Bonjour, petite fille
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Note : Ceci est la 4ème partie d'une histoire en 7 épisodes. Il est recommandé de commencer la lecture par SCP-3475 - Nos Fondations Changeantes.

Nous nous dirigeons vers le bloc D, en prenant un chemin sinueux à travers les couloirs périphériques pour éviter les derniers traînards. Annette s'en sort très bien, mais il faut désormais composer avec moi. Des oreilles bourrées de serviette en papier ne tiendront pas indéfiniment. Iel est devant moi, main gauche à plat contre le mur, le corps penché dans une posture à demi accroupie. Sa main droite est orientée vers l'avant, et son poignet est réglé comme une langue de serpent, ses doigts se contorsionnant sans cesse, vivement, à l'affût. Bien qu'iel se déplace sans bruit, je me retrouve à devoir trottiner à sa suite.

Iel ne m'a pas laissé prendre le pistolet. C'était compréhensible. Mais iel a dû remarquer que j'avais pris la balle : soit iel ne s'en souciait guère, soit iel n'en sait pas assez à son sujet. La seconde option me va, mais pas la première. Cela signifie qu'iel me fait confiance ou qu'iel est désespéré. Aucune de ces deux possibilités ne m'inspire particulièrement, et j'écarte cette pensée.

Un autre virage à gauche, puis à droite. Les caméras de sécurité ronronnent à chaque intersection que nous franchissons, mais je ne pense pas qu'il reste qui que ce soit pour nous surveiller.

Bien sûr, il y avait les deux corps, entassés contre la première porte sur laquelle nous sommes tombés — je n'ai pas pu détacher mon regard des leurs, et maintenant, je n'arrive plus à effacer le souvenir de ces yeux noirs de mon esprit, de leurs pupilles dilatées à l'extrême — pendant un instant, j'ai senti la carte commencer à se déployer dans ma tête, mais je l'ai arrêtée juste à temps.

(Ça devait être HÉRON CRAINTIF ; les stimulants de nos propres soldats ont tendance à être plus criants que les premières amphétamines venues.)

Plus loin, nous évitons l'ascenseur, mais Annette se dirige vers les escaliers qui mènent aux étages inférieurs et je dois le retenir. Iel me fixe, ses yeux vitreux pivotant vers moi, et je tapote donc doucement la rampe avec ma jointure :

CELLULS D PS SURES

Puis, dans un Morse légèrement moins ravagé :

TRP DE GENS

Iel penche la tête en faisant un mouvement de mastication avec sa mâchoire. Je réfléchis un instant pour compacter le message dans ma tête avant d'envoyer :

ALLER LABOS COMPORTEMENT

Annette arrête de mastiquer. Je crois qu'iel comprend où je veux en venir. Ce n'est pas une option très glamour, mais c'est déjà mieux. Pour une fois, iel me laisse passer devant.

Les labos du bloc D montent jusqu'au niveau du sol. Cela nous donnait un accès facilité pour les tests sur le terrain, lorsque nous pensions encore avoir de l'importance, et ça correspondait bien à la couverture pharmaceutique du site. Évidemment, ce côté ouvert ne nous a pas vraiment aidés lorsque nous sommes devenus le centre de tout ce qui nous arrive. Ceux qui avaient le plus de bon sens ont fui en premier. Je ne crois pas que nous ayons à craindre ceux qui sont restés. Il faut un certain niveau d'apitoiement pour passer sa vie à calculer des intégrales de contour sur des cartes sémiotiques ; nous n'aurons pas à nous inquiéter de nos collègues infectés qui se maintiennent en vie.

Les laboratoires, l'œil de la tempête. J'espère que je trouverai celui qu'il me faut.

Derrière moi, les pas d'Annette sont mesurés, constants, résonants. À mi-chemin de notre montée des escaliers, les lumières passent au rouge terne des éclairages d'urgence. Sur une marche mal fixée — est-ce la septième ou la vingt-troisième volée d'escaliers ? — je trébuche, et mes mains glissent sur la rouille écaillée. Annette me rattrape avant que je ne me torde quoi que ce soit, et ensemble nous gravissons tant bien que mal les dernières marches et enfonçons les portes coupe-feu.

