Denton et McDowell reprennent la piñata de La Chupacabra à un Diable de Jersey
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Quelque part dans le trou du cul du monde de Jalisco, au Mexique

Les Agents Sam Denton et James McDowell étaient assis à une table face aux capitaines Giancarlo DeLuca et Rexivus Donnarson des FIM Beta-6 et Omega-88 respectivement. Ils étaient tous les quatre attablés à une table poussiéreuse dans le coin d'une cantine dans le trou du cul du monde de Jalisco quelque part près de Cuidad Guzman. La sono sautait par intermittence, en rythme avec le clignotement des lumières lors que le barman zappait de chaîne en chaîne sur la télé derrière le bar. Les verres devant eux brillaient par leur absence d'alcool.

Le capitaine Donnarson leva son soda au gingembre et en prit une petite gorgée tout en balançant d'avant en arrière le petit compas devant lui. "À quelle heure le Directeur a-t-il dit qu'il serait là ?" Il dévisagea les deux agents avec un haussement de sourcil inquisiteur. Son pantalon de treillis et sa chemise de coton léger étaient relativement peu remarquables.

Denton haussa les épaules et donna une petite pichenette dans le verre d'eau vide en face de lui, "Il ne l'a pas dit. Il a dit que nous devions être tous là à zéro-un dix aujourd'hui." Il sortit son téléphone de sa poche et commença un jeu en tapotant l'écran pour passer le temps. Il se pencha légèrement en arrière dans sa chaise, manifestement en train de s'ennuyer. Sa chemise kaki en toile lourde convenait mieux au plateau de tournage d'Indiana Jones, mais n'était pas horriblement déplacée.

Le capitaine DeLuca se tenait droit dans son siège. L'aîné du petit groupe, il tranchait avec les autres membres du groupe. Il n'avait pas travaillé souvent avec les Gardiens des Promesses et jamais avec les deux agents en face de lui, "J'imagine que personne ne sait pourquoi moi et Kowalczyk avons été appelés pour cette mission ? Nous sommes plutôt… spécialisés." Il leva son verre d'eau pétillante et montra du doigt l'épée qui reposait à côté de la table, contre le mur. "Je ne me souviens pas non plus de la dernière fois que nous avons vu le Directeur." Son treillis de combat tranchait nettement par rapport aux agents plus décontractés à la table.

Jim se pencha en avant et plissa les yeux suspicieusement, "Vous savez, j'en sais rien, mais je dois admettre que je suis curieux. Qu'est-ce qui pourrait bien exiger qu'on réquisitionne un tas de mecs qui battent à l'épée ?" Son verre était plein d'oursons en gélatine qui s'accordaient joliment avec sa chemise hawaïenne criarde et ses lunettes de soleil. Ses tongs étaient devenues partie intégrante du sol depuis bien longtemps. Trois heures d'attente avaient fini d'éroder le peu de professionnalisme que Jim possédait encore.

Le capitaine DeLuca fronça légèrement les sourcils, "Des épéistes, McDowell. J'ai lu votre dossier. S'il vous plaît, n'essayez pas de m'énerver. Nous sommes du même côté." Il jeta par terre le reste de son eau et se leva pour avoir un autre verre au bar, en lui glissant un pourboire généreux en guise d'excuses au barman.

Quelques dizaines de minutes de bavardages ennuyeux plus tard, la silhouette charpentée du Directeur Diaghilev ouvrit la porte, traînant à sa suite les Lieutenants Kowalczyk et Arnason en treillis de combat. Andrej tenait lâchement son épée dans sa main. Leurs mouvements étaient méthodiques alors qu'ils se joignaient au groupe rassemblé à leur table. Ruslav leva la main et dit dans un espagnol impeccable, "Alejandro, de la tequila, s'il vous plaît. Et une autre tournée pour mes amis ici, la même chose que ce qu'ils ont déjà." Les lieutenants s'approchèrent du bar et commandèrent ce qu'ils souhaitaient, avant de se rasseoir à côté de leurs capitaines, tout en observant nonchalamment la pièce. "Tout d'abord, toutes mes excuses pour l'attente. Nous avons dû faire un détour dans Guadalajara. 'Nous a fallu nettement plus longtemps que ce à quoi je m'attendais pour établir la Voie jusqu'ici." Il y eut un chœur de réponses par la positive murmurées autour de la table.

Sam se pencha en arrière et croisa ses bras, "Il y a une sacrée puissance de feu autour de cette table, Directeur. Si vous me permettez, pourquoi sommes-nous ici, au juste ?" Ses yeux étaient plissés derrière ses lunettes, fixant Ruslav avec des yeux de lynx.

Ruslav grommela un gloussement dans sa barbe et leva une main en un signe d'apaisement. "Laissez-moi prendre un verre et me mettre à l'aise avant que nous nous mettions au travail, Da ?" Alors que sa main redescendait vers la table, une subtile agitation des courants Æthériques refroidit l'air autour d'eux et le fit passer de quelque chose qui ressemblait à un feu de goudron vers une température plus supportable. "Jusque-là, pourrions-nous discuter un peu ? Comment étaient vos voyages respectifs ?"

