Au fil du sang : Le poids des promesses (8)
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« Omniscience perdue | Le poids des promesses»

Hors du temps, ailleurs :

C’était terrible. Une infamie. Une ignominie sans borne.

Une personne avait osé changer le cours de l’Histoire. Une personne en qui il avait placé sa confiance. Mais elle avait toujours été différente de lui. Plus rebelle, moins noble et surtout… plus puissante.

Il n’avait jamais ressenti une telle puissance. Elle avait la capacité de changer le cours de l’Histoire, elle. Alors que lui…

Il était faible. Incapable de voir qu’elle avait changé, qu’au fur et à mesure du temps, elle devenait quelque chose d’autre. Une autre entité. Une entité puissante.

Une entité horrifiante.

Il l’avait surveillée, l’empêchant de faire quoi que ce soit qui pourrait déclencher une catastrophe. Mais il en revenait toujours à ce jour de mai 1478 où elle tentait par tous les moyens d’empêcher une guerre entre Rome et Florence en organisant une réunion clandestine entre les Médicis et des dignitaires du Vatican. Pourquoi cet événement plus qu’un autre ? Pourquoi là ? Pourquoi à ce moment ? Pourquoi ne pas avoir choisi un autre épisode de l’Histoire ? Il l’ignorait. Tout ce qu’il savait, c’était qu’en ce jour de mai 1478, elle dépassait les bornes. Et il devait agir.

Mais ça avait changé. L’événement était arrivé plus tôt. Il n’était pas prêt. Le 26 avril 1478. Elle avait sauvé la vie d’une personne vouée à mourir au détriment d’une autre.

C’était intolérable. L’Histoire avait été déchirée.

Mais lui n’était pas tributaire de l’Histoire. Il veillait à son bon fonctionnement mais elle coulait sur lui sans laisser de trace, n’ayant aucune prise sur lui comme il n’avait aucune prise sur elle.

Maria Magdalena, quant à elle, emmagasinant de la puissance, était devenue tributaire de l’Histoire. Mettant à profit sa seule faiblesse, il avait enfin trouvé une faille. Une fragilité. Ce fut grâce à cela qu’il entreprit de saper son pouvoir, espérant de tout cœur que cela l’arrêterait.

Mais il vit alors ce qu’elle ferait tout de même, même sans pouvoir, d’autres changements, forte de connaissances emmagasinées en elle depuis le début.

Et cela, il ne pouvait laisser faire. Il devait faire quelque chose. Même l’irréparable.

Il fit alors une chose terrible, n’ayant aucune alternative. Il entreprit de détruire petit à petit son énergie même si cela aurait pour conséquence directe de faire mourir son corps et de la réduire à l’état de simple entité immatérielle sans pouvoir.

Sans pouvoir ? Il se rendit compte qu’elle avait beaucoup trop d’énergie. Jamais il ne pourrait entièrement la disperser. Mais que faire ? Cette entité matérielle pourrait revenir, entrer dans un corps et continuer à mettre à profit ses connaissances pour détruire l’Histoire et peut-être même retrouver ses pouvoirs.

Il devait trouver un moyen.


2 mai 1478, Florence :

« Mon Dieu ! Maria ! »

Elle ne répondait plus. Juliano la secoua mais elle ne voulait pas se réveiller. Complètement désorienté, il se leva et s’habilla.

Où l’amener ? La personne qui la menaçait a-t-elle réussi son coup ? Mais comment ? Poison ? Non, on a mangé et bu la même chose.

Trop de questions se bousculaient dans son esprit.

Après une minute, Juliano la prit dans ses bras, l’extirpant du lit, l’habilla du mieux qu’il put et sortit de la chambre.

La nuit était fraîche, l’aube allait se lever dans un peu moins d’une heure. La serrant dans ses bras, il courut vers la maison de Leonardo Da Vinci qui avait enfin accepté de faire travailler Nico à des heures tout à fait déraisonnables.

« A l’aide ! » Cria-t-il.

