Au fil du sang : La révolte de la mélancolie (2)
notation: +11+x
blank.png

« Pluie d'étoiles | La révolte de la mélancolie»

De nos jours, repaire de la FIM Delta-34 :

« Et donc, vous cherchez à établir son historique ? »

Hervieux, qui venait de poser cette question, ne détacha pas ses yeux du tableau, tournant le dos à Vernadeau qui était censé répondre. Ce dernier ne s’en formalisa pas et s’exécuta :

« Oui, c’est ça. Cependant, il nous est impossible pour le moment de retracer son histoire. Le peintre est inconnu, nous ignorons sa ville d’origine. Tout ce que nous savons c’est qu’une certaine Estelle Albert, membre de la CMO, en avait fait la mention à un agent de la Fondation qui… collaborait avec elle.
- Cette… Estelle Albert…
- Œuvrait pour la bonne entente entre certains GdIs. Son frère, Jean Albert, est un membre important d’EMOEC. »

Hervieux avait eu droit à tout un topo sur la Fondation, sa mission, les groupes d’intérêt et autres informations importantes. Il savait pertinemment qu’il les oublierait malencontreusement une fois son travail terminé.

Encore plongé dans la contemplation du portrait, il se contenta d’un simple « hm. ». Boncoeur, assise sur une table tout en sirotant un café, leva un sourcil vers lui :

« T’as pas un peu fini d’observer cette pauvre fille ? Elle va finir par te prendre pour un pervers. »

La remarque fit mouche et Hervieux sursauta, comme réveillé d’un très beau rêve :

« J’essayais de remarquer un détail quelconque qui permettrait d’identifier l’artiste ou le lieu. Mais le paysage ne ressemble à aucune ville connue et… Est complètement anachronique. »

Boncoeur leva les yeux au ciel. Elle savait très bien que son collègue n’avait guère eu besoin de trente minutes pour faire une telle observation. Quelques secondes pour un néophyte. Une fraction de seconde pour un Hervieux au plus bas de sa forme.

Elle se redressa puis alla vers le portrait qui trônait sur un mur de la petite salle de travail dispensée par la Fondation sur un « site » qui avait vocation à être revendu après utilisation. C’était une sorte de base opérationnelle assez sommaire qui permettait surtout aux agents de la FIM Delta-34 de dresser leurs plans d’opération, de se reposer et de se restaurer. Cette base se situait au dernier étage d’un vieil immeuble, en plein centre de Lille. Là où aucun ennemi de la Fondation ne penserait chercher. Le plancher grinçait, les murs suintaient, le plafond se fissurait, l’ascenseur marchait au petit bonheur la chance, les escaliers craquaient mais l’endroit avait son charme. Il y avait peu d’équipements, le reste se trouvait dans un hangar non loin d’une friche industrielle dans la banlieue sud de la métropole. C’était donc un lieu utilisé surtout pour la vie quotidienne et Hervieux, appréciateur des choses anciennes, lui trouvait une certaine beauté. Boncoeur, au contraire, ne l’aimait guère, préférant la modernité et le confort d’une maison récente.

Vernardeau, lui-aussi, se mit à contempler le tableau et tous trois se perdirent dans l’observation de l’œuvre.

La jeune femme, qui avait été peinte avec beaucoup d’attention, paraissait jeune, vingt-cinq ans tout au plus. Cependant, son regard gris, lui, paraissait beaucoup plus vieux, presque sans âge. Ses cheveux bruns étaient ramenés en un chignon assez lâche dans une coiffure beaucoup trop simple pour l’époque Renaissance. Son visage ne correspondait en aucun cas au canon de beauté de son temps. Son front n’était pas haut, ni épilé sur le dessus, son nez était petit et sa peau n’était pas très blanche. Elle correspondait curieusement au canon de beauté actuel, ce qui était étrange puisque à cette époque, la recherche du « beau » constituait l’élément central de l’art et, pourtant, elle n’était pas belle pour l’époque.

