Un conte dans lequel un résumé est déguisé en interactions entre personnages
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Retour d'entraînement inter-Forces d'Interventions de la Fondation
Forêt nationale de Humboldt-Toiyabe

"Allez, Brennan, on traine pas !"

"Putain…" Jack Brennan, Lieutenant au sein de Psi-7 et emmerdeur fini, toussait et se pencha en avant, les mains sur les genoux. "…tu, Pryce. C'est… vraiment dur de… courir avec un masque."

Seren Pryce leva les yeux au ciel et se tourna vers lui, la queue de cheval au vent. "Tu as couru dans des escaliers sans fin en armure de combat et un masque à gaz. Fais pas ta chochotte."

Brennan se redressa et pointa ses lunettes embuées. "Je peux voir avec un masque à gaz !"

Seren secoua la tête et sortit de sa poche une bouteille de spray anti-buée. "Fais attention à tes yeux. Un chercheur à 87 a failli devenir aveugle parce qu'il ne l'appliquait pas correctement."

Jack l'attrapa avec plaisir et commença à vaporiser l'anti-buée sur ses lunettes. "Bon Dieu, ce que ces masques sont chiants."

"Au moins on en a des bons. On peut les porter sans avoir l'impression de se faire couper les oreilles."

Jack finit d'appliquer le spray sur ses lunettes et la buée disparut. Il était tôt un matin de juillet et plusieurs agents d'une dizaine de forces d'intervention était réunis dans la forêt pour s'entraîner.

"C'est même pas le pire côté de ce putain de scénario de fin du monde," fulmina Seren. "Halloween est dingue à Sloth's Pit."

"Slo- oh, le Nexus-18." Jack reprit sa course. "Tu penses qu'ils vont annuler la chasse aux bonbons ?"

"Maintenant ils seront obligés. Le Comté de Douglas a plus d'une centaine de cas et l'ancien maire est toujours sous assistance respiratoire." Seren se retrouva à l'arrière, sa blessure datant de cinq ans auparavant commençait à l'élancer. "Ils ne l'ont pas annulé depuis presque cinquante ans."

"Même pas pendant la neutralisation de 097 ?"

Seren tressaillit, l'obligeant de s'arrêter, les mains sur les genoux. "Cinq minutes."

Jack s'arrêta et s'appuya contre un arbre. Au loin, il vit une demi-douzaine d'agents de Chi-12 courir à travers les arbres. "Des mauvais souvenirs ?"

"Comment dire…" Seren s'étira. Le masque en papier grattait. "Comment tu appellerais un escadron entier qui se fait tuer par une chambre d'hôtel démoniaque, quarante personnes empaillées dans des épouvantails et votre tulpa sympa du quartier qui essaye de décapiter la seule Type-Bleu sur soixante kilomètres en l'espace d'une semaine ? Et ce pauvre Pickman, bon Dieu…"

"Au moins il a son nom dans un 001 post-mortem." Brennan mis la main dans la poche de son survêtement et en sortit deux barres protéinées pour en lancer une à Seren.

Elle le regarda avec désapprobation. "Bordel, on est en juillet. Où t'as pu choper une barre protéinée goût citrouille épicée ?" Elle la retourna. "… 80 putains de pourcents de l'apport journalier en sucre ?! Autant se faire une perfusion de Pepsi."

Impassible, Jack mordit sa barre d'énergie— une seule fois. "Tu étais dans l'équipe qui l'a neutralisé, c'est ça ?"

"Ouais. Il avait pris plusieurs gosses de la ville. Personne n'a été vraiment blessé, Dieu merci." Seren porta une bouteille d'eau à la bouche et prit une gorgée avant de continuer, "L'Escadron-29 et les Types Bleu à 87— Sinclair et Reynolds— étaient resté derrière et l'ont fait exploser après que le reste de la force d'intervention ait évacué les enfants. Elle a même fait un discours surjoué." Seren secoua la tête.

"Elle ?"

D'un ton exagéré, Seren entonna : "L'Équinoxe Noir, Mavra Isimeria, puisse son nom de voiture être mort à jamais. Il y avait une secte en ville dans les années soixante qui faisait des sacrifices en échange de l'immortalité."

"Si on m'avait filé un euro," Jack gloussa. "Comment avez-vous fait, du coup ?"