Rex fit un petit sourire narquois et leva les yeux au ciel, "J'étais avec vous quand je suis parti, Directeur. À à peu près six pâtés de maisons d'ici. Je ne sais pas exactement comment vous avez dû faire un détour de trois cent kilomètres en six pâtés de maisons, mais mon voyage était personnellement plutôt plaisant." Il ouvrit son téléphone et regarda momentanément ses notifications avant de se pencher en arrière.

Les pales du ventilateur au-dessus d'eux craquaient en cercles lents tandis que le barman s'approchait de la table, posait les verres devant les membres du groupe rassemblé, et récupérait les verres vides. Il jeta un regard noir à McDowell et versa un autre sac d'oursons en gélatine dans son verre à vin à large embouchure. Jim sourit largement au barman sans la moindre trace de manières. "Sam et moi sommes arrivés ici sans encombre. Le vol était ordinaire, et pour une fois nous n'avons pas eu à enfoncer des portes, ce qui est une bonne chose compte tenu du fait que le bêta que voici a oublié la moitié de notre équipement au Site."

Sam leva les mains et les yeux au ciel, "Bordel de merde Jim, je t'ai dit que nous ne pouvions prendre qu'un sac. Je t'ai demandé de voyager léger pour que nous puissions prendre plus de matériel, mais nooon !" Il se tourna d'un bloc vers Jim en serrant les dents.

"Mais bien sûr ! Pourquoi essayes-tu toujours de faire des économies, de toute façon on ne paye pas nos frais de déplacement ! Du tout ! La Fonda nous a donné des cartes noires pour ça, tu te souviens ?" Jim se tourna vers lui également en fourrant une poignée d'ours en gélatine dans sa bouche. Ils continuèrent à se disputer avec une animation relative pendant que le reste de la conversation continuait.

"Je pense que nous pouvons commencer, Directeur. Si vous voulez bien sécuriser notre conversation ?" Le capitaine DeLuca sourit plaisamment et prit une gorgée de son eau pétillante en plaçant son épée sous la table à ses pieds.

Le Directeur hocha la tête et fit un petit geste de la main gauche. La dispute de Denton et McDowell s'atténua en un bourdonnement sourd derrière le groupe tandis qu'ils se penchaient légèrement en avant. "Merci, agents, capitaines et lieutenants, d'avoir fait tout ce chemin pour vous joindre à moi. Nous avons un problème." Il s'arrêta un instant. "Enfin, trois problèmes. J'ai besoin que vos trois groupes m'aident."

Le Directeur fouilla dans une poche à l'avant de sa chemise et en sortit trois cartes microSD. Il en donna une au capitaine DeLuca, une au capitaine Donnarson, et une à Sam. "Elles comportent toutes les informations dont vous aurez besoin. Haut niveau, Rex, vous et moi allons enquêter sur une anomalie reliée à une divinité locale. Avec une possible implication alchimique."

Rex hocha la tête et inséra la carte SD dans son téléphone avant de parcourir les fichiers.

"Giancarlo, vous et Andrej allez enquêter sur un cercle local démononarcotique. Ils l'appellent "Cendre" et il a déjà causé toutes sortes de problèmes pour les agents du Site-118. Ils ont une sorte de démons qui gardent leurs installations de production ; ils manient des épées et sont pratiquement invulnérables aux balles. Vous serez mis en contact avec des éléments de la FIM Sigma-16." Les deux épéistes acquiescèrent et se penchèrent sur la tablette du capitaine DeLuca pour étudier un enregistrement vidéo de leurs adversaires, en cherchant des failles dans leur style de combat.

"Sam, Jim, vous deux avez la tâche la plus difficile. Nous avons un problème diplomatique entre deux des nations de créatures alchimiques non-terrestres." Il sortit un dessin d'une piñata stylisée, couverte de paillettes et ornée de rubans et de soie au lieu des habituelles décorations de papier. "Vous devez retrouver et enquêter sur les raisons de la disparition de la quinces piñata de la Première Fille de La Mariposa de Meseta. Tous les indices semblent actuellement indiquer que ceci est le signe avant-coureur d'une guerre avec la Confédération des Landes de Pins. Il va sans dire que nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un conflit ouvert entre les Chupacabras et les Diables de Jersey."

Sam et Jim clignèrent des yeux presqu'à l'unisson. Sam se pencha en avant, "OK, vous venez de dire Chupacabra ?" Jim pencha la tête de côté, cligna des yeux et ouvrit sa bouche plusieurs fois avant de dire, "Le fait que vous venez de dire "Diable de Jersey" m'inquiète plus. On parle bien de l'équipe de hockey ?"