Ce fut Leonardo qui ouvrit :

« Qu’est-ce que… »

Juliano entra sans un mot et déposa le corps de plus en plus froid de Maria sur une table. Nico était en train de peindre. Il se retourna vivement pour voir sa sœur, presque morte. Il hurla de stupeur. Leonardo tonna :

« Du calme, Nico. Que se passe-t-il ? Demanda-t-il alors au capitaine des gardes.
- Je ne sais pas. Elle ne parvient pas à se réveiller. Elle a reçu des menaces de mort mais j’ignore comment on a pu l’atteindre, j’étais tout le temps avec elle… »

Leonardo entreprit de l’inspecter :

« Son corps est bien trop froid. Elle respire à peine. Poison ?
- Non.
- Pas de blessure. On dirait pourtant qu’elle perd son sang. Ses lèvres sont blanches.
- Je vais demander un médecin, finit par dire Nico.
- Un médecin ? Ne me parle pas de ces charlatans ! S’indigna Leonardo.
- Parce que vous avez peut-être mieux comme solution ?
- Une transfusion, peut-être.
- Une quoi ? S’exclama Juliano.
- Nico ? Tu es son frère.
- Non. »

C’était la vérité. Nico n’était qu’un orphelin recueilli à un âge avancé par Maria. Leonardo fronça les sourcils. Soudain, la porte de l’atelier s’ouvrit et une personne entra, essoufflée :

« Messieurs, je vous prie de croire mes paroles. Maria Magdalena se meurt et rien ne pourra la sauver hormis une seule chose.
- Quoi ? Demanda Juliano, désespéré.
- Son esprit s’en va, il ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Nous devons le conserver dans un objet.
- Un objet ? Demanda à son tour Nico.
- Oui, dans ceci. »

L’étranger leur tendit alors un rouleau très long que Leonardo déploya. C’était en réalité une toile.

« Cette toile est particulière. Elle peut conserver l’esprit d’une personne telle que Maria. »

Nico et Juliano se regardèrent, désespérés. Leonardo, qui n’avait rien dit, était sceptique. Et puis quoi encore ? La magie existait peut-être ? Il savait qu’il était loin de tout saisir, de tout comprendre, mais c’était plus qu’insensé !

Il n’y avait rien de particulier sur cette toile mais Nico s’en saisit violemment.

« N’y a-t-il aucun autre moyen ? » Demanda-t-il à Da Vinci.

Ce dernier ne dit mot. Nico comprit et fixa la toile, prêt à la peindre.

« Nico… Tu perds ton temps… Tu ne vas pas croire cet étrang-
- C’est le seul moyen. » Le coupa ce dernier, une lueur urgente dans le regard.

Nico travailla de l’aube au coucher du soleil tandis qu’anxieux, Leonardo et Juliano veillaient sur Maria. L’étranger se tenait derrière Nico, regardant son œuvre. Leonardo avait essayé de lui demander son identité mais il était resté évasif. Cependant, le peintre avait, au fil du temps, de plus en plus l’impression de pouvoir lui faire confiance.

Au bout d’une vingtaine d’heures de travail acharné, la toile fut enfin finie. Leonardo la contempla bouche béé. Même lui n’aurait pas pu faire mieux. Se pourrait-il qu’un jour il puisse rendre un portrait si.. mystique ?

Lorsque Nico apporta la dernière touche, le corps de Maria convulsa. Juliano hurla et pleura mais l’étranger le rassura :

« Ne vous inquiétez pas. Son essence quitte son corps et va dans le tableau.
- Elle est sauvée ? »

Tandis que le tableau semblait prendre vie sous les yeux de Leonardo qui ressentait, terrifié et fasciné, l’aura de puissance qui se dégageait du portrait d’une Maria qui semblait si réelle, l’étranger répondit une chose qui les fit tous frémir :

« La sauver ? Nous sauver, vous voulez dire.
- Comment ça ? Cria Juliano.
- Maria Magdalena Da Leoni n’est pas comme vous. Elle est puissante, dangereuse. Il fallait l’emprisonner dans un objet. Si nous avions laissé son esprit errer, il aurait trouvé un autre corps et en aurait chassé l’hôte.
- Jamais, elle n’aurait fait ça ! Assassin ! »

Juliano se jeta sur l’étranger mais Nico s’interposa :

« Non ! »

Il était blême, presque livide, épuisé par cette journée de travail. Il regarda le corps et dit à l’intention de Juliano :

« Regardez. »

Le corps de Maria se flétrissait à vue d’œil, devenant vieux. Ne restait plus qu'un cadavre décomposé.

