Les fearys-mèmes rêvent-ils de moutons mémétiques ?
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Fascinant.

En rejoignant le Site Aleph, je savais que j'allais rencontrer des êtres anormaux, mais rien ne m'avait préparé à ça.

30 centimètres, des cheveux blonds comme le blé doré, deux petites cornes sur la tête, deux grands yeux semblables à des perles nacrées, des doigts fins avec quelques écailles, des pieds nus à moitié recouverts de plumes, une petite blouse sur ses épaules et deux ailes de papillon, jaunes aux reflets d'argent, ornant son dos, leur surface rappelant celle d'un vitrail. Chacun de ses mouvements était habité par une grâce surréelle, son rire apportait une forme de joie infantile tandis que sa voix ensorceleuse tissait mille mots habillés de magnifiques parures.

J'avais devant moi une véritable fée.

Elle voletait à côté d'un groupe de chercheurs et discutait calmement. Parfois, elle se posait sur la tête d'un docteur, parfois elle grignotait une pomme faisant sa taille. Derrière son vol, elle laissait traîner de la poussière d'or qui disparaissait au contact du sol.

Je restai dubitatif pendant un long moment, la bouche grande ouverte. Ce jour-là, j'eus du mal à finir mon repas. Mon comportement dut être assez voyant, pour cause, la fée vola vers moi.

"Je peux vous aider ?"

Mon cerveau nécessitait un petit moment avant de réagir.

"Comment ?"

"Plaît-il ?"

"Comment se fait-il que vous soyez …"

"Une fée ?"

"Oui !"

Le groupe de chercheurs qui avait discuté avec elle me regarda en étouffant quelques rires.

"Demain, à 14h, mes collègues et moi allons donner une conférence sur les fearys-mèmes. Dois-je espérer que vous y viendrez ?"

"Assurément."

"Alors à demain." Dit-elle avec sa voix de jeune fille innocente.

Puis, elle regarda l'heure et sursauta de surprise.

"Kavala !" Éructa-t-elle avec force envers un de ses collègues qui sursauta lui aussi, mais avec plus de peur.

"Tu es en retard ! Magne-toi !"

Ainsi, la fée et le jeune chercheur partirent sous les rires de leurs collègues et sous mon regard incrédule.

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Cette nuit là, j'ai rêvé de fées, rien d'anormal, mais je ne pouvais rester tranquille sur mon siège en attendant ma réponse.

La salle s'est vite remplie, et je pouvais sentir que la plupart, si ce n’était tous, venaient juste pour la fée.

Cette dernière arriva en scène sous les acclamations de la foule. Elle sourit avec fierté face à ces admirateurs tandis que le jeune chercheur arrivait en baissant la tête.

"Salutations à vous tous. Je m'appelle Gwellaouen Valey, docteur en elficologie. Mais appelez-moi Gwel."

Elle enchantait toute la salle par sa simple présence. Face à elle, on ne pouvait que se sentir curieux.

Le jeune chercheur, aux cheveux noirs courts et bouclés, enchaîna en disant :

"Je m'appelle Brieg Valey, aussi docteur en elficologie."

"Ensemble nous allons vous parler des fearys-mèmes et de notre livre intitulé "Les fearys-mèmes rêvent-ils de moutons mémétiques ?"."

La petite fée s'assit sur la tête de son collègue et continua à parler.

"Les fearys-mèmes correspondent à un ensemble d'anomalies, au même titre que les briseurs de réalité ou des hémovores, tandis que l'elficologie est l'étude des fearys-mèmes."

"Les fearys-mèmes sont des mèmes prenant naissance grâce à une subite baisse de réalité appelée "Dana". Cet événement est caractérisé par sa limitation dans l'espace, de l'ordre d'un nanomètre, d’une modification de leur lieu d’apparition, appelée "Cercle de fée" et par la mise en forme d'un mème."

Elle acheva sa phrase en soupirant, pour ensuite pointer du doigt un membre de l'assemblée.

"Toi, oui, toi. Je sais pertinemment que tu ne comprends pas le concept de mème. Je n'ai pas de temps à perdre en expliquant cette base. Comment je le sais ? Parce que je suis un mème vivant."

La personne concernée, totalement interloquée, préféra partir en même temps que plusieurs autres spectateurs.

"Maintenant que ces kavalas sont partis, je vais pouvoir parler des perturbations mémétiques."

La petite fée éructa le mot "kavala" comme une insulte avec un ancien accent, ressemblant à de l'anglais.

"Une perturbation mémétique est un terme désignant le changement des propriétés de plusieurs effets mémétiques sur une zone et un temps limité. Cela comprend la suppression, le changement, le remplacement et l'augmentation ou la diminution de l'intensité d'un effet mémétique."

"Les fearys-mèmes utilisent les perturbations mémétiques pour communiquer et exister. Il en existe trois types : les perturbations alphas, qui ont pour but de créer, au final, un semblant de réalité logique et détectable par l'esprit humain une fois formées. Les perturbations omégas, qui n'ont pas de but logique, elles ne servent qu'à embrouiller la victime. Et les perturbations bêtas, qui ont les même propriétés que les alphas, à une exception près : le résultat est incompréhensible pour les êtres rattachés à des organes physiques sensitifs. Ce type de de perturbation est utilisé entre les fearys-mèmes pour communiquer entre eux."

"Les manières les plus courantes qu'ont les fearys-mèmes pour utiliser leurs perturbations sont : premièrement, la modification de l'esprit de l'infecté pour qu'il devienne un cadavre mémétique, terme désignant un certain type de corps végétatif. Deuxièmement, la création d'une illusion ayant la forme d'une petite créature, celle-ci pouvant changer selon le bon vouloir du feary-mème. Cette utilisation de la perturbation mémétique a un but pratique, celui de permettre à l'infecté de mieux visualiser l'entité qui l'a ciblée. Troisièmement, créer des sentiments plongeant l'infecté dans un rêve artificiel. Au passage, un infecté est une personne visée par la concentration d'un feary-mème."