Le Directeur Diaghilev sourit et se leva, puis se pencha en avant pour les attraper tous deux fermement par les épaules, "Ce sont des gens sympas, les Diables ! J'ai toute confiance en vous pour que vous arriviez à gérer ça avec tact et élégance. La Fondation a besoin que cela soit fait messieurs, et je leur ai dit que vous étiez mes meilleurs agents pour cette affaire." Il se leva et se retourna pour partir avec le reste du personnel de la Fondation. Les deux agents se retrouvèrent seuls à la table.

Jim s'enfonça dans sa chaise, son regard dans le vague, "Sam ?"

Sam prit une longue gorgée de son Inca Kola et poussa un long soupir, "Ouais, Jim ?"

"Tu réalises que je ne parle même pas espagnol, hein ?" dit Jim, en enfournant une autre poignée d'oursons en gélatine dans sa bouche.

Sam acquiesça distraitement, "Jim ?"

"Oui Sam ?" dit-il, en remettant ses pieds dans ses tongs.

"Je crois qu'ils nous ont aussi laissé l'addition." dit Sam, tandis que sa tête tapait doucement et de façon répétée la table devant eux.


Sam et Jim filaient à toute allure sur le sol poussiéreux en direction du foyer de La Chupacabra, qui, d'après les informations qu'on leur avait données, se trouvait dans une mesa évidée à environ cent cinquante kilomètres de la ville. Jim conduisait, sa chemise hawaïenne battant au vent qui rentrait par le toit de leur Jeep de location. Ils avaient essayé de trouver quelque chose avec de la clim, mais même avec les ressources pratiquement infinies de la Fondation, certaines choses étaient impossibles. Le mieux qu'ils aient pu trouver était une vieille bagnole au toit en toile qu'ils avaient promptement enlevé. Sam lisait des fichiers diplomatiques sur La Chupacabra pour essayer d'intégrer le plus de choses possibles sur leur culture.

"Donc si je comprends bien, ils ont un méli-mélo de diverses traditions de leur propre culture ainsi que des cultures indigènes et mexicaine. Ils sont matrilinéaires, presque tous leurs chefs sont des femmes, à part quelques postes qui sont toujours occupés par des hommes. Je ne pense pas que nous aurons de soucis avec la barrière de la langue, en tous cas," dit Sam, un bras pendant sur le côté de la Jeep. Il leva les yeux tandis qu'ils se rapprochaient de la Mesa, qu'ils devinaient au loin. Il y avait une piste claire menant à la base de la structure qui avait commencé une dizaine de kilomètres auparavant.

Jim conduisit sur la piste en terre qui finit par se changer progressivement en gravier tassé. Il ralentit jusqu'à s'arrêter tandis qu'ils s'approchaient de la face nue de la Mesa, qui faisait quelques centaines de mètres de haut. Sam sauta hors de la voiture, suivi par Jim de l'autre côté ; leurs pas soulevaient la poussière rouge du sol.
Les deux anneaux de réaction Æthero-Thaumiques à leurs doigts commencèrent à bourdonner tandis que quelque chose s'agitait dans l'air autour d'eux. Une voix douce sortit comme un couinement d'une fissure dans le mur, parlant un anglais au léger accent, "Qui s'approche des possessions de La Chupacabra ?"

Jim hocha la tête vers Sam, qui s'approcha. "Mon nom est Sam Denton, et voici Jim McDowell. Nous avons été envoyés par La Fondation à la demande de la Matriarche. Je crois savoir que nous sommes attendus ?"

Quelques instants plus tard, un léger grincement émana de la pierre, qui fut retirée et roulée sur le côté. Au-delà du seuil se trouvait une sorte de garage, avec plusieurs véhicules garés à l'intérieur. Plusieurs créatures voûtées travaillaient dans l'obscurité au-delà, et ni Sam ni Jim ne pouvaient bien les voir. Ils remontèrent dans la Jeep et roulèrent lentement en passant le seuil, qui se referma dans un grincement derrière eux.

"Tu crois qu'on va mourir maintenant ?" dit doucement Jim.

"Ta gueule Jim," dit Sam, en levant les yeux au ciel dans l'obscurité.

Une série de lumières s'alluma dans les ténèbres, les conduisant à un endroit pour se garer. Jim se gara et se tourna pour attraper le lourd sac en toile derrière son siège. Sam attrapa le sien et sortit à nouveau de la voiture, et balança le sac lourd d'équipement sur son épaule. Les deux suivirent les lumières jusqu'à un ascenseur au fond du garage, qui était vide. Ils y entrèrent et se tournèrent pour faire face à la porte. Le bouton du dernier étage était déjà allumé.

Tandis qu'ils montaient dans la mesa, Sam se tourna vers Jim, "Hé, tu t'es bien souvenu de mettre quelques armes dans les sacs au moins ?"

Jim acquiesça sans la moindre trace d'humour, "Nous avons deux armes de poing, un fusil, une matraque, quelques gadgets, et si nous trouvons un endroit où nous changer, j'ai réussi à emporter toute notre armure de combat."