"Comme j'ai dit, on l'a explosé. Littéralement— Sinclair a fait exploser la voiture sur laquelle elle se tenait." Elle rangea la bouteille et continua à courir. "J'ai dû demander une faveur aux tulpas locaux et ils m'en ont demandé une en retour."

"Sloth's Pit en a plus d'un ? Et ils te l'ont réclamée ?"

"Pas à ma connaissance. Je—"

Seren grimaça alors que son pied droit s'enfonça dans quelque chose de marron, collant, et malheureusement pas une branche. Elle n'avait même pas à regarder pour savoir dans quoi elle avait marché— elle pouvait le sentir. "Sérieux ? De la merde de chien sur le parcours ?" Elle fit un nouveau pas, écarquillant les yeux lorsqu'elle réalisait que le chemin entier était couvert de ce qui pouvait être décrit comme des mines organiques d'origine canine.

"Je vois que Lambda-12 a promené ses chiens ici, aujourd'hui." Jack se frotta le visage. "Tant pis ; on aura fait une belle balade."

"Les Chasseurs de Vermines pourraient au moins essayer d'être créatifs avec leurs blagues." Seren frotta sa botte contre un arbre. "Fumée et Miroirs avait trafiqué un radar de contrôle aérien pour faire grimper les Compteurs de Kant des Lapins Blancs. C'était hilarant, putain."

"Je pense toujours qu'une force d'intervention dédiée à la magie sur scène devrait être appelée Tenn et Peller." Jack secoua la tête.

"Le commandement central a dit non." Seren continuait de shooter dans l'arbre. "J'ai entendu dire que le séminaire en Virginie a dû accueillir les tarés de Samsara. Les pauvres."

"Quelques Power Rangers Mary-Sue, mais ils sont sympa quand tu apprends à les connaître. Ils ont un chien trop mignon."

Une fois qu'elle était certaine que sa botte était propre, Seren commença à reprendre sa course vers le camp.


"… Et si nous voulons étudier exactement pourquoi les protocoles de sécurité à propos des déplacements en souterrain sont efficaces," le Dr Abraham Reinhardt s'adressait à une salle remplie d'agent à moitié endormis face à lui, la voix légèrement étouffée par le masque. "Nous avons juste à regarder le cas du Chercheur Christopher Hastings dans le Wisconsin."

Reinhardt avança dans le diaporama pour montrer un homme à la fin de la vingtaine ou le début de la trentaine se faire tirer dans un trou. Son visage était déformé par la douleur et était en train de retirer son tee-shirt, mais ce dernier ne l'était pas entièrement— il recouvrait plutôt sa bouche et son nez. "Remarquez comme il ne tente pas de chercher de l'aide, car il sait qu'il risque de tirer les autres avec lui. À la place, il tente de s'agripper à la terre." Il avança d'une diapositive pour montrer l'homme planter ses doigts dans le sol. "Et voyez la position de son tee-shirt, couvrant le nez et la bouche. Idéalement, il couvrirait aussi ses yeux, mais en vue des circonstances, il est compréhensible qu'il ne l'ait pas fait."

Le diaporama continua, montrant Hastings se couvrant le torse en croisant les bras, les poignets couvrant le cœur. "Ici, nous le voyons protéger son torse, là où se trouvent le cœur et les poumons. Les doigts agrippés aux épaules, les yeux fermés, et comme vous pouvez le voir à la façon dont son torse est bombé, il a pris une grande inspiration."

"Maintenant, il me semble que nous sommes en compagnie de la partenaire de M. Hastings aujourd'hui."

L'Agent Ruby Williams se leva timidement, faisant un signe de la main. Tous les autres agents dans la salle se tournèrent pour la regarder et le Dr Reinhardt hocha la tête.

"Agent Williams, c'est ça ?"

"Oui, monsieur."

"Dites-moi, pensez-vous qu'il serait toujours vivant s'il n'avait pas suivi ces protocoles correctement ?"