"Donc, pour être affecté par une perturbation, il faut être la cible d'un feary-mème. Il est assez confus de parler de concentration pour une entité-concept, puisque sa concentration est basée sur tout l'univers conceptuel. Sauf que les fearys-mèmes ont une limite. Ici, on ne parle pas de limite territoriale ou physique, mais de limite de croyances. Par exemple, on ne fête pas de la même manière Noël en Espagne qu'en France, de ce fait, un feary-mème interprétera cette différence de tradition comme une "frontière"."

"Vous pourrez trouver une carte de la plupart des "frontières mémétiques" dans notre livre. Mais faites attention, chaque feary-mème est différent. Ils incarnent tous une idée distincte. Pour ma part, c'est la Curiosité qui m'a créée, ainsi, le concept de frontière m'est assez inconnu. Cependant, la concentration d'un feary-mème peut changer selon la personne ayant donné naissance à ce dernier."

"J'ai dit que c'était un "événement" qui était la cause de l'existence d'un feary-mème. Cependant, chaque être humain a une idée différente d'un concept. Ainsi, l'on peut dire que ce sont certains humains en particulier qui sont à l'origine d'un seul feary-mème. Les réflexions animales ne sont pas assez développées pour devenir un feary-mème. Il est vrai que les animaux domestiques sont capables de réflexions ou de ressentir des sentiments, tandis que les oiseaux peuvent fêter la venue de l'été. Néanmoins, la culture humaine est beaucoup plus évoluée et changeante, un simple mème d'origine animal n'est pas assez évolué pour être impliqué dans un Dana. Les implications psychologiques et éthiques d'une telle chose sont la raison de beaucoup de débats dans notre milieu, ainsi, il n'y a aucun consensus, de ce fait, nous n'en parlerons pas ici. Nous préférons garder la vision de la Fondation qui est de confiner le plus possible de fearys-mèmes. Sauf moi qui suis une exception grâce à la politique de ce Site."

Une main se leva dans le public.

"Je vous écoute."

"Vu que vous avez tous les deux le même nom de famille, j'en conclus que c'est le docteur Valey qui est la personne vous ayant imaginée, n'est-ce pas ?"

"Non, c'est son ancêtre, à l'âge de fer en Écosse. Cependant, je me suis vite rattachée à la famille des Valey à cause du fait que nombre d'entre eux ont démontré une grande curiosité. Ce comportement peut être observé sur la plupart des fearys-mèmes, mais pas tous. Ensuite, je vois certains penser que j'ai "vécu" depuis l'âge de fer, puisqu'une fois rattachée à une famille, un feary-mème est intimement lié à eux et à leur comportement. Mais les années où la famille des Valey a été peu nombreuse ou les époques où la curiosité n'était pas de mise, alors j'étais "éteinte". Il n'y avait plus personne pour "définir" mon existence et ma "curiosité". Ainsi, je n'ai vécu que la plupart de l'âge de fer, la moitié du Moyen Âge et je n'ai jamais connu de guerre, sauf la Deuxième Guerre mondiale pendant laquelle un Valey a travaillé en tant qu'ingénieur."

"Maintenant que nous avons parlé de frontière mémétique et de la limite d'existence d'un feary-mème, vous devriez mieux comprendre qu'un feary-mème est limité dans sa concentration. Un feary-mème n'existe que dans les lieux où il est défini comme étant réel, le plus souvent, on peut trouver ces créatures proches des cercles de fées, proche d'une grande maison familiale, quand le feary-mème est rattaché à une famille, ou dans un endroit mystérieux comme la forêt de Brocéliande où l'existence des fées est "avérée". Ainsi, vous ne pouvez pas être affecté par une perturbation n'importe quand."

"Concernant l'existence propre d'un feary-mème, il est à savoir qu'en tant que mème-entité, nous n'avons pas de corps physique. Si vous passez votre main sur ce que vous considérez comme étant "moi", votre main ne fera que passer. Cependant !"

La petite fée montra à tous qu'elle pouvait taper son collègue.

"Il est possible d'avoir une sorte de contact physique avec une fée, il suffit juste de l'"imaginer". En ce moment même, ma perturbation alpha vous affecte tous pour que vous puissiez voir une "fée", mais en même temps, mon collègue imagine que je le touche physiquement et étant donné que je suis rattachée à lui, c'est lui qui me définit. Ainsi, son imagination devient réelle. Pour résumer, je ne peux exister que grâce à lui, s'il n'est plus là, alors je m'"éteins". La question que vous pourriez vous poser est : Est-ce que je peux vous toucher moi aussi ? Oui, si vous considérez ce contact comme réel au même titre que mon collègue alors vous pourrez me toucher. Par contre, vous ne pourrez ni me voir ni me toucher sans la présence de mon collègue."

"Ho, encore une question, vous êtes bien curieux."

Dit-elle avec un grand sourire.

"Vous dites que seulement ceux prenant votre existence comme réelle peuvent vous toucher, est-ce que c'est pareil pour le fait de vous voir ? Est-ce qu'il n'y a qu'en vous considérant comme réelle que l'on peut vous voir ?"

"Exactement. Mais un problème doit se poser pour la plupart d'entre vous puisque qu'ils m'ont déjà vue dans des couloirs ou à la cafétéria avant même d'entendre parler d'elficologie. Mais il y a une raison à cela. Pour y répondre, je vais vous poser une simple question."

