Question de point de vue
notation: +4+x

Malgré l'ampoule, la pièce était faiblement illuminée, une odeur âcre régnait provenant certainement des toilettes se trouvant à deux pas de moi. Des feuilles étaient éparpillées sur la seule table présente avec un homme assis en face en train de gribouiller des choses, certaines incompréhensibles et d'autres qui semblaient parfois plus logiques.

Quelle heure était-il ? Aucune idée, j'avais l'impression que ça faisait des heures que j'étais là à répondre aux questions ou peut-être que je les posais ?
Je n'arrive même plus à me souvenir…
L’homme parlait seul…
Parfois c’était un échange de question. Voire une discussion.

Pourquoi je parle à ce mec déjà ? Ah oui, pour les besoins de la Fondation, nous avons besoin de vos « talents » qu’ils disaient… Mon cul oui, ils ont surtout besoin de quelqu’un pour faire le boulot que personne ne veut faire !
Quand je suis arrivée ici on m'avait expliqué ce que serait ma vie à présent : on m'avait parlé des recherches, des secrets, des dangers, des classe-D…
C'était bien peu par rapport à tout ce que j'ai appris ensuite : les expériences, les choses contenues ici et Dieu sait combien elles sont nombreuses, certaines plus dangereuses que d'autres, il suffit juste de prier pour tomber sur la moins pire.

Puis on a toqué à la porte, 4 gardes armés jusqu'aux dents (et c'était peu de le dire car l'un d'entre eux possédait d'énormes canines ne pouvant être contenues dans sa bouche) nous ont prévenu que tout était en place.
L'homme au bureau s'est levé avec l'aide de deux gardes, je l'ai suivi et nous sommes sortis de la pièce exigüe. J'étais également encadrée par deux gardes et ils nous escortaient à travers des couloirs blancs comme la nacre.

La lumière était éblouissante, ce n'était pourtant pas la première fois que je passais dans ces couloirs mais, je n'arrivais toujours pas à m'habituer. L'écho de nos pas raisonnait dans les couloirs ce qui était perturbant et irritant. Sans compter le fait que cet endroit est un vrai labyrinthe, impossible de se retrouver sans un plan ou un guide.

L'homme qui était assis au bureau tout à l'heure, marchait à présent devant moi, il disait tout un tas de choses incompréhensibles. Et quand je lui demandais des explications il faisait mine de ne pas écouter, se taisait, et reprenait la parole quelque instant après. Ce petit jeu a duré jusqu’à ce que l’on s’arrête.
Le dédale de couloir nous a finalement mené devant une porte immense avec un petit écriteau sur le côté indiquant : SCP-099 ; "Sûr". L'expérience se déroulerait donc avec un "Sûr" cette fois.
J'ai cru comprendre qu'il avait fallu une dérogation spéciale pour pouvoir échapper quelque peu aux règles de sécurité qui entourait ce truc.
C'était néanmoins rassurant que ce soit avec ce SCP car je savais que j'aurais encore demain pour tenter d'éclaircir les paroles de l'homme du bureau.

On a commencé l'expérience. De loin d'abord, à 15 mètres, puis de plus en plus près, avançant de deux mètres toutes les 10 minutes environs. Plus le temps passait et plus les propos de l'homme semblaient confus pour moi.
Vais-je enfin comprendre ce qu'il dit ou le fait-il exprès ?
On a mis fin à l'expérience au bout d'une quarantaine de minutes, on est retournés calmement vers la petite pièce, toujours l'homme en premier et moi ensuite, les mêmes couloirs blancs en sens inverse et mes yeux toujours pas habitués à cette PUTAIN de lumière !
J’ai eu le sentiment que nous étions suivis et observé par quelqu'un durant le retour, qui était-ce ?
Il nous regardait comme s’il était gêné ou perturbé, il se dandinait d’une jambe à l’autre tout en restant à distance.

Nous sommes entrés et un interrogatoire fit suite à l'expérience : Quelle sensation avez-vous éprouvé ? L'avant par rapport à l'après expérience ? L'homme de nouveau assis à son bureau gribouillait encore et toujours sur ses maudits papiers, d'une autre couleur cette fois. Pourquoi ?
L'inconnu qui nous avait rejoint en cours de route nous observait de loin durant l'entretien, que voulait-il à la fin ?

L'heure du repas arriva et on se sépara. La porte de la cellule se refermant lentement. Le temps passa et j'analysais tout ce qu'il s'était passé, tout ce qu'il s'était dit.
Et finalement je compris le sens de tout cela, le sens des gribouillages, le sens du changement de couleur et le sens des paroles de cet homme assis à son bureau le regard perdu dans le vide. Les deux gardes devant la cellule n'avaient rien entendu, pas dangereux, sans antécédent psychologique avaient-ils dit, totalement stable !

ALORS QUELQU'UN PEUT-IL M'EXPLIQUER POURQUOI CE PUTAIN DE CLASSE-D TRANQUILLEMENT ASSIS À SA TABLE EN CARTON S'EST SUICIDÉ EN S'ÉTOUFFANT AVEC SES PUTAINS DE DESSINS !!!!!

Le Docteur ██████ en charge de l'expérience se rendit compte que le mauvais classe D lui avait été attribué, en effet, le classe-D utilisé lors de l’expérimentation avait de sévères troubles psychologiques, lorsque le Dr. ██████ a demandé au classe-D de dessiner et l'a questionné sur son ressenti avant et après l’expérience, il en est ressorti des incohérences par rapport aux réponses qui auraient du être données si cela avait été un autre sujet.
L'homme qui les avait rejoint en cours de route devait les en avertir mais l’expérience ayant déjà commencé, il s'est contenté d'observer.

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