SCP-021-FR
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Objet #: SCP-021-FR

Niveau de Menace : Vert

Classe : Euclide

Procédures de confinement spéciales : En raison de la nature non-physique de SCP-021-FR, son confinement total n’est pas envisageable dans l’immédiat. La procédure de confinement, par conséquent, se focalise sur la réduction des apparitions d’instances de SCP-021-FR, et la dissimulation de son existence au public.

Les différentes sections composant la FIM Phi-61, alias "Lanternes de Falaise", doivent inspecter une (1) fois par semaine l’ensemble des falaises suivantes :

  • Les Falaises de Látrabjarg (Irlande).
  • Les Falaises de Moher (Irlande).
  • Les Falaises d’Etretat (France).
  • La Falaise du Cap Nord (Norvège).

Toute pierre saillante de plus de trente (30) centimètres dans le vide, située en bordure d’une de ces falaises et accessible depuis son sommet, doit être cataloguée et régulièrement contrôlée afin de pouvoir enregistrer tout événement lié à SCP-021-FR dont elle serait l’épicentre.
Toute pierre de ce type accessible au public doit être extraite du sol et envoyée au Site 61 pour analyse à la place.

L’identification d’incidents directement liés à SCP-021-FR doit être effectuée le plus rapidement possible. Tout élément anormal de ces incidents doit être dissimulé au public.

Description : SCP-021-FR désigne un phénomène se produisant à des intervalles irréguliers au sommet de certaines falaises d’Europe et ayant pour épicentre des pierres saillantes, situées en équilibre au bord de la falaise concernée, et accessibles à pied depuis le sommet. Notons toutefois que seule une partie des pierres répondant à ces critères est susceptible de devenir un jour l’épicentre d’un phénomène SCP-021-FR.

Lorsqu’une pierre répondant à de tels critères entre dans le champ de vision d’un être humain (ci-après appelé ‘sujet affecté’) situé à proximité du sommet de la falaise pendant la nuit ou à la tombée de celle-ci et qu’un phénomène SCP-021-FR se déclenche, le sujet affecté perçoit la zone où il se trouve comme étant dans un état d’érosion incohérent avec l’état géologique actuel de la falaise (le rebord de celle-ci est invariablement perçu comme plus éloigné du sujet qu’il ne l’est réellement).1 Le sujet affecté perçoit également la présence d’une entité d’apparence variable s’adressant à lui et portant une source de lumière (ci-après appelée SCP-021-FR-1). Cette entité, ainsi que l’aspect de la falaise modifié par le phénomène SCP-021-FR, ne sont pas visibles aux témoins non affectés, mais apparaîtront sur tout enregistrement, photographie ou film réalisé par le sujet affecté.

La combinaison de l’aspect éloigné du rebord de la falaise et de la présence de l’entité s’adressant aux sujets affectés entraîne parfois ceux-ci à s’approcher, provoquant leur chute lorsqu’ils franchissent le rebord réel de la falaise. Les sujets affectés morts des suites de leur chute ne présentent aucune caractéristique anormale.

Phénomène 021-41 du ██/██/██ à 21h31 (Falaises d’Etretat)

Avant Propos : Il s’agit du premier phénomène SCP-021-FR ayant affecté un membre du personnel de la Fondation chargé du contrôle des pierres susceptibles d’en devenir l’épicentre.

<Début du Rapport>

(dialogue non pertinent supprimé)

Dr. Ryan : Terminé pour ce soir les enfants, on remballe.

Chercheur Strauss : Je croyais qu’on avait fini de débrancher les capteurs, pourquoi est-ce qu’il y a encore quelqu’un du côté de la pierre ?

Dr. Ryan : Il n’y a personne de ce côté.

Chercheur Koch : Une minute. Strauss, que voyez-vous exactement ?

Chercheur Strauss : Il doit y avoir un gars qui est resté là-bas, il balaie le sol avec une sorte de lampe de poche. Vu la taille, c’est peut-être Keynes. (criant) Keynes, qu’est-ce que tu trafiques ? On remballe.

Chercheur Koch : Strauss, Keynes est ici avec nous. Il n’y a aucune lumière près du rebord. Vous êtes affecté par SCP-021-FR. Avez-vous un appareil-photo sur vous ?

Chercheur Strauss : Je l’ai laissé dans mon véhicule. C’est bien ma veine.

Dr. Ryan : L’infrarouge ne détecte rien de notre côté. Ne bougez plus et décrivez-nous précisément ce que vous voyez.

Chercheur Strauss : Il y a une silhouette assez grande, un mètre quatre-vingt dix je dirais, qui est à une trentaine de mètres de moi. Elle tient dans la main quelque chose de lumineux qui balaie le sol comme le faisceau d’une lampe de poche. Je ne vois pas très bien ce qu’elle porte, mais ça ressemble à un k-way mouillé, ça luit à la lumière de la lampe. (pause) La silhouette tourne tout autour de la pierre en balayant le sol avec sa lampe. Je crois qu’elle cherche quelque chose.

