De l'existence d'une aberration
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De l'existence d'une aberration.

Chers confrères et consœurs,

J'ai aujourd'hui l'honneur de me trouver devant vous parmi vous pour dénoncer une bassesse innommable, que je n'aurais su croire vraie si les preuves d'un mépris aussi flagrant pour les règles de prudences les plus élémentaires n'avaient pas été exposées au grand jour, avec autant de fierté, par les auteurs même de cette insolente bravade à l'égard de notre doctrine nos principes.

Rappelons en effet que notre glorieuse Fondation s'est érigée en ces trois mots : Sécuriser, Confiner Contenir, Protéger. Par cette devise, nous avons su faire de l'impensable une réalité, et confiner l'impossible loin de la vérité ; par cette devise, nous avons su prendre des décisions majeures cruciales, faire ce qui était juste pour notre sort à tous ; par cette devise enfin, nous avons su agir au mieux pour le destin de l'humanité.

Et voilà qu'aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, nos belles et grandes résolutions sont mises à mal par un groupe de réformistes d’insurgés, qui veulent bousculer les bases établies, et ouvrir grand la porte aux horreurs dangers que nous nous efforçons pourtant de conserver dans l'ombre, loin des regards innocents de nos contemporains.

J'entends bien sûr ici évoquer la gestion scandaleuse du fameux « Site Aleph », particulièrement en ce qui concerne sa politique d'acceptation et d'insertion des individus anormaux anormalités humanoïdes, au sein même de son personnel. J'entends bien sûr ici traiter de l'existence d'une telle aberration.

Depuis l'aube de notre création, nous n'avons pas une fois dérogé à nos principes fondateurs immuables fondateurs et immuables, à savoir : pour protéger l'humanité, il faut savoir la purger protéger de ces êtres sans raison d'être ou d'exister, ces erreurs de la nature, ces paradoxes scientifiques. Comment alors, aujourd'hui, l'un d'entre nous pourrait-il se placer au-dessus de ces convictions, les évincer comme si elles n'étaient rien à ses yeux, et laisser les objets même de notre hai méfiance se promener librement au sein de nos institutions ?

Assurément, aucun jury au monde ne pourrait croire que…

Le Docteur Leblanc, Philippe de son prénom, posa son stylo à côté de lui, inspira profondément, avant de saisir un verre d'eau qu'il porta à ses lèvres. Il avait la gorge sèche à force de lire à haute voix ses premiers jets de discours. Mais il aurait pu le faire, encore et encore, à s'en déchirer la voix et s'en faire saigner les lèvres, tant la thématique le tenait à cœur. Il en allait après tout, de la survie d'un modèle, de la préservation d'une pureté consciente et raisonnée.

Le conférencier jeta un coup d’œil rapide à son brouillon – le dernier d'une longue série. Il était plutôt satisfait de son œuvre pour le moment ; son intervention avait beau être prévue pour dans plusieurs mois, il tenait à être prêt bien avant la venue du jour J, à maîtriser chaque mot et chaque injonction. Ce n'était pas seulement l'occasion pour lui de briller devant un public, il s'agissait de convaincre, de vaincre, et l'adversaire n'était pas prêt à se laisser abattre aussi facilement.

Le directeur Garrett, chargé du Site Aleph, était une figure bien connue de la branche francophone de la Fondation. En raison de son passif, en raison de son implication, en raison de ses diplômes et qualités… Mais surtout en raison de son extravagante décision de recruter et de conserver, parmi ses employés les plus éminents comme les plus insignifiants, des individus anormaux, étrangers aux bonnes mœurs et à ce que la réalité saurait tolérer. Une coalition très virulente s'était peu à peu formée contre une telle idée, clamant de plus en plus fort la justesse de leur cause.

Philippe Leblanc savait qu'il avait été sélectionné, entre autres pour ses qualités indéniables d'orateur, mais surtout en raison de son implication particulièrement effrénée et entière, puisqu'il était l'un des partisans les plus fervents de la « Fin de l'Aberration ».

