Les Antiques Épisode 1
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N.D.L.R : Nous devons ce document à Krugios, un aède du IVème siècle. Cependant son existence reste incertaine, et, comme pour Homère, il pourrait s'agir en fait de plusieurs auteurs. Le document original n'a pas été retrouvé entièrement et seule subsiste une copie complète du XVIIème siècle que voici, due à un auteur inconnu. Celui-ci semble avoir rajouté des didascalies et autres indications, qui seront indiquées comme suit : Exemple

LES ANTIQUES

Apollon entre sur la scène, et d'une voix solennelle clame le Prologue.

PROLOGUE

APOLLON. — (En simultané avec l'orchestre)

Les Héros d'antan, face aux monstres de nos temps, construisent à la Gloire l'ultime muraille, protégeant innocents et ignorants des méfaits et des déboires. Invocation lyrique de l'épopée mystique, contant les récits antiques de nos heures fatidiques, c'est, avec humilité, que l'Albatros fait naître sur les océans des cœurs humains les sublimes vers adoniens, dans leur prose parfaite, enchantant les chants anciens. Sapiens le sait, Natura non nisi parendo vincitur ; viens poète immortel nous chanter encore, les exploits des héros d'antan face aux monstres de nos temps.

L'Aède vous conte, à vous théatron, en ses sublimes vers, une époque où, par la disgrâce du monde, plus qu'en tout instant, le monde se peuplait d'étranges félonies et autres créatures de la Terre. Il fallut un début à toutes choses, il y en a eu un épique, pour la Ligue qui vous protège des monstres des Mythes. Ligue du Tartare, geôlière des immondices antiques, montre-toi en tes débuts, en tes premières eaux bénites.
Pour que vous ne me confondiez avec les humains, dont je pourrais prendre les traits et la parole, Apollon en ma personne portera sur sa main, un bracelet doré, comme en mon poignet, une auréole.
Il faut savoir que cette tragique histoire survint une génération après la fatale et terrible Troie ; Oreste, après sa vengeance, en son âge, est vers sa fin, Ulysse est revenu depuis d'innombrables mois, l'épopée en Troade est finie depuis longtemps. Ce moment après la grande Guerre, si illustre mais fatigante, fait que les vermines se sont repues du sang des combattants, d'Achille tombé, d'Hector enterré, de Troie et de ses enfants, et reviennent sur les champs de bataille et les verts pâturages, assouvir les désirs de la discorde, et en fidèles pages, se soumettre aux règles de leur seigneur le chaos, jusqu'à déranger les repas, sur l'Olympe, des Très-Hauts.

Des guerriers furent bien partis pour les exterminer, mais voyant le désastre, il était inutile de les tuer ; et, plein de sagesse, les érudits se réunirent, là où durant d'illustres temps, Athos avait, sur Poséidon, jeté un énorme rocher qui devint un grand mont ; en cette montagne les érudits débattirent. Je vous présente donc, dans cette tragédie, les illustres chants présentant sublimement, l'histoire de la Grande Ligue protégeant les petits et portant le Tartare sur cette Terre, régnant sur l'anormal et ses vermines d'enfants.

ORESTE. — (Arrive sur scène et prend la parole)

Oreste, en ma propre personne, n'est plus celui d'autrefois, vengeur et matricide ; la vieillesse lui a apporté la sagesse. Il est aussi que cette histoire est similaire à celle de Troie ; les dieux se divisent, comme les hommes, face au danger imminent.

Les créatures surgissant du sang ne sont plus tenues en laisse par les Dieux, et la tâche est revenue aux hommes de rétablir l'équilibre, de devenir geôliers de ces vermines. Mais faut-il les confiner ? Ou peut-être les exterminer ? Les dieux eux-mêmes sont indécis, et le sort des âges est dans l'issue de cet affrontement, guerre de choix et résurgence des anciennes vengeances.

APOLLON. — (Coupant Oreste dans son discours)

Oreste est dans le vrai. Les camps, en cette tragédie, sont encore plus distincts que jamais ; pour reconnaître les déités entre elles, celles de l'Athos auront une plume rouge dans leurs cheveux, au contraire des dieux de la divine Sparte.

C'est donc avec honneur que nous vous présentons sous les auspices de Dionysos, la plus importantes des tragédies, celle qui narre le début de notre époque, que Krugios l'aède expose à vos yeux ; voici les Antiques !

Sur ce prologue Apollon et Oreste laissent place aux chanteurs du chœur

Strophe

Temps oublié des hommes, refait surface comme les rats sanglants ayant surgi des corps des enfants de Troie. Le Tartare, faites-le naître en ce monde, ou faites-vous exterminer jusqu'au dernier, du nourrisson au vieillard. Équilibre tangible, défait par la discorde, renaît de la sagesse des hommes. Geôlier de la liberté, que vos dieux bénissent votre vue du mont Athos, que votre vérité soit faite en votre monde.