Leonardo, encore un peu choqué, décida de prendre les choses en main :

« J’ai confiance en l’étranger. »

Ce dernier s’inclina avec reconnaissance devant Da Vinci qui continua :

« Vous avez vu, Juliano. Ce corps s’est décomposé. Ce n’est pas… possible. C’est… Ce n’est pas naturel. Maria ne pouvait pas être humaine. Et je veux bien croire qu’elle était dangereuse… Regardez le tableau ! Il est comme elle ! A la fois fascinant et terrifia-
- Jamais ! »

Juliano regarda tour à tour Leonardo, Nico puis l’étranger.

« Nico, tu as trahi ta propre sœur, tu le payeras de ta vie. Quant à vous, étranger, je vous jure que je trouverai un moyen de faire revivre Maria. Dussé-je y passer le reste de mes jours et ceux de mes descendants aussi ! »

Il partit en claquant la porte.


De nos jours, lieu inconnu :

« Boncoeur ! »

La toile était déchirée. Le générateur de Humes était réglé afin d’épaissir de manière infime la réalité afin de donner assez de puissance à Maria pour qu’elle puisse concentrer son énergie. Boncoeur était à l’extrémité du pentacle, dos contre la barrière invisible, tétanisée.

Elle perçut alors comme une vague dans les airs. L’air devint froid.

Maria était là.


De nos jours, sur l’A1 :

« Si on récapitule. Maria Magdalena est sur le point de se réveiller et elle a besoin comme réceptacle de… Boncoeur ?
- Exactement, monsieur Hervieux.
- Et comment avez-vous su cela, agent… ?
- Agent Rivau. Pour vous servir. Disons que j’ai mes sources. »

La FIM dans le camion banalisé de la Fondation se préparait à affronter non seulement les ravisseurs de Boncoeur et de Vernadeau mais aussi une entité qui avait été emprisonnée dans un tableau par son frère il y a plus d’un demi-millénaire.

« Une journée normale à la Fondation, j’imagine. » Dit-t-il d'un ton amer.

Ce n’était pas le moment de faire de l’humour mais Hervieux cherchait à se détendre. Il n’avait aucune expérience dans le combat mais avait insisté pour voler au secours de sa fille de cœur. Il espérait que ce n’était pas trop tard.

La FIM arriva enfin dans un bâtiment désaffecté. Après inspection des lieux, ils arrivèrent au sous-sol.

L’esprit de Maria perçut leur présence et alerta la femme qui se précipita en-haut avec son frère, laissant Vernadeau et Boncoeur à la merci de l’entité.

Cette dernière se rapprocha de Boncoeur puis plongea dans son corps.

Juliette hurla.


« Juliette ! »

Il aurait reconnu sa voix entre mille. C’était elle qui avait crié. Hervieux se dépêcha d’entrer mais une armoire à glace lui barra la route et le projeta contre un mur. Le souffle coupé, Hervieux se releva péniblement tandis que la FIM faisait feu vers les assaillants.

Les assaillants n’étaient que deux. La FIM avançait du mieux qu’elle pouvait mais ce n’était pas assez vite du goût d’Hervieux qui se saisit d’une arme et se rua vers l’entrée en hurlant comme un sauvage :

« Sales fripons ! Vous allez me le payer ! »

Il se retrouva face à l’armoire à glace qui voulut faire feu vers lui mais Hervieux esquiva la première salve, fort d’une secousse d’adrénaline, puis tira dans le torse de l’homme qui s’effondra.

Il entendit une femme hurler de rage. Elle voulut venger la mort de son frère mais des agents couvrirent Hervieux qui se remettait d’avoir tué un homme.

La femme dut se retrancher dans la salle où l’esprit de Maria se battait contre celui de Boncoeur alors que Vernadeau, impuissant, était incapable de bouger.

Hervieux tira en direction de la femme puis courut dans le long couloir qui menait à la salle tout en continuant de tirer. Tel un fou furieux, il bondit sur la porte et l’ouvrit à la volée, obligeant la femme à reculer afin de ne pas être assommée par le panneau de bois.

Hervieux se rendit compte qu’il n’avait plus de munitions. Il se jeta alors sur elle, la renversant puis la désarma. La femme, ne sachant pas se battre, fut impuissante face à un Hervieux en furie. Il martela une phrase tandis qu’il la frappait :

« On. Ne. Touche. Pas. A. Ma. Fille. Connasse. »

Son adversaire, à moitié inconscient, se rendit. Hervieux se redressa puis se rua vers le pentacle.

