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Crédits
Titre : Diaspora - Centre
Auteur : Hufor
Date de publication : 30 janvier 2026
Images :
- Présentation
- Mythologie/Croyances
- Histoire
- Structure/Activités
- Notes du personnel
- Personnes d'intérêt
- Données Collectées
- Écrire sur la Diaspora
Introduction :
La Diaspora est une alliance de différents groupements qui a pour projet de réparer la mort. Ses membres ont pour point commun d'avoir fait l'expérience spirituelle de l'au-delà, et de n'y avoir trouvé qu'un espace spirituel en ruine menant au néant. Face à ce constat, la Diaspora s'est fixée pour but de reconstruire l'au-delà afin d'offrir à l'humanité une autre voie que l'inexistence.
Représentation d'un Baksy1 kazakh.
Bien que la Diaspora sous sa forme actuelle de réseau soit récente, ses origines les plus anciennes remontent au chamanisme2 préhistorique. Depuis l'aube de l'humanité, à différentes époques et en différents points du globe, des êtres humains ont pu accéder spirituellement à l'au-delà, utilisant différents procédés comme la méditation ou la prise d'hallucinogènes entre autres exemples.
Ils y ont découvert le lien de parenté qui les unissait à l'au-delà : le Grand Esprit, dont l'énergie vitale est considérée par la Diaspora comme matrice de toute vie sur Terre. Existant à l'origine seul dans le monde spirituel, il l'a quitté dans des temps immémoriaux pour le monde matériel, et a disparu dans le processus. Son énergie vitale s'est, elle, mélangée à la matière pour donner la vie telle que connue actuellement, et chaque être vivant contient une petite part de l'énergie du Grand Esprit, qui lui tient lieu d'âme. Son corps spirituel quant à lui, est devenu l'au-delà, dont la seule fonction encore active est la dissolution et la réabsorption des âmes des défunts. C'est ce sort que la Diaspora refuse.
De ces multiples voyages spirituels sont nées de multiples cultures chamaniques à travers le monde, toutes liées par la volonté commune de rendre au corps du Grand Esprit son énergie vitale. Ayant longtemps existé et évolué indépendamment, certaines ont perduré quand d'autres ont glissé vers l'occultisme avec le temps. Sous l'impulsion du spiritisme au XIXème siècle, dernière tradition connue à découler de la rencontre avec les restes du Grand Esprit, les traditions chamaniques, occultes et spiritistes ont opéré entre elles un syncrétisme symbolisé par leur nouvelle alliance, la Diaspora.
Fonctionnement interne :
Officiellement, la Diaspora est dépourvue d'une hiérarchie centrale, et fonctionne comme une nébuleuse d'individus et de groupes dispersés sur la surface du globe. Parmi ces derniers, certains sont directement issus des traditions chamaniques anciennes tandis que d'autres sont apparus plus tardivement avec l'apparition et la diffusion mondiale du spiritisme. Ils ont chacun un mode de fonctionnement indépendant et une hiérarchie locale, pouvant fortement varier d'une communauté à l'autre. Ces communautés ont toutefois connaissance les unes des autres, et peuvent être amenées à collaborer face à des crises de grande ampleur ou sur demande d'un groupe.
Lorsque des membres de communautés différentes doivent communiquer, ils se rencontrent le plus souvent directement dans l'au-delà par projection spirituelle. Ce type de communication est cependant réservé aux membres les plus influents de chaque groupe, capables d'accéder à l'au-delà de façon régulière, car bien que tous les membres de la Diaspora aient déjà accédé à l'au-delà au moins une fois, tous ne sont pas capables de reproduire cela à volonté pour des raisons de stress post-traumatique ou de manque d'expérience. L'usage de la technologie moderne n'est pas proscrit, mais reste secondaire pour des raisons de sécurité, et sert en général à déterminer des créneaux de rencontre spirituelle, se coordonner en temps réel lors d'opérations directes, ou créer des drogues de synthèse afin de faciliter leurs transes.
Financement :
De par sa structure en nébuleuse, les différents groupes au sein de la Diaspora ne disposent pas de ressources financières homogènes. Certaines communautés continuent à mener leur existence selon leurs modes de vie ancestraux, où à vivre du commerce de leur savoir-faire traditionnel. Certaines obédiences plus récentes, comme les spiritistes, disposent de moyens plus importants. On compte principalement du patrimoine immobilier et des placements de fonds acquis en attirant des financeurs fortunés à l'époque de l'âge d'or du mouvement. Ces groupes plus fortunés financent en partie les autres communautés, plus souvent issues du chamanisme ou de l'occultisme, ce qui leur donne une position décisionnaire privilégiée malgré l'indépendance officielle de l'ensemble des acteurs de l'alliance.
1) Cosmologie :
Tous les courants de la Diaspora sont réunis par la croyance commune que le monde matériel est intrinsèquement lié à un monde spirituel dont est originaire toute vie. Ce monde spirituel était initialement habité, dans des temps immémoriaux, par un seul être : le Grand Esprit, qui était à la fois l'occupant et la structure même de cet espace.
Découvrant le passage entre les deux mondes à une époque très ancienne, le Grand Esprit a quitté le monde spirituel pour le monde matériel, ce qui a causé son éclatement et sa disparition en tant qu'être unique. Personne encore aujourd'hui ne sait s'il s'agit d'un acte motivé ou d'un accident. L'éclatement du Grand Esprit eut plusieurs conséquences sur les deux mondes :
- L'énergie vitale du Grand Esprit s'est écoulée dans le monde matériel, imprégnant la matière partout où elle la touchait dans l'univers. De cette imprégnation est née la vie, d'abord sous forme unicellulaire, puis évoluant avec le temps vers une diversification exponentielle des espèces, au fur et à mesure que les fragments d'énergie du Grand Esprit s'habituaient à leur nouvel attachement matériel.
- Le monde spirituel, vidé de son énergie vitale, n'est plus constitué que du corps spirituel sans vie du Grand Esprit, un espace vide de toute sensation, dimension et couleur. Il constitue désormais l'au-delà, destination naturelle des âmes des défunts qui y sont projetées spontanément dès le moment de leur décès, témoignage du lien persistant entre le corps du Grand Esprit et les fragments de son énergie vitale.