Elle portait une robe de bal bleu pâle et comme seul bijou, une pierre de la même couleur que la robe, certainement de la célestine, retenue par une chaîne en argent ou en or blanc. Elle tenait dans sa main gauche un livre que Boncoeur avait bêtement interprété comme étant la Bible mais qui à l’évidence, devait plutôt être un livre de teneur scientifique. De sa main droite, elle tenait une plume irisée à la pointe dorée. Derrière elle, et c’était ce qui avait fait deviner à Boncoeur que le livre n’avait aucun contenu d’ordre religieux, il y avait un morceau d’une bibliothèque à droite qui s’arrêtait à une arche faite de colonnes corinthiennes, à gauche. Posé sur un bureau, devant la bibliothèque et à la droite de la dame, il y avait un globe terrestre ainsi qu’un astrolabe, un crâne et un sablier. Au pied gauche de l’arche, adossée contre la colonne, se trouvait une épée dont la pointe était cachée par un parchemin déroulé.

Le paysage dévoilé par l’arche était une ville qui n’existait pas. Et c’était là que le tableau devenait très curieux. La ville était composée d’une campagne bordant la ville-même avec quelques chaumières, puis l’on pouvait deviner au loin un château-fort dont l’extrémité se terminait par un château ressemblant à s’y méprendre à Versailles. Puis, l’on pouvait voir la ville se développer, des drapeaux tricolores qui flottaient dans les rues, l’on reconnaissait des cheminées d’usine, puis des maisons bombardées par un avion à la croix gammée et des maisons récentes. L’on pouvait même voir un ensemble de tours, faisant penser aux centres névralgiques des finances comme la Défense de Paris, la City de Londres ou encore le Manhattan de New York.

On voyait tout ceci dans un… tableau qui datait probablement du XVème siècle, ce qui était littéralement impossible.

Cependant, si l’on admettait qu’il était possible qu’un peintre de la Renaissance ait eu vent de la révolution industrielle ainsi que des techniques architecturales de l’époque contemporaine, l’on pouvait constater que ce tableau, hormis d’être une quasi-certaine déclaration d’amour de la part du peintre à sa muse, possédait une symbolique très riche. Si riche, qu’on ne savait où regarder. Boncoeur remarqua que des livres jonchaient le sol, tandis que Vernardeau s’attardait sur le paysage en arrière-plan qui montrait un ciel qui noircissait au fur et à mesure qu’on avançait dans le temps, ce qui l’inquiéta. Hervieux, quant à lui, demeurait absorbé par le regard de l’inconnue. Un regard triste… Nostalgique… Désespéré… Non, mélancolique. Hervieux avait enfin trouvé le sentiment qui l’habitait depuis une bonne demi-heure. De la mélancolie. Le mal du siècle.

Boncoeur s’arracha à la contemplation du tableau et demanda à Vernardeau qui se réveilla de sa torpeur :

« Et cette Estelle est toujours en vie ?
- Non. Elle est morte il y a un an, juste après la formation de la FIM.
- Et ce Jean ?
- On ne sait pas, nous n’avons aucun contact avec lui. On ne pourra avoir aucune information de ce côté-là. Estelle avait juste mentionné le fait que son frère se souvenait très bien de ce tableau, qu’il l’avait marqué. Il lui avait dit que plus on le regardait, moins on se sentait en phase avec notre temps.
- Ce tableau a beau être de la Renaissance, il transpire de romantisme. » Remarqua Boncoeur.

Vernadeau la regarda comme si une mouche l’avait piqué. Boncoeur vit du coin de l’œil son mouvement de recul, comme si elle avait touché un point sensible. Cependant, Vernadeau se ressaisit vite, déterminé à faire avancer les recherches.

Hervieux, quant à lui, félicita son acolyte sans remarquer le trouble de l’agent :

« Remarque très pertinente, petite. » S’exclama enfin Hervieux qui avait eu la force de tourner le dos au portrait.