« Que faire ?
- Le… Le pentacle… Le cercle. Briser la ligne… »

Hervieux comprit et s’accroupit. Il toucha la ligne et voulut en effacer une partie mais Boncoeur hurla :

« Non ! A l’intérieur… Maria… Prison. »

Elle avait du mal à parler mais Hervieux comprit. S’il détruisait le pentacle, Boncoeur, ainsi que Maria, seraient libres.

Juliette était épuisée mentalement et physiquement. Maria s’appropriait chaque parcelle de son esprit, chaque souvenir, chaque connaissance, chaque émotion, chaque sentiment.

Elle allait bientôt perdre.


3 mai 1478, atelier de Da Vinci :

« Je ne peux pas faire grand-chose, Niccolo. Cependant, je peux vous assurer que tant que vous n’aurez pas d’héritier, vous vivrez. Il en va de même pour vos descendants. Vous devrez protéger ce tableau au péril de votre vie. C’est primordial. A tout jamais, votre sang sera lié à ce portrait. »

Nico acquiesça, la mine grave. Leonardo contemplait le tableau puis demanda soudain :

« Et Juliano ?
- Nous nous en occuperons en temps voulu. »

L’étranger regarda au loin et un peu de tristesse passa dans son regard.


26 avril 1478, devant la Cathédrale de Florence :

Il lui fallait rétablir le cours du temps. Il utilisa l’énergie résiduelle de Maria pour remonter dans l’Histoire.

Alors que Nico essayait d’entrer dans la Cathédrale, il le héla. Cette seconde d’inattention empêcha le frère de Maria de voir Da Vinci et ne put donc entrer dans la Cathédrale.

Finalement, Maria sortit avant l’élévation de l’hostie et Juliano mourut tandis que Lorenzo survivait.

Quelques mois plus tard, le 4 août, se tint la réunion secrète afin de rétablir la paix entre Rome et Florence. Mais cette fois-ci, il était prêt.


4 août 1478, au sud de Florence :

Sur la route de Rome, Juliano rongeait son frein, meurtri. Celle qu’il aimait avait été cruellement emprisonnée, jamais il ne trouverait de repos avant de la retrouver.

Il fit alors une promesse terrible. Il concevrait des enfants qui devront à leur tour chercher à tout prix à libérer Maria Magdalena et à se venger du sang des Da Leoni. Jamais ils ne trouveraient le repos avant d’avoir accompli ce devoir.

Ainsi, de génération en génération, la terrible promesse de vengeance se transmit chez les descendants de Juliano tandis que les Da Leoni oublièrent peu à peu leur devoir.


De nos jours, bâtiment désaffecté près d’Arras :

« Que faire ? »

Hervieux était terrifié et se sentait impuissant. Soudain, l’agent Rivau se tint à ses côtés puis… traversa la barrière invisible comme si elle n’existait pas. Boncoeur, en proie à un mal qui dépassait l’entendement, luttait avec ses dernières forces.

L’agent murmura quelques mots à l’oreille de Boncoeur :

« Il n’y a qu’un seul moyen. »

Juliette pleura mais tint bon. Faisant preuve d’un courage inouï, elle abandonna. L’agent Rivau la prit dans ses bras tandis que Maria prenait place dans le corps de Boncoeur. Enfin, il sortit une pendentif qu’Hervieux, bouche béé, reconnut comme étant la pierre que Maria portait sur le tableau puis le mit autour du coup de Juliette-Maria.

Maria se réveilla, heureuse d’être enfin en vie, d’avoir un corps. Mais quelque chose la gênait. Elle toucha d’une main tremblante le pendentif et se mit à hurler tout en cherchant à le retirer. Mais la chaîne ne pouvait se briser. Maria était désormais prisonnière de ce corps, incapable d’en changer, incapable de récupérer et encore moins d’utiliser ses pouvoirs grâce à cette pierre transformée par les bons soins de l’agent Rivau, réduite à l'instant présent. Ce dernier lâcha Juliette-Maria qui tomba dans un bruit sourd.

« Qu’avez-vous…
- C’était le seul moyen, Hervieux. »

L’agent Rivau, dont le visage ressemblait à si méprendre à celui de l’étranger, le regarda tristement puis disparut dans la pénombre.

Encore enfermée dans le pentacle, Juliette-Maria regardait avec terreur, les larmes aux yeux, Hervieux ainsi que Vernadeau qui essayait de se redresser. Hervieux voulut la libérer mais Vernadeau cria :

« Non ! Ce n’est plus Juliette. Elle… Elle est morte. C’est Maria à présent.
- Non ! »

Hervieux posa ses mains contre la barrière invisible. Juliette-Maria en fit de même.