Sam sourit légèrement, "Jim, je savais qu'il y avait une raison pour laquelle je supportais tes conneries."

Jim leva les yeux au ciel, "Mes conneries ? Dixit le mec qui a voulu voyager en classe éco alors qu'il ne payait pas pour ses vols."

Les portes s'ouvrirent devant eux vers une grande place en plein air. Le sommet de la mesa avait été complètement excavé, et à l'intérieur se trouvaient des milliers de Chupacabra qui vaquaient à leurs occupations. Le plafond était une sorte de projection, mais aucun des deux agents ne savait dire si elle était de nature technologique, thaumique, ou alchimique.

Les Chupacabra étaient des créatures courtaudes et costaudes. Même les regards les plus hâtifs indiquèrent aux deux hommes qu'ils n'auraient aucune difficulté à distinguer les deux sexes. Les Chupacabra mâles avaient une forte carrure et marchaient sur de grosses mains griffues, similaires aux divers folklores qui entouraient leur civilisation. Les femelles se tenaient sur deux jambes, avaient de longs doigts et chacune portait des tresses de couleurs vives dans ses cheveux courts et raides. Les mâles portaient relativement peu d'ornements.

À peine dix secondes s'étaient écoulées quand deux mâles et une femelle s'approchèrent d'eux. Le mâle de gauche parla de la même voix légèrement accentuée, étrangement délicate. "Agents, je présume ? Bienvenue à Mesa Mariposa, merci d'être venus."

La femelle s'avança, la voix plus profonde et à la sonorité plus riche, "Oui, merci. Je sais que notre cité n'est pas vraiment une priorité, et nous apprécions votre temps et votre énergie. Je suis Denira."

Sam sourit et s'avança en hochant la tête. "Tout le plaisir est pour nous. Je suis Sam Denton, et voici Jim McDowell. Auriez-vous l'amabilité de nous amener jusqu'à La Mariposa de Meseta ? J'aimerais commencer aussi tôt que possible."

La femelle acquiesça rapidement et leur fit signe de la suivre. Ils marchèrent rapidement dans les rues bondées. Sam et Jim étaient plus grands que la plupart des créatures de ce lieu, qui hochaient la tête respectueusement dans leur direction lorsqu'ils passaient.

Denira les mena à une grande tour qui montait presque jusqu'au plafond et fit un geste de la main aux deux mâles qui gardaient la porte. Ils hochèrent la tête respectueusement à leur tour et les laissèrent passer sans incident.

Quelques minutes de marche à travers plusieurs couloirs et plusieurs volées de marches les amenèrent à un bureau relativement austère, faute de meilleur mot pour le décrire. La salle elle-même, comme la plupart des bâtiments qu'ils avaient vus, était taillée directement dans la roche, et tout le mobilier était soit fait de la même pierre, soit de bois.

À l'intérieur, un individu de plus haute stature les attendait en regardant l'étendue désertique au-dehors par la seule fenêtre du bureau, couverte de carreaux de verre. Elle se tourna et regarda les agents chaleureusement, ses yeux noirs renfoncés et brillants. "Bonjour, Agents. Je suis heureuse de voir que La Fondation prend notre traité au sérieux. Je dois admettre que j'étais plutôt inquiète qu'on ne nous adresse qu'un refus poli et que nous dussions nous débrouiller par nous-mêmes."

Jim fit un pas en avant et inclina sa tête jusqu'à ce qu'il soit juste en-dessous de la naissance des cheveux de la Matriarche, un signe de respect des Chupacabra, "Première Mère, La Mariposa. C'est un honneur de pouvoir entrer dans votre demeure et de vous aider lorsque vous êtes dans le besoin. La Fondation respecte tous ses accords à la lettre reste fidèle à leur esprit. Nous sommes venus en apportant des cadeaux et demandons humblement que vous les receviez." Une seule gouttelette de sueur perla sur le cou de Jim et coula dans sa chemise tandis qu'il priait silencieusement de ne pas s'être trompé là-dessus.

La Première Mère claqua sa langue, amusée, et contourna le bureau, "Bonté divine ! Vous avez tous deux bien étudié, n'est-ce pas ! Je n'avais pas reçu de salutations formelles comme celles-ci depuis huit lustres ! C'était exquis ! Bien sûr que j'accepterai vos cadeaux, je suis très impressionnée."

Sam s'avança et fouilla dans la poche sur le côté de son sac en toile, d'où il sortit une bouteille plutôt chère de mescal et un bocal de conserve de nopales. Il les lui tendit et s'inclina profondément également. "J'espère qu'ils seront à votre goût, on m'a informé que vous affectionniez particulièrement les nopales."

Elle prit les deux cadeaux de l'Agent Denton et fit un autre claquement de langue, "Tout à fait, bien que mon médecin ne veuille plus que j'en prenne. Trop de végétation dans mon alimentation, d'après elle." Elle les plaça sur son bureau, à côté de son ordinateur portable, et les regarda solennellement.