17 mars 1871, Paris :

Fabien avait froid. Le feu de cheminée venait de s’éteindre. Quelque chose l’avait réveillé et à présent, il ne parvenait pas à s’endormir. Emmitouflé dans sa couette, il se tournait, se retournait dans son lit mais Morphée semblait s’être désintéressé de lui. Il se leva et se dirigea vers la fenêtre.

La cour pavée était vide, le vent portait au loin quelques feuilles mortes. La nuit était calme, paisible. Il ouvrit la fenêtre et laissa l’air froid de la fin de l’hiver s’engouffrer dans sa chambre. La gouvernante allait très certainement lui hurler dessus en se lamentant que tous dans la maison attraperait la mort mais Fabien était un homme à la santé à toute épreuve et ce n’était pas le vent frais d’une fin d’hiver, en plein Paris, qui allait le tuer.

La rue après la cour était tout aussi calme. Puis soudain, une clameur au loin. Le ciel devint rouge.

Paris s’insurgeait. Paris brûlait.

Fabien s’empressa de s’habiller puis voulut aller réveiller son père qui était déjà debout. Il arpentait le grand salon tout en s’exclamant :

« C’est intolérable ! Ce Thiers n’est qu’un imbécile ! On ne refuse rien à la Prusse ! Rien ! Qu’on laisse le Comte de Paris prendre le pouvoir, ça filera plus droit. »

Fabien passa outre les tendances orléanistes de son père ainsi que sa véhémence pour demander ce qu’il se passait.

« Ce qu’il se passe ? Tu me demandes ce qu’il se passe ? Ce sont ces fichus rouges ! Il semblerait que Thiers ait retiré les canons de la Garde Nationale. On désarme le peuple et que fait le peuple ? Il s’insurge ! »

Le père de Fabien était de ceux qui étaient retournés en France lors de la Restauration après que son propre père ait fui à cause des violences perpétrées sur les nobles lors de la Révolution. Il avait pourtant aidé le peuple à se soulever en 1830 contre Charles X. Il avait été un très grand ami de Louis-Philippe, avait même été tenté de partir en Angleterre lors de la révolte de 1848 mais était resté, bon gré mal gré. Fabien ne gardait que peu de souvenirs de cette année 1848, étant encore un enfant en bas-âge mais, faisant face à son père en cet instant, il pouvait très bien imaginer comment il avait été pendant ces quelques jours.

« Ça ne durera pas, père. L’armée va réussir à calmer le peupl-
- Le peuple en a marre, Fabien. Tout le monde en a marre. »

Il soupira de lassitude, s’effondra sur un ravissant siège datant de l’époque de Louis XV puis se lamenta :

« Pourquoi ne m’écoutent-t-ils pas quand je leur dis que la France n’est pas faite pour être une République ? Nous avons toujours été loyaux envers un roi, pas envers un souverain qu’on ne peut même pas toucher !
- Père… Je vous en conjure. Calmez-vous…
- Je suis calme. Je suis las. J’ai besoin de changer d’air. Quand je pense que mon vieil ami Louis-Philippe est mort… Il doit certainement se retourner dans sa tombe. »

Le silence se fit. Un silence assez relatif si l’on parvenait à oublier les tirs et les cris qui prenaient de plus en plus d’ampleur.

Fabien vit que son père avait pris une décision. Il voulut prendre la parole avant lui mais son père fut le plus rapide :

« C’est décidé, on part. Il n’y a plus rien à Paris hormis du feu, des barricades et l’odeur du sang mêlée à celle de la poudre. »

Fabien voulut protester, ayant pris une décision, mais son père se leva et le regarda droit dans les yeux. Ce fut d’un ton d’abord froid puis de plus en plus suppliant et plaintif qu’il tenta de dissuader son fils de commettre l’irréparable :

« Ne t’avise pas de me faire la morale. Tu me scandes à tout va que le peuple doit avoir le pouvoir, je t’entends déclamer ta flamme à la liberté et à la République dans des poèmes que personne ne lira. Fais attention, fils. Tu deviens trop radical et tu ne seras plus qu’un cadavre à l’instant-même où tu te décideras à marcher dans les rues de Paris. Sache que le peuple n’en a plus rien à faire de nous. Nous, les anciens nobles. Nous sommes le reflet d’un passé qu’ils s’acharnent à oublier. Personne ne te regrettera, fils. Hormis moi. »

Il continua à le fixer un temps, les larmes aux yeux, sachant pertinemment que son fils avait déjà pris sa décision. Puis il s’en alla sous le regard attentif d’un portrait aux yeux gris.