Comme je m'y attendais, les fusibles ont grillé. Nous avions recouvert les fenêtres de scotch pendant les premières heures de la propagation du complexe. Enfin, le noir complet ne fait aucune différence, puisque je sais où tout se trouve.

Quelque part, derrière les murs, résonne un bourdonnement. Il ne devrait y avoir qu'une seule chose en route. Voici l'antichambre, la salle centrale renforcée qui se trouve au sommet du conduit central du site, et j'étends mes mains devant moi pour toucher des surfaces familières : le pot de l'arum mort depuis longtemps, la fontaine à eau (vide, malheureusement), l'ancien bureau de Kelly. Une couche de moisissure noire recouvre le tableau blanc. La carte dans ma tête grésille pendant quelques instants ; je la replie et la sors de mon esprit.

À côté du tableau se trouve le panneau d'accès de la porte hermétique, clignotant d'une faible lumière rouge. En tâtonnant à côté, je trouve le joint, qui s'ouvre désormais sans aucun problème.

Ils ont construit les cellules directement en-dessous de nous pour une bonne raison. Le complexe ne se plie pas aux mathématiques pures et requiert des conditions initiales pour être calculé. Des sujets bruts ne suffisent pas. Prenez une personne au hasard dans la rue, elle aura bien trop de dépendances installées, bien trop de données inutiles. Nous avions besoin des cellules pour les gens ; nous avions besoin des oubliettes pour les données inutiles.

En sortant du sas, la première oubliette devrait être sur ma droite. Je heurte le bloc de béton avec mon tibia gauche ; je retiens un cri assez longtemps pour tomber à genoux et passer mes doigts sur la surface. La trappe de métal au milieu de l'oubliette est froide, fermée, et immobile. Pas ce que je cherchais. Anette passe au-dessus de moi. Je suppose qu'iel a compris. Je ne peux le voir, mais j'imagine qu'iel rampe sur les trappes restantes dans la pièce (treize en tout, sans compter les miniatures), et passe ses mains sur chacune d'elles à la recherche de signes d'activité.

Iel finit rapidement. Une ombre — la sienne — passe devant la lumière rouge clignotante du panneau de l'autre côté de la pièce et fait coulisser la porte hermétique. Je me relève — lentement, désormais, en plaçant le poids sur mon côté droit — et suis Annette dans la salle suivante.

Le bourdonnement est plus fort ici. Il nous faut dix secondes pour trouver sa source. Je touche sa trappe et sens qu'elle est chaude au toucher, je sens aussi les pompes à l'œuvre dans l'espace derrière le mur. Nous avons atteint notre destination.

Avant que je puisse faire un message en Morse, Annette attrape la poignée et la fait tourner de toute sa force. La trappe s'ouvre. Sous quinze centimètres d'un cocktail de psychotropes, le sujet commence à hurler.

Pour quelqu'un qui y a été plongé une bonne semaine, elle a encore une sacrée énergie. (En y repensant, cela fait trois jours que je suis en confinement volontaire ; ça devait déjà faire sept jours avant ça qu'elle avait été laissée dans l'oubliette pour la dernière fois.) Ses fluides nous empêchent de l'attraper facilement. Il faut que nous nous y mettions tous les deux pour la hisser hors du trou, en attrapant les anneaux sur les côtés de sa camisole ruisselante de dérivés huileux de scopolamine. Mon côté gauche cède à nouveau et je lâche en criant. Quelque chose heurte le sol. J'entends un bruit de lutte, mais elle n'arrive pas à aller bien loin ; le son d'une articulation qu'on fait craquer retentit et les cris sont étouffés.