"Est-ce que Hercule existe ? Ce fameux héros de l'Antiquité."

"La plupart répondent que oui, c'est normal puisque vous travaillez sur des entités défiant l'imagination. Mais imaginons que l'anormal n'existe pas. Est-ce que Hercule continuerait toujours à être réel ?"

"Bien sûr que oui, il est réel grâce à son mythe, ainsi, l'on peut considérer les fées comme réelles grâce à leur histoire. Le mot "fée" ne vous est pas inconnu, il crée en vous une image. L'image de moi que vous voyez est celle que mon collègue considère comme étant une "fée"."

"Donc, il est possible de me voir sans même avoir entendu parler d'elficologie. Il suffit juste d'avoir déjà entendu parler de "fée" et d'avoir l'esprit ouvert. Pour les membres de la Fondation, c'est un cas assez spécial puisque vous travaillez avec des anomalies, donc, la plupart d'être vous partent du principe que tout est réel, même l'irréel. Ainsi, pour en revenir aux zones d'apparition des fearys-mèmes, le Site Aleph est au même titre que la forêt de Brocéliande puisque ces deux lieux sont remplis de mythes."

"Ensuite, pour mes interactions indirectes. Comme celle de manger, certains m'ont certainement déjà vu manger une délicieuse pomme à la cafétéria, en fait c'était une illusion due à une perturbation alpha. En vrai, c'est mon collègue qui mange toutes ces pommes. Pour ma part, vu que je n'ai pas de corps physique, je ne connais même pas le véritable goût des pommes, je ne peux qu'"imaginer" leur goût à partir de ce que ressent mon collègue."

"La question est : pourquoi je fais cela ? C'est pour avoir une interaction sociale : de par le fait que je suis définie par mon collègue et les autres, ma nature me force à être proche d'une certaine façon des êtres humains. Il en va de même pour la plupart des fearys-mèmes. Les cas de fearys-mèmes sauvages sont particuliers."

"Pas d'autres questions ? Alors, je vais parler des catégories de fearys-mèmes. En premier lieu, suite à un Dana, un feary-mème sera considéré comme immature, on appelle ces cas-là des lutins. Ils n'ont pas de réelle intelligence, mais leur nature profonde les pousseront à rester près des humains, leur permettant ainsi se de créer une personnalité. Pour ma part, je ne suis pas longtemps restée un lutin de par ma curiosité. Mais encore une fois, chaque feary-mème a un comportement différent selon l'idée qu'il incarne."

"Une fois devenu intelligent, le lutin va s'approprier une forme, une existence propre, visible grâce à des illusions dues aux perturbations alphas. Il ne va pas souvent changer de forme, car cette dernière est la définition de son "identité". Dans le cas contraire, il le fera surtout pour un cas pratique ou social, selon ce qu'il vit. S'il vit des atrocités, son apparence en fera de même, sinon, il prendra une apparence appropriée à son milieu et à sa fonction. Ainsi, une fois sa forme définie, le lutin deviendra une fée ou un farfadet selon le fait que son apparence soit féminine ou masculine. L'idée que le lutin incarne peut changer le sexe de la forme. Moi, j'ai décidé de devenir une fée pour mieux m'entendre avec la fille de mon créateur. Aujourd'hui, je suis incapable de prendre une forme masculine."

"Un lutin peut se développer et obtenir des capacités de bien des façons. Cependant, il existe des développements très proches, ainsi, il est possible, la plupart du temps, de mettre des fearys-mèmes dans des cases. Pour désigner l'ensemble des fearys-mèmes, on parle de "famille", comme avec les espèces d'animaux. Suite à quoi, le terme "sous-famille" désigne les grandes lignes de développement d'un mème. Les principales sont les fées de maisons et les sidhes. Tandis que le terme de "sous-règne" désigne un ensemble de fearys-mèmes ayant développé des capacités particulières les rendant uniques et appartenant à la même sous famille. Comme exemple, il y a les changelings et les kobolds, qui restent des sidhes, mais qui nécessitent des procédures de confinements particuliers. Ensuite, si un mème développe des capacités lui étant propre, alors ont parles d'"infra-règne"."

"Le plus souvent, un lutin ayant pris forme va en premier lieu s'attacher à une famille, dans laquelle se trouve l'être humain ayant une définition la plus proche du mème créateur du feary-mème. On appelle ce genre de feary-mème un farfadet ou une fée de maison. Habituellement, ils vont prendre soin des enfants, éloigner le mauvais sort ou utiliser une perturbation alpha pour créer une atmosphère de bien-être dans la maison."

"Parfois, il arrive qu'un farfadet ou une fée décide de ne pas s'attacher à une famille, ils deviennent alors des mèmes vagabonds appelé "Sidhes", ou "solitary fairies" chez les anglais. Ce statut de vagabond permet au feary-mème de ne pas dépendre d'une famille pour exister, puisque c'est l'imaginaire collectif qui les définit comme réels et non une personne en particulier. En contrepartie, ces "sidhes" ont un lien moins stable avec la réalité, sont moins conscients de leur environnement et leur mème originel est moins affirmé."

"Je suis incapable de vous dire ce que ressent un sidhe, mais pour avoir discuté avec certains d'entre eux, je peux vous dire qu'ils ont pour la plupart une intelligence digne d'un enfant et leur manière de voir le monde est très différente de la nôtre."

"La concentration d'un sidhe est limitée aux zones mystérieuses, le plus souvent loin de la civilisation. Mais les monticules de terre sont des lieux prisés des sidhes. Cela est dû au fait que les hommes craignent inconsciemment les hauteurs car ils ne les contrôlent pas, cet "inconnu" est la source de plusieurs mythes, permettant la "matérialisation" des sidhes. On peut retrouver cette logique des hauteurs dans la plupart des religions comme avec le Mont Olympe ou avec la construction des temples dans les montagnes japonaises."

