La routine
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La routine.

Oui, je pense que c'est la routine qui me permet de tenir le rythme. Ce travail est ennuyant. Très ennuyant même. Donc, la routine me permet de me concentrer sur ce que je fais, de faire passer le temps plus vite. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir conservé mon ancien travail, me direz vous ? A vrai dire, je m'y ennuyais. Et puis, mon patron était un gros con. Mais en vérité, je commence à le regretter. Niveau ennui, mon nouveau job est aussi pas mal. Alors, la routine m'aide à tenir. Poser le seau. Humidifier la serpillière, nettoyer. Rincer la serpillière, nettoyer. Reprendre le seau, bouger de quelques pas, poser le seau. Humidifier la serpillière, nettoyer.

Oui, vous l'aurez compris, je suis Agent d'entretien, vu que désormais on donne des noms scientifiques à des trucs aussi peu qualifiés que ça. Enfin, je n'ai pas à me plaindre niveau horaires, je bosse de nuit. J'ai toujours été quelqu'un de nocturne. Le calme et la tranquillité de la nuit m'aident à méditer sur la vie, sur moi-même, ce genre de trucs. Oh, je suis loin d'être un grand philosophe, mais je ne suis pas non plus débile. En plus de cela, c'est aussi ma femme qui me fait garder le moral. Du moins, le souvenir que j'ai d'elle.

Malheureusement, elle est morte il y a de cela deux ans. Assassinée par un fou furieux. Je l'aimais tellement… Elle était belle, drôle, inte…

Hé, qu'est-ce que je fais là ? Ce n'est pas le moment de déprimer ! Mon taf', disais-je donc. Je nettoie les locaux d'un gigantesque complexe scientifique. La majeure partie des gens qui y bossent sont des trous du cul, mais je ne fais pas vraiment attention à eux. Je me contente de faire ce pour quoi je suis là. Ah, c'est l'heure de retourner bosser. Je prends mon matériel et parcours les couloirs jusqu'à la prochaine salle. Celle-là est plutôt grande, on va s'y mettre à trois. Deux autres de mes collègues sont là. Fabien et Benjamin. Je ne les connais pas depuis longtemps mais je les apprécie. Nous nous saluons, puis ils entrent dans la salle et commencent le travail. Quand à moi, je reste là, à penser à ma femme… Elle me manque… Vous ne pouvez pas savoir à quel point elle me manque…
La voix dans le microphone me fait reprendre mes esprits. "D-4518, entrez dans la chambre de confinement, ou vous serez exécuté, c'est mon dernier avertissement". Ah oui, c'est vrai. Je prends mon seau et ma serpillière et passe les portes blindées. Une statue étrange est postée dans un coin de la salle, mais je ne fais pas attention à elle. Poser le seau. Humidifier la serpillière, nettoyer.

La routine.

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