Erreur d'analyse
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Love don't break the light
Trying to find my way again
Grey stars on the rise
Navigate me on the mend
The clock moves out of time
Wading through the moments we left
I trip to feel alive
And die to forget

Lift me up and I feel lighter
I'm living in a dream
Wake me up if everything changes
And nothing's what it seems

Come raise the dead
I'm dreaming of the end
Hallucinate the tables are turning and life
Was everything you said
Come raise the dead
I'm leaning on the edge
Illuminate the way to my heart
It's twisting on a thread
Come raise the dead

Breath me back inside
I've been in the water too long
I soaked in all the cries
Until I was gone

Lift me up and I feel lighter
I'm living in a dream
Wake me up if everything changes
And nothing's what it seems

Come raise the dead
I'm dreaming of the end
Hallucinate the tables are turning and life
Was everything you said
Come raise the dead
I'm leaning on the edge
Illuminate the way to my heart
It's twisting on a thread
Come raise the dead

Lift me up and I feel lighter
Lift me up and I feel lighter

Come raise the dead
I'm dreaming of the end
Hallucinate the tables are turning and life
Was everything you said
Come raise the dead
I'm leaning on the edge
Illuminate the way to my heart
It's twisting on a thread
Come raise the dead

Rachel Rabin - Raise the Dead


2, place Mazas, 12ème arrondissement de Paris. Dimension Angstrom - 05/03/2018, 02h19.

- Monsieur Guilhan Ambetz ?

Le médecin légiste se retourna pour regarder les deux hommes qui venaient d'entrer dans la morgue. Guilhan était plutôt petit et maigre. Presque décharné. Il avait de grandes cernes lui mangeant le visage, contrastant avec ses yeux bleu pâle.

- Je me présente, Henri Moulin et voici mon collègue, Tobias Stanton. Nous venons de la DGSI1.

Tous deux semblaient quasiment sortir du même moule, les cheveux courts, rasés de près, musclés. Ils avaient presque l'air comique dans leurs costards. Henri était blanc de peau et avait les cheveux bruns ainsi que les yeux verts. Tobias était noir de peau avec les cheveux et les yeux noirs.

Le légiste réprima un bâillement en invitant les deux hommes à s'approcher.

- Vous me pardonnerez le désordre, je viens juste de ranger un corps. C'est plutôt rare que la DGSI daigne descendre ici, que se passe-t-il ?

Ce fut au tour de Tobias de prendre la parole.

- On nous a signalé des faits troublants. Certains corps disparaîtraient d'ici. Vous savez quelque chose ?

Guilhan se gratta le menton.

- Je sais qu'il est difficile de voler un corps ici. C'est la morgue principale de Paris, même si une grande partie des corps de la ville transite par ici, ils sont fichés dès leur arrivée. En faire disparaître un n'est pas une tâche aisée…

Henri acheva la phrase du médecin-légiste.

- … À moins de faire partie du personnel. Depuis combien de temps travaillez-vous ici ?

- Laissez-moi compter… Si je ne me trompe pas, ça fera dix-sept ans tout pile en juillet.

Sans un mot, Tobias alla verrouiller la porte d'entrée de la morgue. Henri reprit.

- Et selon nos renseignements, des corps ont commencé à disparaître de la circulation peu de temps après votre arrivée. Au début c'était un cadavre par an, celui d'un clochard ou d'un inconnu. Des corps qu'aucune famille n'irait rechercher. Comme vous étiez sur place il vous était facile de bidouiller les papiers. Tel corps est parti pour telle école de médecine. Personne ne posait de question, vous étiez tranquille.

- Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez. Ces accusations sont ridicules.

- Pourtant les preuves sont là pour qui sait chercher. Que faites-vous avec ces cadavres ? Vous les vendez ? Vous les baisez ? Vous faites des trucs occultes avec ?

- Ce que vous dites n'a aucun sens, vous vous rendez compte de ce que vous insinuez ?

- Allons allons monsieur Ambetz. Nous vous surveillons depuis assez longtemps. Avant même que vous preniez le nom de Guilhan Ambetz. Vous vous faisiez déjà passer pour un médecin à l'époque, sous le nom de Pierre Arnies.

Guilhan s'adossa sur une table d'autopsie vide, un sourire en coin. Il haussa les épaules et écarta les bras dans un geste d'abandon.

- Vous m'avez coincé, messieurs. Mais il y a un souci dans votre histoire. La DGSI ne s'occupe pas de ce genre d'affaires. Qui plus est, j'ai été particulièrement prudent en faisant mes magouilles. C'était impossible à repérer. Mais surtout, Pierre Arnies était une identité que j'utilisais il y a longtemps. Aucun organisme de l'état n'aurait pu la lier à moi. Qui vous envoie ? La Coalition ? L'Insurrection ? Mmh… non vos méthodes sont trop calmes. La Bibliothèque ? Ce n'est pas dans leurs habitudes. C'est la Fondation, n'est-ce pas ?

Comme aucun de ses deux interlocuteurs ne répondaient, le médecin-légiste enchaîna.

- Mmmh… Oui, ça colle plutôt bien avec les méthodes de la Fondation. Ceci dit la dernière fois qu'elle m'est tombée dessus c'était… en 94 je pense…

Son sourire s'élargit.

- En 1894, pour être précis. Honnêtement, les agents étaient plus discrets à cette époque. La qualité de votre formation a baissé.

Tobias dégaina un pistolet tandis qu'Henri s'approchait prudemment de Guilhan.

- Nous savons tout de vous, Guilhan. Le bâtiment est vide, personne ne nous entendra si on vous tire dessus. Alors suivez-nous et ne faites pas d'histoires, comme ça, tout se passera bien.

L’intéressé secoua la tête et lâcha un petit rire.

- Ainsi donc vous savez tout. Vous ne bluffez pas ?

- La Fondation vous traque depuis assez longtemps. Ne résistez pas.

- Et bien messieurs, j'aurais juste une question. Si vous savez tout de moi…

Une lueur verte s'alluma dans les yeux du médecin tandis qu'il souriait.

- … À quel moment avez-vous trouvé intelligent d'attaquer un nécromancien au milieu d'une morgue ?

Le bâtiment était effectivement vide. Personne n'entendit les coups de feu ni les cris des agents.


Bureau de Garrett. Dimension Angstrom- 10/03/2018, 09h15.

Garrett se passa une main sur le visage et relut le rapport une dernière fois.
Ils avaient encore perdu deux agents. Disparus sans aucune trace, tout comme leur cible.
Écœuré, il jeta le rapport sur son bureau. Il décrocha le combiné de son téléphone fixe, celui qui était branché sur une ligne sécurisée, et composa un numéro qu'il avait mémorisé depuis le jour où il était en poste. Ce numéro n'était noté nulle part. L'on décrocha au bout de trois sonneries.

- Garrett à l'appareil, j'ai besoin de vous voir immédiatement.

Il était temps d'accélérer les choses. Il n'était plus question de perdre des agents.
Le projet Nauthiz devait sortir de la phase 1 dès à présent.

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