de savoir pourquoi et d'où ils le reconnaissaient. Cependant, au contraire des sujets du Groupe A, lorsqu'il leur fut demandé de tenter de jouer de l'instrument (et dans certains cas sans demande), les sujets du Groupe B furent capables de jouer de l'instrument avec une habilité modérée à élevée, malgré avoir été spécialement choisis pour leur absence d'expérience musicale. Au contraire des musiques auparavant produites par SCP-1928, ces mélodies étaient immédiatement audibles et enregistrables. Les chansons jouées étaient des musiques folk étasuniennes reconnaissables, toutes antérieures aux années 1930, incluant "Idumea", "O Death", "Pretty Polly" et un arrangement traditionnel du Psaume 137. Bien qu'il soit impossible d'en être certain, les thèmes similaires exprimés dans les paroles des chansons— particulièrement le Psaume 137 ou "Babylon", qui fut la chanson la plus fréquemment entendue— pourraient avoir une sorte de connexion avec l'histoire de l'artefact.
- Les sujets du Groupe C n'ont pas simplement présenté une combinaison des comportements précédents, mais expérimentèrent également des hallucinations renforcées concernant leur familiarité avec SCP-1928. Les sujets semblaient se considérer comme les descendants de la famille Bonifay, passant inconsciemment à la première personne en relatant l'histoire de l'artefact. Comme dans les cas précédents, aucune histoire n'était identique— bien que de nombreux lieux et individus mentionnés correspondaient aux annotations dans SCP-1890. Lorsque les sujets du Groupe C furent incités à jouer de l'instrument, ils en jouèrent et chantèrent, mais offrirent également fréquemment de jouer "une vieille chanson familiale" sans incitation préalable. Cependant, comme lors des tests précédents, ces chansons se sont révélées impossibles à enregistrer par des méthodes manuelles ou technologiques. Ni les chercheurs ni les sujets de tests ne purent se rappeler les paroles chantées.
Copie d'une photographie altérée ; celle-ci dépeignait auparavant un champ vide.
Durant et après les tests sur les sujets du Groupe C, des irrégularités anormales furent observées dans de nombreux documents papiers. Tous ces documents se situaient soit à l'intérieur soit à proximité immédiate de la salle de test alors que les sujets parlaient ou jouaient sous l'influence de SCP-1928. La plupart de ces irrégularités consistait en l'apparition du mot "famille" ou d'une phrase courte ("sur le bord des fleuves", "s'il te plaît, prends en compte mon âge") au milieu d'une phrase, dans des documents manuscrits et tapuscrits.
Un total de 18 documents altérés ont été récupérés (voir les dossiers attachés pour une liste détaillée) ; la cessation des tests semble avoir jugulé la propagation des changements anormaux.
De ces objets récupérés, le plus notable était une copie du journal local Sun Sentinel datée du 01/10/██. Lors des tests sur SCP-1928 avec un sujet du Groupe C, le Chercheur assistant Evans observa le texte et les images imprimés dans ce journal se transformer afin de refléter une édition des années 20 du Times-Union, l'un des plus anciens journaux de Floride.
Ces changements étaient incomplets, affectant uniquement des colonnes et des pages individuelles du document— la rubrique sportive rapportait des matchs datant de plusieurs décennies, les articles politiques se transformèrent afin de refléter les inquiétudes locales de la Floride en 1928, etc. Les changements concernant la notice nécrologique et les photographies étaient cependant d'un intérêt bien plus important : les photographies ont non seulement été altérées afin de refléter la technologie des années 1920, mais intégraient également des silhouettes humaines indistinctes dans des endroits auparavant vierges. Aucune de ces silhouettes n'a pu être identifiée. La notice nécrologique fut étendue afin d'inclure presque un millier de noms, certains étant imprimés au-dessus d'autres noms, partageant tous le patronyme "Bonifay".