"Imaginez que chaque cellule de votre corps se détache pour vivre sa propre aventure et ne laisse qu'un squelette, et vous aurez une bonne idée de ce qui est arrivé au Grand Esprit."
Archibald Tabor Hunferth
Spectre collaborant avec la Fondation SCP (anciennement affilié à la Diaspora)
2) La mort et l'au-delà :

L'âme de toute chose vivante, humaine ou non, est un fragment de l'énergie vitale du Grand Esprit, et en tant que telle, est appelée dans l'au-delà au moment du décès. Elle y est à ce moment-là automatiquement projetée. Elle peut y évoluer temporairement, mais va se dissoudre et être réabsorbée par le corps du Grand Esprit si elle y reste trop longtemps, ce qui correspond à la fin de son existence et au néant. Ses restes vont ensuite rejoindre la substance inerte de l'au-delà. L'ensemble de ce processus est désigné sous le nom d'être-après.
Cette dénomination recoupe les concepts de monde spirituel, au-delà, retour au Grand Esprit, dissolution de l'âme dans le néant et inexistence, à la fois comme état et comme processus. La Diaspora l'utilise car elle considère l'ensemble de ces phénomène comme relevant d'un seul et même concept, celui du destin naturel de l'âme humaine, qu'elle cherche à changer.
Lorsqu'un humain projette son esprit dans l'au-delà pour la première fois, il en est profondément marqué. La prise de conscience du néant laisse ainsi une trace durable au sein de son esprit et augmente son affinité au monde des morts, ce qui lui permet d'observer les spectres à l'œil nu.
Les individus capables de maîtriser leur peur du néant et de réitérer les voyages spirituels dans l'au-delà peuvent également développer des capacités anormales liées au monde des morts au fur et à mesure que leur affinité à celui-ci augmente. Cependant, rares sont ceux capables d'une telle prouesse, même au sein de la Diaspora.
3) Les spectres :
NB : Les termes de "spectre" et "fantôme" sont utilisés indifféremment par la Diaspora.
Une âme défunte n'est pas automatiquement condamnée à l'être-après, elle peut le refuser et fuir le monde spirituel, en reprenant en sens inverse le chemin qui l'y a menée. Elle réapparait alors sur Terre sous forme de fantôme et peut continuer à perdurer ainsi, maintenue par la part d'énergie du Grand Esprit qu'elle renferme toujours.
Cette part d'énergie se retrouve ainsi soustraite du cycle de la vie et de la mort, c'est pourquoi les fantômes et spectres de toute catégorie sont considérés par la Diaspora comme des anomalies à pourchasser, ses différents projets d'au-delà alternatifs nécessitant tous cette énergie. Cela n'empêche pas certains fantômes d'être tout de même intégrés comme membres actifs, ces derniers devant pour cela se retourner contre leurs semblables et aider à leur capture.
C'est ça les disparitions de spectres ? Des chamanes qui vous renvoient dans l'au-delà ? Ce sont eux que vous fuyez ?
Chercheur Joseph Penberton
Membre de la Fondation SCP (Département des Affaires Spectrales)
L'Histoire des spectres est intrinsèquement liée à celle de la Diaspora et des groupes qui la précèdent. Durant la Préhistoire, ils étaient beacoup moins nombreux que de nos jours. Les âmes défuntes au sein des peuples chamaniques étaient guidées vers les esprits naturels pour renaître sous une nouvelle forme biologique. Seuls certains chamanes perduraient temporairement sous forme fantomatique pour continuer à guider leurs peuples, avant d'accepter la renaissance à leur tour.
Avec l'oubli des esprits naturels et la perte du savoir chamanique au fil du temps, les défunts ont redécouvert l'être-après sans y être préparés, et furent nombreux, terrifiés, à refuser leur sort. C'est ainsi qu'à partir du Moyen-Âge, la population fantomatique mondiale augmenta significativement, suscitant le plus souvent rejet et hostilité, les spectres étant vus par nombre de religions comme des manifestations hérétiques ou maudites. Ces réactions eurent pour effet d'enrayer en partie la montée de la population spectrale, certains choisissant finalement le retour à l'être-après devant ces réactions. Ceux qui choisirent de persister furent obligés de se cacher, et s'établirent le plus souvent dans des lieux reculés ou abandonnés, renforçant les apriori négatifs à leur sujet.
Leur situation change peu durant les temps modernes, en partie du fait des fantômes eux-mêmes. L'influence des religions restant importante au sein de nombres de civilisations, ceux-ci restèrent méfiants et continuèrent à fuir le contact humain. Certains entrèrent cependant en contact avec ce qui deviendra la branche occulte de la Diaspora, pour influencer les recherches, espérant en tirer un bénéfice personnel et une solution durable.
Le XIXème siècle va marquer le début d'une nouvelle période mouvementée dans l'histoire des fantômes. Malgré l'éternité que confère la condition spectrale, ceux-ci sont tout de même marqués par le passage du temps. Éprouvés par l'isolement, la persécution et l'ennui, de nombreux spectres ont sombré dans une léthargie profonde et ne sont plus capables d'interagir avec le monde extérieur. Pour ceux encore indemnes, les deux voies que constituent l'attente du même sort ou l'acceptation du néant représentent chacune une impasse.
L'émergence du spiritisme à cette époque va leur offrir l'espoir d'une troisième voie. Allan Kardec, le futur fondateur de la doctrine, après la découverte de son propre chef de l'au-delà, du Grand Esprit et du néant, s'est plongé dans d'intenses recherches afin d'en apprendre plus, ce qui va attirer l'attention de certains fantômes encore actifs. Ils entrèrent alors en contact avec Kardec pour l'instruire sur la condition spectrale. De cette collaboration sont nés plusieurs concepts dont celui d'être-après, ainsi que le livre des esprits (voir l'onglet Histoire), qui va permettre la pérennisation et l'expansion du spiritisme en de nombreux endroits du globe. Le succès du mouvement spiritiste va cependant se retourner contre eux, lorsque les spiritistes adoptèrent pour objectif la résurrection du Grand Esprit, faisant passer les spectres du statut de cofondateurs du mouvement à celui de matière première à récolter.
