Ombre et Lumière
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J’ai rêvé.

J’ai vu le bec long et affûté, et les mains de la Peste
L’Ombre qui me menaçait, et la mort qui me côtoyait.

J’ai entendu le glas de la condamnation à l’insomnie
Partout et nulle part à la fois, être invisible et réelle menace de surcroît.

J’ai connu le visage honni, et le hurlement du banni
Alors clos tes paupières ou va au-delà de ton destin.

J’ai entr’aperçu le rictus de l’hypocrisie ou la mort déguisée
Le carnaval d’une tragique comédie, des paroles, et le sang a coulé.

J’ai combattu l’ange tombé de l’Ancienne Alliance
L’homme au poignard, émissaire d’une ancienne menace.

J’ai écouté les murmures d’un cœur avide de chaos
Esprit du démon, de Dieu le fléau, que jamais nous n’inhumerons.

Je suis descendu au fin fond de l’obscurité, tombeau des pleurs d’un enfant
Triste mélodie d’un lieu témoins de déchirants hurlements.

J’ai fait face à la Première Aberration de ce monde
Que l’on ne défier que du regard, pour ne pas se soumettre à la peine capitale.

Et alors, les ténèbres s’illuminèrent, et, au milieu des éclaircies, par la magie d’une accalmie, je t’ai remarqué. Celle qui change le cauchemar en rêve par le simple don d’un sourire, gardienne de l’immortalité d’une image, capable de donner vie à l’immuable.

Le Dr. Gray contempla un instant sa création, prenant le temps de la relecture, puis il demeura pensif quelques instants.
Alors il froissa le poème, et le jeta dans la corbeille, au sommet de la pyramide de papier qui s'y trouvait déjà.

Il déposa sa plume, se leva de son bureau, s'approcha de la grande baie vitrée.

Et, contemplant les étoiles, il soupira.

"C'est trop lourd. Iris n'aimera pas."

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