"Donc, pour en revenir à l'affaire en cours. Ma fille va avoir 15 ans. C'est un événement important dans la vie d'une jeune femme dans notre culture. Notre majorité, si vous voulez. Ma fille sera formellement reconnue comme une adulte, et fera ses dernières actions d'enfant. La plus importante de celles-ci est la piñata."

Sam leva la main et fronça légèrement des sourcils, "Je dois admettre que mes études sur votre culture ont été plutôt brèves, à quoi sert-elle exactement dans cette célébration ?"

"C'est plus un symbole qu'autre chose. On l'orne de couleurs vives, avec des paillettes et des serpentins. Tous les attributs de l'enfance. La femme lui donne ensuite un dernier câlin et la laisse derrière elle, tout comme elle abandonne les choses enfantines. Une jeune fille commence à travailler sur sa piñata à un très jeune âge, en général vers quatre ou cinq ans."

Sam hocha la tête, "Je vois, et le Directeur Diaghilev a mentionné que la piñata de votre fille avait disparu ?"

La Première Mère secoua la tête, et ce faisant, les billes et les os dans ses cheveux produisirent un son cliquetant étrange. L'Agent McDowell grimaça légèrement en entendant le bruit, qui lui fit immédiatement un acouphène et fit bourdonner son anneau ainsi que celui de l'Agent Denton. "Elle n'a pas disparu, elle a été volée. Elle n'a pas bougé de notre maison depuis qu'elle a commencé à la créer il y a dix ans."

Jim palpa sa joue pendant un moment, "Peut-être qu'il y a quelque chose que je ne vois pas, mais si je comprends bien, la piñata n'a de valeur que pour elle ? Pourquoi quelqu'un voudrait-il sa piñata, et pour quoi faire ?"

La Première Mère étendit les doigts de sa main droite et des griffes sortirent du bout de ses doigts, un geste de colère. "Quelqu'un essaye de l'empêcher de prendre sa place au conseil des jeunes comme le lui permet son droit de naissance. Sans cette piñata, elle ne peut pas être reconnue, et elle ne pourra pas commencer à gravir les échelons de notre société. Je pense que mes ennemis politiques pourraient avoir saboté sa majorité."

Les deux agents échangèrent un regard significatif et acquiescèrent l'un après l'autre. "Allons voir votre résidence, et nous allons nous mettre au travail."


Après quelques heures à suer, Sam et Jim avait une théorie fonctionnelle sur ce qui s'était passé, mais il leur fallait surveiller la maison de la Première Mère toute la nuit pour la confirmer. Sam et Jim étaient assis dans l'obscurité derrière leur maison, dos au mur extérieur de la chambre de la Première Fille. Ils passaient le temps dans une grande vigilance, à envoyer oisivement des cartes d'une pichenette dans un sombrero qu'ils avaient acheté à un magasin de babioles dans la Mesa.

Ils avaient tous deux troqué leur tenue de touriste contre leur équipement de combat normal. Cette fois, Sam n'avait pas voyagé léger, au contraire de Jim. Il portait une paire de bottes lourdes avec plusieurs surprises intégrées. Son pantalon de treillis comportait des panneaux d'impact sur les tibias et les cuisses, qui comportaient chacun plusieurs charges de commotion intégrées. Une lourde veste d'impact recouverte de kevlar épais protégeait son torse, et une lentille tactique recouvrait son œil gauche. Les gants de métal et de polymère dense qu'il portait restreignaient les mouvements de ses doigts, donc il était en train de perdre, et plutôt bien, d'ailleurs.

Jim, de son côté, portait des bottes de combat, un pantalon de treillis, et une armure pectorale plus légère, avec un sac à dos qui brillait doucement sur le dos. De petits fils et tubes s'alimentaient sur des appareils métalliques sur ses jambes et ses bras. Le seul équipement lourd qu'il portait était un casque spécialement renforcé.

"Alors, tu es sûr qu'elle va refaire ça ce soir," dit Sam, en envoyant une carte d'une pichenette, maladroitement. Elle atterrit deux mètres à côté.

Jim acquiesça, la lentille tactique s'agitant dans l'obscurité, "Yep. Il y a une dizaine de signatures uniques qui mènent à la même place, toutes affaiblies de la même manière. Je serais surpris qu'elle n'ait pas ouvert une Voie chaque soir ce dernier mois."

Au-dessus de leur tête, un appareil bleu en rotation lente était fixé au mur. Il pulsait des énergies Æthériques qui y étaient stockées, préparées par le Directeur lui-même.

Une autre demi-heure s'écoula, avant que Sam et Jim entendent un chant doux de l'autre côté du mur par la fenêtre. Sam leva une main en l'air et la tint ainsi, en se relevant lentement, son dos immobile contre le mur extérieur, à la droite de la fenêtre, tout en restant caché. Jim fit ses gestes en miroir en se penchant contre le côté droit.

