Echos d'antan
notation: +9+x

Réveille-toi.
Mmmh…
Allez, debout !

Encore cette voix. Toujours cette voix. Elle résonnait dans la tête, faisait siffler les oreilles, et rappelait à la mémoire des images désagréables, lointaines. Le genre qu'il valait mieux oublier.

Le claquement d'une trappe fit ouvrir un œil au reptilien étendu à terre. Il savait ce que cela signifiait : nourriture. Insectes, fruits, plantes. Faim.

L'animal étira ses muscles, avant de se lever lentement. Il avança vers le bol en terre, tendit la patte vers le récipient. Ses doigts fins et griffus cueillirent une brassée de larve, qu'il porta avidement vers sa bouche pour s'en délecter. Perdu entre réalité et souvenirs, l'esprit fragmenté de l'être avait transformé la petite cellule terne en un terrarium vaste et douillet, la gamelle sale en un brasseau de fruits, le banc inconfortable en un nid de feuilles savamment agencées…

Ce n'est pas réel. Ce n'est pas réel.

Agacé, le reptile porta la main à son cou et commença à gratter, démangé par un quelconque insecte invisible. Soif. Il avait soif. Où était l'eau ? Où était la mangeoire ?

Il n'y a pas d'eau. Il n'y a pas de mangeoire.

Les images. Les images s'enchaînaient à toute vitesse.


Un verre d'eau, posé sur une table. Cassandra le contemplait sans vraiment oser y toucher - pour elle ? Vraiment ? -. Sa main, douce et d'un rose tendre, fragile, ne cesse de tergiverser autour du récipient. Prendra, prendra pas… Prendra, prendra pas…

C'est aujourd'hui sa première rencontre avec son mentor, celui qui la guidera à l'avenir au sein de son nouveau travail.

- "Bienvenue à la Fondation, Cassandra."

A peine un regard, les dents serrés, la mine sombre. Pas très chaleureux. Ce n'est pas grave. Les yeux de la jeune femme ne cessent de se promener partout, sur les murs, sur les meubles, sur les instruments, sur les gens. Tout autour d'elle est nouveau, elle ne sait pas trop comment réagir, elle est comme une gosse dans un magasin de jouet.

Son regard est de nouveau attiré par le verre d'eau.

Elle a soif.


Il fut un temps où tu pouvais étancher ta soif à tout instant.

Mal à l'aise, l'animal changea de position, avant d'aller se réfugier dans un coin. Cette interaction extérieure le dérangeait. Il voulait y échapper, à tout prix. Mais, tenace, la voix le suivit d'un bout à l'autre de son parcours.

Tu n'avais pas à attendre l'initiative d'autres pour te nourrir. Tu n'avais pas à te comporter comme une bête. Tu n'avais pas à te réfugier dans mes souvenirs pour pouvoir supporter cette vie de chien.

De plus en plus dérangé, le reptile se mit à racler la terre - l'acier ? - la terre, soulevant des nuages de poussière autour de lui. Un tronc. Dormir. Soleil. Oui, soleil. Soleil pour dormir.

Cela fait longtemps que tu n'as plus vu le soleil.

Grognement. Un son surgit dans l'esprit de la créature. Un son très simple, dont le sens reste clair, même pour elle. Ce son remonte le long de sa gorge, et s'insinue entre ses lèvres.

- "Stop."

Et ça marche. Et ça marche. La voix s'arrête. Seule une légère pointe de satisfaction témoigne encore de son existence, laissant un goût amer sur la langue fendue de l'iguane.

Plus faim. Plus soif. Plus envie de soleil.
Besoin d'autre chose.
Autre chose.


«Elle est nouvelle.»
Oui.
«Comment s'appelle-t-elle ?»
Un nom de fruit, je crois.
«J'aime les fruits.»
Hmm. Je sais.

