Les fabuleuses aventures de Doc Kody !
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Partie I

"Tu dois savoir."
"Ta gueule."
"TU"
"DOIS"
"SAVOIR"
"Ferme ton clapet diarrhéique!"
"Non."
"Pourquoi NON!?"
"J'ai pas envie."
"T'es vraiment un gros chieur."
"Je suis ton toi intérieur après tout."
"Ta gueule avec tes histoire de "toi intérieur". Toute cette merde n'est qu'un bon dieu de rêve."
"On dirait que t'essaye de te rassurer que t'es seul dans ta tête."
"Je suis seul dans ma tête."
"Et si c'était pas le cas?"
"Je savais que ces séances de yoga à la con m'aideraient pas."
"On va bien voir. C'est quoi la dernière chose dont tu te rappelles?"
"Je me suis couché sur la banquette, le temps qu'on me ramène un pieu convenable, un bureau sur quoi rouler mes feuilles de beuh et-
"Je parlais pas de ça! Des souvenirs plus anciens!"
"Ah? Euh… Je… me rappelle d'être arrivé au site Aleph. En bus, ouais, en bus. Et y a un mec qu'est venu me causer pour rejoindre son équipe de bras cassés et-"
"JE PARLAIS PAS DE CA NON PLUS! Remonte plus loin!"
"Je…putain c'est flou."
"Essaye quand même."
"Je me rappelle d'une salle, grise, poussiéreuse. Un truc dans le genre. Je me rappelle… que j'avais discuté avec un gus."
"Il ressemblait à quoi?"
"Il avait une coupe afro."
"Wow ça m'étonne pas que tu te souviennes que de ça. C'est la coupe que t'avais pendant tes années lycées."
"Ah ouais?"
"Ouais. Et c'était nul à


Il était trois heures passées. Le Docteur Kody Steakay venait de se réveiller d'une "sieste" quelque peu prolongée par l'aide de certains adjuvants. Il était d'une humeur quelque peu massacrante. Enfin, plus que d'habitude.

"Merde, combien de temps j'ai dormi?"

Son regard se tourna alors vers la salle dans laquelle il s'était assoupi: ce qui semblait être une pièce de bureau pas encore aménagé, dont les seuls éléments présents étaient un canapé à la retraite sur lequel se tenait le scientifique, trois paquets de cartons qui faisaient facilement office de tabourets tant ils étaient remplis, et assez de poussière pour tuer un asthmatique en moins de temps qu'il faudrait pour s'en apercevoir.

Ces imbéciles devaient livrer tout le mobilier avant vingt-deux heures. Visiblement, la ponctualité fait aussi défaut à la Fondation.

On toqua soudain à la porte. Le scientifique sortit des miettes de concentration des limbes de son sommeil et se dirigea d'un pas lent vers la porte.

"Vous êtes bien le Docteur Steakay?"

"C'est pour quoi?"

"Enfin! Ça fait deux heures qu'on poireaute ici. C'est pour amener votre matériel et mobilier… Enfin, surtout, le mobilier. Vous avez pas spécifié grand chose côté matériel scientifique."

"Vous m'avez ramené la tour d'ordinateur que j'avais demandé?"

"Oui, mais-"

"Alors, tout est bon. Si de matériel j'ai besoin, des demandes je referais."

"Vous savez, vous devez passer par le terminal logistique pour"

"Merci, je connais la procédure. Ah, et même si vous êtes là depuis deux heures, vous avez quand même un retard de trois heures. Vous êtes forts dans votre genre."

Le livreur resta silencieux quelques secondes, puis ajouta:

"Vous pouvez ouvrir la cloison?"

"La quoi?"

"Le mur là, c'est une cloison. Vous voyez le bouton? Appuyez dessus."

Le livreur désigna un bouton sur le mur de la porte. Le Doc appuya dessus, ce qui produisit un léger cliquetis, suivit d'un bourdonnement. Le mur se désolidarisa alors d'un côté, se rétracta et coulissa dans le mur, ne laissant que la portion où se situait la porte, laissant ainsi apparaître la pièce extérieur au bureau: une grande suite de couloirs, dont la largeur dépasse aisément les quatre mètres.

"Ah oui, pas mal."

"Vous avez pas lu le papier qu'on vous avait donné?"

"Quel papier?"

"Bon laissez tomber. Voici la livraison. Une commode, deux étagères, deux multiprises, la lampe de bureau, la tour d'ordinateur, le moniteur 24 pouces, le clavier, la souris et les posters que vous nous avez demandé et"

"Vous m'avez trouvé un bureau?"

"Oui. Par contre, vous aurez besoin de la notice d'utilisation."

"Pourquoi une notice pour un bureau déjà monté?"

"C'est un objet anormal. Vous avez de la chance. Normalement c'est le professeur Holt qui devait le récupérer mais compte tenu des circonstances et des règles de sécurités…"

"Ouais, ouais, je vois."

"De toute façon, les explications sont dans la notice et on a ajouté des post-it sur les tiroirs. Ah, et si certains sont soudés, c'est tout à fait normal."

S'ensuivit alors un ballet de déménageur ramenant les différents éléments de conforts que le scientifique avait demandé. Ceci fait, le livreur tendit un papier au Docteur Steakay:

"Voici le recommandé."

Le scientifique signa rapidement, ne désirant alors qu'une seule chose: prendre congé de ces emmerdeurs professionnels.

"Et, hmm…"

"Quoi?"

"Un merci, peut être? Vous savez, tous nos boulots sont fatigants et…"

"Va te faire voir, ça marche aussi? Maintenant, partez."

Et ils s'en allèrent, sans dire un mot de plus. Kody cru pouvoir se reposer quelques temps encore, quand un secrétaire, visiblement pressé par le temps, un téléphone à la main, courut jusqu'à lui.

"Quoi encore?"

"Téléphone, pour vous, monsieur."

"Ah bon? Et c'est qui?"

"Un certain Docteur Holt."

Il resta indifférent quelques secondes, puis prit le téléphone des mains du garçon.

Encore des emmerdes en perspective.

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