Il savait également qu'avant lui, trois autres conférenciers avaient été sollicités, avant de se désister brusquement en raison d'indisponibilités douteuses – chute dans les escaliers, virus inconnu, accident de voiture.

Par mesure de prudence, le Docteur Leblanc avait alloué plus de moyens à son budget de sécurité, et augmenté les effectifs des agents privés chargés de protéger sa villa. Des hommes triés sur le volet et dignes de confiance, un bon investissement. Et même si cela signifiait qu'il devrait endiguer un temps son amour des bonnes choses – nourriture prisée, vins de crû et charmante compagnie… Eh bien, il pouvait bien faire quelques sacrifices de temps à autre. Cela même s'il avait du mal à s'habituer aux nouvelles mesures de sécurité qu'il avait lui-même instaurées.

L'homme s'étira longuement sur sa chaise, ressentant les courbatures de son exercice mental. Dehors, la nuit était tombée depuis longtemps ; par la baie vitrée, les lumières de la riche banlieue au sein de laquelle il vivait s'éteignaient petit à petit, comme des lucioles mourantes.

Il était temps d'aller se coucher.

Le conférencier éteignit la lampe de bureau et se leva de sa chaise. L'esprit occupé à réciter mentalement son futur discours, il se mit à déambuler dans sa villa, cherchant à rejoindre sa chambre. L'habitation avait beau être d'une taille conséquente, il la connaissait comme sa poche, et sut prendre le bon chemin ; mais l'homme était tellement plongé dans ses pensées que son environnement ne l'intéressait plus.

C'est avec des gestes presque mécaniques qu'il lança sa veste sur la chaise traînant dans un coin de sa chambre, alluma sa lampe de chevet, avant de se brosser les dents et de se laver les mains. Puis, il se dirigea vers sa penderie, l'ouvrit d'un geste sec et s'empara de sa main libre d'un pyjama pendant sur un cintre. Ses sourcils se froncèrent quand il remarqua un genre de poussière sur ses vêtements, un peu comme un mélange de sciure et de plâtre. Mais il était trop fatigué et concentré pour s'en préoccuper maintenant. Il demanderait à la bonne de mieux nettoyer ses affaires la prochaine fois, autrement ce serait la porte.

Il s'apprêtait à refermer la porte coulissante quand enfin, il s'aperçut que quelque chose clochait.
Une silhouette humaine se tenait au milieu des cintres.

Il n'eut même pas le temps de hurler que la personne inconnue le saisissait d'un mouvement vif, et lui appliquait un tissu aux relents de médicament sur le visage.
Il se sentit défaillir.

Les minutes suivantes furent confuses, malgré tous les efforts que le Docteur Leblanc fit pour se ressaisir, pour comprendre quelque chose à ce qui lui arrivait. Il sentit vaguement que l'on arrêtait sa chute d'une poigne ferme et dépourvue de douceur, puis qu'on l'attirait à l'intérieur de la penderie. Et… qu'il était soulevé et tiré vers le haut…?

Quand il reprit pleinement usage de ses sens, il était assis sur une chaise dans la chambre d'ami de l'étage supérieur, solidement ligoté au niveau des poignets et des chevilles.
Et il n'était pas seul.

Tout droit sortie des ombres, une figure encapuchonnée et masquée se tenait devant lui, immobile, attentive. Impossible de déceler son identité, aucune partie de sa peau n'était visible.

« Il se réveille. Beau travail, Reversy. » fit une voix, provenant de derrière lui.
« Merci. » répondit vraisemblablement l'assaillant dans son champ de vision, sur un ton neutre.

Philippe frissonna. Si la voix de la seconde personne, celle qu'il pouvait examiner en détail, était on ne peut plus banale, légère et mélodieuse… La première en revanche, était rocailleuse et grave, presque inhumaine.
Qu'est-ce qui se passait, putain ? L'entrée de sa chambre n'était-elle pas censée être surveillée constamment par un de ses gardes privés ? En y repensant, il réalisa qu'il ne l'avait pas aperçu sur le chemin de l'aller. Où était ce crétin ?