Antistrophe

Temps regretté des dieux, fais voir au vieillard comme à l'enfant l'enterrement des rats sanglants, morts comme les bœufs dans l'hécatombe sacrée. Beau cygne blanc de la victoire, envoie les lauriers sur la tête des vainqueurs, de ceux qui marchent sur les Champs pavés des actes des héros d'un autre temps. Soldat de l'astreinte, que vos dieux bénissent votre sol des terres de Sparte, que votre vérité soit faite en votre monde.

Épode

Ô Temps nouveau craint par tous, qui naît de la lutte des anciens, des dieux encore présents et des hommes déjà morts sous la terre. Le choix, né de la discorde, est la seule possibilité, seule conclusion de la tragédie ayant mis fin à l'ancien temps des héros. Ô Olympe sacré, regarde ce char divin, celui de la Raison et de sa lyre, roulant sur les cadavres des antiques. Mais Oreste arrive déjà dans l'assemblée, en ce mont jeté par Athos.

ÉPISODE 1

L'Agora des sages

ORESTE. —

Oyez mes chers amis, chers sages et aèdes de cette assemblée sacrée, notre Fin est proche. Nous devons prendre des décisions cruciales !

ALEXO. —

Ô mon Oreste, prend la peine de nous rappeler à tous les faits. Il faut que tout le monde sache la même chose, pour mieux avancer ; n'est-il point inutile de débattre sur un sujet que personne ne connaît ? Dis-nous donc Oreste, quelle est la raison de ta venue au rocher jeté par le Géant.

ORESTE. —

Je vois qu'il faut revenir au début, pour le bien commun. La campagne en Troie, grande guerre dans laquelle mon propre père s'est illustré, a occupé les dieux et les hommes. Par la violence et la cruauté, du sang en quantité a coulé. Depuis maintenant quelques temps, là où jadis les dieux combattaient aux cotés des hommes, d'étranges phénomènes ont surgi.
Des créatures plus singulières les unes que les autres ont émergé subitement et sans logique sur les champs de bataille. Seulement voilà, des guerriers plus aguerris les uns que les autres sont morts en voulant les détruire. Voilà le problème, l'équilibre n'est plus. Les dieux ne font rien, il faut trouver une solution.

ARSIENOS. —

Sans vouloir montrer quelque forme d'irrespect, Oreste vengé, en quoi cela nous préoccupe,
ce qu'il se passe en la terre du voleur de la femme du grand Spartiate ? En quoi ce qui se passe de l'autre coté de la mer peut nous déranger ?

ORESTE. —

Ce que tu ne comprends pas, Arsienos aux milles arrogances, c'est que comme la peste, ces créatures se répandent dans nos terres. Elles infectent nos prairies après avoir ravagé celles d'outre-mer. Le mal se répand, contamine et devient impossible à arrêter. Je vous confie mes peines sur l'avenir, qu'est-ce que vous avez idée de faire, sages et aèdes de cette assemblée sacrée ? Je vous le demande avec urgence.

PHILEANOS. —

J'entends bien tes paroles et ton inquiétude fondée, Oreste depuis longtemps vengé. Il est vrai que nous sommes dans l'urgence. Si je prends le sceptre, c'est pour en appeler à la raison avant la crainte ! Sages bien vieux, ce ne sont pas les longues barbes qui vont nous aider. Mes ancêtres de Lacédémonie ont fondé la meilleure des armées ayant pu exister, il est inutile de débattre encore ! La guerre doit se faire, et si tu dis vrai, Oreste ayant vengé son père illustre, il faut partir encore en cette Troade. Allons tuer ces immondices, les dieux nous aideront je le sais, j'en suis sûr. Que voulez faire d'autre ? C'est la seule solution honorable, il faut tuer le mal avant qu'il contamine le monde entier. Je me porte garant de cette armée.
Je pense que je ne suis pas seul à penser que ma proposition est la plus efficace.

ALEXO. —

Mais pas la plus intelligente, ni la plus viable. En vérité je vous le dis, mes chers amis, la guerre n'apporterait que le malheur. Les guerriers qu'Oreste cite comme inutilement morts étaient-ils moins illustres que les Spartiates ? Je suis sûr que quelques Héraklès pensant apporter la gloire en leurs contrées sont morts là-bas. La guerre, Phileanos, n'est pas un champ héroïque, mais un gouffre de sang. C'est la guerre, celle que tu prônes, qui nous a ramené les monstres que tu veux combattre.
On ne peut combattre, et comme Zeus face à son père, il est mieux d'enfermer l'Invincible que de l'affronter, ne crois-tu pas ? Le Tartare existe car on ne peut tuer, ou du moins à un prix dérisoire, les prisonniers qui y sont piégés. La ruse serait la plus efficace des solutions, appelons-en aux dieux pour nous aider dans cette quête, devenons geôliers de ces vermines.