"Je vais ainsi laisser les fées de maisons et les sidhes de côté. Ces deux types de sous-familles sont les principales, les lutins étant considérés comme des faerys-mèmes trop jeunes pour véritablement exister. Maintenant, je vais parler des kobolds et des changelings, les sous-règnes de fearys-mèmes les plus communs."

"Tout à l'heure, j'ai dit qu'un lutin prenait une forme en fonction des sentiments qu'il ressent aux côtés des humains et grâce à l'idée qu'il incarne. Alors imaginez, un lutin ayant ressenti beaucoup de mauvais sentiments et qui incarne un mème comme la "Peur". Cela donne naissance à un kobold, un feary-mème prédateur. Certains sidhes sont réputés pour les tours menés aux êtres humains, mais ceux-ci sont en général assez inoffensifs. Au contraire, les kobolds vont tuer les hommes, au sens émotionnel du terme."

"Vous rappelez-vous des trois types de perturbations mémétiques ? Vous rappelez-vous des perturbations omégas ? Elles ont pour but de tourmenter la cible, détruisant ainsi son esprit. Il faut imaginer les kobolds comme des prédateurs-mème capables de plonger un être dans une illusion meurtrière. Derrière eux, ils ne laissent qu'un corps végétatif sans "âme", appelé "cadavre mémétique". Le plus souvent, un kobold a le comportement d'un prédateur, mais certains ont développé un intellect et vont tourmenter leur cible plus longtemps et avec plus de sournoiserie. Ces kobolds intelligents sont appelés des "korrigans". Ils sont aussi capables d'utiliser des perturbations alphas pour prendre une apparence démoniaque. La compréhension de cette forme est souvent utilisée pour que la cible puisse plus facilement définir une réalité, pour ensuite être brisée par le korrigan. De plus, les korrigans sont les rares fearys-mèmes à pouvoir utiliser des perturbations alphas aux propriétés anti-mémétiques. Les autres fearys-mèmes sont capables de donner une impression de rêve, facilement oubliable, mais les korrigans excellent dans l'anti-mémétique."

Suite à cette déclaration, la petite fillette dorée prit un sourire malicieux et mit sa main devant sa bouche, comme pour se cacher d'une fausse honte.

"Si vous ne savez pas ce que sont les anti-mémétiques, c'est normal."

Ainsi, l'innocente fée continua sa conférence.

"Ensuite, les changelings, il arrive à certains fearys-mèmes de vouloir posséder un corps humain, ressentir les plaisirs de la chair ou connaître le goût d'une pomme. Ces fearys-mèmes vont alors prendre le contrôle d'un corps humain. Le plus souvent, il s’agira d’un bébé, car leur faible compréhension de leur environnement les rend plus faciles à manipuler. Parfois, le corps investi est un cadavre mémétique. Une fois "infecté", le feary-mème va s'attacher complètement au corps contrôlé et à ses réactions mémétiques. Le choc des informations sensorielles peut avoir des conséquences sur le feary-mème : par exemple, certains en oublient leur statut ou leurs souvenirs d’entité-mème sans enveloppe corporelle. Ainsi, dans le cas où vous rencontreriez un changeling, ne lui demandez pas comment c'est de vivre sans forme physique, car il y a de grandes chances qu'il soit incapable de répondre. Cependant, les changelings ayant gardé leurs souvenirs de feary-mème conservent une sensibilité accrue aux informations mémétiques."

"Une fois l'existence des changelings découverte, un agent mémétique nommé "Injanas" fut créé. Il s’agit d’une image absorbant une grande partie de la concentration d'un changeling, rendant ainsi au corps sa liberté. Depuis, l'Injanas est inoculé à tous les membres de la Fondation lors de leur recrutement, si vous ne vous en souvenez pas, c'est normal. Une fois l'image hors du champ de vision, le changeling peut reprendre le contrôle. Certains changelings travaillent maintenant pour la Fondation, mais la plupart ont été confinés. Si le corps appartenait à un bébé, alors il est réhabilité dans la société en tant que victime d'amnésie, puisque les bébés victimes de changelings n'on aucun souvenir de leur vie. Si c'était un cadavre mémétique, alors la Fondation l'utilise pour Fer-Argent, j'en reparlerai bientôt."

"Les changelings que la Fondation a gardé sous son aile sont les plus coopératifs et ont une plus grande sensibilité aux effets mémétiques. Tous les changelings n'ont pas des capacités extrêmement améliorées. La plupart du temps, ces capacités consistent simplement en une résistance aux agents mémétiques basiques, une résistance aux perturbations omégas et une sorte de sixième sens leur permettant de mieux appréhender les êtres-concepts au-delà du commun des mortels.

"Ceci étant fait, je vais parler du confinement des fearys-mèmes. Avant de considérer les points techniques de cette problématique, je souhaiterais m’étendre sur la philosophie de la Fondation vis-à-vis des fearys-mèmes. En premier lieu, les fearys-mèmes peuvent être considérés comme n'importe quel membre du personnel anormal, nous n'avons aucun droit supplémentaire, par rapport aux autres anormaux."

"Ensuite, les Danas sont certes violents, mais leur fréquence d'apparition et leur petite taille font qu'ils n'influent pas sur la réalité en elle-même, on peut presque les définir comme réelles. De plus, le fait que les fearys-mèmes ne peuvent vivre uniquement grâce aux mythes inventés par les humains, il est impossible de penser que ces entités-mèmes souhaitent détruire la source de leur existence. En prenant en compte tous ces facteurs, il est légitime de questionner leur confinement systématique ?"

