Blackout
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Équipe 1 : Frog, Grym, Neremsa et Deous

Grym

Jour 70 après la chute d'Aleph

Bordel ma tête.

J’ai jamais reçu de camion sur la tronche, mais je pense que ça doit faire cet effet. Je suis où ? Ça bouge. Du bruit. Un moteur ? Il fait noir. Ah oui. Ouvrir les yeux.

Putain ça brille. Ça brûle.

Je suis dans une remorque de ce qui semble être une voiture. Non un camion.

Les boches ont dû m’attraper et m’assommer quand je me suis éloigné du camp. Et merde.

Rectification, on est dans une remorque. Au bruit, j’entends plusieurs personnes. Y’en a même un attaché à la remorque avec une sangle en face de moi.

C’est quoi ça ? C’est qui ce type avec du sang sur la tronche ? Il a une croix de Saint-Pierre, encore un illuminé à tous les coups.

Y’a un autre type attaché à côté de moi. Il porte une blouse, avec un drôle de logo dessus. Bizarre.

« ACCELERE, NÄMU ! L’HELICO S’EST ELOIGNE DEPUIS UN MOMENT DEJA ET CES POURRITURES SE RAPPROCHENT ! »
« JE FAIS CE QUE JE PEUX, LE BELGE, A MOINS QUE TU SOIS CAPABLE DE TRACTER CE PUTAIN DE CAMION A PLUS DE 120KM/H JE PENSE QUE NOS OPTIONS SONT PLUTÔT REDUITES ! »

J’entends un troisième jurer. Un russe ? Pas les allemands, donc.

Bordel, ce que ça bouge.
J’essaye de me relever, péniblement. Eh merde. J’y arrive pas. Ah ! Je suis attaché moi aussi. Pas étonnant.

Je me détache difficilement, et me fait aussitôt envoyer planer contre l’arrière de la remorque par une embardée du camion.

Une main puissante m’évite la chute dans ce qui semble être du sable. Un barbu. Baraqué. Très baraqué. Avec un œil rouge. Du métal à la place du crâne. C’est quoi ce bordel ?

« Grym ? Ça va ? Ecoute, pas le temps de faire un topo, mais on a une dizaine de jeeps qu’ils avaient planquées au cul et… »

ZIIIIIIING !

Une balle vient frôler et ricocher sur le crâne du barbu. Une estafilade marque désormais sa tempe.

Il a pas l’air content.

Le tir provient d’une des voitures qui nous suivent à vive allure.
Je prends le temps de remarquer où on est. C’est-à-dire en plein désert. On fonce en plein désert, sur une espèce de plaine, à 120km/h avec dix voitures hostiles aux fesses.

Putain, qu’est-ce que je fous là ? Je suis où ? C’est quoi ce bordel putain ?

Le barbu me tire de mon questionnement géographique. Il me porte jusqu’au fond de la remorque et me met la sangle dans la main.

« ATTRAPE CA. CA RISQUE DE SECOUER. »

Il se tourne, ouvre une caisse que je remarque soudainement, et en sors ce qui semble être un bazooka américain. Mais en futuriste.

Il l’arme, et vise une des voitures qui explose à l’impact de la roquette.

Des tirs commencèrent à fuser autour de la remorque.
Un d’eux transperça la tôle à deux doigts de la tête du type à la croix de Saint-Pierre pour venir se loger dans la mienne.

Quand je repris connaissance quelques secondes plus tard, j’entendis le barbu gueuler dans un talkie.

« SPECTRE DELTA-3, ICI O-23 DEUXIEME EDITION, BESOIN D’UNE FRAPPE SUR LES VOITURES A NOS TROUSSES. NE TOUCHEZ PAS LE CAMION, JE REPETE, LE CAMION C’EST NOUS. NOUS AVONS PERDU L’HELICO DE VUE, ARTEFACT PERDU, JE REPETE, ARTEFACT PERDU. AGENT NEREMSA, TERMINE. »

Et le talkie de lui répondre.

« O-23, Nous ne pouvons pas les attaquer ils sont trop proches de vous. On va passer vous chercher, continuez tout droit, il y a une piste d’atterrissage dans 5km au Sud-Sud-Ouest. On vous guide. Spectre Delta-3, terminé. »

« NEGATIF. ON AURA PAS LE TEMPS DE S’ARRETER AVEC CES CONS AU CUL. AGENT NEREMSA, TERMINE.»