Il eut sa réponse lorsqu'un mouvement de tête vers la droite lui permit d'apercevoir le-dit agent, lui aussi ligoté sur une chaise et baîllonné. Ah. Ceci expliquait cela. Maintenant, comment avait-il pu être transporté jusqu'ici sans que…

La figure masquée se décala alors suffisamment pour qu'il ait vue sur le trou précautionneusement découpé près de la fondation du mur, qui donnait directement sur la pièce du dessous… C'est à dire sa penderie. Merde.

« Salutations, Monsieur… Leblanc. » reprit alors la voix dans son dos. « J'espère que vous êtes confortablement installé. Nous en avons pour un moment. »

L'intéressé testa un instant ses liens, avant de renoncer.

« Qu'est-ce que vous me voulez ? » maugréa-t-il, sentant ses membres se raidir sous l'effet de la peur. « Que voulez-vous que je fasse ? »

Devant lui, l'intrus l'ayant anesthésié ne soufflait mot, ne bougeait pas. Son masque était relativement simple, un assemblage en métal blanc et lisse, sans aucune aspérité quelconque exceptés deux trous pour les yeux.

« Ce que vous fassiez ? Non. Non non non, non. Non. On ne veut pas que vous fassiez quoi que ce soit. Plutôt l'inverse en vérité. »

Il sentit une main gantée se poser sur son épaule et sursauta. Lentement, avec une démarche très féline, le second individu contourna la chaise sur laquelle se trouvait enchaîné le prisonnier, se révélant enfin.
Des sueurs froides se mirent à couler le long de la nuque du Docteur Leblanc lorsqu'il réalisa qui se trouvait devant lui.

Ce longue et ample trench-coat brun à capuche, fendue sur le milieu et laissant apercevoir une combinaison noire en dessous… aurait pu appartenir à n'importe qui.
Mais le masque. Le masque était unique, reconnaissable entre mille, avec son ton ébène, ses angles étranges et mécaniques.

L'un des mercenaires du monde anormal les plus redoutés et recherchés de ce siècle, toujours évasif et efficace. L'Épouvanteur.

Il n'en avait entendu parler que de façon succincte, des bruits de couloir, au détour d'une conversation avec certains membres du Département de la Sécurité. Si l'Épouvanteur était ici, alors le second intrus devait lui aussi être un chasseur de prime – bien que cette fois-ci, aucun nom ne vienne au chercheur.

« Mon ami et moi, » continua alors l'Épouvanteur tout en posant une main possessive sur l'épaule de son compagnon. « … aimerions davantage que vous ne fassiez pas ce qui serait une énorme bêtise. »

La voix, rauque et graveleuse, faisait frisonner Philippe d'horreur ; mais le second mercenaire restait impassible devant les manières de son associé. Quelque chose, dans leur posture, leur attitude, indiquait qu'ils étaient bien plus que de simples coéquipiers – amis, famille, amants, le docteur s'en foutait.

« Je suis un homme occupé. Soyons bref. » coupa-t-il court, en tentant tant bien que mal de juguler sa terreur, bien décidé à ne pas se laisser effrayer par ce qu'il considérait être des canailles de bas étage.
« Le discours. Dans quatre mois. » fut sa seule réponse.

La compréhension se fit lentement au sein de son esprit encore troublé.

« Quelque chose me dit que vous n'êtes pas étrangers au désistement soudain de mes prédécesseurs. »

D'un mouvement fluide, bizarrement articulé, l'Épouvanteur leva le bras droit et se tapota la tempe de l'index. Tout, dans son comportement, exprimait un amusement retenu.

« Malin, le docteur. Peut-être suffisamment pour que nous n'ayons pas besoin de lui briser les jambes. »

L'intéressé devint livide. À ses côtés, l'agent baîlloné émit un grognement de protestation.