Les drapeaux flottaient tandis que les tambours résonnaient. Fabien ne savait pas trop ce qu’il faisait. Allait-il tenter de calmer les ardeurs de la foule ? Lui, un simple aristocrate, poète à ses heures perdues ? Allait-il se battre pour ses idéaux ?

Encore un peu refroidi par la perspective de se battre, il allait tout d’abord essayé d’en calmer certains. Mais que valaient quelques mots contre la ferveur d’un peuple ?
Ce qui était certain, c’était qu’il ne s’attendait pas à voir la scène qui s’étalait désormais devant lui.

On tenait une rue. Puis on avançait. Encore une autre. Puis une autre. Le peuple, telle une marée, déferlait dans les avenues de Paris, drapeaux en main, ferveur au cœur… et avec les armes.

Des coups de feu retentissaient. La Garde Nationale était débordée. Le peuple voyait rouge et rouge était le sang qui se répandait sur les pavés froids de la capitale de France.

Fabien se précipita vers l’une des barricades et apostropha celui qui semblait être le meneur :

« Eh ! Arrêt-
- Toi là ! Reste pas ici ! Prends une arme et bats-toi pour ta patrie ! Le coupa ce dernier.
- Mais…
- Dépêche-toi ! On a besoin d’hommes forts pour avancer ! »

Un fusil atterrit dans ses mains sans trop savoir comment.

Soudain, on entendit une clameur sourde qui se transforma en cri de guerre. La Garde Nationale tentait une dernière fois de percer le mur du peuple. Fabien fut porté par une foule d’hommes prêts à se battre.

Des coups de feu retentirent. Fabien se prit les pieds dans un corps et tomba. Il perdit son arme. Il se recroquevilla à terre, se protégeant la tête contre le flot d’insurgés. Une main le releva :

« Eh ! Bats-toi ! »

On lui redonna un fusil puis il fut propulsé en première ligne. Son réflexe premier fut de tirer devant lui. Un soldat tomba. Un autre voulut le venger mais le meneur le tua. Fabien, échauffé par les événements, galvanisé par les chants que certains insurgés chantaient, eut la force de tirer une seconde fois lorsqu’un soldat se rua vers lui.

Puis l’assaut prit fin. Les insurgés avaient pris une autre rue.


Les enfants allaient de cadavre en cadavre comme une abeille qui allait de fleur en fleur. Ils récupéraient des armes, de l’argent et des vêtements. Le silence était pesant. Les troupes venaient de se retirer, laissant un peu de répit aux insurgés qui tenaient les barricades faites de meubles, de sacs et ornées d’un grand drapeau rouge. Cela faisait deux jours qu’ils tenaient la rue face à l’armée. Des frères s’étaient entre-tués, des soldats avaient rejoint le camp du peuple, d’autres encore avaient déserté sous les moqueries des insurgés. Le sang des frères ennemis se mêlait sur le pavé froid, symbole d’une ville coupée en deux, prise dans une guerre civile et idéologique qui durait depuis une centaine d'années.

L’un des enfants s’empara d’une veste d’assez bonne qualité puis s’en revêtit.

De l’autre côté de la barricade, Fabien tentait vainement de se rappeler pourquoi il était venu ici. Il était devenu un meurtrier, un traître à la Nation en une fraction de seconde et avait franchi le point de non-retour.

« Tiens, prends-ça. »

Le meneur lui tendit une bouteille dont le contenu avait l’air assez suspect. Il s’en saisit cependant, et avala une gorgée. Il toussa, la gorge en feu tandis que le meneur se moquait de lui. Fabien lui lança un regard noir puis lui rendit son breuvage infect.