« Il n’a jamais été question de s’arrêter, Agent. Continuez tout droit, on s’occupe du reste. Spectre Delta-3, terminé. »

« NÄMU, CALE TOUT DROIT ET SUIS LES INSTRUCTIONS DU TALKIE, OKAY ? »

« SI ON TIENT ENCORE 5KM, JE VEUX BIEN ME FAIRE MOINE MAIS ON VA DIRE QUE JE VAIS ESSAYER. »

Le barbu agrippa le fusil qu’il avait en bandoulière et commença à tirer sur les voitures qui nous suivaient.

Le type à l’accent russe se risqua à passer du siège passager du camion à la remorque en escaladant sur le côté droit de l’engin. Il avait un fusil lui aussi, et commença à faire feu sur nos poursuivants.

Il y avait beaucoup de bruits. Et j’avais beau me cramponner à la sangle, mon corps se faisait violemment plaquer à la remorque à la moindre petite dune. Le russe et le barbu tenaient eux sans problème apparent. Sûrement des soldats de formation.
D’un coup, je vis des grilles valdinguer par-dessus le camion, et les tremblements de l’engin cessèrent. On était sur du macadam, surement la piste d’atterrissage.

Quelqu’un crie :

« On se casse ! »

Le type à la croix de Saint-Pierre semble émerger.

Une gigantesque ombre planant au-dessus de nous me confirma cette hypothèse.

Je me mis debout et putain. C’est là que j’ai compris.

L’avion, immense, venait de se poser et d’ouvrir ce qui semblait être une rampe d’accès au niveau de sa queue. Mais il avait à peine freiné. Et continuait à avancer.

Ces psychopathes voulaient rentrer un camion dans un avion en plein décollage.

J’entendis le moteur crier, les dernières balles siffler.

Et je vis la gueule béante de l’avion nous avaler.

Et ma conscience me lâcha à nouveau.


« Il est inconscient depuis longtemps ? »

« Plusieurs heures, et c’est déjà la deuxième fois. »

« Tenez-le ! »

« Attendez, mais c’est le Dr Grym ? »

« Oui, c’est lui. Je suis son Agent responsable. Appelez-moi le premier type du DSI de niveau 4 que vous trouverez, on a un sévère problème. »

« Bien. »

« Il est blessé ? »

« La perfusion ne tient pas, son corps rejette l’aiguille ! »

« Commencez par le sortir de ce putain d’aéroport ! »

« On a deux véhicules qui font office d’ambulances équipés avec un canon à onde pour se frayer un chemin parmi les instances de SCP-008. On vous emmène à Moscou. Accrochez le à ce putain de brancard, pour l’amour de dieu ! »

Bordel, il se passe quoi ? Ouvre les yeux François. Ouvre les yeux. Ouvre les y… et puis merde.

Je repars. Encore.


Les yeux. Ouverts. Enfin. Combien de temps depuis la dernière fois ?

Pourquoi cette odeur de clinique ?

Ces lumières qui défilent au plafond. C’est quoi ?

Un hôpital ? Ou pire ?

Je me suis fait capturer, maintenant c’est sûr. Ils vont encore essayer de faire des expériences sur moi. Non, non, NON.

J’essaye de me débattre, mais plusieurs mains viennent se poser sur mon torse et mes membres en plus des liens qui me maintiennent à ce qui semble être un brancard roulant.

Trop d’efforts. Quelques cris. De la lumière. Noir encore.


Noir, toujours noir.

Ça fait combien de temps de noir ? Pas mal, je pense. Je sors des limbes. Reposé.

Allez, on retente d’ouvrir les yeux.

La lumière est blanche, le monde est blanc, aveuglant. Et le monde fait des drôles de bruit.

Bip,bip,bip.

Petit à petit, le monde devient moins aveuglant, sans perdre de sa blancheur. Des murs blancs, une chambre minimaliste, quelques fleurs avec un mot sur une table dans un coin de la pièce, une grande vitre qui mène à un balcon.

J’avais vu juste. Je suis dans un hôpital.

Il y a des bruits dans le couloir. Des femmes qui discutent. Elles se rapprochent.

« … l’avantage c’est qu’il ne peut pas avoir d’escarres, c’est vraiment le patient idéal. Mais vu ses capacités, je me demande ce qui a pu lui faire ça. »

« Va savoir, tout a été classifié. Des types en tenue de combats sont arrivés en même temps que lui, avec des ordres signés par les grands pontes. »

« D’ailleurs, le grand type barbu est toujours là ? »

La porte s’ouvre. Deux infirmières entrent. Une brune, et une blonde.