4) Les esprits naturels :
Peintures rupestres (Grotte de Kapova) - Deux animaux liés par le réseau spirituel terrestre.
Au même titre que les êtres humains, les autres formes de vie, qu'elles soient unicellulaires3 ou pluricellulaires, végétales, fongiques ou animales, sont également détentrices d'un fragment d'énergie vitale du Grand Esprit et donc d'une âme. Ces différents êtres vivants, de par leurs degrés de conscience variés, développent des rapports au monde différents, favorisant l'émergence de consciences collectives ou d'intrications symbiologiques4 avec leur environnement.
Ainsi, lorsque vient la mort, leurs âmes se maintiennent plus facilement sur Terre, à laquelle elles sont toujours attachées par les liens qu'elles ont formés avec d'autres êtres vivants, formant avec le temps un vaste réseau spirituel terrestre interconnecté. On nomme ce type de spectre les esprits naturels, car contrairement à l'être humain, ceux-ci ne perdurent pas sous une forme totalement individualisée, mais sont le résultat de l'agglomérat de différentes âmes et des liens symbiologiques qui les unissent toujours au monde vivant, sur lequel ils ont une influence et dont ils partagent les perceptions. Ce lien fort avec le vivant semble également les protéger de la léthargie à l'inverse des spectres d'origine humaine.
Une fois l’année commencée, tu n’as qu’à aller dans le maquis, et c’est lui qui te trouvera. A machja, ochji un ha ma ochji teni5.
Signadora Jeanne Bartoli (à propos de l'esprit naturel SCP-610-FR)
PdI non affiliée
La découverte des esprits naturels durant la Préhistoire est un élément primordial de l'émergence du chamanisme à travers le monde, les chamanes guidant les âmes de leurs peuples vers ces esprits, ce qui leur permettaient d'intégrer le réseau spirituel des esprits naturels et perdurer au sein du vivant. De nos jours, le chamanisme des origines n'est cependant plus que l'ombre de sa gloire passée, et beaucoup d'esprits naturels ont été oubliés. Désormais seuls et en perte de sens, une part d'entre eux, pour l'instant minoritaire mais en augmentation, commence à se tourner vers l'être-après et le néant.
Nous nous en allons. Moi, et tous ceux des miens qui se sont unis à moi. Notre tâche ne compte plus, car vous, les mous6, avez échoué. Nous partons rejoindre la demeure du Grand Esprit.
SCP-694-FR-B (esprit naturel insectoïde)
1) Paléolithique moyen et supérieur : 350 000 ans à 12 000 ans avant notre ère
Il est supposé que c'est pendant le Paléolithique moyen que les humains, néandertaliens et individus d'autres espèces du genre Homo accèdent pour la première fois à l'au-delà, accession permise par l'induction et l'exploitation d'états modifiés de conscience.
Représentation d'un esprit naturel zoomorphe - Grotte d'Altamira (Espagne).
Ils découvrirent ainsi l'au-delà, les restes du Grand Esprit et le néant qui les attendaient, tout en prenant conscience les uns des autres. Et tous partagèrent ainsi la même peur, et de cette peur découla la volonté de trouver une solution. Leur recherche les mena à découvrir le lien de parenté qui unit les êtres vivants au Grand Esprit, en tant que descendants possédant chacun un éclat de leur ancêtre commun.
Partant de cette découverte, ils purent entrer en contact avec des esprits naturels, manifestations spirituelles de l'âme du vivant non humain. De ces rencontres partout à travers le monde sont nées les différentes traditions chamaniques, toutes influencées de façon différentes par leurs environnements, mais pourtant unies dans leur but d'offrir aux âmes des défunts une intégration au sein des cycles naturels afin de leur éviter le néant.
2) Mésolithique et Néolithique : 12 000 ans à 3 000 ans avant notre ère
Représentation picturale du Grand Esprit - Sego Canyon (Utah).
Il s'agit de la période considérée comme l'âge d'or du chamanisme. Durant ces époques, de nouvelles cultures chamaniques locales continuent à émerger alors que les plus anciennes se répandent au rythme des grandes migrations.
L'apparition de l'agriculture et de l'élevage, au Néolithique, permet progressivement aux clans et peuples chamaniques de s'établir au sein d'environnements stables et mieux contrôlés, ce qui accroit le lien des chamanes avec les esprits naturels et le cycle du vivant. Cependant, la perte de contact avec le monde sauvage et la singularisation des différentes cultures chamaniques entraine un éloignement progressif de l'au-delà. La plupart des chamanes à travers le monde l'évitent, se préoccupant surtout du maintien de leurs traditions au niveau local et des luttes de pouvoir apparues avec l'émergence de structures politiques plus complexes et verticales au sein des peuples.
3) Antiquité : 3 000 ans avant notre ère - 476
Cette période marque le début du déclin des peuples chamaniques, confrontés à l'émergence des grands empires sur tous les continents, qui amènent avec eux des croyances religieuses nouvelles et plus organisées. Face à ces civilisations grandissantes et mieux équipées technologiquement, beaucoup de peuples disparaissent ou sont assimilés, ce qui entraîne la disparition de bon nombre de systèmes chamaniques ancestraux, par l'élimination de leurs pratiquants ou faute de descendants formés, ceux-ci se détournant dans de nombreux cas de leurs traditions d'origine.
Les peuples qui arrivent à préserver leurs modes de vie entrent alors dans la clandestinité, afin de sauvegarder leurs connaissances. Certains s'isolent du monde civilisé pour vivre en autarcie, quand d'autres se fondent au sein des empires et forment des sociétés secrètes où ils vont avec le temps être influencés par d'autres systèmes de pensée et croyances ésotériques, leur but étant de maintenir le contact entre l'humanité et les esprits naturels, seul rempart contre le néant.
4) Moyen-Âge : Vème siècle - XVème siècle
Bien que le savoir des chamanes n'ait pas totalement disparu, son influence sur l'évolution des civilisations est plus réduite que jamais à cette période, et les connaissances acquises au cours des millénaires ne subsistent plus qu'au sein de peuples isolés et des sociétés secrètes qui ont continué à se structurer. Les humains suivent maintenant d'autres croyances, et ont dans leur grande majorité oublié le Grand Esprit et la menace du néant.
