Le temps de la Peur
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Équipe 8 : Lyrkasi, Saturn et Tombemine

Lyrkasi

Jour de la chute d'Aleph

Pan ! Pan ! Pan !

C'était le bruit des exercices de tir qui résonnaient dans la cour du Site Aleph.

Pan ! Pan ! Pan !

Un bruit que je trouvais stressant et rassurant. Mais, ça me permettait de voir la vie mouvementée qui régnait sur le Site. Je me sentais ainsi protégée par les agents qui se trouvaient dans chaque angles, derrière chaque portes et devant chaque cellules de confinement.

Ainsi était la vie à la fondation. Des exercices de tir le matin pour les agents pendant que les chercheurs, accompagnés de ceux qui ne participaient pas aux exercices, se démenaient sur les SCP arrivant pour savoir dans quelle catégorie les classer, savoir quelles anomalies ils généraient et surtout quelles procédures de confinement leur attribuer compte tenu de tout cela.

Il y avait au moins trois arrivages par semaine ici ou sur d'autre Site. Parfois, les SCP arrivants étaient seulement des transferts d'un Site à un autre et dans ces cas là, l'ambiance était assez détendue. Cependant, le reste du temps, il s'agissait de SCP à peine débusqué à qui on devait rédiger le cartel et qui causaient des frayeurs inimaginable aux jeunes recrues.

Pan ! Pan ! Pan !

"Bah, j'étais à la recherche d'un moyen de me divertir et c'est sur toi que je tombe. Dois-je appeler ça de la chance ? "

Un de mes collègue, que je croisais tous les jours, m'avais rejoint sur la passerelle qui, surplombant le terrain d'entraînement, donnait une bonne vue du reste du Site.

"Plutôt que de te divertir ne devrais-tu pas chercher quelque chose à faire ? On m'a appris qu'un SCP de classe Keter faisait route vers le Site. Je suis étonnée que tu n’ai pas ta part de travail dans l'affaire."

"J'ai eu ma part de travail comme tu le dis et je n'ai rien d'autre à faire pour l'instant. J'ai beau proposer mon aide, j'ai bien peur de n'être utile nulle part. Mais je m’aperçois cependant que toi aussi tu sembles n'avoir rien à faire. Je me trompe ?"

"J'ai eu à faire. Et j'ai encore des tâches qui m'attendent, je me suis simplement arrêtée en chemin pour observer les exercices de tir."

"Quel intérêt ?"

"Aucun en particulier, je me disais juste que c'était un bruit familier maintenant."

"C'est n'est pas faux. S'il arrivait qu'on ne les entendent plus ou d'en entendre davantage, je me dirais qu'il se passe quelque chose de grave. Surtout qu'il est rare que les SCP arrivent jusqu'ici lors de brèche de confinement."

j'ai repris mon chemin, après avoir présenter mes excuses à Karl pour le laisser si rapidement.

Pan !

Pan !

Pan !
Pan !

j'étais lassée de cette routine qui s’installait peu à peu dans mon travail à la fondation. Non pas qu’il s’y passe toujours la même chose bien au contraire, mais la façon d’agir restait sensiblement la même et ça m’ennuyais. Combien de fois avais-je espéré prendre ne serait-ce que pour un jour la place d’un docteur ou d’un agent ?

Assez souvent en réalité, je n’en aime pas moins mon travail, il me passionne. Qui dans le monde a la chance de travailler dans ces conditions ? Très peu de personnes. Ça fait de mon travail quelque chose d’unique dont je suis fière.
Cependant croiser les mêmes personnes chaque jour, passer par les mêmes endroits… J'ai besoin de changement, quelque chose aussi infime soit-il qui puisse modifier cette routine.

Puis quelques jours plus tard, lorsque je me suis retrouvée enfermée dans un bunker, j'ai compris que je n’aurais pas dû prier si fort. j'étais en quelque sorte responsable, je voulais du changement dans ma vie et je l'avais obtenue. Mais pourquoi de cette manière ?

j'avais du courir dès le retentissement de l’alarme, de l'autre bout du bâtiment à un bunker dans un premier temps, puis jusqu’ici, dans les égouts. Le bunker principal, tout proche de la cafétéria avait déjà été verrouillé quand j'étais arrivée, j'avais suivi la procédure du début à la fin et ça ne m'avait pas aidé, alors maintenant que faire ?