ARSIENOS. —

Et dis-moi, Alexo le bon sage, comment faire pour enfermer ces monstres ? Il faut les combattre avant pour les approcher, autant les tuer, ne penses-tu pas ? C'est la chose la plus aisée. Et nous ne sommes pas des dieux, où voudrais-tu les enfermer, ces chiens à mouches ? La réalité, ce n'est pas un chemin où la ruse des barbus fait la gloire des hommes ! Et même si les dieux daignent nous offrir le luxe d'avoir des geôles pouvant confiner ces diables, n'oublie pas qu'il faudrait des générations d'hommes pour en surveiller une seule. C'est dérisoire, c'est illusoire que de croire qu'on peut amener le Tartare en ce monde.

ALAZONIKOS. —

Le confinement est une idée assez séduisante. Si tu pouvais écouter tes
propres mots, Arsienos, tu verrais qu'envoyer des soldats par milliers est inutile. Il faudrait éternellement sacrifier des hommes, comme des bœufs dans une sacrée hécatombe. D'ici une vingtaine d'années, il n'y aurait alors aucun homme valable en Grèce. Amener le Tartare en ce monde serait peut-être complexe, mais pourrait sauver des milliers de vies ; on pourrait même en tirer avantage, car cette sainte mission pourrait être le fruit de génialissimes avancées pour l'humanité, et les immondices de Gaia pourraient servir les humains.

ORESTE. —

Je vois que le débat doit se finir, par la décision de l'assemblée. Qui veut, ici, prendre les armes et appeler ses dieux pour les guider en terre contaminée, pour ainsi la libérer ?

Arsienos, Phileanos et 3 autres sages s'avancent

LIGUE DE SPARTE. —

Nous jurons de combattre le démon jusqu'à ce que ses enfants périssent tous sous nos lames.

ORESTE. —

Et qui veut ici garder les démons et appeler ses dieux pour les aider à amener le Tartare en ce monde ?

Alexo, Alazonikos et 3 autres sages s'avancent

LIGUE DU TARTARE. — Nous jurons de confiner le démon, tous ses enfants, pour l'éternité

ORESTE. —

Je vois que deux idées distinctes apparaissent à égalité dans ce vote ; le combat guerrier ou l'emprisonnement ; et je ne peux pour l'instant savoir quelle voie est la meilleure, celle à choisir.
La guerre, art bien connu déjà, est la solution la plus simple, et Sparte, il est vrai Phileanos, ne manque guère d'excellents guerriers qui, j'en suis sûr, ne manquerons pas de ramener en leur pays d'exaltantes victoires.
L'emprisonnement a pour mérite d'être une voie viable, permettant d'éviter au sang de couler, et permet de garder sous les yeux les démons à haïr.
Cependant, les défauts ne manquent pas dans ces deux idées, et je ne peux que vous dire une seule chose ; seuls les divins êtres de l'Olympe pourront décider de notre avenir, et nous devons les solliciter car ils possèdent le pouvoir et le savoir.

Sur ces mots d'Oreste le sage vengeur, le divin chœur se met à chanter de sublimes strophes et antistrophes

Strophe

Assemblée sacrée, vous qui réunissez l'élite des hommes, vous n'arrivez pas en qualité d'hommes à décider. Comment de vulgaire mortels pourraient même espérer approcher des créatures que les dieux ont du mal à vaincre ? Un ultime cycle se met en place, celui de la fin pour les prétentieux humains, qui ont eux-mêmes provoqués leur chute et qui s'empressent de l'amener encore plus rapidement.

Antistrophe

Assemblée sacrée, vous qui réunissez l'élite de vos nations, vos solutions sont plus courageuses les unes des autres. En votre race des héros vivent parmi les rois et les sujets, les riches et les pauvres, les hommes et les femmes. Que votre génie éclaire votre avenir, que vos héros ayant déjà bravé tous les dangers vous aident encore une fois, et mettent fin à l'ultime cycle de Troie, le cycle des épiques, celui des Antiques.

Épode

Votre incertitude doit s'effacer, face aux chiens de l'anormal, à n'importe quel prix. Les dieux vous regardent, et vos paroles comme des prières leurs chantent aux oreilles, et votre peur agite l'Olympe. Seuls les fils de Chronos, et de son fils qui siègent en la montagne sacrée, peuvent choisir votre avenir. Ô divin Apollon, aux pas résonnants dans les cœurs des hommes, à la beauté égale à ton infini savoir, nous te voyons déjà au loin, qui viens ici.

L'Agora divine

APOLLON. —

Oyez-vous les exaltants arguments de ces humains ? Ceux-ci sont inquiets, il faudrait peut être agir, et régler leur terrible problème.

HERMES. —

Ô Apollon, dis-nous donc, de quoi parles tu ! Je n'entends plus depuis longtemps les balivernes humaines, sauf si elles sont accompagnées de leurs délicieux mets. Or, je ne crois pas que les cadavres des hécatombes soient apparus ici. Humes-tu leurs odeurs, mon bon Apollon ?