Privés de la protection des esprits naturels contre l'au-delà, ce dernier s'impose à nouveau aux âmes des défunts. Nombre d'entre elles, découvrant le sort qui les attend, refusent cette échéance et réapparaissent sur Terre en grand nombre sous forme de fantômes pour échapper à leur sort. Ils n'ont cependant pas la possibilité d'alerter les vivants, étant perçus comme des présages de mauvais augure ou signes d'hérésie, et sont pourchassés par les clergés de nombreuses religions, les forçant à l'isolement et la furtivité.
5) Les temps modernes : XVIème siècle - XVIIIème siècle
La Renaissance constitue une période de renouveau et de redécouverte des connaissances liées à la mort et aux esprits. Ce savoir sur l'au-delà, conservé pendant le Moyen-âge par les sociétés secrètes, resurgit sur tous les continents par l'intermédiaire de loges savantes et sectes mieux implantées socialement7 mais profondément transformé par rapport au chamanisme originel sous l'influence au fil du temps de différentes philosophies et doctrines spirituelles et ésotériques, normales comme anormales.
Symboles alchimiques rosicruciens8.
Ces connaissances ne sont cependant pas suffisantes pour se prémunir efficacement de l'être-après et du néant. Cette réémergence de savoir est toutefois à l'origine d'un travail de recherche occulte de maintien de la conscience post-mortem qui va finir de le dissocier du chamanisme classique. Avec le temps, les initiatives individuelles en ce sens vont se structurer en réseau et partager leurs recherches et progrès à travers divers colloques secrets.
Ces siècles sont aussi marqués par la redécouverte progressive de différentes cultures chamaniques ayant perduré dans des tribus isolées. Cela va causer la perte irrémédiable d'une part de leur savoir, les peuples gardiens de ces traditions subissant massacres, infections et déportations au cours de l'expansion coloniale, mais va également amener leurs différents survivants à se redécouvrir. Ceux-ci vont de nouveau communiquer entre eux à travers le monde spectral et l'au-delà, renouant avec l'usage de leurs lointains ancêtres, constituant une nébuleuse chamanique mondiale. Pour sauvegarder leur savoir, ils vont également le transmettre aux colons s'y intéressant, principalement des scientifiques et anthropologues européens, bien que cette retranscription soit partielle, marquée par les biais coloniaux des rapporteurs.
6) XIXème siècle : Apparition du spiritisme kardéciste et fondation de la Diaspora
Le Livre des esprits, ouvrage fondateur de la doctrine spiritiste.
C'est à cette époque qu'Allan Kardec, un pédagogue français, va découvrir à son tour le Grand Esprit suite à un voyage spirituel dans l'au-delà. Il est supposé qu'il ait été aidé en cela par des spectres, au vu de l'importance accordée dans ses écrits postérieurs aux médiums et à la communication avec les esprits défunts.
De ce voyage va découler le Livre des esprits en 1857, ouvrage fondateur du spiritisme kardéciste, qui va diffuser la doctrine de Kardec d'abord en France puis dans toute l'Europe et en Amérique latine en quelques décennies, la mort de son fondateur en 1869 ne stoppant en rien cette expansion. Ses adeptes se structurent en sociétés d'étude, qui attirent des milliers de personnes, y compris fortunées. Ces dernières vont permettre au mouvement d'acquérir une aisance financière confortable. Le spiritisme va ainsi se structurer autour d'un objectif bien précis, celui de rendre au corps du Grand Esprit toute son énergie vitale, contenue dans les âmes des vivants, afin de permettre sa résurrection. Ils vont pour cela cibler les spectres présents sur Terre, afin de les renvoyer dans l'au-delà.
De par son rayonnement international, le spiritisme kardéciste attire l'attention des réseaux occultes. Les deux groupes vont rapidement entrer en contact et collaborer, réunis par leur objectif commun d'éviter la disparition des âmes, multipliant pour cela leurs voyages dans l'au-delà à visée de recherches. C'est ainsi qu'ils découvrent l'existence de la nébuleuse chamanique et commencent à échanger avec elle.
Au départ informels, les échanges entre les trois groupes vont se multiplier, mais vont également révéler les désaccords entre eux. S'ils se retrouvent sur la nécessité d'offrir à l'humanité un destin alternatif au néant, leurs histoires et traditions différentes les amènent à des propositions de solution très éloignées les unes des autres. Aucune des trois parties ne souhaite pourtant la scission, chacune reconnaissant son incapacité à résoudre le problème seule. Le Congrès de Lyon est ainsi organisé en 1887 pour permettre à tous de débattre, exposer leurs points de vue et organiser une coordination efficace qui convienne aux trois groupes.
Au cours de ce congrès est établie l'alliance des trois parties et leur but commun d'offrir un nouvel au-delà à l'humanité. Seront également posés comme fondamentaux le droit de chaque tradition -chamanique, occulte et spiritiste - à mener ses recherches de façon libre, ainsi que le devoir de ne pas nuire les unes aux autres. En tant qu'âmes issues du Grand Esprit maintenant séparées du monde spirituel, leur alliance est nommée la Diaspora.
7) XXème siècle : Le temps de l'effroi
Les premiers temps de l'alliance sont plutôt paisibles. Chaque branche suit ses projets et échange avec les autres, toutes se respectant dans leur lutte contre le néant. La branche spiritiste, riche de son patrimoine, entretient les deux autres branches et leur permet de perdurer plus facilement que par le passé.
Cet équilibre interne est rompu par le déclenchement de la Septième Guerre Occulte. Durant ce conflit, qui impliqua la quasi-totalité des groupes d'intérêt existants à cette époque, ont été développés de nombreux types d'armements paranormaux, repoussant toujours plus loin les limites de la cruauté. Les plus efficaces de ces armements pouvaient effacer un individu dans sa totalité, âme comprise. Nombre d'âmes furent ainsi annihilées durant cette période.
Voyant l'énergie vitale du Grand Esprit disparaitre sous leurs yeux, les membres de la branche spiritiste prirent peur. Le risque d'une démocratisation de telles armes dans le futur pourrait rendre impossible leur objectif de restaurer le Grand Esprit sous sa forme originelle. En réaction à cette peur, ils prirent la résolution d'intensifier leurs actions, et demandèrent pour cela aux deux autres branches d'abandonner leurs orientations pour adopter la leur.