Le chant de la Première Fille atteignit son point d'orgue, et une rafale soudaine de vent indiqua l'ouverture d'une Voie sur le côté intérieur du mur contre lequel ils s'appuyaient. L'appareil alchimique bleu s'illumina et se détacha du mur, réalisant la même œuvre contre le mur extérieur, ouvrant une Voie identique à travers laquelle Sam et Jim s'engouffrèrent.

Sam et Jim firent une roulade en finissant leur chute, dégainant leurs armes et les braquant en face d'eux.

Le soleil disparaissait derrière l'horizon tandis qu'ils arrivaient dans une forêt avec une dizaine de visages en colère regardant dans leur direction.

Jim soupira et fit craquer son cou nonchalamment, "Putain de dilatation temporelle."


La tension était perceptible dans l'air tandis que les deux agents prenaient position, armes dégainées, contre les visages étrangers face à eux.

Une myriade d'ailes et de sabots griffait l'air de façon menaçante tandis que les créatures auxquelles ils faisaient face se préparaient à attaquer. Sam se mit en position un pas derrière Jim et serra la mâchoire, "OK, écoutez, nous ne sommes pas là pour nous battre, nous cherchons simplement—"

La créature la plus proche poussa un cri strident et plongea en avant tandis que des griffes apparaissaient sur ses deux mains. Jim fit deux pas en avant et décocha un coup de pied latéral dans la mâchoire de la créature ; son sac à dos émit un éclair de lumière bleue et son pied accéléra fortement au moment de l'impact. La créature heurta durement le sol et Sam braqua son fusil dessus, prêt à l'abattre.

McDowell leva une main en tenant son pistolet lourd, "Attends, Denton, je pense que je sais ce que ces trucs sont." Il se tourna et fit face au reste du groupe, qui avait été ébahi par la violence rapide que Jim avait perpétrée sur leur compatriote. "Nous ne sommes pas là pour nous battre, je n'avais même pas réalisé que nous étions au New Jersey, nous voulons juste—" Sam rengaina son pistolet et leva ses mains.

Le groupe prit cela comme un signal d'attaque. Le cerveau de Sam finit par faire tilt, il lâcha le fusil et tira la matraque dépliante dans le petit compartiment au bout de son sac à dos. Un mouvement sec du poignet la déploya à sa taille maximale, et il frappa son extrémité contre le panneau d'impact, brisant la petite sphère de verre insérée dans sa base.

Une décharge d'électricité s'écoula dans la matraque et Sam mit un coup d'épaule dans une des créatures pour la dégager de son chemin, et il pivota sur son pied droit pour abattre la matraque sur la tête d'une autre.

Jim fit deux pas bondissants en avant et fit joyeusement un coup de boule à une des créatures à tête de chèvre pendant que le casque lourd protégeait sa tête. Le Diable de Jersey en face de lui ne fut pas si chanceux. Il s'effondra et Jim marcha sur son corps en envoyant un coup de pied circulaire au Diable derrière lui. Ses mains et ses pieds devinrent flous tandis que l'énergie Æthérique de son équipement alimentait son système nerveux et ses muscles, faisant tomber les créatures comme des mouches.

Sam sortit quelques petits disques de sa ceinture et les jeta vers les deux derniers Diables alors qu'ils rassemblaient enfin leur courage pour rejoindre le combat. Une explosion verte d'énergie s'échappa des disques et les deux Diables tombèrent dans un sommeil profond et paisible.

Sam et Jim dégagèrent leurs cibles. Sam jeta un coup d'œil vers Jim, "Ils sont pas censés être sympas, les Diables de Jersey ?"

Jim haussa les épaules et récupéra son fusil, "Peut-être que c'est l'équipe de hockey qui est sympa ?" Il appuya plusieurs fois sur le bouton-pression de la lentille tactique pour passer en mode de suivi Æthérique. "Je crois qu'elle est partie par là."


Après plusieurs minutes à crapahuter dans les landes de pins du New Jersey, ils tombèrent sur La Première Fille, assise sur un tronc d'arbre près d'un petit étang. Ils s'arrêtèrent plusieurs mètres derrière La Première Fille. Jim s'éclaircit la gorge, ce qui la fit se tourner et rester bouche bée à la vue des deux Agents.

"Eh bien, ma petite dame, je crois que vous nous devez quelques explications," Sam braqua son taser sur sa poitrine, bien que son doigt ne soit pas sur la détente. "Je ne veux pas vous faire de mal, mais vous devez rentrer et expliquer pourquoi vous avez ouvert une Voie jusqu'ici chaque soi—"

Un hurlement rugissant fendit la nuit tandis qu'un autre Diable de Jersey sortit en planant des arbres au-dessus d'eux. Sam campa sur sa position et abattit son pied arrière dans le sol tendre sous lui, l'ancrant au sol avec les pointes d'impact intégrées à son talon. Il bloqua ses bras en avant, et les gants lourds se verrouillèrent aux panneaux sur ses avant-bras, ses biceps et ses épaules pour former la plus grande partie d'un obstacle en place.