APOLLON. —

Il suffit de tes inepties, Hermès aux milles péchés ! Le problème est sérieux ; notre participation à la Troade aurait, semble-t-il, suscité l'envie à certaines anormalités de surgir sur les tombes des héros morts sur les champs en face des hauts murs. Seulement, notre laxisme a laissé l'occasion à ces créatures de paître sur les corps des enfants au-delà des terres de Troie. Certains de ces démons sont plus puissants que les Hécatonchires eux-mêmes, et seule notre force pourrait les emprisonner ; car leur force, à ces démons, est dans leur anormalité, leur imprévisibilité et leur illogisme. Les sages et aèdes humains veulent prendre soit l'initiative d'une glorieuse campagne, croisade face à l'anormal, soit celle de les confiner dans un Tartare humain, prison infranchissable gardée par les générations des futurs sages. Que faut-il faire, mon père ? Je vous le demande avec urgence.

ZEUS. —

J'entends bien, mon divin fils, que l'inquiétude des hommes se transmet à toi. Je crois qu'avant de prendre n'importe quelle décision, nous devons tous nous concerter ; car si nos pouvoirs sont grandioses, de mauvais choix pourraient mener à notre fin, ou tout du moins à commettre d'irréparables erreurs. Hermès, mon fils, va chercher mes frères, au lieu de te moquer de ces pauvres humains ; Hadès est toujours en son souterrain royaume, mais Poséidon lui, festoie avec les Éthiopiens. Dis-lui que la situation est urgente, et que c'est moi qui lui demande de venir dans les plus brefs délais.

Hermès, en sage messager, s'en va avec ses sandales ailées chercher ses deux divins oncles.

ARES. —

En attendant la venue des deux seigneurs, je crois qu'il serait avisé de parler de ce crucial problème. Je suis fier de voir que les hommes ont le courage de vouloir exterminer d'invincibles créatures ; je ne peux qu'approuver leur choix. Il est qu'une guerre doit être faite, malheureusement pour vous, pour vaincre ce mal qui va ronger la Terre. La rage de vaincre, ma puissance, seules elles pourront nous faire sortir de ce problème, guider l'humanité vers un avenir radieux. Je vous le dis en vérité, je suis déjà prêt à me battre s'il le faut.

ATHÉNA. —

Je suis, par habitude, parmi ceux qui utilisent la guerre comme moyen pour régler d'importants problèmes. La stratégie guerrière est dans ma nature, mais en entendant les innombrables sottises de ce Arès aux milles fougues, je ne peux que plus me cantonner dans le choix des sages, celui de la ruse, du confinement des démons. Comment peux-tu dire que la guerre va pouvoir détruire des dangers plus grands que des Titans ? Ta puissance peut aider les hommes et les dieux ? Ô Arès, dois-je te rappeler que j'ai sans difficulté réussi à te faire fuir pour quémander l'aide de notre divin Père. Faible guerrier que tu es, tu ne sais que brûler et détruire plus faibles que toi.

ARES. —

Dois-je te rappeler, Athéna la vipère, le nombre de géants que j'ai abattu de ma force seule ? Je suis meilleur guerrier que toi, la guerre est ma danse, espèce de …

Héra intervient et coupe Arès

HÉRA. —

Il suffit, votre agitation est inutile. Vos insultes fusent et sont flagrantes, à l'inverse de vos intelligences. Voilà déjà Hadès et Poséidon, nous pouvons enfin débattre sérieusement, au lieu d'entendre les enfantillages des dieux, d'après eux, guerriers.

POSÉIDON. —

Merci ma sœur, d'avoir installé le calme qui va me permettre de vous parler à vous, déités sacrées. Je vois que nous sommes divisés sur la question du débat, qu'on a eu à m'expliquer sur le chemin. Rendez-vous compte, à force de vouloir tout confiner, tout contenir, nos inattentions deviennent fatales. Regardez ! Voyez-vous la situation ? Il a suffi de tourner la tête sur Troie, pour que l'équilibre soit fragilisé. Nous ne devons pas foncer comme d'imbéciles bœufs, mais nous devons tout de même exterminer ces viles créatures. Les humains, cependant, ne doivent pas intervenir dans nos projets.

HÉRA. —

Je ne t'ai pas donné la parole pour que tu sortes de pareilles sottises. Tu ne te rends donc pas compte que la guerre est un sacrifice inutile, elle est mangeuse d'hommes. Comment veux-tu que les humains ne se mêlent de nos affrontements ? Regarde, ils en débattent déjà en leurs bas-fonds, c'est une preuve qu'on va devoir composer avec eux. La seule solution valable est bien le confinement. Nous pouvons tirer avantage à faire un Tartare sur Terre ; les hommes garderont les monstres comme le berger surveille ses chèvres, et nous n'aurons quasiment plus à nous en préoccuper.

HADES. —

Écoutez, vous n'y arriverez jamais en débattant de la sorte. Toutes vos disputes vous amèneront à un pathétique affrontement. Nous devons donc trouver d'autres solutions.