"La Fondation a décidé que cela en valait la peine."

"Cependant, elle n'est pas capable d'empêcher l'avènement des Danas ni de confiner toutes les formes de fearys-mèmes existants. C’est pourquoi elle ne confine en priorité que les endroits ayant le plus de fées, les fearys-mèmes aux compétences particulières et les kobolds. Le reste est secondaire et est encore débattu, car, s'il fallait s'occuper d'un lutin quelconque, il faudrait s'occuper de tous les lutins existants, ce qui n'est pas matériellement possible."

"Maintenant, parlons des équipements techniques. En premier lieu, pour les Danas, la Fondation a créé un observatoire à hume permettant de détecter ces événements. Ce dernier se fait appelé le "Trône des Fées" ou "Trône" tout court. Une fois l'événement détecté, la Fondation n'agit que si le Dana s’est déroulé proche d'une zone habitée ou si le Dana fut particulièrement puissant."

"Deuxièmement, concernant le confinement des fearys-mèmes, il existe un agent mémétique de masse nommé "Fer-Argent" permettant de trouver ces entités-mèmes. Un agent mémétique de masse est un vecteur mémétique affectant toute la civilisation humaine ayant accès aux médias modernes. Il n'en existe que quelques-uns dans le monde et il est presque impossible de cacher leur existence aux autres GdI. La mise en place d'une telle machine nécessite plusieurs dizaines d'années et des entrevues avec les plus éminents membres du monde de l'anormal. Bien sûr, aucun traité n'a été écrit, mais ce genre de discussions pourrait empêcher de futurs conflits d’intérêts. Ainsi, il arrive parfois que Fer-Argent soit utilisé par la CMO dans la traque de fearys-mèmes. Mais cela est du ressort du Département de Renseignement, pas des elficologues."

"Ensuite, le but de Fer-Argent est de traquer des mouvements anormaux dans l'imaginaire collectif. La fonction première de Fer-Argent est de trouver des perturbations alphas ou omégas, mais il lui arrive parfois de trouver des dangers-infos n'ayant rien à voir avec l'elficologie. Si jamais Fer-Argent trouve une activité anormale, alors il envoie un "message-mème" à un cadavre mémétique par le biais d'agents mémétiques cachés dans les médias de masse. Pour mieux expliquer, un message-mème est une sorte de message codé en base mémétique."

"Comment Fer-Argent fait pour créer ces messages et les mettre sur Internet ? Grâce aux "fées-informatiques", des programmes reliés à des cadavres mémétiques via des connecteurs nerveux. Ces derniers se situent dans les cerveaux des cadavres et sont reliés à un serveur sécurisé. Ce sont ces mêmes fées-informatiques qui s'assurent que les cadavres mémétiques restent connectés à l'imaginaire collectif en les bombardant de vidéos contenant toutes les nouvelles de chaque pays. À quoi sert ce miracle me demanderez-vous ? Relier un réseau informatique à l'imaginaire collectif permet de quantifier ce dernier et surtout de le surveiller. Ainsi, il suffit d'attendre devant un ordinateur de recevoir un mail d'une fée électronique informant le lieu et les caractéristiques d'un feary-mème pour ensuite le confiner."

"Concernant ces cadavres mémétiques, je rappelle que ce sont des déchets organiques laissés par le passage de kobolds. Ensuite, l'utilisation du terme "cadavre" ne doit pas vous laisser penser qu'ils sont biologiquement morts. Seule leur capacité innée de traitement de l'information a été détruite. Cette même capacité est réactivée artificiellement grâce à des agents mimétiques et aux machines nerveux dans leur cerveau. Le but de la Fondation est de contrôler des corps pour lier l'Internet à l'imaginaire collectif."

"Au départ, le projet Fer-Argent ne pouvait pas dépasser le stade permettant de relier ces deux mondes. L'utilisation de membres du personnel de classe-D fut souvent proposée, mais à chaque fois refusée par le Comité d'Éthique, parce que cela reviendrait à considérer des êtres vivants comme des outils sans émotion. Ce fut le Dr Dagda, un grand chercheur ayant établi les bases de l'elficologie, qui trouva la solution. Il proposa l'utilisation d'esprits détruits par des kobolds. Ces derniers ont le même potentiel de réflexion, mais ils sont incapables de l'utiliser consciemment, ce qui rend les modifications plus faciles. De surcroît, les cadavres mémétiques n'entrent pas dans la définition d'"être vivant" établie par le Comité d'Éthique. Cette solution marqua la naissance de Fer-Argent."

"Une fois le feary-mème trouvé, s'il est considéré "nuisible", alors la Fondation agit selon la catégorie de l'entité-mème."

"Si c'est une fée de maison, alors il faut inoculer un agent mémétique spécial à tous les membres de la famille. Cela empêche à ces derniers de considérer comme réel le feary-mème. Ce qui fait que ce dernier s'éteint. De plus, la famille peut être mise en observation dans le cas où l'agent mémétique disparaîtrait avec le temps. Bien sûr, l'agent mémétique se répand aux membres de la famille par l'éducation. Cependant, dans le cas où un enfant perdrait ses parents, la fée peut renaître."

"Si c'est un ou plusieurs sidhes, alors la zone mystérieuse est mise en quarantaine et un agent mémétique topologique1 anti-feary-mème est inoculé. Ensuite, une procédure de désinformation est mise en place pour effacer le mieux possible tous les mythes tournant autour de la zone mystérieuse."

"Seule Brocéliande échappe à toutes ces procédures."

Après avoir déclaré cela, la fée dorée ressentit que tous les membres de l'assemblées se posèrent la même question.