Leur refus entraina la première controverse interne de la Diaspora, controverse dont la branche spiritiste sortit victorieuse. Officiellement, celle-ci accepta le maintien du libre arbitre de chaque branche. Officieusement, elle se mit à conditionner ses apports financiers au respect de certaines directives, lui offrant une influence non négligeable sur la totalité de l'alliance. Depuis lors, les branches chamanique et occulte, auparavant très coopérantes, gardent secrets certains de leurs actes et objectifs aux yeux des spiritistes.
Les activités de la Diaspora ont toutes pour but ultime de donner à l'humanité un autre destin posthume que la dissolution de l'âme par les restes du Grand Esprit, afin de lui éviter l'inexistence. Toutefois, malgré l'existence d'un corpus commun (voir l'onglet Mythologie/Croyances), tous les groupes composant l'alliance ne partagent pas le même point de vue sur le chemin à suivre.
Ceux-ci sont en effet issus de traditions et cultures extrêmement diversifiées, et se différencient également par la nature singulière de leur vécu, leur ancienneté au regard de l'Histoire et les influences qu'ils ont intégré au cours du temps (voir l'onglet Histoire). La Diaspora s'est ainsi structurée en 3 branches distinctes, chacune représentant un courant de pensée particulier.
1) La branche spiritiste :
- Historique : Son effectif est actuellement majoritaire au sein de la Diaspora. Elle est directement issue de l'émergence du spiritisme kardéciste, mouvement présent à ses origines des deux côtés du Voile. Elle s'est séparée de la partie civile du spiritisme au cours du congrès de Lyon, sur fond de conflits quant à l'avenir du mouvement, lui reprochant une trop grande implication sociétale et politique au détriment de leur réel but. Aujourd'hui, seule la branche anormale du mouvement est présente au sein de la Diaspora, alors que la branche civile a tout oublié du monde derrière le Voile. La branche spiritiste a peu évolué depuis le congrès de Lyon, et se rattache toujours aux fondamentaux du spiritisme de Kardec. Elle a également conservé une part non négligeable du patrimoine acquis à l'âge d'or du mouvement et l'a fait fructifier, ce qui assure à cette branche une indépendance financière complète.
- Objectif : Son but est la résurrection complète du Grand Esprit. Selon le credo de cette branche, cela permettrait aux âmes de ne plus se dissoudre au sein d'une carcasse inerte, mais d'atteindre une complétude en ne faisant plus qu'un avec le Grand Esprit vivant, partageant son savoir et sa condition. Pour cela, ses membres veulent rendre au Grand Esprit toute son énergie vitale car ils pensent que celui-ci ressuscitera s'il récupère toute sa substance. Les spectres, en retenant en eux une part d'énergie vitale du Grand Esprit sur Terre, sont vus comme une menace à leur projet, et sont donc leurs cibles privilégiées. Seuls les spectres d'espèces conscientes telles que les humains sont chassés, la branche spiritiste ignorant tout de l'existence des esprits naturels.
- Caractéristiques : Les membres de cette branche peuvent être des vivants ou des spectres, car la branche différencie les spectres à pourchasser de ceux à leur service, qui bénéficient d'un sursis sur Terre. Cette séparation est formalisée dans le Livre des esprits qui distingue les "esprits imparfaits9", les "bons esprits10", et enfin les "purs esprits", les âmes renvoyées dans l'au-delà qui se sont sacrifiées pour faire revenir le Grand Esprit. Pour cette branche, la fin justifie les moyens, et ses membres sont prêts à utiliser n'importe quel procédé tant que celui-ci est efficace. Ils n'hésitent pas à utiliser la manipulation, le chantage et le mensonge si cela est dans leur intérêt. Leur utilisation de l'anormal est basée sur la médiumnité11 et l'utilisation de capacités spectrales12.
2) La branche chamanique :
- Historique : C'est la branche dont les origines sont les plus anciennes, datant du Paléolithique. Son effectif est assez réduit, résultat d'une histoire marquée par l'oubli et les persécutions. De nos jours, les communautés chamaniques encore existantes13 sont en nombre réduit par rapport au passé. Elles sont affiliées à des esprits naturels (voir l'onglet Mythologie/Croyances), qui leur permettent d'intégrer à leur mort le réseau spirituel terrestre interconnecté plutôt que l'au-delà. Ce processus leur assure le maintien d'une forme d'existence par delà la mort, au prix cependant d'une perte plus ou moins grande de leur conscience.
- Objectif : En apparence, leur objectif est le même que celui de la branche spiritiste. En secret, ils ont pour but réel de retrouver les esprits naturels oubliés avec le temps et renouer contact avec eux, afin de recréer un réseau vital comparable à celui de leurs ancêtres. Ce double jeu s'explique par la relation asymétrique qu'ils entretiennent avec la branche spiritiste. Cette dernière entretient financièrement nombre de communautés chamaniques, officiellement sans contrepartie, mais menace en réalité de leur couper les fonds en cas de désobéissance, ce qui les condamnerait à la disparition.
- Caractéristiques : Cette branche est constituée de groupes très hétérogènes, chacun héritier d'une culture chamanique ancienne marquée par son environnement d'origine et les esprits naturels spécifiques auxquels elle est associée. L'existence et l'affiliation de cette branche aux esprits naturels est un secret solidement gardé, même au sein de la Diaspora, de peur que leur découverte notamment par la branche spiritiste n'en fasse des cibles au même titre que les spectres humains. Leur utilisation de l'anormal varie selon la tradition chamanique d'origine, chacune étant liée à différents esprits naturels dont ils tirent leurs capacités. Plus le chamane sera éloigné de son esprit et de son lieu d'origine, plus ses capacités anormales vont décliner. Ils ne choisissent que rarement de perdurer comme spectres, mais peuvent le faire occasionnellement pour assister leurs esprits naturels de tutelle.