En face, la jeune femme en blouse blanche semble complètement coupée du reste du monde. Elle est penchée sur un bloc-note, un crayon dans la main, et trace des arabesques sur le papier.
Cassandra ne peut jamais se couper totalement de ce qui entoure son corps, même lorsque c'est son compagnon qui le dirige. Aussi, les lignes complexes de code qu'elle s'évertue à mettre bout à bout par la seule force de ses capacités conceptuelles, ne suffisent pas à masquer la curiosité croissante de son alter-ego pour l'oeuvre de leur collègue au nom de clémentine - ou peut être était-ce orange ?

«Que fait-elle ?»
Elle dessine. répondit-elle pensivement.
«Elle nous regarde.»

Cassandra revint un instant à la réalité : en effet, la doctoresse leur jetait de temps à autre quelques regards furtifs, avant de continuer de tracer des courbes sur sa feuilles. Une pointe d'amusement surgit en son for intérieur : elle avait eu un temps du mal à accepter son nouveau physique. Sa transition au Site-Aleph lui avait fait un bien fou.
Aujourd'hui, le fait que quelqu'un veuille réaliser son portrait la faisait sourire.

Je crois que c'est nous qu'elle dessine.

Silence de la part de son coéquipier, qui resta pensif. Puis :

«Je pourrais aller voir ?»
Bien sûr.

Le Docteur Mandarine - voilà, Mandarine - relève une fois encore la tête. Ses yeux rencontrent ceux de l'anomalie. Contre toute attente, elle sourit.

Cassandra hésite, puis indique à son colocataire :

Rend-lui son sourire, qu'est-ce que tu attends ?

Elle sent les muscles de son visage se contracter ; le résultat doit être pour le moins étrange. Les expressions humaine donnent toujours du fil à retorder à son "résident permanent". Cela refroidit un peu leur interlocutrice, mais malgré tout, cette dernière ne se départit pas pour autant de son expression chaleureuse.

Au fond, Cassandra sourit aussi.


Non. Non. Pas ces créatures rosâtres, pas elles. Des iguanes. D'autres iguanes. Famille d'iguane.

Lentement, les visages s'animalisent, se recouvrent d'écailles. Oui. C'est bien de reptiles dont elle se souvient. C'est tout. Des iguanes, et rien d'autre.

Repos. Jouer. Interagir. Contact. Amusement. Liens du sang.
Amis ?

La voix s'engouffre dans cette faille grande ouverte.

Tu ne penses plus à eux. Tu ignores tout de leur sort, et pourtant tu ne fais rien pour essayer de savoir.

Rien. Personne. Il n'y a personne à qui penser.
Il n'y a jamais eu.

Il n'y a plus.

Je suis sûr qu'ils pensent à toi, eux. J'espère qu'ils ne se sont pas perdus comme tu l'as fait, Cassy.

Ce nom. Ce nom.

Le reptile tente une deuxième fois d'utiliser le Mot.

- "Stop".

Mais cette fois-ci, ça ne fonctionne pas. La voix enchaîne, en une litanie douloureuse et brûlante d'amertume.

Kaze, Mandarine, Grym, Benji, Holt, Ezcyo, Tombemine, Gray, Neremsa, D-2108, Johannes, Frog, Natemy…

La suite continua ainsi longuement, chaque nom ravivant une nouvelle blessure. La voix n'en omit aucun, et ils étaient nombreux. En gémissant, l'animal se mit à faire des cercles, agitant la queue dans tous les sens, ses griffes raclant le sol dans un grincement sec. Elle plissa les yeux un instant, aveuglée par l'éclat d'une lampe - une lampe ? Mais depuis quand y avait-il une lampe ici ?

Quand la voix en eut enfin terminé, un silence bienfaiteur se répandit dans la pièce.
Puis :

Kaze, Mandarine, Grym, Benji, Holt, Ezcyo, Tombemine…

L'humanoïde lâcha un sanglot étouffé et se roula en boule, incapable d'échapper à la morsure fulgurante de sa conscience.


- "Sale monstre."

Autrefois, Cassandra aurait tressailli devant l'insulte. Elle aurait hérissé ses épines et sauté à la gorge de l'inconscient, ou bien pris la fuite la queue entre les jambes et les yeux pleins de larmes.