Il semble qu'elle soit en train de crier à travers la main d'Annette, désormais. Une sorte de mantra, peut-être quelque chose à laquelle elle pensait lorsqu'elle était dans le bain, ou qui a été programmé en elle pendant ce temps-là.

"Aidezmoimonnomestallisonbrownjaitrentesixansjevisamiamienfloridesilvousplaitlaissezmoisortirjesuismariéesonnumémoest huit trois quatre deux cinq neuf un un un un un —"

Des données fictives, tout ça ; faciles à aseptiser. Il y a toujours un peu de honte lorsqu'on réalise que l'oubliette a vraiment fait son boulot. (Tuer un esprit pour sauver toute l'humanité ? C'était le calcul moral que nous avions l'habitude de faire, oui. Mais si plus rien n'a d'importance, alors tout est permis et justifié — je me dis que ce sera un grand acte de courage moral de pouvoir faire quoi que ce soit.)

Mon premier instinct est de commencer à faire mon travail là où nous sommes et à garder le résultat dans ma tête. Mais il devient clair que nous ne pouvons pas rester ici très longtemps. Plus le sujet sera lucide longtemps, plus elle va devenir de plus en plus compliquée à gérer. Je tire un peu sur le corps, puis me prépare à faire le trajet inverse. Retourner dans la première salle, dans l'antichambre, jusqu'aux escaliers.

Tout ce qu'il me faut désormais est un marqueur, que je pourrai récupérer sur un bureau en sortant. Une source de lumière aiderait aussi, ainsi qu'un bout de carton noir ou un classeur. Grâce à la camisole, je ne pense pas que j'aurai besoin d'un baîllon.

Je réalise que je fixe les yeux d'Annette et que cela fait un moment qu'iel me fait face. Quelque chose luit sur ellui.

La lumière d'un panneau de contrôle ? Annette n'y croit guère.

Iel plonge vers la droite. Le sujet hurle. Coup de feu. Le son du métal sur du métal : c'était des chevrotines, ça ?

Tirer à l'aveuglette dans une pièce presque complètement noire : l'assaillant tire pour tuer. Je me jette sur le sol et me rue derrière une des oubliettes. Même à travers les serviettes en papier, j'ai l'impression que mes tympans ont été perforés. L'obscurité pourrait nous sauver un temps, si le sujet ne s'était pas remis à babiller : "-monnomestangelabrownjaitrentedeuxansjevisàplumwelldanslemississippisilvousplaîtdocappelezmafamilleilsmemanquenttellement-"

Un autre coup de feu. Le babil cesse. Tant pis pour le plan A.

Je distingue une silhouette près de la porte. Quelqu'un de ma taille.

La silhouette se racle la gorge.

"Qui est là ?" dit-il.

Je reconnais à peine la voix. "Brandt ? C'est vous ?"

"A-hh. Je hh-ous connais. Jenkins. J'awwihhe pas à cwoiwe que hhous h-hhaites hhwawtie des chhanceux, hh-aha."

"Docteur Brandt ? Chef de projet Brandt ?" Quelque chose cloche. Je n'arrive pas à trouver quoi exactement avec mes oreilles qui résonnent. Il semble chuchoter, c'est certain, et ses mots sortent par à-coups.

"Chhehh de hhwojet. Diwecteuw. Hice-diwecteuw de Site. Weshhonsawle hygiène et sécuwité. J'sais has, sais hhlus comwien de hwowmotions ça hhait waintenant, ha-ha. Ils sont tous wohwts-t, hhous ahhez entendu ?"

Des bruits de pas. Il s'approche. De l'autre côté de la pièce, je sens qu'Annette se tend, prêt à passer à l'action. Iel ne connaît sans doute pas sa voix, mais iel peut reconnaître ses bruits de pas. Ce n'est pas difficile d'identifier la marche emboîtée de l'agent de terrain vétéran, avec cependant le côté fâcheux qu'il veut être entendu — ou se fiche d'être entendu. C'est bien Brandt, pas de doute là-dessus.