Dr. Ryan : Elle tourne autour de la pierre ? Dans le vide ?

Chercheur Strauss : Maintenant que vous le dites, le sol est différent. Il y a davantage de pierres et… je ne vois pas très bien, mais on dirait que le bord de la falaise a disparu. Je vais aller voir d’un peu plus près.

Dr. Ryan : Strauss, je vous ai dit de ne pas bouger.

Chercheur Strauss : Je ne risque rien tant que je reste loin de la pierre. (il commence à s’approcher en allumant sa propre lampe)

Dr. Ryan : La position de celle que vous voyez n’est peut-être pas tout à fait la même que celle de la vraie. Ne prenez pas de risque.

Chercheur Strauss : (il s’immobilise) Vous avez raison. (pause) Pardon ?

Dr. Ryan : Je n’ai rien dit.

Chercheur Strauss : Pas vous. (il s’adresse apparemment à l’entité perçue) Qu’est-ce que vous dites ? (longue pause) Je suis désolé, je dois m’en aller, vous allez devoir vous débrouiller sans moi.

(longue pause pendant laquelle le chercheur Strauss semble plusieurs fois hésiter à revenir vers le reste de l’équipe. Il finit par revenir après huit (8) minutes et semble regretter son choix.)

Chercheur Strauss : Il dit qu’il a perdu la bague qu'il voulait offrir à sa fiancée dans l’herbe et il veut que je l’aide à la retrouver avec ma lampe de poche.

<Fin du Rapport>

Phénomène 021-55 du ██/██/██ à 23h04 (Falaise du Cap Nord)

Avant Propos : La totalité des membres de l’équipe présents ont été équipés de dictaphones afin de vérifier s’il était possible d’enregistrer la voix de SCP-021-FR-1. Un phénomène SCP-021-FR s’est produit après quatre (4) nuits de surveillance. Le présent rapport est une transcription de l’enregistrement du dictaphone du Dr. Nilsen, sujet affecté par l’évènement.

<Début du Rapport>

Dr. Nilsen : Je crois qu’il se passe quelque chose.

Chercheur Strand : Rien sur l’infrarouge.

Dr. Nilsen : Ne soyez pas idiot. Il n’y a aucune chance que ça perturbe les appareils si c’est moi qui suis affectée. Prévenez-moi juste si je m’approche trop du véritable rebord.

(Le Dr. Nilsen sort du véhicule et s’éloigne en direction du phénomène perçu)

Dr. Nilsen : Quelqu’un porte un objet qui éclaire de façon très vive mais qui ressemble à une vieille lanterne à bougie. L’entité est assez petite, me tourne le dos et agite la lanterne lentement de gauche à droite.

Chercheur Strand : D’après l’infrarouge, vous êtes à plus de quarante mètres du véritable bord de la falaise.

Dr. Nilsen : L’entité est située un peu plus loin que ça. Je m’approche.

(silence radio pendant une trentaine de secondes)

Dr. Nilsen : Le sol semble couvert de bois flotté. Je me demande comment il a pu arriver là.

(silence radio pendant une vingtaine de secondes, puis une voix d’enfant indistincte se fait entendre. Cette voix n’a été enregistrée que par le dictaphone. D’après le Dr. Nilsen, il s’agissait d’un "bonsoir".)

Dr. Nilsen : Bonsoir. Comment tu t’appelles ?

SCP-021-FR-1 : Mayken Jørgensen, madame.

Dr. Nilsen : Qu’est-ce que tu fais là toute seule, Mayken ?

SCP-021-FR-1 : Je dis bonsoir aux bateaux, madame.

Dr. Nilsen : Comment ça ? Quels bateaux ?

SCP-021-FR-1 : Les bateaux de la nuit. Je leur dis bonsoir avec ma lampe. Vous voulez leur dire bonsoir aussi ?

Dr. Nilsen : Je préfère rester où je suis, Mayken.

SCP-021-FR-1 : Si vous leur dites bonsoir d’aussi loin, ils ne verront pas votre lampe.

Dr. Nilsen : (bas, s’adressant au Chercheur Strand) L’entité ressemble à une petite fille de huit ans environ. Elle porte des vêtements usés que je ne saurais pas dater avec précision mais qui semblent dater du XIII° ou du XV° siècle. Elle a un foulard blanc noué sur la tête.

SCP-021-FR-1 : Ce serait bien que vous disiez bonsoir aux bateaux de la nuit avant de partir, madame. Ce serait gentil. On leur dit bonsoir de temps en temps, et lorsqu’ils disparaissent, ils laissent des petits bouts de bois sur la plage en bas et toutes sortes de jolies choses à ramasser. Papa dit qu’il faut toujours être poli avec les bateaux de la nuit.

Dr. Nilsen : Il ne t’a pas dit que c’était dangereux de rester au bord des falaises dans le noir ? Il te laisse faire ?

SCP-021-FR-1 : Je n’ai pas peur, madame. Vous êtes avec moi.