Aujourd'hui, cela ne lui faisait ni chaud ni froid.

Ses yeux, si particuliers, rencontrèrent le regard furibond de son ancien mentor. Tout son être expirait la haine, la colère, le dégoût. Qu'importe. Qu'importe…

- "Je suis venue vous dire," déclara-t-elle avec une pointe d'acide dans le ton, "que nos supérieurs ont jugé utile de m'octroyer un nouveau guide, aux vues de nos… différents. Je ne pourrai donc plus travailler avec vous sur le projet de SCP…"
- "Tant mieux." la coupa-t-il rudement. "Maintenant, dégage. J'ai du travail - espèce d'abomination."

Cassandra serra les dents, et les poings. Quelqu'un, quelque part, conscient de son trouble, lui envoya une vague d'apaisement.

Nous ne gagnerons pas cette bataille-ci. Elle n'importe pas de toute façon.

La jeune femme força ses muscles à se détendre. Mais son compagnon avait raison. Cela n'en valait pas la peine.

- "Cassandra ?"

La voix de son nouveau mentor retentit dans le couloir, de manière lointaine. Du coin de l'oeil, la doctoresse l'aperçut : le seul signe de sa présence était son impeccable costume noir, et les lunettes qui flottaient quelques mètres au-dessus du sol.
Kaze.

Quand elle avait réalisé la.. particularité… de l'être sous la tutelle de qui elle serait placée, Cassandra avait presque grogné. On avait donc décidé de la parquer avec les gens de son espèce - les anormaux, les exclus, les tarés. A coup sûr, on ne leur refilerait que des tâches mineures, et ils seraient la risée de toute l'équipe.

Elle n'aurait jamais pu autant se tromper.
D'une part, la plupart des employés du Site-Aleph étaient… encore plus bizarres et tarés que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Aucun ne fit mine de se moquer de sa condition, ou sans méchanceté.
D'autre part, Kaze était un individu très compétent, et respecté… d'une certaine et drôle de manière… parmi ses pairs. Et, plus que tout : il était indulgent et compréhensif, s'identifiant plus ou moins à l'enfer que traversait sa pupille - la difficulté de s'accepter, de vivre avec le regard des autres, de changer de manière d'être de façon aussi radicale.

Tout le contraire de son prédécesseur, qui même du temps où Cassandra était… humaine… n'avait cessé de la faire crouler sous le travail et les reproches.

Se souvenant de ce qu'elle avait vécu sous son joug, l'humanoïde ne put retenir un commentaire mesquin.

"Le SCP sur lequel vous travaillez est dangereux… J'espère que vous vous ferez bouffer."

Un reniflement méprisant et un regard noir accueillit sa remarque, alors que l'intéréssé rassemblait ses dossier pour se rendre d'un pas indifférent vers son travail.
Vers sa perte.

Aurait-elle fait cette remarque si elle avait su que le soir même, son persécuteur mourrait des suites d'une brèche de confinement particulièrement sanglante ?
Probablement pas.

Mais à l'époque, Cassandra n'avait aucun moyen de le savoir.
Elle inspira donc profondément pour se calmer, avant de fare volte-face, et de lancer un sourire plein de dents pointues en direction de Kaze.

- "Je suis prête. Quand est-ce qu'on s'y met ?"


Non.
Non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non nonnon non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non

Non non.

Hun hun.

Non.

Elle ne se laisserait pas ramener aussi facilement.

Arrête de me fuir, Cassy. C'est tout de même un comble que ce soit moi qui doive te raisonner, et toi qui redeviennes sauvage !

Nul agacement ne perçait dans la voix.
Elle ne s'était jamais mise en colère, pas une seule fois durant ces longs mois de captivité.

Lorsque l'on avait emprisonné le reptile, la voix avait pleuré à s'en déchirer les tympans, communiant sa peine.

Lorsque la bête avait manqué de suffoquer de frayeur, la voix lui avait murmuré des mots d'apaisement, dans la nuit et le noir, apaisant ses pleurs.