"Malheureusement, je ne peux pas vous le dire. Tous ce que je peux vous conseiller, c'est de ne pas douter de l'existence des fées à Brocéliande. Elles prennent ça comme une insulte. Et à part en ayant le contrôle totale de votre inconscient, il y aura toujours de partie de vous, aussi infime soit elle, qui croira en l'existence des fées, leur donnant la possibilité de vous emmener loin, très loin. Certes, le fait que la Fondation échoue à confiner Brocéliande ou le fait que ce lieu soit le mythe originel des fées, devraient être des informations secrètes, mais encore une fois je ne peux pas vous dire pourquoi est-ce que la Fondation ne cache pas cette échec."

Elle acheva sa phrase avec une moue implorant pardon, tout en cachant ses nausées.

"Face à un tel cas de figure, la Fondation ne peut que minimiser les dégâts avec quelques agents mémétiques et procédures de désinformation, en plus de s'occuper des victimes de fearys-mèmes s'y retrouvant chaque année. La Fondation pourrait fermer l'accès à Brocéliande et l'effacer de l'histoire, mais à cause de ce que je ne peux pas dire, la Fondation préfère tout simplement redonner vie aux cadavres mémétique apparaissant dans cette forêt grâce à un agent mémétique appelé "Nissyen". En attendant, le projet de confiner Brocéliande est toujours en phase de recherche. Ensuite, Nissyen n'est pas le remède miracle au danger-mémétique. Cet agent mémétique ne fait que donner l'illusion d'une âme. En vrai, la véritable personne détruite par l'illusion est morte pour toujours. Au final, le cadavre garde ses mimiques, ses expressions, ses souvenirs et ses passions d'avant, mais ce n'est pas la même personne. De plus, cet agent ne marche que sur les cadavres mémétiques engendré par les fearys-mèmes."

"Si c'est un kobold ou un korrigan, alors la Fondation y envoie une FIM spécialisée dans la traque de danger-mème. La procédure de capture consiste à donner artificiellement vie à un cadavre mémétique avec une variante de Nissyen appelé "Evnissyen" qui permet de donner une fausse conscience à un corps. Le but est de faire en sorte que le kobold infecte l'être inoculé par Evnissyen pour créer un contact avec Fer-Argent. Une fois le kobold relié à l'agent mémétique de masse, Fer-Argent assomme le feary-mème avec une montagne d'informations. Cela permet à la Fondation de confiner le kobold affaibli dans le cadavre mémétique devenu une prison."

"Si c'est un changeling, alors la Fondation capture son corps physique pour ensuite soit l'embaucher, soit le confiner. Le corps est soit réhabilité, soit utilisé, comme je l'ai dit tout à l'heure avec les changelings. Le feary-mème est confiné dans une variante de l'Injanas nommée "Xanas", qui capture intégralement la concentration du changeling à un point où il en perd la notion de sa propre existence."

À la fin de cette affirmation, la petite fée se tut, chassant complètement son image d'enfant bavarde. Comme si elle voulait dire quelque chose, mais le ne pouvant en aucun cas. Ainsi, elle recula pour laisser place à son collègue ayant passé son temps debout à ne rien dire.

"Jusqu'à maintenant, ma collègue vous a raconté les bases des fearys-mèmes. Cette conférence et notre livre ont pour but de populariser le milieu de l'elficologie. Ce projet cherche à encourager les membres à rejoindre notre travail, pour à terme espérer trouver une stratégie contre Brocéliande. Si je vous dis cela, c'est en premier lieu pour vous informer que nous sommes à la recherche de membres. Un bon elficologue est une personne fascinée par les fées et ce genre de personne ne peut fatalement pas rester à ne rien faire sans rejoindre ce milieu de merveille. Puis, en deuxième lieu, c'est pour vous informer que le DCD nous a interdit de dire beaucoup de choses, mais nous avons réussit à trouver un terrain d'entante entre la fascination et le mystère."

"Sachez que cette conférence n'est pas encore finie. Maintenant, je vais vous parler des classes théoriques, des types de fearys-mèmes avec des propriétés uniques, mais trop peu observés pour en conclure à une vérité absolue, voir même parfois jamais observés."

"Ce que je vous ai dit tout à l'heure me permet de vous informer pour notre recrutement, mais aussi pour une chose qui nous touche particulièrement, moi et ma collègue. Nous sommes habités par une grande curiosité, à un point où l'on déteste les secrets de la Fondation. Cependant, nous arrivons difficilement à vivre avec. Ainsi, pour garder la conscience tranquille, suite à de nombreux accords, le DCD nous a exceptionnellement autorisé à parlé de ces secrets au conditionnel."

"Parmi les catégories que je vais vous citer, certaines existent peut-être pour de vrai. Mais encore une fois, ce n'est qu'une possibilité. Peut-être que certaines histoires sont fausses, n'ayant pour but que de vous fasciner et que je m'inspire fortement de mon expérience personnelle. Peux-être que ces catégories ont des caractéristiques que je ne vais pas énoncer. Par contre, je peux vous assurer que beaucoup n'existent pas et sont belles et bien uniquement aux stades théoriques. Ou alors … peut être que je mens et que tout est vrai."

"Et même sans cachotterie, sachez que l'elficologie est une science faite de doute. Il existe une pensée qui démontre parfaitement la remise en cause constante de ces recherches, le paradoxe d'Obéron. Ce paradoxe pose comme théorie que si l'on définit les fearys-mèmes comme mystérieux, alors ils le resteront éternellement. Étant dire que les fearys-mèmes sont définis selon comment ont les perçoit, il est normal de penser qu'à force de penser qu'ils ont des mystères, ils seront perpétuellement entourée d'un voile de questionnement. De ce fait, certains pensent que la meilleure manière de lutter contre les fearys-mèmes, c'est tout simplement de ne pas lutter. Autre exemple, suite à l'invention d'internet, facilitant la propagation des mythes, le nombre de fearys-mèmes a explosé. Même chose quand l'humain a commencé à faire des recherches sur ces entités-mèmes, bien trop tard l'humain s'est rendu compte qu'en définissant les fearys-mèmes, ont leurs donnaient encore plus de consistance et de puissance."