« Reversy, tu veux bien expliquer à notre ami ici présent ce qu'il en est de nos revendications ? »

Enfin, la statue à ses côtés s'anima, se rapprochant du prisonnier. L'individu sortit un morceau de papier et le lui présenta ; Philippe plissa les yeux pour lire sans ses lunettes, et se retrouva nez à nez avec un chiffre à cinq nombres.

« C'est le montant qui vous sera versé après la conférence, n'est-ce pas ? » fit alors son interlocuteur, à la voix beaucoup plus humaine, presque rassurante lorsque comparée à celle de son compagnon.
« Pourquoi ? Vous voulez me corrompre ? » ironisa le prisonnier. « Vous n'en aurez jamais les moyens. »
« C'est vrai. » en convint l'être masqué, pas le moins du monde impressionné. « Mais votre villa, elle, vaut pratiquement le triple. Sans compter le mobilier de luxe. »
« … Et alors ? »
« Et alors il serait dommage que tout cet argent s'envole en fumée… »

Philippe se redressa sur sa chaise et renifla, méprisant.

« Allez-y. Foutez-y le feu. »

Le dénommé Reversy resta silencieux ; le docteur se plut à penser que c'était en raison de sa perplexité, qu'il était déstabilisé. L'Épouvanteur, lui, se contenta d'émettre un grondement de mécontentement, mais n'intervint pas.

« Combien êtes-vous payés ? » enchaîna alors le conférencier, retrouvant son assurance usuelle. « Mon employeur sait se montrer généreux. Et dispose sûrement de beaucoup plus de moyens que le vôtre… En tout cas, lui n'a pas besoin de se dissimuler derrière des gros bras. Je suis sûre que je pourrais vous arrang… »
« La ferme. »

L'injonction claqua comme un fouet, basse et grave, vibrante de rage. Un grognement de prédateur.
La voix de Philippe s'étrangla dans sa gorge, et il se tut.

Reversy se retira brutalement, laissant le champ libre à son compagnon avec une déférence évidente. L'Épouvanteur s'approcha tout près de son interlocuteur, jusqu'à lui coller des frissons.

« Avec tous mes respects, Monsieur Leblanc, je connais les gens comme vous. » reprit-il d'une voix certes plus maîtrisée, mais glaciale. « Suffisants. Orgueilleux. Méprisants. Vous devez nous prendre pour de vulgaires hommes de main n'en ayant qu'après une belle somme d'argent. »

Le masque noir se rapprocha encore du visage du docteur, qui ne sentait pas loin du malaise. Il sentait, ou imaginait plutôt, le souffle du mercenaire sur sa peau pleine de sueur.

« Vous n'êtes pas intéressé par l'argent, très bien. Vous nous l'avez fait comprendre. Nous non plus, nous ne le faisons pas pour l'argent. Au moins une chose que nous avons en commun. »

L'Épouvanteur sortit un papier couvert de notes de sa poche ; et Philippe crut reconnaître le papier dont il usait pour rédiger usuellement ses discours au brouillon.
Le chasseur de prime le broyait dans sa paume comme s'il eut voulu écraser un cœur à main nue.

« Vous suivez votre idéologie – qui, soit dit en passant, me répugne jusqu'au plus profond de mon être – comme un chien suit la voix de son maître. Mais sûrement, vous saurez vous rendre à la voix de la préservation, si ce n'est à celle de la raison. Le marché est simple : vous vous désistez, vous aussi, sous le prétexte de votre choix, et ne tentez pas d'imposer vos vues anti-anormales… Alors, il ne vous arrivera rien. Dans le cas contraire… J'ai peur que nous ne soyons obligés de prendre les mêmes mesures qu'avec vos prédécesseurs. »

Philippe Leblanc déglutit, ne sachant quoi fixer sur le masque terriblement troublant qui lui faisait face, à quelques centimètres de son visage.

« Et si je refuse ? » finit-il par articuler, les lèvres sèches.

L'Épouvanteur le contempla un instant sans mot dire, avant de se redresser brusquement.