3) La branche occulte :
- Historique : Si elle a également pour ancêtre le chamanisme, la branche occulte en a profondément dévié depuis la fin de l'Antiquité. Durant cette période, certaines tribus chamaniques, mises en difficulté par l'émergence et l'expansion territoriale de nouvelles civilisations, ont fait le choix d'abandonner leur mode de vie pour survivre au sein de ces nouvelles sociétés, et se sont constituées en loges secrètes. Leur présence au sein d'écosystèmes sociaux en évolution permanente les a menés au fil des siècles à s'intéresser à de nouvelles doctrines et disciplines comme le gnosticisme ou l'alchimie, qui, par effet syncrétique14, ont été intégrées à leur doctrine initiale. C'est à partir du XVIème siècle que cette branche commence à croître réellement.
- Objectifs : Cette branche recherche un procédé permettant l'immortalité de l'âme et le maintien total de la conscience post-mortem. S'ils se sont intéressés à l'état fantomatique qu'ils ont vu dans le passé comme une solution, la léthargie profonde qui touche les spectres trop anciens les a menés à réorienter leurs recherches. Ils ne s'intéressent désormais aux spectres que comme sujets de leurs expériences, et entrent facilement en conflit avec la branche spiritiste à ce sujet.
- Caractéristiques : La branche occulte est la plus hétérogène dans sa composition, constituées de petites loges indépendantes ou d'individus menant leurs recherches seuls. C'est une branche en perpétuelle évolution, continuant à agréger au cours du temps des éléments de diverses doctrines, y compris aux XXème siècle et XXIème siècle. Les membres de cette branche entrent pour cela plus volontiers en contact avec les membres d'autres groupes d'intérêt, espérant en tirer des information utiles. Leurs recherches et leur utilisation de l'anormal peuvent porter aussi bien sur la recherche de la pierre philosophale que sur la réinjection d'âmes au sein de supports physiques, la stabilisation de la condition spectrale, ou d'autres utilisations variées.
4) Les électrons libres :
- Historique : Ils ne sont pas à proprement parler des membres de la Diaspora, mais des personnes découvrant de leur propre chef la nature de l'au-delà, le Grand Esprit et l'être-après. Le phénomène, marginal par le passé, a pris de l'ampleur au cours des XXème et XXIème siècle avec le développement des technologies de circulation de l'information15. Par définition, il s'agit d'éléments imprévisibles car n'étant pas accompagnés dans ce processus. Les retrouver rapidement constitue donc un enjeu important pour la Diaspora, mais aussi pour la Fondation SCP.
- Objectifs : Les électrons libres n'étant pas unifiés, leurs objectifs varient selon chaque individu.
- Caractéristiques : Variables. Il s'agit le plus souvent d'individus isolés, mais certains peuvent se structurer en petits groupes, notamment autour de communautés virtuelles. La seule constante observée à ce jour est une utilisation fréquente de la technologie, de façon classique comme anormale. Les électrons libres semblent plus que d'autres groupes de population être attirés par les croyances néopaïennes ou les thèses complotistes. Il s'agit cependant d'une tendance non homogène au sein de cette population.
Notes du chercheur Mildos, Département des Affaires Spectrales :
Les spectres l'appellent entre eux la petite fin. Nous la nommons la léthargie spectrale terminale (LST).
Passé un certain laps de temps, dont la fourchette estimée va de quelques dizaines d'années à plusieurs siècles, tous les fantômes finissent par tomber dans cette léthargie irréversible avant de perdre toute forme observable. Ou plutôt tous les spectres humains, qui sont les seuls chez qui cela a été observé. Le phénomène est cependant encore mal connu, car les premières observations documentées restent récentes au regard de l'Histoire.
Les hypothèses expliquant l'apparition de la LST sont multiples. Certains pensent qu'un événement anormal de grande envergure à un moment de l'Histoire a modifié la nature de l'état spectral. D'autres que la LST a toujours existé, mais que la population de spectres était trop faible avant le Moyen-Âge pour que le phénomène ait pu être observé et documenté de façon efficace. Ces hypothèses non tranchées sont surtout la preuve que nous en savons encore trop peu.
Ce que nous savons en revanche, c'est que les esprits naturels semblent immunisés à ce phénomène. Les plus anciens connus de la Fondation SCP sont âgés de plusieurs millénaires, et pourtant toujours capables d'échanger et de maintenir une forme observable. Les quelques-uns que nous avons pu interroger n'avaient d'ailleurs même pas connaissance de la LST. Quel que soit ce mal, il s'agit d'un mal humain.
Notes du Dr Valbeaugris, directeur du Département des Théories Fondamentales sur le Site-Aleph :
À proprement parler, la léthargie n'est que la partie émergée de l'iceberg. Ce que les fantômes subissent dans cet état, c'est une décomposition totale de la continuité de leur être.
Les spectres ne sont pas censés exister. Scientifiquement parlant j'entends. Ils ne sont qu'un mélange de cognitions, émotions et souvenirs sans substrat physique pour les stabiliser. Seule la volonté du spectre les maintient sous leur forme passée. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi tous les fantômes semblent comme figés dans leur personnalité malgré le temps qui passe ? Car contrairement à n'importe quel être vivant, qui aurait évolué, changé en autant de siècles, eux en sont incapables. Ils intègrent les événements, mais n'y réagissent que par les réflexes psychiques qu'ils possédaient déjà de leur vivant, et seule leur volonté de se maintenir les maintient effectivement.
Mais le temps, les persécutions, l'isolement, et surtout l'ennui finissent toujours par éroder cette volonté. Si certains spectres durent plus que d'autres, c'est seulement car ils étaient de leur vivant de fortes personnalités. Mais même la personnalité la plus solide ne résiste pas éternellement à l'ennui et la monotonie.
Alors ils perdent la première partie de leur âme, que sont les rêves et les aspirations. Et ainsi la léthargie commence. Puis une deuxième partie se détache, car sans motivation, les émotions ne durent pas. Et privés de leurs émotions, ils deviennent vite incapables de maintenir leur unité, et tombent en morceaux inertes et invisibles qui errent au gré du vent. Vu le nombre de fantômes ayant déjà subi la LST au fil du temps, il est probable que ces restes fantomatiques nous enveloppent tout aussi fortement que l'air que l'on respire.