"Il en va de même pour cette conférence, même si elle a pour but d'augmenter le nombre de chercheur, en rendant publique une partie des recherches sur l'elficologie, il est à prévoir que deux ou trois fois plus de lutins vont pouvoir prendre forme. Et si jamais vous rencontrez un feary-mème voulant s'attacher à votre famille, ou alors que si vos enfants jouent bizarrement avec leur amie imaginaire, informez-en la Fondation. Il existe des protocoles pour ça et si vous êtes un elficologue, alors cette fée devra travailler pour la Fondation, dans le cas contraire, elle est effacée de vos souvenirs. Beaucoup de mes collègues ont une fée ou un farfadet de maison, la mienne se caractérisant par le côté universel de son mème. Il est à noter, qu'à ma connaissance, aucun sidhe ne travaille pour la Fondation."

"Cette introduction étant terminée, laissez-moi pour parler de ces classes théoriques."

"En premier lieu, il y a les "Fomoires". Ce sont des lutins n'ayant pas développé de personnalité ni même d'existence. Ce ne sont que des erreurs, des injures à l'imaginaire humain. Bien sûr, les fearys-mèmes sont des anomalies en soi, mais ils suivent une logique proche de la réflexion humaine, ils ont des règles et des limites. Les fomoires qu'en à eux sont l'exception à la règle. Pour vous décrire ça le mieux possible, ce serait comme si un bébé se mettait à parler et à ressentir des envies meurtrières. Cette catégorie est une forme de sous famille et n'a été observé que trois fois. Mais il est plus probables que ces créatures soient en fait des korrigans incarnant un mème comme la "sauvagerie" ou le "désespoir"."

"La première fois, ce fut par un soldat lors de la deuxième guerre mondiale. Après la guerre, il décida d'écrire sur sa vision aberrante, ses mémoires furent retrouvées par la Fondation, suivi de la désinformation habituelle. Pour utiliser ses propres mots, la créature ressemblait à un tas de chair, mesurant dans les 5 mètres, avec des bras, des yeux, des organes reproducteurs, des bouches et des jambes partout, surtout là où il ne le faut pas. Elle s'est contentée de ronfler bruyamment, même après le cri de terreur du pauvre soldat."

"La deuxième fois, cela a été par un couple de civil, suite à leur rapport à la police, la Fondation put amnésier et traiter l'affaire normalement, mais jamais la bête ne fut retrouvée. Le couple ne l'avait pas bien vue à cause de la nuit noire, mais leur description était exactement la même que celle du soldat, à part le fait que la créature mesurait 10 mètres. Cette dernière se serait contentée de bêtement baver et en fixant de tous ses yeux la demoiselle."

"La troisième observation fut de la part d'une fée travaillant aujourd'hui pour la Fondation. Pour elle, pendant longtemps, ce n'était qu'un korrigan s'amusant avec elle. Puis, après la lecture des deux rapports récupérés par la Fondation, elle décida de parler de cette expérience. Si elle n'avait pas eu la possibilité de lire ces rapports, les fomoires ne seraient certainement que de simples chimères pour la Fondation. C'est dans l'Outre-Monde que s'est déroulée la rencontre. Ce terme désigne l'ensemble de l'imaginaire collectif affecté par les Danas, lieu d'habitation des sidhes. Le temps ne s'y écoule pas normalement, mais il est à penser que cette histoire s'est passée vers l'époque du Moyen-Âge. La description du fomoires correspond exactement avec les deux rapports de la Fondation. Cependant, à cette époque, il ne mesurait que 2 mètres."

"Maintenant, je vais vous parler des "Nymphes". Ce terme n'est que pure théorie, aucune nymphe n'a été observée à ce jour, enfin … peut-être. Ce qui est sûr, c'est que cette sous-famille est le cauchemar des réa-mèmes. Ce sont les experts ayant pour but de définir si une anomalie est mémétique ou un briseur de réalité. Bien sûr, il y a des anomalies pouvant réunir ces deux propriétés, comme des briseurs modifiant la réalité pour créer des effets mémétiques anormaux. Le terme de "nymphes" désigne, quant à lui, les fées de maisons rattachées à la famille d'un briseur de réalité. Si cette catégorie est si connue dans notre milieu, c'est parce que toutes les fearys-mèmes, aussi particulier soient-t-elles, sont incapables d'agir sur le monde physique. Sauf les changelings, mais ils utilisent des corps humains. Alors, imaginez, que se passerait t'il si un farfadet était redéfini par un briseur de réalité ? Serait-il lui aussi capable d'agir sur la véritable réalité ? Et non plus uniquement sur un plan mémétique ?"

"Ensuite, le sous-règne des "Nemed". Comme vous avez dû vous rendre compte, les sidhes sont les fearys-mèmes pouvant développer le plus facilement des particularités. Cela vient du fait qu'une fée de maison est une entité stable, tandis qu'un sidhe est défini par la mode ou par un mythe. Cette instabilité fait que les sidhes peuvent, paradoxalement et rarement, développer une personnalité propre. Tout à l'heure, ma collègue vous a dit qu'un sidhe ne voyait pas son mème affirmé et son intelligence était minime. Mais certains sidhes avec une intelligence développée, ont été observés par la Fondation. Ces derniers ont été remarqués par leur statut de sidhe et par leur puissance plus que notable. Les nemed formeraient le stade suivant des sidhes, comme une sorte d'évolution."