"Hhutain, je pouwais wêwe êtwe O5 dehwwuis le temps, ha-ha."

Malgré toutes ses aptitudes, Annette ne peut pas entendre son ton, mais je peux le ressentir sans aucun problème même dans mon état de demi-sourd. C'est la peur, l'authentique, le renard pris au piège montrant les crocs.

La métaphore me frappe soudain. C'est là que je comprends. Evidemment, c'est ça, la cause du son : il n'a plus de lèvres. Le pauvre hère a dû les couper avec ses dents.

"HH-hhous êtes un wwahhe gars, Jenkins, wais je suis désolé de diwe que je ne hwense pas que ce soit hhous ici et waintenant."

Je l'entends armer son fusil à pompe. Il se dirige dans ma direction.

Ça ne sent pas bon. Mes doigts sont déjà dans ma poche avant que j'aie réalisé ce que j'étais en train de faire, et se replient autour de la balle à la recherche de l'amorce électronique. Ne pas regarder le flash, ne pas écouter le crissement, compter jusqu'à trois, faire le vide dans sa tête, et claquer -

Coup de feu. Le son du métal sur du métal. Un cri à travers des dents découvertes. Annette est sur lui tel un tigre. Au bruit que cela fait, elle lui a mis les doigts dans les yeux, et je trouve légèrement amusant le fait qu'iel ne sache pas que la pièce est intégralement noire.

Je rempoche la balle pour une autre fois et me précipite jusqu'à la porte en marchant dans quelque chose d'humide dans le processus (du sang ? De la drogue ? Oh, qu'importe). Lorsque je l'atteins, je l'ouvre à la volée et tape du pied sur le sol le plus fort possible :

… _ _ _ …
… _ _ _ …

Ce qui est la façon la plus succincte à laquelle je puisse penser pour dire à Annette qu'il est temps de courir.

Si Brandt pense qu'il s'est tiré d'affaire, il est sur une pente glissante. Ses coups de feu m'ont sauvé pour le moment, mais ses cris commencent à avoir des accents de parasites — des effets indésirables de la carte qui résonne dans ma tête, bien qu'elle ne tiendra plus très longtemps — et dans l'obscurité, je crois commencer à voir faiblement les bords des étoiles.

Non, pas ici, pas maintenant, tiens bon, je t'en supplie.

Soudainement, la voix de Brandt part en crescendo, et j'entends quelqu'un se relever précipitamment. Des giclements provoqués par des chaussures sur quelque chose d'humide. Le son d'un sac soulevé du sol. Puis la silhouette d'Annette me frôle, avec une odeur de sang ; iel tourne abruptement à gauche juste après la porte. Je le suis en courant, l'adrénaline atténuant la douleur dans mon flanc.

Derrière nous, les pas de Brandt, réguliers, s'approchant sûrement mais lentement.

"Je hhois." dit-il. "Annette. Éhhidemment. Ils hhous ont eu, n'est-ce hhas ? Hhou n'êtes hhas hhou, hhous êtes juste contwhôlé. C'est norwal. Laisse-nous te wewettre suw le won chhemin."

Je ne réponds pas. Il peut toujours voir les portes, et il est toujours lucide, et le fait qu'il ne se soit pas fait sauter la cervelle en dit long sur son degré de maîtrise de lui-même. Mais en fin de compte, la fiole de Classe-C qu'il a toujours gardée attachée au poignet ne le sauvera pas du complexe.

En passant la porte suivante, je manque d'entrer en collision avec Annette. C'est un cul-de-sac. Comment ai-je pu l'oublier ? Et voilà que Brandt passe le dernier coin, probablement en train d'épauler son fusil. Il n'y a plus d'élément de surprise, et Annette ne peut pas frapper plus vite qu'une balle.