J'étais dans un labyrinthe avec une chance de tomber sur une créature pouvant me dévorer à chaque angle. Pleurer ? j'en avais fortement envie, mais ce n'était pas la solution. Une ogive n'allait pas tarder à être déployée, à moins que je ne me face dévorer avant.
Le métro était utilisé pendant les guerres mondiales, notamment le métro Londonien pendant le blitz, les égouts marchaient peut-être de la même façon ?

L’instinct de survie avait pris le dessus sur tout le reste et j'ai couru en direction du lieu le plus proche où je pouvais les rejoindre. Bien entendu j'aurais voulu sauver les personnes sur mon chemin, mais j'y serais restée aussi, du moins c’est ce que je me disais pour me rassurer d’avoir laissé tant d’innocent derrière moi. Il s'agissait de gens que je connaissais, la plupart m’appelant et d’autre, me suppliant de les achever au passage. Je n’avais rien fait de cela, arriverais-je un jour à passer outre tout ces événements ?

Finalement j'avais atteint les égouts sans croiser aucune créature me voulant du mal, j'avais bien entendu des bruits de combat au loin, mais j'avais tout fait pour les éviter, ce qui m'avait d'ailleurs valu une chute sur un cadavre qui traînait là et m'avais sérieusement amoché la cheville. Une fois dans les égouts j'avais trouvé un mini bunker que j'ai fermé directement. Je me sentais en sécurité à ce moment et m'étais mise à pleurer toutes les larmes que j'avais si longtemps retenues.

Après m'être remémorée tout mon parcours et avoir exprimé toute ma peur au travers de mes larmes, j'ai examinée la pièce. Une pièce presque vide, avec un placard dans un coin certainement pour ranger des affaires, deux couchettes l'une au dessus de l'autre accrochées à un mur et plus loin un meuble assez imposant avec des bouteilles d'eau et des vivres. En tout il y avait de quoi tenir 1 mois à deux. Mais je me demandait avant tout si j'oserais ressortir un jour. Si je faisais ça je mourrais, j'en suis sûr, je n'ai aucun réflexe de survie et mon instinct seul me guidait.

Soudain, j'entendis qu'on essayait de forcer la porte, la panique me gagna de nouveau et je me suis cachée dans un placard aussi vite que j'ai pu, je me suis faite toute petite, rouler en boule dans l'espace réduit avec les larmes qui coulaient sur mes joues en silence. L'heure était venue j'en étais sûr. La mort venait pour moi.

Puis la porte du placard s'ouvrit en grand laissant apparaître un grand homme aux cheveux bleu. Et je me suis mise à pleurer comme jamais, heureuse de voir quelqu'un, qui que ce soit.
Après une courte discussion et quelques soins apportés à ma cheville, j'appris que j'étais en compagnie du Docteur Saturn et François Tombemine qui, malgré son physique de femme était un homme. Un homme avec plus de poitrine que moi…

Les semaines passèrent, nous étions tous les trois entassés dans un bunker qui pouvait à peine tous nous contenir. Je faisais des cauchemars chaque nuit, ou peut-être qu’il s’agissait du jour après tout ? Je redoutais le moment où nous devrions sortir, si j'avais pu rester là je l’aurais fait, mais un message diffusé trois semaines plus tard me réveilla de mon confort illusoire.

On devait trouver les fragments d’un SCP dispersé aux 4 coins du monde et les ramener au Kremlins en Russie. Des coordonnées furent données et ce n’est qu’à la seconde diffusion du message que mes réflexes de cartographe me sont revenus : noter chaque repaire sur une carte pré-faite que j'avais conservé dans une petite boule de bois anormale.

Puis on est sortis de manière vigilante, j'étais nerveuse à cette idée. Je n'avais aucune habilité particulière sur le terrain mis à part faire des cartes et je courrais à peine 500 mètres que je me retrouvais essoufflée. Alors, survivre dans ce monde nouveau et remodelé. Impossible. Je mis mes états d’âmes à part, je n'étais plus seule désormais et je ne pouvais pas me permettre d'être égoïste. On trouva finalement la sortie avec la chance de ne rencontrer aucune anomalie, la lumière du jour était aveuglante après tant de temps passé dans l'obscurité.

J'avais le sentiment que j'allais rester longtemps au côté de l'homme aux cheveux bleu et de cette femme-homme rousse. Finalement, avec mes cheveux violet, je me suis dis qu'il sera difficile de passer inaperçu et qu'on formait une drôle d'équipe.

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