"Par exemple, un nemed incarnant le mème de Sherlock Holmes a été observé plusieurs fois à Londres et parfois dans d'autres pays. Ici, le nemed incarne un mythe, plus précisément un personnage de fiction, normalement, ce sidhe devrait avoir un champ d'action limité, mais il est capable de voyager partout où ont été édités les livres d'Arthur Conan Doyle. De plus, ce nemed ne se remarque pas par des perturbations mémétiques puissantes, mais par sa capacité a lire l'esprit humain. La Fondation s'est sérieusement intéressée à ce nemed quand celui-ci c'est mis à enquêter sur cette dernière et a découvert des indices avec une facilité déconcertante, même chez des personnes amnésiées."

"Pour donner un autre exemple de nemed, connaissez-vous le tableau "La Liberté guidant le peuple" ? J'espère sincèrement que oui. Sachez que l'allégorie de la liberté fut le fruit de la création d'un nemed. Celui ce démarquant de son collègue Sherlock par ces puissantes perturbations alphas pouvant toucher tout un pays et créer chez les infectés une intense envie de liberté. Aujourd'hui, il est à pensé que ce nemed est éteint … normalement."

"Les sidhes se caractérisent comme étant des mythes ou des mèmes faibles, définis par un petit groupe de personnes ou plus généralement par l'imaginaire collectif. Tandis que les nemed sont des mèmes de grande ampleur ou des mythes connus, définis par tout un peuple ou par les instincts primaires de chaque être humain."

Après avoir admiré les faciès de fascination du public, le docteur fit un grand sourire en pensant au plus grand mystère de l'elficologie.

"Pour finir avec les catégories théoriques, laissez-moi vous parler des "Kerys". Ce terme fut inventé suite à une simple question. Si toutes les histoires sur les fées viennent des fearys-mèmes, dans ce cas, d'où provienne le mythe des dieux celtiques ? Ce terme ne désigne pas le stade évolué des nemed, mais une forme plus particulière des fearys-mèmes. Sachez que la pensée humaine peut prendre des milliards de formes, certaines se ressemblent et sont désignées par les mêmes mots. Cependant, chaque variance d'un mème peut créer un feary-mème différent. Par exemple, ma collègue incarne certes le mème de "curiosité", mais elle incarne aussi la variance "infantile" de la "curiosité". Et c'est pour cela qu'elle se comporte de manière enfantine et qu'elle arrive parfois à limiter sa curiosité. Chaque feary-mème incarne une variance d'un mème puisque chaque être humain pense différemment. Par exemple, ma collègue a déjà rencontré un farfadet incarnant la variance "perverse" de la "curiosité", ce farfadet était à la limite d'incarner un korrigan, ce dernier s'est heureusement éteint quand son propriétaire est mort. Mais il existe des centaines d'autres fées incarnant aussi la curiosité de centaines de manières. Peut-être qu'il existe même une autre entité-mème de "curiosité infantile", à la personnalité très proche et avec les mêmes propriétés que ma collègue, mais malgré cela, ce feary-mème reste différent de ma fée."

"Cependant, les Kerys, eux, incarnent un seul et unique mème dans tout son ensemble, sans aucune variance. Ainsi, ils forment la personnification ultime dudite mème. Dans le cas où le Kerys de la "curiosité" existerait, alors il ressentirait tout ce que vit ma collègue et tout ce que ressentent les fearys-mèmes incarnant un mème proche de la "curiosité". On pourrait les comparer à des info-mèmes endormis ayant déjà infecté toutes l'humanité. Dans le cas où ces être-concepts sans frontières mémétiques existeraient, alors il est plus que probable que chaque émotion que l'on ressente soit en fait la perturbation alpha d'un Kerys. Ainsi, on peut même penser que les Danas ne servent pas à donner aux mèmes des émotions mais servent plutôt comme outil à ces "dieux" pour créer leurs enfants à partir du mèmes qu'ils incarnent, en utilisant notre cerveau pour leur donner une forme."

"Pour finir, dans le cas où cette théorie serait vraie. On pourrait se poser la question suivante : D'où vient le mème originel ayant créé le premier Kerys ? Autant dire que puisque l'existence des véritables dieux et leur capacité à ressentir des émotions est un fait avéré, on pourrait poser comme hypothèse que les Kerys sont les fearys-mèmes des Dieux. Cependant, cela remet aussi en perspective la question qui a permis d'inventer ce terme. Puisque dans cette problématique on part du principe que les Dieux celtiques sont des fearys-mèmes très puissants alors qu'ils pourraient tout aussi bien être des entités-concepts omniscientes n'ayant rien à voir avec la mémétique."

Après une longue inspiration, la petite fée déclara :

"C'est ainsi que se finit cette conférence. Avez-vous des questions ?"

"Oui."

"Je suis toute ouïe."

La petite fée voleta jusqu'à l'homme voulant poser la question.

"Si un feary-mème naît grâce à un Danas et avec l'imaginaire d'un homme, en plus du fait que les fearys-mèmes sont capables d'avoir une intelligence humaine. Est-ce qu'il est possible qu'une idée ressentie par un feary-mème donne naissance à un autre feary-mème ?"

"Non, c'est tout simplement impossible."

"Pourquoi ?"

"Parce que les fearys-mèmes ne rêvent pas de moutons mémétiques. Les êtres de l'Outre-Monde n'ont pas d'existence propre, nous n'existons que par l'intermédiaire des êtres humains. Nos rêves eux-même viennent de l'imaginaire d'une personne."

Puis, la petite fée acheva son discours en déclarant ;

"Les fearys-mèmes ne sont qu'une illusion née de l'humanité."

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