Jim piqua un sprint en avant, et son sac à dos brilla plus intensément en alimentant les panneaux sur son équipement par des énergies Æthériques et thaumiques, accélérant ses mouvements. Il sauta sur l'épaule droite de Sam et décolla de son bras droit raidi puis tacla de tout son corps le Diable qui planait vers son partenaire.

Il le percuta avec un bruit sec, et ils tombèrent au sol plus facilement que ce à quoi Jim s'attendait. La créature ne devait pas peser plus d'un demi-quintal, et était passée du rugissement à des cris perçants et à des couinements aigus.

Sam pensa qu'ils avaient blessé la pauvre bête avant qu'il ne réalise que c'était de l'anglais, simplement dans une voix d'adolescent fêlée.

"J'te jure, si tu touches à un de ses cheveux, je vais te défoncer la gueule ! Ils retrouveront même pas le putain de corps, j'connais un mec j'te jure bordel de merde !" leur hurla le Diable, sa voix fêlée passant du grave à l'aigu.

Jim maintint la chose au sol et fronça les sourcils, "T'as fini ? Aucun de nous n'allons faire de mal à qui que ce soit, à part toi si tu ne la fermes pas." La créature sous lui cligna des yeux, ses mains à trois doigts maintenues solidement contre le sol. Les genoux de Jim clouaient ses ailes au sol, et son corps était fermement planté sur ses hanches. "Bon, maintenant, pour de vrai, tu as fini ?"

Il acquiesça, et Jim le laissa se relever. La Première Fille se retourne, paniqua, et courut jusqu'à l'endroit où Jim se relevait, "Oh mon dieu, Tony, tout va bien ?"

Celui qui s'appelait apparemment Tony se rassit lentement en renroulant ses ailes de chauve-souis autour de ses épaules. Il fouetta l'air de sa queue et s'accroupit. "Je vais bien, Caela. Il en faut bien plus que ça pour me faire mal." Il bomba légèrement le torse, dégagea ses cheveux de ses yeux et carra les épaules en se tournant vers les agents, pour essayer d'avoir l'air intimidant. "Vous êtes qui putain, et pourquoi vous êtes là ?"

Sam et Jim se tenaient l'un à côté de l'autre, gardant leurs armes pointées vers le sol, mais prêtes. "Nous sommes des agents de la Fondation, et La Mariposa de Meseta nous a demandé de retrouver la piñata de Caela. J'imagine qu'elle est ici. Et sinon, où est-on exactement ?"

"Au Jersey," cacha Tony par réflexe.

Sam se frappa la tête de la main, "Sans déconner. Dans quel coin paumé du trou du cul de ce pays sommes-nous ?"

"Hé, va chier, c'est d'enfer le New Jersey," dit Tony, sur la défensive.

"Mais oui, c'est ça. Va te trouver un Diner ou un truc. Caela, tu dois rentrer chez toi et ramener ta piñata. Tony, je me fiche de ce que tu foutais avec elle, mais tu dois dégager avant de créer un incident international. C'est La Première Fille de La Chupacabra."

Caela souffla du nez et les regarda de haut, "Heh, pauvres cons. Il le sait, Tony et moi sommes amoureux. Je ne laisserai pas ma mère nous séparer, je m'en fous de son conseil stupide ! Rien de ce que vous pouvez faire ne détruira notre amour. Essayez un peu pour voir, vieux porcs fascistes."

Sam sourit largement et sortit son téléphone de sa poche, bien content de voir les quatre barres de réseau, "Ah vraiment ? Je vous parie que nous connaissons deux personnes qui ne seront pas d'accord…"


Quatre heures plus tard, Sam, Jim, une Chupacabra et un Diable de Jersey étaient assis dans une grande salle de conférence dans un site de la Fondation non loin de là.

Le Directeur Diaghilev entra à grands pas et s'assit à la tête de la table de conférence. "Toutes mes excuses pour le délai, je suis venu dès que j'ai reçu le message de l'Agent McDowell. Sommes-nous tous là ?"

Le Boss mit ses mains sur la table et soupira profondément de sa voix de basse sinueuse, "J'aimerais simplement être clair, je n'étais pas du tout au courant de tout ça, et je suis profondément désolé que mon fils soit un tel idiot."

"Évidemment, les présentations formelles sont de rigueur, La Mariposa de Meseta, Première Mère de La Chupacabra, le Boss de la Confédération des Landes de Pins." grommela le Directeur Diaghilev.

La Première Mère haussa un sourcil, "Le Boss …?"

Il sourit légèrement, dévoilant des dents plates de chèvre, "Pas "Le Boss", juste "le Boss"."