Son acolyte s’assit sur ce qui devait être un pan de mur en ruines puis lui tendit une main sale :

« Enchanté. Je suis le citoyen Robert et toi ?
- Ci-Citoyen F-Fabien, bégaya-t-il.
- Ravi de me battre à tes côtés, camarade. Je t’ai vu, tu vises assez bien, même si la peur te fait trembler. »

Fabien se prit à penser que c’était grâce à la chasse que son père lui avait fait goûter lors de quelques escapades en campagne qu’il savait si bien viser. Il n’allait tout de même pas dire ça…

« Je… Me suis entraîné pour ce jour, dit-il avec le plus de conviction possible.
- Ça se voit, camarade. Mais tu n’as pas l’air dans ton assiette.
- Me suis rendu compte que c’était… dur de tuer.
- Dis-toi que c’est pour bâtir un monde meilleur que nous faisons ça. Pour la liberté ! »

Certains avaient entendu les derniers mots de Robert et s’exclamèrent en chœur :

« Pour la liberté !
- Pour la liberté. » Dit faiblement Fabien.

Mais la liberté avait un drôle de goût dans la bouche. Un goût amer, métallique. Celui du sang.


« Cela fait deux mois que la Commune s’est soulevée. Nous devons tenir coûte que coûte. »

Les quelques membres encore vivants de la Commune qui s’étaient retranchés dans l’Hôtel de Ville acquiescèrent vivement.

Cependant, elle s’éteignit, faute de moyens et d’unité, en ce jour du 28 mai 1871.

Les insurgés restants, dont Fabien, ne savaient que faire. Complètement désœuvrés, certains voulurent manifester leur mécontentement mais en vain. D’autres encore furent emprisonnés pour avoir trahi leur pays.

Fabien avait été attaché à la Commune jusqu’au bout, s’était battu pour ses idéaux bien que la manière dont il l’avait fait le révulsait.

Sur le peloton d’exécution, il regretta d’avoir tué mais pas d’avoir combattu.

Un dernier remord le secoua avant que les coups de feu ne retentirent.

Il n’avait pas dit au revoir à son père.


Ce dernier avait perdu tout espoir de revoir son fils vivant. Il avait fui la ville le jour suivant le départ de Fabien. Il rêvait d’Angleterre mais ce fut dans le Nord de la France qu’il échoua, dans un petit hôtel particulier.

La poussière des mines s’élevait dans les airs. Les mineurs suffoquaient et mouraient dans des couloirs de charbon. L’industrie textile faisait mourir à petits feux les employés mais leur permettait de subsister.

Il n’aimait pas cet endroit mais n’avait pas eu le choix. Alors dans son cocon du XVIIIème siècle, au milieu des meubles richement décorés qui dénotaient avec la pauvreté de la bâtisse, dans ce confort factice et désormais hors du temps, preuve d’une idéologie désuète, le père de Fabien, désormais seul, survivait avec comme seule compagnie celle de ses tableaux.

Tous étaient des portraits de famille. Il y en avait un qui attira plus particulièrement son attention. Ce dernier avait été récupéré à Versailles juste avant le départ de Louis XVI pour les Tuileries afin d’empêcher l’œuvre de subir les pillages.
Il se prit à penser qu’il n’avait jamais réellement contemplé le tableau, par manque de temps ou juste parce qu’il le trouvait insignifiant.

Il passa alors des heures entières à le contempler, essayant de percer les mystères du tableau, hypnotisé par un secret qui le dépassait. Il avait la désagréable impression d’avoir oublié quelque chose de crucial, quelque chose d’intemporel qui allait au-delà de sa simple condition d’homme.

Rongé par ce mystère, vint un jour de 1884 où il rendit l’âme et le tableau se retrouva entre les mains de son seul héritier, un cousin qui répondait au nom d’Henri Vernadeau.

« La révolte de la mélancolie | La fin d'un monde »

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License