"Non monsieur." Williams s'éclaircit la gorge. "Son suivi du protocole nous ayant permis de commencer à confiner correctement la situation du Nexus-18. Grâce à sa capacité à rester conscient, il a documenté ce que notre force d'intervention a appelé la, heu…" Elle se mordit la lèvre. "L'Usine d'Épouvantails, une anatomie animée par le corps de l'ancien maire et dans lequel a été récupéré un objet ayant permis la découverte d'un ancien culte dans la zone du Nexus ayant par le passé offert des sacrifices à SCP-097-D."

Dr Reinhardt claqua des doigts dans sa direction. "Quel est le taux d'incidents du Site-87, Agent Williams ?"

"Environ… un pour… cinquante, monsieur ?"

"Pourriez-vous décrire votre force d'intervention comme compétente ?"

"Non, monsieur. C'est une bande de troufions."

La salle entière eut un petit rire commun, avec des protestations sous forme de "hey !" provenant de ses collègues de Sigma-10.

"Je rigole. Nous avons une attitude un peu plus détendue, mais grâce au meilleur moral, nous… Eh bien nous avons toutes les raisons de ne pas abandonner. Vouloir être avec ses amis, sa famille. Ses proches. Nous sommes près à nous battre et régler une situation où beaucoup d'agents abandonneraient."

"Donc vous ne vous jetez pas au sol pour accepter votre destin ?"

"On ne l'a jamais fait et ne le ferons jamais. Sigma-10 a une devise sur sa persévérance : "Votre histoire ne s'arrêtera pas ici"."

Reinhardt sourit, ce qui était même visible malgré son masque de papier. "Tout le motif narratif par lequel cette ville passe est absurde, mais j'aime ça. Maintenant, passons à un exemple de l'autre côté de notre spectre, dans lequel l'Agent Perry Fisher a survécu à une chute de trois heures dans une anomalie spatiale en prenant en compte la bonne position de crash…"


"Je n'ai jamais ? On a douze ans ? Ou on est des personnages de sitcom ?" Raymond February retira ses lunettes et les essuya— il ne les utilisait presque plus, mais c'était agréable de retirer ses lentilles pour changer.

La jeune mais expérimentée Jane Weiss des Meuleurs d'Angles lui frappa l'épaule. "Ma tante voulait savoir comment j'allais et c'est le prix de l'information. En plus, c'est probablement notre dernière chance de boire de la tequila jusqu'à l'année prochaine."

"Ils tombent en rade à Vegas." "L'inébranlable" Gerald McCoy de Fumée et Miroirs jouais avec une bague à son doigt alors qu'il regardait les fixations du bar. L'écossais soupira alors qu'il considérait le vol d'une petite bouteille de son alcool natal. "Et j'en ai marre de payer dix balles le verre."

Une femme se faisant appeler "Momoko" s'assit face à February, se reculant pour respecter une bonne distanciation sociale. Malgré le bar étant plutôt commun— aussi commun qu'un bar éphémère pour un séminaire de la Fondation puisse être— elle était toujours en uniforme, dont une cagoule tactique et une partie d'une ghillie suit, portée comme une veste. Il n'était pas sûr de quelle force d'intervention elle faisait partie, quelque chose sous la désignation Alpha. "J'ai pas bu de truc comme ça depuis presque trente ans."

Ses trois compagnons jetèrent un regard intrigué à Momoko. Elle n'avait pas l'air d'avoir plus de trente-cinq ans, mais il y avait quelque chose dans ses yeux, aussi surexcités qu'ils étaient, prouvant une grande expérience. Elle les regarda en retour et rit. "Ok, j'ai un peu exagéré. J'en ai perdu le goût il y a dix ans, mais je suis prête à recommencer."

Jane leur versa tous un shot de tequila. "Alors commençons : je n'ai jamais renversé d'empire galactique."

Le doigt de Momoko trembla sur son verre. Personne ne le remarqua.

"J'espérais avoir une réaction de ta part, February." McCoy le fixa. "Tu viens de Bizarreville si j'ai bien compris."

"Sloth's Pit n'est pas si bizarre." February renifla. "À toi, Ger."

"Ouep. Je n'ai jamais dû combattre quelque chose en parlant en vers."

February bu cul-sec son verre. Jane leva un sourcil. "Ok, Ray, je dois le savoir. Il s'est passé quoi ?"

"C'était pendant Halloween 2018. Cette… entité était sortie de SCP-4040. Un genre de tulpa. Il parlait en vers et lorsqu'on l'a engagé avec une partie de mon escouade, on a tous commencé à faire pareil."