<Fin du Rapport>

Phénomène 021-62 du ██/██/██ à 04h50 (Falaise de Moher)

Avant Propos : Il s’agit du cas de phénomène SCP-021-FR le mieux documenté d’un point de vue technique. L’enregistrement vidéo réalisé par le chercheur Asling et celui réalisé par l’équipe sont consultables aux archives du Site 61.
La pierre servant d’épicentre au phénomène SCP-021-FR n’a plus été perçue par le chercheur Asling. En revanche, celui-ci vit une petite maison au bord de la falaise, construite en pierres grossières. Un filin de sécurité a été fixé à sa taille afin de lui permettre de s’approcher du phénomène sans risquer de basculer dans le vide.

<Début du Rapport>

Chercheur Asling : L’endroit semble très différent. Je vois plusieurs arbres qui n’étaient pas là tout à l’heure. Il y a aussi une maison de guingois, en pierres, au bord de la falaise. Je vois une faible lumière mouvante en dessous de la porte. J’espère sincèrement que tout ça va apparaître sur ma vidéo.

Chercheur Teagan : Filin sécurisé. Vous pouvez avancer.

Chercheur Asling : Le temps a changé soudainement. Il pleut à grosses gouttes. Comment c’est, de votre point de vue ?

Chercheur Teagan : Il ne pleut pas.

Chercheur Asling : Intéressant. Je vais tenter de - (s’interrompt brusquement) L’entité est apparue. Il y a quelqu’un.

Chercheur Teagan : Décrivez-la, s’il vous plaît.

Chercheur Asling : C’est un homme voûté qui doit faire un mètre soixante-dix environ, qui porte un chapeau à larges bords et un genre de capeline usée. Il me fait signe.

(Il s’approche de l’entité. La pluie est audible sur l’enregistrement.)

SCP-021-FR-1 : Que faites-vous dehors par un temps pareil ? Vous êtes trempé, mon gars. Entrez vous réchauffer.

Chercheur Asling : Cette maison n’était pas là il y a à peine cinq minutes. Identifiez-vous.

SCP-021-FR-1 : Je suis le vieux Meallán et cette maison, c’est mon petit chez moi. C’était la maison de mon grand-père et du grand-père de mon grand-père. La pluie a dû vous enfiévrer, mon gars. Les pluies de novembre, ce sont les pires. J’ai fait un bon feu, entrez vous réchauffer.

(Le chercheur Asling entre dans la maison et disparaît instantanément de la vidéo infrarouge filmée par l’équipe.)

Chercheur Teagan : Asling, vous êtes toujours là ? On ne vous voit plus.

Chercheur Asling : Je suis entré dans la maison.

SCP-021-FR-1 : Bien sûr que vous êtes entré, enfin. Je vous avais bien dit que vous étiez enfiévré. Asseyez-vous sur le banc, là. Le feu va vous faire du bien.

(L’enregistrement réalisé par le chercheur Asling montre une maison à l’aspect très délabré, ne comportant qu’une seule pièce. Une couche de paille semble faire office de lit contre le mur ouest. La pièce comporte deux bancs de pierre grossièrement taillée, situés de part et d’autre d’un feu central. Le chercheur Asling s’assied sur le banc situé près de la porte. Un tas de bois se trouve derrière le banc opposé. Le chercheur Asling oriente la caméra vers le plafond de la pièce ; celui-ci est caché par des tissus grossiers auxquels des crochets ont été attachés. De petits objets sont suspendus à ces crochets, tel que des oignons, des bouquets d’herbe, des pots de fer, des pattes d’animaux variés, des baies séchées et divers bocaux de verre dépoli semblant contenir des liquides. SCP-021-FR-1 dépose une petite branche dans le feu et s’assied à l’opposé du chercheur Asling. Il l’observe attentivement.)

SCP-021-FR-1 : Vous n’êtes pas d’ici, hein ?

Chercheur Asling : Pas vraiment.

(SCP-021-FR-1 continue de fixer le chercheur Asling. Aucun d’eux ne s’exprime plus pendant quarante minutes. La luminosité commence à baisser.)

SCP-021-FR-1 : Vous devriez remettre un peu de bois dans le feu.

Chercheur Asling : Je ne préfère pas.

SCP-021-FR-1 : Il va s’éteindre.

Chercheur Asling : Le jour ne devrait pas tarder à se lever, de toutes façons.

(La luminosité continue à baisser. SCP-021-FR-1 continue de fixer le chercheur Asling. Aucun d’eux ne s’exprime pendant plusieurs heures. Le feu finit par s’éteindre. Silence radio pendant trente minutes.)

Chercheur Teagan : Asling ? Tout va bien ? On ne vous voit toujours pas sur les écrans. Vous devriez revenir.

Chercheur Asling : Pas encore. Je préfère attendre la fin du phénomène. Comme ça nous saurons exactement où je me trouvais par rapport à la topologie actuelle du terrain.

(Le soleil se lève à 7h50 environ et provoque la fin du phénomène. Le chercheur Asling réapparaît sur les écrans. Il est assis sur la pierre qui servait d’épicentre à SCP-021-FR et a les jambes dans le vide.)

<Fin du Rapport>

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