Je jette un coup d'œil dans la pièce qui m'entoure. Ce n'est guère plus qu'un placard de rangement, pleine d'étagères et de cartons, des équipements d'émulation neurale, des sachets d'auto-injecteurs et d'autres fournitures du département. Des marqueurs, aussi. J'en prends un au cas où. Mais par-dessus tout, qu'y a-t-il de différent ? Que pouvons-nous utiliser ? Qu'y a-t-il ici ? Où sommes-nous ?

Quel idiot. Je me souviens d'où nous sommes. Une faible lumière filtre par les côtés de la fenêtre ; c'est pour ça que je peux voir. Je m'approche de la fenêtre et me retourne.

Brandt est à la porte. "Jenkins. Ne hh-aniquez hh-as. Ne leuw hhaites hh-as conhhiance. Hhous n'avez qu'à écouter. W'écouter, woi."

Mes yeux s'ajustent déjà à la pénombre. Les yeux de Brandt me fixent directement, mais son arme est braquée sur Annette. Son corps est parfaitement immobile ; iel est complètement désavantagée, et iel le sait. Je vais devoir jouer mes cartes maintenant.

Je pose ma main sur la fenêtre derrière moi. "Docteur Brandt, monsieur, je n'essaierai pas de vous duper," dis-je prudemment. "J'écouterai ce que vous avez à dire, mais je ne crois pas que vous soyez actuellement en mesure de donner de bons conseils."

"Ne hhaites pas attention au HZZ-ZZT, Jenkins. Comme hhous hhouhhez le hhoir, je contwôle hharhhaitewent ce que je hhais."

Les parasites dans sa voix achèvent de me convaincre. Mon doigt se tend. J'avance d'un pas en emportant au passage une partie de l'adhésif, en fixant Brandt droit dans les yeux.

"Je suis désolé de vous le dire, monsieur, mais plus aucun de nous ne contrôle quoi que ce soit."

Le clair de lune illumine son visage. Sa mâchoire est exposée, et du sang coule de ce qui reste de son œil droit. Plus je le regarde directement, plus je réalise que je ne le peux pas, et je me tourne d'une façon que j'espère qu'il pense être soumise. Il pointe son fusil sur moi.

"Jenkins," gémit-il, "je crois que hhous ne sahhez pas ce que hhous êtes en twain de hhaiwe."

J'arrache la seconde bande d'adhésif, puis la troisième. Dans le reflet de la fenêtre, Brandt frissonne. Il ne me regarde plus. Il fixe le ciel nocturne. L'incrédulité se dessine sur son visage : sont-ce les étoiles que je vois dans ses yeux ?

"Docteur Brandt, monsieur, je sais que vous croyez contrôler ce que vous faites, mais - ", lui dis-je, fermement mais avec douceur — après tout, un mentor mérite tout de même un certain degré de respect, même lorsqu'il n'est plus que l'ombre de lui-même — "mais je ne m'appelle pas Jenkins."

Je fais un pas de côté pour lui montrer la véritable couleur du ciel.

La dernière chose que j'entends tandis que nous sortons dans la nuit est un coup de fusil.

***

Dans le parking, Annette s'accroupit pour examiner le sujet ; les dégâts et le sang suffisent à me convaincre que le plan A est foutu. Il ne reste tout simplement pas assez de matière cérébrale avec laquelle travailler.

Le poignet d'Annette commence à bourdonner. Iel me regarde droit dans les yeux.

ON FAIT QUOI MAINTENANT

Je résiste à l'envie de regarder le ciel. Il est déjà dangereusement brillant, et la lune n'est pas seule. Je me penche sur le corps et remonte la fermeture de la camisole pour cacher ce qui reste du visage du sujet.

"Il y a une autre possibilité," lui dis-je.

Je ne mens pas. Dans ma poche, la balle ; dans ma tête, le pistolet — la carte. Réunis, ils suffiront amplement pour un tir. Deux innocents sont déjà morts (enfin, deux parmi tant d'autres, j'imagine). Mais si tous les actes sont justifiés, le calcul moral tient toujours bon.

J'espère juste qu'il tiendra assez longtemps pour que nous en finissions.

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