ZEUS. —

Hadès, sage dieu, tes paroles sont rares mais précieuses. Tu as certes raison quant à la nature de l'affrontement dont l'ombre couvre nos paroles, cependant il n'y a pas d'autres solutions que celles présentées ; le Tartare ou la Térasomanchie. Nous devons nous décider ; que tous les dieux ici-présents votent, qu'il se soit exprimé ou pas. Qui veut amener sur Terre une prison éternellement infranchissable ?

Athéna, Héra, Héphaïstos et Apollon, d'une voie unie, clament

LIGUE DU TARTARE. —

Nous sommes pour apporter en ce monde terrestre un Tartare confinant les hérésies peuplant la surface de la Terre.

ZEUS. — Et qui veut exterminer les monstres, amener sur Terre la Térasomanchie ?

Arès, Poséidon, Hermès, et Aphrodite, d'une voie unie, clament

LIGUE DE SPARTE. —

Nous sommes pour apporter en ce monde terrestre la Térasomanchie tuant les hérésies peuplant la surface de la Terre.

ZEUS. —

Une parfaite égalité habite ce vote, mais je crois que mon frère n'a point voté, et son choix déterminera la décision des dieux face à cette situation.

HADES. —

Je vois que les votes sont égaux, et seul mon choix déterminera la Ligue à suivre. La guerre, art bien connu déjà, est la solution la plus simple, les humains ne manquent pas d'excellents guerriers qui, j'en suis sur, ne manquerons pas de ramener en leur pays d'exaltantes victoires.
L'emprisonnement a pour mérite d'être une voie viable, permettant d'éviter le sang de couler, et permet de garder sous les yeux les démons à haïr.
Cependant, les défauts ne manquent pas dans ces deux idées, et je ne peux prendre parti, je préfère régler déjà les problèmes aux Enfers ; je sens que je vais avoir du travail dans pas longtemps, alors autant préparer le palais des futures âmes perdues à jamais.

Le divin chœur vient chanter son Stasimon, poème liant les dieux et les humains en leurs débats passionnels

Strophe

Les votes sont faits sur la Terre comme au Ciel, et aucune solution n'est favorisée par rapport à l'autre. Clotho a déjà filé les moments tragiques qui vont survenir, Lachésis s'apprête à les dérouler et Atropos prépare ses ciseaux, car le fil du cycle va se couper, brisant la chaine de Troie, comme celle de Thèbes avant elle. L'ombre de la guerre plane, et va se conclure par la gloire de la voie victorieuse, qui deviendra la seule solution à suivre.

Antistrophe

Hadès et Oreste, indécis, vont par leur choix du vote blanc, provoquer un désastre. La fin arrive, les trompettes sonnent déjà sur les futurs champs de guerre, les dieux se détestent déjà, et après les festins soudant chaque Ligue, la guerre va les détruire. Les duels vont rugir, et vont conclure le cycle épique. L'ombre de la guerre plane, et va se conclure par la gloire de la voie victorieuse, qui deviendra la seule solution à suivre.

Épode

Oyez vous déjà les chants de guerre ? Les chars roulent déjà sur la Terre comme aux Cieux, la victoire n'en sera que plus exaltante pour le vainqueur. Ligue du Tartare, ou Ligue de Sparte, l'affrontement amènera en plus de la victoire la fatidique tragédie ; la confrontation est la seule manière de couper la chaine de la tragédie, d'arrêter les souffrances engendrés par la sainte Troie. Ô Destin, file-toi pour diriger nos vies, déroule-toi sous nos yeux pour que tu puisses mieux te couper, couper avec le Cycle, en finir avec le Temps des Antiques.

Les préparatifs tragiques

ORESTE. —

Je viens te voir, mon fidèle Pylade, pour que tu puisses, encore une fois, m'aider dans une quête pleine de tourmentes. Il s'agit du problème dont tu as déjà le savoir. Je t'ai écouté, Pylade le bon, et j'ai réuni les sages pour débattre de la question.

PYLADE. —

Mon illustre Oreste, cela fait plaisir d'entendre de ta part que tu m'as écouté. La raison est revenue en ton esprit. Cependant, je te sais inquiet ; qu'est-ce qui te tourmente ? Le débat est toujours la solution moins facile à mettre en place, je le conçois, mais on arrive toujours à trouver un accord commun.

ORESTE. —

Pylade aux bons conseils, tu te trompes malheureusement dans ta vision du monde et des choses. J'ai effectivement réussi à réunir les plus illustres sages, mais cependant le débat n'a fait qu'envenimer la situation. En effet, au lieu de trouver un accord commun, deux solutions ont été prônées, et chaque sage est devenu partisan de telle ou telle idée. J'ai procédé à un vote, pour choisir la solution ayant le plus de partisans, mais il y a eu une parfaite égalité.

PYLADE. —


Vous n'étiez pas en nombre impair ?

ORESTE. —


Si, j'y ai veillé.

PYLADE. —

Oreste l'indécis, tu n'as pas voté ? Je te savais pourtant brave parmi les braves. Les deux solutions étaient si mauvaises à ton goût ?