Notes d'Émilie Jaunas, du Département de Mythologie et Folklore :
Les recherches du Dr Valbeaugris avaient déjà apporté d'importants éclairages sur l'émergence des êtres-concepts16. Cela a permis à notre département de mieux comprendre la nature de nombreuses entités mythologiques et divinités locales sous notre juridiction.
Nous ne comprenions cependant toujours pas bien de quelle façon autant d'esprits différents se connectaient pour permettre la naissance de ces êtres-concepts. Une nouvelle fois, le Dr Valbeaugris nous a apporté la réponse. Ces restes fantomatiques, ces "morceaux d'âmes", ils ne sont pas vraiment inertes. Ils transportent les idées comme les abeilles transportent le pollen, et sont en attente d'une nouvelle volonté qui pourra leur redonner une forme. Théoriquement, un fantôme pourrait même renaître depuis ces morceaux, par exemple en cas d'amour profond pour l'être disparu. Mais la volonté la plus puissante que je connaisse est celle de l'homme à s'inventer des dieux.
Nous savons que la quantité de restes fantomatiques est amenée à augmenter dans l'avenir. De nombreux spectres ne sont pas encore tombés en LST, et il en arrive régulièrement de nouveaux qui refusent l'au-delà, malgré les actions de la Diaspora pour les y renvoyer. Les êtres-concepts risquent de devenir un type d'anomalie avec lequel il nous faudra de plus en plus composer. La seule inconnue, et c'est sans doute la plus préoccupante, est l'effet qu'aura l'évolution des mœurs et pensées humaines sur leurs formes. On peut imaginer voir émerger des esprits de quartier, des dieux-internet ou des personnifications d'idéologies politiques, mais ce ne sont que quelques exemples prévisibles, attendez-vous à bien plus exotique. Certains fantômes pourraient même exploiter les restes de leurs congénères pour se diviniser.
On peut alors s'imaginer qu'il nous faille, nous la Fondation SCP, soutenir la Diaspora dans son combat. Mais ce serait là une grave erreur. Car si nous les laissons faire, leur peur de l'inexistence ne fera qu'augmenter, jusqu'au jour où naitra de celle-ci un paradoxe vivant, un être-concept incarnant le néant, qui fera courir à l'humanité toute entière un grave danger. C'est un danger que nous ne pouvons pas courir, c'est pour cela qu'ils doivent être arrêtés à tout prix.
PAR ORDRE DU CONSEIL O5
Le Département des Affaires Spectrales est désigné département référent concernant la surveillance et la neutralisation du groupe d'intérêt La Diaspora.
Toute nouvelle information obtenue concernant les membres suivants de la Diaspora doit être transmise sans délai au Département des Affaires Spectrales.
Le vieux Max
Branche : Occulte
Type : Corporel - Humain
Âge : Inconnu (âge apparent : 80 ans)
Description : Il s'agit d'un rebouteux opérant en solitaire, dont les recherches portent sur l'implantation d'âmes au sein de supports physiques. Ses résultats sont encore expérimentaux à ce jour, et n'ont abouti qu'à des implantations partielles ne permettant pas aux âmes utilisées de maintenir une conscience de soi. Plusieurs de ses créations sont en possession de la Fondation SCP, qui a appris son existence suite à la découverte de SCP-612-FR.Dans ses voyages de jeunesse, le vieux Max a cotoyé l'anormal sous de nombreuses formes et a été en contact avec plusieurs groupes d'intérêt. Il est en général vu comme un excentrique au sein de la Diaspora, mais reste respecté de par l'étendue de son savoir. Personne ne connait son âge réel, bien qu'il soit acquis pour tous que le vieux Max ait trouvé un moyen de ralentir son vieillissement, sa période d'activité s'étalant sur une grande part du XXème et le XXIème siècle.
Paul Fabbro
Branche : Chamanique
Type : Corporel - Humain
Âge : 27 ans (en 1971)
Description : Il s'agit d'un ancien agent de terrain de la Fondation SCP. Dans le cadre des investigations autour de SCP-610-FR en Corse, il est sélectionné pour enquêter sur le terrain de par ses origines corses. Au cours de sa mission, il rencontre des mazzeri, chamanes corses associés à SCP-610-FR, et trahit la Fondation SCP pour écouter l'appel de ses origines. En raison de ses connaissances sur la Fondation SCP, son organisation et ses méthodes, celle-ci le considère comme une cible prioritaire.
SCP-694-FR-3
Branche : Non applicable
Type : Hybride - Humain/Esprit naturel
Âge : 41 ans (partie humaine)
Description : SCP-694-FR-3 était à l'origine le Classe D matricule 8871, ou D-8871. Il fut enrôlé par la Fondation SCP pour approcher SCP-694-FR-B, un esprit naturel insectoïde oublié des humains. Au cours de cette opération, SCP-694-FR-B a légué à D-8871 une partie de son âme, de son savoir et de ses souvenirs avant de disparaitre vers le néant. D-8871, maintenant classé comme SCP-694-FR-3, est maintenu depuis en sédation profonde par la Fondation SCP, de peur des capacités anormales probablement acquises par l'entité.
Archibald Tabor Hunferth
Branche : Spiritiste (anciennement)
Type : Immatériel - Spectre humain
Âge : Plus de 400 ans (74 ans à sa mort)
Description : De son vivant, il était marchand spécialisé dans l'import et le commerce d'épices exotiques. À sa mort, il persiste comme spectre errant au sein de différentes communautés spectrales au fil des siècles, jusqu'à sa capture par la branche spiritiste au XXème siècle. Pour éviter le renvoi dans l'au-delà, il les rejoint et chasse ses semblables pour leur compte. Il trouve une échappatoire à cette situation en demandant asile à la Fondation SCP lorsqu'il est approché par l'un de ses agents enquêtant sur l'augmentation des disparitions de fantômes.Il est opportuniste et fin baratineur, prompt à la palabre mais peu amène à livrer de véritables informations. Lorsqu'il y est contraint, il y ajoute toujours une part d'approximation ou de mensonge afin de ne pas livrer tous ses secrets.
Anomalies connues :
Documentation supplémentaire :
Bonjour, je voudrais écrire à mon tour sur la Diaspora.
Félicitations, vous êtes une personne de goût.
Qu'est-ce que je dois savoir pour comprendre le Groupe d'intérêt (GdI) ?