Lorsque l'animal avait commencé à refouler ses souvenirs, à refouler l'être qui l'accompagnait sans cesse, la voix s'était sentie blessée, mais elle avait continué à soutenir son hôte adorée.

Lorsque la créature s'était perdue elle-même, la voix avait combattu, luttant pour conserver ce qui en valait la peine, quitte à renier la mémoire réduite et lointaine de son corps d'antan.

Aujourd'hui encore, lorsque l'humanoïde s'emmurait derrière les frontières les plus impénétrables, la voix était là pour lui rappeler l'important.

Toujours la tristesse, la douleur, la frayeur, la déception - mais surtout la tendresse.

Il y avait quelque chose d'important à propos de cette voix.

Alors, pour la première fois, Cassandra essaya de se rappeler.


- "Qu'est-ce que vous voulez dire par «Cela ne me regarde pas» ?!"

Outrée, Cassandra se plaqua violemment contre le dossier de sa chaise, le regard meurtrier. Elle se sentait trembler, tant la colère qui affluait dans ses veines était farouche, marquée.

- "Exactement ce que cela veut dire." répliqua sans se démonter la femme en face d'elle. "Le sort de vos ex-collègues ne vous concerne pas. Tout est classé confidentiel - surtout pour un docteur congédié tel que vous."

Un chignon parfaitement tiré, des lunettes droitement posée sur l'arrête d'un nez aquilin, un visage ni vraiment jeune, ni vraiment vieux - la doctoresse n'avait qu'une seule envie, celle de l'attraper par le col, de l'extirper de derrière ce vieux bureau miteux, et de lui apprendre ce qu'elle pensait de telles manières.

Deux choses l'empêchaient de procéder ainsi, cependant.
La première étant la présence des trois agents à chaque coin de la pièce - trois, juste pour protéger une secrétaire ?! Le département de la sécurité connaissait vraiment trop bien l'informaticienne à son goût -. Ils étaient prêts à agir si cela devenait nécessaire, et pas de la plus plaisante des façons…
La seconde étant la peur de ne plus avoir alors de réponse à ses questions.

- "S'il vous plaît," essaya-t-elle plus finement. "Ce sont plus que mes collègues : ce sont des amis. Je dois savoir ce qui va leur arriver."
- "Navrée," répondit de nouveau sans aucune pitié son interlocutrice. "Mais ces informations sont classées confidentielles."

En jurant, Cassandra se leva, prête à en découdre.
Les gardes se tendirent, s'apprêtant sans doute à lui sauter dessus si elle ne faisait ne serait-ce qu'un seul geste trop explicite.
Il sembla qu'un éclat de peur traversa tel un éclair les yeux froids et ternes de sa proie.
Un sourire prédateur se dessina sur les lèvres écailleuses de la chasseresse.

Arrête ça.

Telle une cascade d'eau froide, la voix la ramena à la raison.

Ce sont des adultes. Ils se débrouilleront.
«C'est cynique.»
Les plus forts survivent. C'est la loi de la nature… Et celle de l’administration. Mais ne t'en fais pas. Tu les connais. Rien ne peux en venir à bout.
« Ce… n'est pas faux.» concéda l'humanoïde, en songeant que c'était plutôt la Fondation qui devrait craindre la revanche de ses pairs.
Tu devrais plutôt t'inquiéter de ce qui va nous arriver, à nous.

L'échange ne dura pas plus d'une seconde.
Cassandra reporta son attention sur la pièce. La tension était telle qu'on aurait pu couper du papier avec l'air ambiant. Un peu contrariée de ne pouvoir laisser libre cours à ses instincts, elle se rassit tranquillement. Les gardes se détendirent, et la secrétaire déglutit péniblement.

- "Et moi ? Je peux savoir, ce qui va m'arriver ? Ou bien est-ce… confidentiel…?" fit la doctoresse en grinçant des dents.

Il lui sembla qu'une lueur de spéculation éclaira un instant les verres impersonnels de sa rivale. Mal à l'aise, la reptilienne se tortilla un peu sur sa chaise.

- "Cela devrait vous plaire : nous allons simplement appliquer notre devise à votre cas."
- "C'est à dire ?" s'étonna Cassandra sans comprendre.