« C’est toi, Juliette. Dis-moi que c’est toi…
- Hervieux… Je t’en supplie, aide-moi ! »

Les deux voix se mélangeaient, celle de Boncoeur et celle de Maria. Puis soudain, seule la voix de Juliette retentit :

« Ne me fais plus confiance. Je vous aime tous les deux. Adieu. »

Vernadeau murmura un « Je t’aime », en pleurs.

Puis ce fut au tour de Maria de parler :

« Aidez-moi, je vous en supplie ! »

Mais Hervieux avait compris le manège de la créature. Elle voulait l’amadouer avec le visage de Boncoeur mais ce n’était plus sa fille de cœur. La mort dans l’âme, il laissa la FIM l’emporter afin de la confiner.


Quelques jours plus tard :

« Eh bien, j’ai été ravi de faire votre connaissance, monsieur Hervieux.
- Ce n’est hélas pas réciproque. »

Garrett haussa les épaules :

« Dites-vous que nous nous occuperons bien d’elle. Elle ne manquera de rien, je vous le promets.
- Et dire que ses parents la croient morte.
- C’est presque le cas. Nous nous devons de mentir pour sauver le monde. »

Hervieux acquiesça silencieusement. Garrett demanda pour la troisième fois :

« Vous êtes sûr de ne pas vouloir rester ? Nous manquons cruellement d’experts en art et vous êtes…
- Le meilleur dans le domaine, je sais. Mais j’ai encore quelques bijoux qui n’attendent que moi. Si j’en croise certains qui ont plus de valeur que d’autres, je vous ferai signe.
- C’est bien pour cela que le conseil des O5 a consenti à ce que vous ne soyez pas amnésiés, vous et Vernadeau. La Fondation vous remercie pour tout ce que vous avez fait.
- Au revoir, monsieur. Au plaisir de ne plus vous revoir. »

Garrett rit tristement puis lui serra la main avec chaleur :

« Ayez une belle vie.
- Je me contenterai de faire mon travail… Merci tout de même. Continuez à faire le vôtre, le monde en a cruellement besoin. »

Garrett acquiesça silencieusement, la mine grave. Hervieux le salua puis s’en alla. Cependant, juste avant qu’il ne soit hors de la vue de Garrett, ce dernier lui lança :

« Au fait. Je n’ai jamais entendu parler d’un agent Rivau. »

Hervieux haussa les épaules.

Voyant qu’il ne parvenait plus à attirer l’intention d’Hervieux, Garrett se dirigea vers les salles d’interrogatoire. Une certaine femme était retenue par la Fondation et avait encore bien des secrets à révéler, notamment à propos d’une certaine infirmière et d’une certaine porte.

Arrivé à la porte d’entrée, Hervieux retrouva Vernadeau, remis de ses blessures, qui l’attendait avec une valise :

« Toujours prêt à accomplir votre quête ? Demanda-t-il à l’ancien agent qui prenait une retraite anticipée.
- La FIM « Receleurs d’art » est peut-être détruite mais j’ai toujours voulu faire ce job. » Répondit-il d’une voix épuisée.

Tous deux savaient que s’ils partaient, c’était surtout pour trouver un moyen de libérer Juliette de l’emprise de Maria, ainsi que pour retrouver cette mystérieuse personne qui les avait aidés. Une entreprise qui risquait d’être périlleuse. Ils étaient seuls, un expert en art vieux-jeu et un immortel âgé de plusieurs siècles coincé dans le corps d’un homme de trente ans, à l’assaut d’un problème qui les dépassait. L’enjeu était de taille mais le jeu en valait la chandelle.

« Par où on commence ? Demanda Hervieux.
- Avez-vous déjà entendu parler d’un certain Jean Albert, membre d’EMOEC ?
- Cela me dit bien quelque chose.
- Eh bien, je lui ai fait croire que nous étions des déserteurs de la Fonda. Il veut bien nous recevoir.
- EMOEC dites-vous ?
- Oui. »

Hervieux épousseta sa veste ainsi que son costume trois pièces hors du temps puis dit d’un air de celui qui essaye de faire « jeune » alors qu’il n’y parvient pas :

« Alors, soyons cool


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