Lettre à la Singulière Académie Impériale
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A storm is loosed upon the sea
Whose eye is stained with tears.
A wretch Hell-bound and bent on blood,
the makings of the fearful's fears.

The tide it stole away her grace,
the depths, they wouldn't claim her.
A toil begat by father's blood
This path was laid before her.

Redemption borne by brigand's blood
A blight upon the darkness.
The pact embraced, a road unsought
The Maiden of Death won't be unwrought.

Her wrath is known throughout the black,
the gardens of death she is tending
Vengeance is her only ward
Beware the blood red rose's thorn.

C21 FX - Blood Red Roses


Brass Blade, mer des Caraïbes - 18 Fructidor an XIII (04/09/1805), 13h14.

Le navire, un brick ou brigantin, fendait l'eau, propulsé par un vent arrière de bonne augure. Il battait pavillon anglais et avait pris en chasse un navire battant pavillon français. Une ancienne frégate reconditionnée en navire négrier ou en navire marchand. Cela était chose courante. Le Brass Blade était plus rapide, aussi gagnait-il du terrain à vive allure. D'ici trente à quarante minute, le capitaine Godwill donnerait l'ordre de hisser le pavillon noir. Il hésitait un peu sur la marche à suivre, couler purement et simplement le navire français était probablement la meilleure chose à faire, même si ce n'était pas là son habitude. Mais mieux valait priver les français de leur marins et de leur navires que de leur laisser une chance de prendre leur revanche. L'ex-frégate était plus lourdement armée que son brick, mais le Brass Blade avait pour lui la rapidité et la mobilité. Il lui serait aisé de rester dans l'angle mort du français et de le démater pour l'immobiliser. L'abordage serait plus risqué, comme toujours, mais quelques volées de mitraille bien senties élagueraient drastiquement les matelots ennemis.

Son instinct lui dictait néanmoins que quelque chose clochait.

Le comportement du navire marchand était pourtant tout ce qu'il y avait de normal. Le capitaine français avait baissé des voiles supplémentaires pour gagner de la vitesse lorsqu'il avait remarqué que le Brass Blade le prenait en chasse. Un comportement normal, désespéré, futile. Il n'y avait que la mer et la voile du français à l'horizon. Très peu de nuages également, donc aucune possibilité de fuite.

Godwill afficha un sourire carnassier. L'instinct d'un capitaine de la Royal Navy pouvait bien se tromper de temps en temps.

- Monsieur Radcliffe, faites passer le mot. Double ration de rhum pour les hommes ce soir. La prise promet d'être belle.

- Bien capitaine.


Rose Sanguine, mer des Caraïbes - 18 Fructidor an XIII (04/09/1805), 14h02.

- Trente minutes, capitaine ?

- Non, plutôt vingt.

- C'est vrai qu'il file à bonne allure.

- Il faut bien dire, monsieur de la Broche, nous représentons une proie de choix pour le rosbif.

- Corsaire ou pirate selon vous, capitaine ?

- Pavillon noir ou non, le Sieur Rosbif arbore un pavillon anglais. C'est suffisant pour moi.

Les deux hommes rirent de bon coeur.

- Bon, assez rigolé. Faites passer le mot : branle-bas de combat, mais discrètement. Pas de tambours, pas de cris. Je ne veux pas que Sieur Rosbif se doute de quelque chose. Que les hommes aux voiles continuent d'avoir l'air désorganisé encore un peu.

- Bien capitaine.

- Oh, Monsieur de la Roche ?

- Oui capitaine ?

- Que l'ingénieur de bord se tienne prêt. Nous allons tester les petites merveilles de la Singulière Academie Imperiale aujourd'hui.

Un sourire mauvais se dessina sur le visage du second.

- Bien capitaine.

La rose sanguine n'était pas un navire marchand. C'était une frégate de classe Résistance, dotée officiellement de 30 canons de 24 livres et de 20 canons de 12 livres. C'était un navire de guerre, aux ordres de sa majesté impériale.

Et elle était en chasse depuis le début.


Brass Blade, mer des Caraïbes - 18 Fructidor an XIII (04/09/1805), 14h12.

- Nous les hélons, capitaine ?

- Ce ne sera pas la peine. Que les artilleurs visent le grand mat en priorité. Nous l'immobilisons, puis nous l'abordons. Et si elle résiste ou se révolte, comme une satanée française, nous l'envoyons par le fond. Nous serons à portée de tir dans une dizaine de minutes, soyez prêts.

- Oui capitaine.

Un matelot les héla.

- Capitaine ! Leur grand mat !

Godwill se saisit de sa longue vue et la braqua en direction du navire français, rapidement imité par Radcliffe.

- Un pavillon ?

- Non monsieur Radcliffe. Une flamme de guerre… Ce n'est pas un navire marchand ! Feu ! Feu à volonté !


Rose Sanguine, mer des Caraïbes - 18 Fructidor an XIII (04/09/1805), 14h15.

- Paré au feu, capitaine.

Les boulets anglais sifflèrent autour de la frégate. Peu d'entre eux touchèrent les flancs du navire. Le capitaine anglais avait tiré beaucoup trop tôt et gâché la première salve de ses canons avant. Il était hors de question de lui laisser l'occasion d'user des ses bordées.

- Amateur… Monsieur Gastotz, plein tribord !

- Bien capitaine !

La Rose Sanguine vira brusquement, tandis que tout l'équipage s'agrippait à quelque chose. La perte de vitesse fut brutale, mais elle permit de positionner le navire dans l'angle parfait.

- Barrer le T, tout en douceur. Monsieur de la Broche, feu !

L'armement de la Singulière Académie Impériale se mit en œuvre moins de trois seconde plus tard.

Et l'enfer s'abattit sur les anglais.


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