"Est-ce que c'est le Paresseux du Gouffre dont j'ai entendu parler ?" demanda Momoko.

"Le seul et le putain d'unique. Parlez-en à Tofflemire ou Carol, ils en savent plus que moi." Il se mordit la lèvre. "Très bien. Je n'ai jamais accidentellement absorbé de sérum de vérité."

Jane bu timidement son verre et leur en versa tous un nouveau. "Pour ma défense, le thiopental sodique ressemble beaucoup à de l'eau."

Tous se mirent à rire. Momoko regarda February le sourcil levé. "Je n'ai jamais… combattu de Keter."

February avala son shot, s'en versa un autre, puis le bu aussi. "4040 avait été passé en Keter pendant la crise d'Halloween— la deuxième. Parmi les agents l'ayant rencontré pour la première fois— l'un d'entre eux était allergique aux amnésiants donc il n'a pas pu être confiné correctement. Il a évolué autour de tout ce truc—"

"Oh, avec la boucle spatiale autour de Sloth Spit ?" Jane sourit. "Tatie Nina m'en a parlé à Noël. Tu devras m'en parler un jour."

"Attends, il y a eu une première crise d'Halloween ?" demanda Momoko.

"Franchement ? On commence à compter les Halloweens où rien ne part en sucette." February soupira. "Jane, c'est à ton tour."

Jane Weiss se mordit la lèvre. "Je n'ai jamais eu à faire face à mon clone maléfique."

Momoko, February et McCoy burent tous les trois cul-sec. Jane regarda February, béate. "Putain, mais il s'est passé quoi dans cette ville à la logique de jeu-vidéo ?"

"Langage," February cligna des yeux et se gifla. "C'était encore Halloween. L'entité de 4400— le fichu Paresseux du Gouffre— avait décidé de faire un clone de tout le monde au Site-87. Ils nous avaient jeté dans les baraquements."

"Tatie avait oublié cette partie," lança Jane. "C'était tout pendant le même Halloween ?"

"Ouep."

McCoy se mordit la lèvre. "Je pense que j'aimerais laisser la dame à l'autre bout du bar passer ensuite. Elle a l'air d'avoir très envie de dire la prochaine phrase."

Momoko mit sa main derrière le dos et appuya sur quelque chose contre le tabouret qui faisait bouger son manteau. "Je n'ai jamais cité un mauvais film face au danger."

Tous burent leur verre cul-sec. Jane se mit à rire. "Vraiment, McCoy ? Même toi ?"

"J'ai dû regarder Harry Potter une douzaine de fois avec mes petits-enfants ! Ce salaud imitait Radcliffe et j'avais décidé de dire "tu n'es pas un sorcier, Harry" en l'assommant."

Tous se mirent à rire alors que February servait la tournée suivante.


L'Agent Allison Carol n'avait techniquement pas le droit de quitter la zone du séminaire sans supervision. Ce n'était pas de sa faute si elle devait utiliser les toilettes de la base et qu'elle s'était retrouvée à sortir du Wal-Mart de Reno environ deux mois plus tard. Une anomalie spatio-temporelle, c'était aussi simple que ça.

Ce n'est pas qu'elle ne devait pas la rapporter— c'était techniquement un rendez-vous avec d'autres responsables. Elle se dirigea vers le rayon des livres et, selon les instructions précédentes, regarda en direction de l'accueil du SAV.

La queue des retours au bureau du SAV était remplie de dizaines d'adultes à l'air déçu, transportant des costumes variés, des décorations et des sacs à bonbon— certains de ces derniers ayant été scotchés pour cacher les trous. Aucun d'entre eux ne respectait les distances de sécurité, naturellement, mais tous portaient des masques.

Le masque d'Allison lui grattait, la faisant grimacer. Elle se tourna vers son partenaire, faisant mine de regarder le dernier roman de James Patterson dans le rayon des livres. "Pourquoi je dois être ici, exactement ?"

La femme à côté d'elle attrapa une robe grise et un chapeau cloche et haussa les épaules. "Pour jeter un œil à l'attraction qui arrive."

"On essaye de filmer des trucs depuis deux ans. Ça n'a pas marché." Allison feuilletait le livre, légèrement dégoûtée. "Combien de ghostwriters a ce connard ?"