La Diaspora est un GdI centré sur le rapport à la mort, le néant et l'inexistence. Tous les membres de l'alliance se sont donnés pour mission de refuser ce destin et leurs actions ont toujours pour but de s'en éloigner et créer une nouvelle après-vie pour les âmes des défunts.
Le GdI a été pensé pour pouvoir être écrit selon pleins d'abords différents :
- Écrire sur un humain préhistorique qui découvre l'au-delà ou qui fonde une communauté chamanique ? Voici un exemple.
- Décrire la "vie" d'un spectre qui revient sur Terre et doit composer avec sa nouvelle condition d'immigré de l'au-delà ? C'est possible.
- Utiliser un personnage de la Diaspora dans un canon alternatif ? C'est par ici.
- Développer votre propre loge secrète anormale dans un contexte historique, qui cherche à acquérir plus de savoir sur l'au-delà en suivant sa propre voie? C'est possible.
- Imaginer des spiritistes faire une séance de médium pour interroger un fantôme et l'amener à balancer ses congénères, façon film noir ? C'est possible.
- Créer votre propre groupe anormal affilié à l'une des branches de la Diaspora, où une nouvelle Personne d'intérêt ? C'est possible.
- Ne prendre aucune de ces idées et développer votre propre histoire ? C'est encore mieux !
N'hésitez pas à vous appuyer sur le contenu des onglets Mythologie/Croyances, Histoire et Structure/Activités, ils présentent les bases de ce à quoi peut ressembler la Diaspora selon l'époque et la branche. Vous pouvez aussi bien écrire du point de vue de membres de n'importe quelle branche que de celui des fantômes qui sont pourchassés.
Il ne s'agit pas d'un compte-rendu exhaustif donc si vous voulez inventer, sentez-vous libres de le faire, je vous demande juste de ne pas entrer en contradiction directe avec les éléments présentés pour la cohérence générale si vous écrivez dans le canon standard. Par exemple, vous pouvez tout à fait imaginer un membre de la branche spiritiste qui se pose des questions et a des remords face à ses agissements (les membres de chaque branche restent des individus et ne constituent pas un tout uniforme), mais dans ce cas il risque de se faire mal voir par ses collègues, qui, eux, adhèrent à la doctrine classique.
C'est intéressant, mais je ne sais pas trop ce que tu veux dire quand tu parles de l'âme. C'est un peu un terme fourre-tout.
Et bien vous n'avez pas tout à fait tort. Mais pas tout à fait raison non plus. Précisons qu'ici on ne va pas faire de différence entre l'âme et l'esprit d'une personne, on va désigner par âme tout ce qui n'est pas le corps.
Ensuite, on va éliminer toutes les définitions religieuses et philosophiques un peu évanescentes à base de principe immanent du vivant sans autre forme d'explication (après ne vous interdisez pas de les utiliser dans le cadre de la Diaspora, mais retenez qu'il va dans ce cas vous falloir les définir).
En gros, la Diaspora parle de l'âme pour désigner tout ce qui fait l'identité individuelle d'une personne, c'est à dire :
- Sa personnalité,
- Ses souvenirs,
- Ses valeurs morales,
- L'image qu'elle a d'elle-même,
- Ses liens d'attachement aux autres,
- Son imagination et ses aspirations,
- Ses sentiments, passions et ce sur quoi ils s'appliquent.
Pour faire simple, essayez de vous représenter ce qui fait que vous êtes vous et pas une copie conforme de votre voisin, et vous aurez une représentation correcte de ce que la Diaspora entend par le terme d'âme.
Lorsqu'une âme hors de son corps est complète, c'est un spectre/fantôme. Lorsqu'elle est incomplète, il va lui manquer certaines des parties ci-dessus, ce qui va réduire son niveau de conscience de soi.
Et est-ce que je peux faire intervenir la Diaspora face à d'autres Groupes d'intérêt ou éléments de lore de la Fondation SCP ? J'ai une super idée de restaurant Ambrose qui sert de la nourriture spectrale pour les fantômes.
Bien évidemment ! La Diaspora fait partie de l'univers de la Fondation SCP, il n'y a donc pas de raison qu'elle vive sa vie sans jamais rencontrer personne. Vous pouvez tout à fait par exemple :
- Imaginer un agent de chez SAPHIR qui souffre toujours du syndrome de Filbuson en tant que fantôme après sa mort.
- Parler d'agents de la branche occulte ou spiritiste qui se font embaucher au sein du BAAO pour découvrir de nouveaux savoirs exploitables ou de nouvelles caches à spectres.
- Écrire un traité de recherche anthropologique de la Fondation SCP dont le sujet est une étude comparative entre le Grand Esprit et Yaldabaoth, le dieu destructeur du sarkicisme.
- Imaginer un électron libre qui découvre la nature de l'au-delà et en parle sur Parawatch.
Tout cela est possible et, j'en suis sûr, ferait des histoires super. Bien entendu, ce ne sont là que quelques exemples pour illustrer la possibilité de connecter la Diaspora au reste du lore de la Fondation SCP, ne vous limitez pas à ceux-ci, laissez libre cours à votre imagination !
Super, je crois que j'ai tout compris ! Je peux faire ce que je veux du coup ?
Et bien fondamentalement oui, la Fondation SCP est un espace d'écriture collaborative, tout ça appartient au site maintenant. Mais si possible, ce serait sympa de suivre les règles suivantes :
- Ne pas entrer en opposition directe avec les éléments posés dans les autres onglets sans justification (par exemple, évitez de mettre un membre de la branche occulte ou spiritiste pendant la Préhistoire alors que leurs branches ont émergé respectivement à la Renaissance et au XIXème siècle, ou alors dites qu'il a voyagé dans le temps si vous y tenez vraiment histoire que ça garde une logique).
- Il peut y avoir d'autres au-delà, mais ils seront plutôt alternatifs, inconnus à découvrir ou artificiels, sans nier l'existence du Grand Esprit qui reste l'au-delà "naturel" de l'humanité.
- Ne pas faire utiliser de mémétique aux membres de la Diaspora, ils voient ça comme une corruption de l'âme qui risque d'altérer le Grand Esprit. Ils n'aiment pas non plus les amnésiques pour la même raison.