Elle gloussa doucement et se pencha en avant tandis que ses griffes se rétractaient et qu'elle posait ses mains à plat sur la table, "Je vous dois des excuses également. Je ne savais absolument pas que ma fille faisait intrusion chaque nuit sur votre territoire, et j'aurais pensé qu'elle avait plus de jugeote."

Caela abattit ses paumes sur la table, "Je n'envahissais le territoire de personne ! Tony et moi sommes amoureux, et on ne me forcera pas à jouer à la politique pour toi au lieu de suivre mon cœur, madre !" dit-elle.

La Première Mère cligna plusieurs fois des yeux et secoua la tête, "Donc pour résumer, tu as caché ta piñata au New Jersey pour que tu puisses être avec ce jeune diable, et au lieu de me dire que tu avais rencontré un garçon, tu as saboté ta majorité parce que tu supposais que tu ne pourrais pas être avec lui une fois que tu serais majeure ?"

Caela acquiesça et la regarda de haut à nouveau, "Oui, et tout se serait déroulé parfaitement si tu ne t'en étais pas mêlée en appelant ces gringos."

Sam fronça les sourcils, "Hé, je ne parle pas espagnol, mais je suis presque sûr que ce n'était pas très gentil."

Le Boss s'éclaircit la gorge et étira légèrement ses ailes, "Première Mère, nos peuples ont toujours été en bons termes, je ne vois pas de raison pour que tout ceci dégénère. Je vais mettre mes hommes à la recherche de la piñata perdue sur-le-champ."

La Première Mère poussa un gros soupir, "Merci." Elle se tourna vers sa fille, "Si tu ne voulais pas rejoindre le conseil et que tu voulais être avec lui, tu n'avais qu'à me le dire. C'est ta vie, Caela, je ne t'en aurais pas empêchée."

Caela ouvrit et referma la bouche, tournant vert vif tandis que le sang lui montait aux joues. "Je ne pensais pas que tu l'approuverais."

La Première Mère se tourna et sourit largement au Boss, "Bien sûr que non ! Tony est un jeune homme de bonne famille, et avoir des liens plus proches avec les Diables de Jersey ne me dérangerait nullement !"

Les yeux de Caela s'illuminèrent et elle se pencha pour prendre les mains griffues de Tony, "Alors, nous pouvons être ensemble !"

Elle hocha la tête et sourit, "Bien sûr que tu le peux. Après la fin des six mois de punition que tu viens de gagner, jeune fille."

Tony se leva, "Six mois ! Vous allez nous séparer pendant six mois ?! Mais nous allons devenir fous à ne pas nous voir pendant aussi longtemps !"

Le Boss se leva et tapa l'épaule de son fils, "Oh, ne t'inquiète pas fiston, tu auras bien assez pour t'occuper pendant que tu es puni pour six mois également. Je me disais que tu pourrais faire une liste complète de toutes les voitures de la Confédération."

Ruslav gronda, amusé, et se leva puis s'inclina face aux deux parties, "Il semble que nous ayons trouvé une solution pacifique. J'espère que vous offrir mes services pour empêcher la création de Voies entre vos deux territoires ne vous dérange pas, le temps que ces deux-là se changent un peu les idées ?"

Ils acceptèrent tous deux avec gratitude et escortèrent leurs enfants hors de la salle de conférence, en s'en retournant vers les escortes qu'ils avaient amenées. Ruslav se tourna vers les deux agents, "Bon travail, je suis heureux de savoir que je pouvais compter à nouveau sur vous."

Sam s'avança en se grattant la joue, "Monsieur, si je pouvais me permettre une question ?"

Ruslav acquiesça et sourit, "Qu'est-ce qui vous préoccupe, Agent ?"

"Pourquoi nous, monsieur ? Il y a certainement des gens plus qualifiés qui auraient pu faire ça. Le capitaine Donnarson aurait probablement géré ça avec beaucoup plus d'expertise, honnêtement," dit-il en se penchant de côté.

"Ils avaient tous d'autres choses à gérer. Vous avez tous deux des compétenes que les autres n'ont pas. Vous avez un certain… doigté pour le côté émotionnel de notre travail. Giancarlo ou Rex auraient juste utilisé la force, mais vous avez réussi à mettre un terme au problème avec un minimum de violence. C'était du bon travail, agents." dit Ruslav. Il leur tapa l'épaule et sortit à grands pas.

Sam et Jim échangèrent un regard et se rassirent, prenant des gorgées de leurs cafés pendant un moment. Il leur faudrait trouver un moyen de rentrer au Site-127, puis faire un rapport d'une longueur absurde sur tout ce bazar.

Jim pencha sa tête sur le côté et arbora un visage malicieux, "Hé, Sam ?"

Sam poussa un grognement.

"Les Diables de Jersey ont des corps de chèvre et des ailes de chauve-souris, hein ?"

"Ouais."

"Et La Chupacabra, ça veut dire…"

"Je te déteste, Jim."

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