ORESTE. —

Je crois que tu me connais trop, mon cousin. Je doute, et la bravoure de ma fugueuse jeunesse laisse place aux maux de la terrible vieillesse. Et pour revenir sur les deux solutions, elles étaient … terrifiantes. Une Térasomanchie, ou un Tartare terrestre.

PYLADE. —

Sans que tu détailles, je crois devoir deviner, et ton inquiétude se transmet en mon âme. Je ne vois qu'une seule chose à faire, et comme tu me l'as dis ; il faut voir avec les dieux. Allons voir la Pythie en son antre sacré au pied du Mont Parnasse. Les dieux décideront alors du chemin à suivre.

ORESTE. —

Assurément, Pylade le fidèle. Il faut se dépêcher, nous avons de la route à faire ; je possède, grâce a mon illustre père, mes meilleurs rameurs, et nous serons à Delphes en moins de 5 jours. Nous prendrons le bateau à Thyssos.

PYLADE. —

Je vois, mon ami ; il serait judicieux de faire une escale à Peparethos, car je connais là-bas un bon ami à moi qui pourrait nous aider. Ensuite on irait directement à Daphnous, puis par la Terre à Delphes.

ORESTE. —

J'entends bien tes arguments, mais une fois arrivé à Peparethos, il serait plus que prudent de longer la côte jusqu'à Isthmia, puis de prendre un autre navire à Terme pour voguer jusqu'à Kirra pour monter enfin vers Delphes. Passer par les terres est beaucoup plus lent et dangereux que par la mer, même si cette solution nous fait faire un détour.

PYLADE. —

Je comprends, la vérité je te la dis, Oreste aux milles sagesses, c'est qu'il faut s'atteler à nous préparer, car si tu dis vrai, il ne reste que peu de temps avant que les partisans de chaque camp se livrent une lutte sans merci.

ORESTE. —

Tu as bien raison. Je te confie mes peines mon ami, car je pressens notre fin. Crois-tu que les dieux pourraient nous aider ? Ne sais-tu donc pas qu'ils sont aussi avares et capricieux que nous autres humains ? Ils nous observent nous déchirer pour leur malsain plaisir.

PYLADE. —

Et comme les hommes il y en a des bons et des mauvais. Je suis sûr qu'un sage dieu nous tendra l'oreille. Alors n'attendons pas, et essayons au moins de leur présenter le problème.

ORESTE. —

Tu as raison Pylade le sage, nous devons plier bagage pour tenter notre aventure en Delphes !

Strophe

Pylade et Oreste en amis du sang partirent sur la mer au nom du père de Thésée, et se dirigeant vers l'Attique, Oreste et Pylade vont dérouler les fils de leur destinée, et de celles des autres hommes. Les vagues mangeuses d'hommes sont moins dangereuses que les hommes qu'elles mangent, et si personne ni même les dieux ne veulent se mettre en accord, Oreste maintenant sage ne pourra rien faire face à la tragédie à venir

Antistrophe

Les indécis vont sur la mer, tandis que les partisans se déchainent. La tragédie est comme la tempête ; impétueuse, on ne lui survit pas : on la subit. Ô Prométhée, pourquoi as-tu fais l'esprit des humains borgne ? Tandis que les uns voient le monde d'un œil, les autre le voient différemment avec un autre œil. Si seulement, ils savaient, si seulement les borgnes s'étaient réunis pour voir toute la scène, au lieu de se rendre aveugles mutuellement.

Épode

Les camps sont faits, Sparte la glorieuse prépare les bataillons. Que la Térasomanchie soit guidée par les pas d'Arès, que les fils de Lacédémon massacrent les monstres au rythme des salpinx et les martèlent à la cadence de leurs flèches. Les braves forment déjà les bataillons, et leurs dépouilles deviendront la rançon de la gloire, leurs vies celles de l'immortalité de la Ligue de Sparte. Voilà Phileanos qui, rentrant en sa terre, parle déjà à son Roi.

PHILEANOS. —

Oyez votre Majesté, vous qui êtes maître de Sparte la guerrière, je reviens du mont Athos, mais, glorieux fils de Ménélas, je dois vous dire…

ANIAROS. —

Trêve de sérénades, que tu peux être ennuyant, Phileanos aux milles conquêtes. Il n'est pas dans ton habitude de me qualifier de maître, toi qui a conquis le Péloponnèse avec la fougue. Et je t'ai dit mille fois de ne plus parler de Ménélas le blond qui m'a servi de père, qui ô tristesse est mort il y a peu. Ne vois-tu pas le deuil en moi ? Serais-tu insensible, après tant de luttes avec tes congénères ? La vérité, c'est que tes ornementations résonnent comme l'écho dans ce palais, et chaque parole prouve ton échec. Comment mon sot de père a pu t'accepter en son ennuyeuse cour ? Va, et ne regarde plus en face l'Apollon face à toi sur ce trône en qualité de sire.

PHILEANOS. —

La Guerre est proche, mon souverain. Je dois vous prévenir des dangers !

ANIAROS. —

Quelle guerre ? Puisque que tu as raté ta mission, la guerre n'a plus lieu d'être, non ?