"Fais gaffe." La femme— Allison l'appelait "Rayon de Soleil"— lança. "Regarde leur tête. Halloween est l'un des événements majeurs de ce pays, même après les quatre dernières années. Et ils sont désespérés."

Allison les observa. Elle remarqua un manque étonnant d'enfant dans la file d'attente, mais tous les adultes rendaient des costumes pour enfants. Une femme transportant un costume de Batman semblait particulièrement affolée— ledit costume avait l'air assez grand pour un préadolescent. "Ce n'est pas la première fois que la chasse aux bonbons est annulée et pas la dernière."

"Mais c'est différent. Psychologiquement. Ils portent tous des masques, mais aucun n'en a envie." Elle ajusta le sien, qui était littéralement une grande écharpe violette sentant le vieux papier et l'encre fraîche. "Ils ont annoncé aujourd'hui que la chasse aux bonbons était annulée à Reno. Pense à Sloth's Pit—toutes les fêtes de la ville ont été annulées ou réduites. Pas de pubs pour la St Patrick, pas de fête de la fraise pendant le Memorial Day, pas de chasse aux œufs, et tous les jours fériés sont annulés avec les cours à distance." Elle grimaça. "J'aime pas ça et tu devrais pas non plus."

"C'est le cas." Elle soupira. "Mais c'est un mal pour un bien. On ne peut pas avoir des gens à la chasse aux bonbons alors qu'un virus mortel se promène."

"Il y a plus que ça que tu ne comprends pas." Rayon de Soleil prit une copie du magazine de Martha Stewart. "Tout le mois d'octobre est un Bacchanal pour les États-Unis, un moment où on peut enlever son masque métaphorique. Et tu es oublié pendant ce moment lorsque tu en as plus besoin que jamais. Et Sloth's Pit étant Sloth's Pit…"

Allison fronça les sourcils. "Ne me dis pas qu'il y en aura un autre."

"Ça en a certainement l'air, Narrateur."

Allison leva les yeux au ciel. "Combien de fois je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça ?" Elle grimaça. "Mais qu'est-ce que je peux faire ?"

"À compter d'aujourd'hui, Sloth's Pit est une bouteille de soda secouée à une centrifugeuse allant à Mach 10 sur le point de passer sous une presse hydraulique. Ton travail est de faire s'échapper la pression dans la bouteille par tous les moyens."

"Ou quoi ?"

La femme frotta son écharpe. "Ou tu pourrais ne plus jamais être capable de retirer de masque, littéral ou métaphorique."

"Tu ne peux pas répondre plus clairement ?"

"Ça fait partie du bureau. C'est compliqué à faire." Rayon de soleil secoua la tête et sortit un morceau de papier de sa poche— un code QR. "Une piste pour commencer."

Allison sortit son téléphone et scanna la carte, fronçant les sourcils à la vue de l'adresse affichée. "… Parawatch ? Tu rigoles, c'est ça ?"

"C'est là où vivent les gens flippants de nos jours." Rayon de Soleil regarda derrière son épaule. "Ton partenaire est prêt pour faire une blague sur ta chute. Je te suggère de rentrer."

Allison Carol se leva et sortit des toilettes vers la base, jetant un regard noir vers Robert Tofflemire de la manière la moins agressive possible. "Un petit conseil : évite les sandwiches au poulet."

"Noté." Robert lui sourit. "Tu prends le faux couteau avec toi ? Pryce veut se venger des Chasseurs de Vermines pour leur blague avec la merde de chien."

"J'ai pas pu le prendre dans l'avion." Allison secoua la tête. "Mais, le bar a lui tout le matériel dont on a besoin pour faire la Fameuse Limonade à la Cerise et au Faux Sang de February."

"Ça me fera toujours flipper qu'un ancien chasseur de vampire ait fait une recette pour ce truc." Robert gloussa. "Un ami que je me suis fait au 19 s'occupe du matériel de paintball. On sabote leurs balles avec une moitié et on boit l'autre ?"

"Ça m'a l'air parfait."

Allison se mit en route avec son partenaire, sentant l'automne qui commençait à se saisir des bois autour d'elle. Ça allait être un autre long Halloween.

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