L'interlocutrice laissa passer un moment de silence, avant d'énoncer clairement, avec beaucoup plus de satisfaction que cela n'aurait dû :

- "C'est simple. Votre personne sera sécurisée et contenue, ceci afin de protéger nos pairs. En tant que SCP, bien entendu. Naturellement, nous espérons de votre part la coopération la plus complète."

Un ange passa.
La voix intérieure fut la première à réagir.

Est-ce qu'elle vient de dire ce que j'ai cru entendre…? Cassandra…?

Soudainement, elle comprit la raison à la présence des trois gardes.
Ils n'étaient pas là pour protéger la secrétaire.
Merde.
Elle venait de réaliser quel sort serait réservé à la majeure partie des anciens employés du Site-Aleph.
Merde. Merde. Merde.

D'un mouvement si vif qu'il fut difficile pour les simples humains de le percevoir, l'humanoïde fit un bond en arrière, renversant sa chaise. Elle s'élança vers la porte, prête à décimer tout le monde sur le site, si cela lui permettait de s'échapper.
Sa main griffue se referma sur la poignée.

Clic clac.

Verrouillée.
Putain. Comme une débutante.

Cassandra fit volte-face. Les agents de sécurité se refermaient déjà sur elle, leurs armes pointées droit sur ses zones sensibles.
Des fusils tranquillisants.
Le contenu des fléchettes était sûrement fait sur mesure, à l'occasion.
Fait chier.

- "Rendez-vous, et aucun mal ne vous sera fait." énonça calmement l'un d'entre eux.

Pour toute réponse, la queue de Cassandra alla violemment heurter la porte. Sous la violence du choc, un terrible craquement se fit entendre dans la salle, signe que le bois n'appréciait pas le traitement.
Les gardes se tendirent, leurs doigts crispés sur la gâchette.

- "Ne recommencez pas." avertit une autre figure dans son uniforme sombre.

Mais il ne fallait pas acculer une bête désespérée ; aussi la porte fut-elle impitoyablement fracassée en son centre par un second coup.
A travers le large trou maintenant créé, le couloir état visible.

Les gardes tirèrent.

Quelques fléchettes ricochèrent sur la protection écailleuse dont disposait leur cible.
D'autres percèrent la peau, atteignirent les veines.

Et alors que le produit se répandait dans son organisme, la contraignant à l'obscurité, Cassandra jeta, dans un mouvement désespéré, toute son âme vers le seul, l'ultime, le vain recours qui lui restait :

«Aaaron !»


Le silence.
Le prémisse d'idée.
La prise de conscience.
Ces souvenirs, ces souvenirs qui affluent.
La honte, la honte toujours plus grande, plus vive, plus infâme.

Et l'amour. L'amour, qu'elle ressent s'étendre dans tout son corps, qu'elle ressent au sein de son compagnon. Ce lien unique qu'elle partage avec lui.
Egalement, l'affection qu'elle ressent pour chacun de ses anciens amis.

Puis, enfin, la parole.

- "J'ai vraiment été au dessous de tout, n'est-ce pas… Aaron ?"

La joie de son compère est presque palpable, tant il se trouve assailli par le soulagement.

Enfin. Enfin.

Cassandra se met à réfléchir, à une façon d'amener ce qu'elle souhaite exprimer. Il est certes futile de vouloir mettre des mots sur les sensations qu'elle ressent au moment présent, puisque le reptile capte chacune de ses pensées, même les plus fugitives… Mais elle tient à s'excuser.

«Je suis désolée…» fait-elle finalement dans l'intimité de leur esprit commun.
Pas de problème.

Silence. Communion. Réunion.

«Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?»
On réfléchit.
«On s'échappe.»
On retrouve les autres…
«Et on fait dégueuler leur race à ces sales enfoirés du conseil.» compléta-t-elle avec une satisfaction sauvage.

Son regard se posa sur la porte de sa cellule.
Un SCP, hein.

Il était temps de provoquer une brèche de confinement.

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License