PHILEANOS. —

Justement, Aniaros le beau sire, mais ce n'est pas la même guerre. D'idiots sages veulent confiner les monstres, au lieu de les exterminer ! Ils sont pour la clémence envers les suppôts du Chaos. D'autres sages bien mieux instruits ont bien sûr adhéré à mon, votre idée, Aniaros mon seigneur. Deux ligues fratricides se sont créées, le combat est proche mon seigneur.

ANIAROS. —

Bien, je vois, je comprends et je sais la situation. La guerre nous devons la mener. Ô Arès, guide nos pas pour imposer notre vérité, que ta volonté soit faite sur Terre. Fais de nous tes guerriers, car notre salut passe par le tien.
Phileanos, bon à rien, va me chercher Kosmios aux mille victoires, et apporte-moi l'Oracle, qu'elle puisse faire amener nos prières jusqu'à l'Olympe.

PHILEANOS. —

Je vais alors de ce pas voir notre cher Kosmios, mais sachez que vos paroles, aussi royales soient-elles, ne resteront pas impunies !

ANIAROS. —

Mouche à chien ! Va et rentre en ta niche.

Phileanos arrive chez Kosmios

KOSMIOS. —

Voilà le bon Phileanos ! La vieillesse se lit sur mes rides, et je me demande en conséquent combien de temps me laissera Thanatos ; j'ai le sentiment que chacune de mes toilettes sera la dernière, qu'elle sera ma prothesis. Enfin, il en est qu'aujourd'hui, tu es en ma maison, et que j'aimerais savoir la raison de votre belle venue.

PHILEANOS. —

Ton roi te demande, car la guerre arrive comme l'horizon grisonnant. Ton génie va encore devoir éclairer notre pauvre Sparte. Ton seigneur t'attend !

KOSMIOS. —

Je te sais énervé, tes mots et ton visage te trahissent. Ce pleutre t'a encore insulté ? Son glorieux père, ô Zeus que je le regrette, ce brave soldat, légende de nos terres. Il a enfanté un immonde fils, c'est le prix qu'il devait payer pour sa bravoure divine, car les dieux ne donnent rien gratuitement.

PHILEANOS. —

Tu dis vrai, mais tu lui obéis toujours comme tu le faisais avec son père. Il nous méprise et nous maîtrise comme des chiens sont obéissants à leur berger !

KOSMIOS. —

Tu te crois seul, mon solitaire guerrier ! Nous sommes légions à comploter, et je crois que l'occasion se présente sur un plateau d'argent ! Je connais déjà la nature anormale de cette guerre, cette Térasomanchie ; mais sans loyauté il n'y a pas de royauté, et je crois que cet imbus de lui-même est aussi monstrueux que ces créatures ! Nous pourrions faire d'une pierre deux coups mon ami !

PHILEANOS. —

Tu veux une révolte ? Je suis d'accord avec cette solution mais qui prendrait le futur trône libre ? Ménélas n'a fait qu'un garçon et qu'une fille, il n'y a aucun homme proche légitimé.

KOSMIOS. —

Hermione, fille de Ménélas, est mariée, non ? Son mari est légitime au trône, après l'aîné ! De plus, ce mari est d'après mes humbles souvenirs neveu de Ménélas.

PHILEANOS. —

Mais il est déjà roi d'Argos ! Il ne peut régner sur Sparte, il ne connaît pas nos terres !

KOSMIOS. —

Mais nous pourrions devenir ses conseillers, non ? Sparte a besoin de bons vizirs. Et son fils pourrait être facilement écarté du pouvoir, un accident de chasse est si vite arrivé, pour que le trône soit nôtre. Tu es bien plus jeune que moi et tu pourras être le successeur, toi ou ton fils d'ailleurs. Qu'en dis-tu ?

PHILEANOS. —

Je veux juste voir cette engeance du démon morte et bafouée, car mon honneur il a sali. Tu me laisseras le soin de lui assener le coup fatal, pour que son sang lave le mien, c'est ma seule condition.

KOSMIOS. —

Je te le jure, ton honneur sera redoré.

Strophe

Sparte la glorieuse est fragile, car son mauvais roi fait naître la trahison en ses plus fidèles serviteurs. Le général guide son champion, pour qu'il soit les mains réalisant ses desseins. Entre honneur et avidité du pouvoir, la guerre s'annonce sur le sanguin horizon, et la discorde ronge la Ligue qui passe l'épée sous le cou des immondices. Elle veut purifier cette Terre, de tous les monstres, même ceux qui prennent les traits de rois de glorieux pays.

Antistrophe

Ô Zeus, regarde tes enfants se tuer entre eux. Est il mieux de se délecter de leurs tristes sorts ? La discorde profitera à l'adversaire, à moins qu'eux-mêmes soit discordant. Car le Tartare ne viendra pas seul, et tout ce qui est fait par les hommes est éphémère. Seuls les dieux pourront leur permettre de vaincre la guerre, et la divine Athéna sur son char apportera la victoire, roulant sur les pavés faits des corps des vaincus.