« Une démonstration vaut mieux que tous les discours du monde. Reversy, fais en sorte que notre hôte ne soit pas témoin direct de ce qui va suivre. »

Obéissant docilement, Reversy se plaça derrière le docteur, et, lui saisissant la tête, l'obligea à détourner le regard, suffisamment pour ne plus voir en détail le second mercenaire, mais juste assez pour qu'il ait une vague idée de ses faits et gestes.

L'Épouvanteur se dirigea d'un pas décidé vers l'agent ligoté à ses côtés, et s'agenouilla devant lui, le terrible masque ne laissant rien percer des intentions de son propriétaire.

« Souvenez-vous de cela, Monsieur Leblanc ; vous, vous et vos amis, êtes les responsables directs de ce qui va suivre. Les individus anormaux ne sont pas des aberrations par nature, simplement le produit de votre haine, de votre peur. »

Il y avait de curieuses emphases dans la voix de l'individu, pleines d'émotion, pleines de colère.

« Nous ne sommes pas des aberrations. »

Alors, l'Épouvanteur retira son masque.
Devant lui, l'agent ligoté se mit à hurler sous le baîllon.


« … Comment ça, "je ne veux plus aider à défendre la cause" ? Qu'est-ce qui te prend Philippe, bordel ? »

L'homme tapotait son bureau avec une colère et un agacement évidents. La réponse au combiné se fit tardive.

« Je te l'ai dit. Je dois passer toute une batterie d'examens pour mon problème de santé, dont des IRM, et tu sais à quel point c'est galère pour obtenir un créneau. En l’occurrence, le médecin m'a dit que le prochain serait en plein milieu de notre affaire, après ce sera trop tard. Désolé. »
« Tu réalises à quel point tu nous mets dans la merde ? Il reste quatre mois putain ! Quatre ! Où est-ce que je suis censé trouver un intervenant en notre faveur qui soit prêt à se proposer pour un délai aussi court ?! Et je sais pertinemment qu'en face, nos adversaires auront préparé leur défense avec soin ! »
« Garrett est directeur de Site, il aura sans doute autre chose à faire, ne t'inquiète pas. Et puis, la
recherche ne sera pas aussi difficile que tu le penses, tu sais bien que plusieurs employés partagent notre point de vue sur cette aberrat… absurdité. Mais en ce qui me concerne, c'est impossible. »
« Oui, mais ce qui m'intéresse moi, c'est la proportion qui sera capable de convaincre le jury ! »

Au téléphone, le docteur Leblanc ne répondit pas. Avec un soupir, son interlocuteur se tassa dans son siège et porta la main à son visage, exaspéré.

« Qui t'a menacé ? »
« Pardon ? »
« Ne me prend pas pour un crétin. Je connais les ficelles. Qui t'a menacé ? »
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »

Le ton était neutre, absolument pas sur la défensive. Mais pourtant, l'homme continua de creuser dans cette direction.

« Est-ce que ça a un rapport avec le garde qui a dispar… »
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »

Avec un grognement, il laissa tomber l'affaire. Les motivations d'un tel coup de tête étaient claires à présent.

« Ça va. J'ai compris. Je vais trouver quelqu'un d'autre. Merci pour rien, Philippe. »

Et d'un mouvement rageur, il raccrocha.

L'individu se prit la tête dans les mains, et lâcha un long, très long soupir. Son mal de crâne empirait à chaque désistement, mais pourtant il refusait de se laisser abattre. Une telle anomalie devait être corrigée le plus vite possible.

Pris d'un accès de colère soudain, il s'empara d'un vase sur son bureau et le lança avec violence. La porcelaine, l'eau, les fleurs éclatèrent sur le mur, avant de tomber au sol en une pluie de gouttelettes, de pétales et de verre brisé.

Assis loin de là, immobile dans l'ombre et un casque sur les oreilles, qui lui retransmettait ce que le mouchard parvenait à capter de la scène, l'Épouvanteur eut un sourire.

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