Épode

Le goût du sang arrive déjà aux divines babines d'Arès et de ses confrères, tandis que les autres fils et filles de Zeus se préparent à un affrontement imminent. Hermès, avec ses sandales ailées, court déjà transmettre les messages et les ordres, et les dieux n'attendent que la sollicitation des hommes par l'Oracle. Regardez, déjà Dionysos va sur son char, et ses satyres et ses mille tentations.

DIONYSOS. —

Hermès mon bon messager, pourquoi donc viens tu en notre belle et sauvage procession ? Est ce que les dieux veulent encore me nuire, ou m'appellent ils à l'aide ?

HERMES. —


Ah, je vois que je te dérange, mais cela n'a pas d'importance. Les autres se chamaillent encore, pour une histoire d'homme !

DIONYSOS. —

Laisse moi deviner, une histoire de femme ? Elles sont toujours le cœur de nos problèmes, ces vilaines étriquées par leurs virils maris.

HERMES. —

Pour une fois non. Les créatures d'argile veulent combattre des monstres en Troie, car la dangerosité de ses créatures n'égale leur nombre. Enfin c'est plus complexe que cela, penses-tu que c'était si simple ? En vérité certains d'entre eux et d'entre ceux de l'Olympe veulent les confiner, pour je suppose les surveiller et les étudier sous tous les angles.

DIONYSOS. —

Je vois, et qu'est le rapport avec ma personne ?

HERMES. —

Je te sais intéressé, Dionysos aux milles résurrections. Le vote n'a fait que créer deux camps distincts et égaux en partisans. Ta présence en notre Ligue pourrait tout changer je te le dis, et éviter une inutile effusion d'un sang fratricide. Tu n'auras qu'à manifester ton vote, et retourner à tes étranges et luxueuses préoccupations.

DIONYSOS. —

Tu me fais bien rire, piètre dieu ! Cette situation ne me regarde point, et je saurai à l'occasion me défendre contre de vulgaires rats. Je ne marcherai pas dans ta combine. Mais je dois bien dire que la vue de ces soldats marchant fièrement vers la mort exalte mon cœur et que la folie de l'homme, sa vraie nature va enfin surgir. De quoi nourrir mes courtisans et mes bêtes.

HERMES. —

Vulgaire dieu, ton incapacité n'a d'égale que ton goût pour la boisson. A quoi sers tu, inutile être ? Car jamais tu ne t'impliques, tu ne sèmes que la mort sur ton sillage, tu empêches les semences de donner du blé pour tes vulgaires arbres, les villes de donner des hommes pour tes immondes forêts, et les nations de donner la gloire en leurs terres pour tes sauvages serviteurs. Tu ne mérites pas de te faire prier, de te faire célébrer par les créatures d'argile, pauvres victimes de tes manipulations.

DIONYSOS. —

À quoi je sers, me dis-tu ? À servir ma tranquillité et je sais que seul un être pourra la préserver de vos manigances et de vos guerres. Et je m'en vais le trouver ! Vulgaire soumis des dieux, ta désinvolture va coûter le sang et la mort de votre paradis ! Car je suis dieu des folies et de la nature, la mort en mon sceptre est la seule juge. Ô Gaia, mère de nous tous en l'Olympe, je parle en ton nom ! La Nature est prête à retrouver ses droits.

HERMES. —

Va, impuissant ! Je m'en vais prévenir ton père, il te punira comme tu le mérites ! J'attends avec patience le jour où tu imploreras ma pitié.

Strophe

Hermès arrogant sur ses sandales ailées, se rencontre de la sauvagerie du Dionysos qui se trouve en face de lui. Ne se rend-t-il pas compte, cet inconscient voyageur divin ? Il vient de faire surgir l'animal de l'animal, sa fureur ne fera qu'envenimer les évènements ! La Malice devra accompagner le dieu des larcins, car la Nature ne pardonne pas, seul celui qui ruse comme il vole pourra devenir roi des truands de cette Terre, dieu ultime.

Antistrophe

L'alcool pur se prend aux humeurs du dieu suivi par les Satyres, et son humeur détint, prend possession de celui sorti de la cuisse de l'Empereur Éternel, et sa rage mord l'âme de la raison. Celui qui sera appelé va ramener en notre tragédie le sang nécessaire à faire le bain dans lequel Dionysos se baignera, le buvant en contemplant les flammes rongeant les temples, car la Nature n'a pas besoin de prêtres pour être crainte, pour être vénérée.

Épode

La fugueuse vengeance se prépare, et les champs de blé seront arrosés par le sang des lourds soldats, marchant vers un trou béant qu'on appelle la mort. Hélios n'aura pas atteint la rive que les épées fuseront et les flèches trancheront les corps des partisans. À croire que l'homme ne peut décider que par la guerre, et que les dieux s'ennuient assez pour s'y entrainer, sauf qu'au contraire des dieux, les êtres de chairs y perdent leurs existences misérables.

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