« Il dort dans la 103, il m’a dit de venir le chercher si… Oh ! »

Le regard de la blonde croise le mien alors qu’elle parle.

« Docteur, vous vous êtes réveillé ! On commençait à se faire du souci. »

Un truc se déclenche quelque part dans ma tête à l’évocation de ce titre.

Docteur.
« Bienvenue à la Fondation, Docteur Grym ».
Anton. Cellule 24. La brèche.
« Docteur Grym, je vous présente votre responsable. »
« Docteur Grym, voici votre nouveau responsable. Evitez de l’user trop vite cette fois. »
« Docteur Grym, celui-ci vous laissera pas agir à votre guise, vous avez tiré le mauvais numéro cette fois ! »
« Grym, je ne préfère pas savoir ce que vous avez foutu, mais ils ont envoyé un gaillard du DS. Niveau 4. Je vous présente l’Agent Neremsa. Il veillera à ce que vous vous en teniez à votre travail et que vous ne fassiez pas d’écarts vis-à-vis de notre accord. »

Les images, les sons filent dans ma tête. C’était quoi ça ? Ça venait d’où ? Ça avait l’air si… réel ?

Elle se tourne vers sa collègue.

« Irène, va réveiller le type de la 103, dit lui qu’il est réveillé. »

La brune acquiesce, et passe la porte en courant.

La blonde s’approche. Elle a une seringue à la main. Une seringue.

« Ca va bientôt faire une semaine que vous êtes arrivé. Au début vous n’arrêtiez pas de vous débattre, alors on a du carrément vous attacher. »

Elle se retourne pour vérifier quelque chose sur la machine à l’origine des « bips » incessants.

MAINTENANT.

Je lui passe mon bras sous la gorge, lui arrache la seringue avec ma main libre et lui place sous la gorge, et lui demande d’une voix claire et posée.

« Où. Suis. Je ? »

Elle crie.

La porte s’ouvre violemment. Entre la brune, et le barbu baraqué de la remorque. Il a une arme à la main, et a l’air aussi surpris que moi.

« GRYM ! C’est quoi ce bordel ? »

Grym ? Le nom… sur la plaque. D’ailleurs elle est où cette plaque ? Comment il connait ça ? Il fait partie du programme. C’est sûr. Je resserre ma prise.

« Arrête tes conneries Grym ! Tu sais qu’à cette distance j’aurai le temps de te mettre une bastos entre les deux yeux avant que tu fasses quoique ce soit. »

« Agent Neremsa, il n’est pas dans son état normal !»

Agent Neremsa.
« Grym, je ne préfère pas savoir ce que vous avez foutu, mais ils ont envoyé un gaillard du DS. Niveau 4. Je vous présente l’Agent Neremsa. Il veillera à ce que vous vous en teniez à votre travail et que vous ne fassiez pas d’écarts vis-à-vis de notre accord. »
Des bières. Des cigares. Une fête en mars.
Quatre cavaliers cherchant l’équilibre.
Paris.
Paris détruite. Le Louvre détruit. Les insectes. La voiture. Motherfucker.
Les infectés.
Anton.

Je lâche la seringue malgré moi. Les images filent et repartent comme elles sont venues.

La blonde se dégage et cours vers le barbu et la brune.

Les trois me lâchent des regards d’incompréhension.

« Je suis OU, BORDEL ? »


Nous sommes en 2020. La Fondation SCP. Un truc qui enferme les choses comme moi. Et j’ai travaillé pour les 40 dernières années. Sauf que les trucs enfermés se sont échappés.

Le résultat ? La fin du monde. 99,99% de la population passée de l’autre côté. Et nous au milieu, tentant de s’en sortir.

Et sur notre dernière mission, on s’en était pas sortis. Notre appareil s’était fait abattre en plein vol au-dessus de notre objectif, laissant une poignée de survivants. J’avais été capturé, par un type possédant les mêmes capacités que moi. Et torturé. A base d’électricité. Frog (un autre Docteur, le type à la croix de Saint-Pierre, un ancien ami si j’en crois ses dires et mes flashs) pense que c’est ça a démonté le système nerveux, vu que ça marche à base de messages électriques également. Mes neurones ont régénérés, mais le bordel qui s’y est foutu est resté. Apparemment, Frog est une pointure en psychologie et tout ce qui a trait à ce qui se passe dans nos caboches, et il pense que mes flashs sont dûs à des synesthésies. Grosso modo, un truc qui en rappelle un autre. Il a bon espoir qu’à force, je retrouve la mémoire.

Le problème, c’est que même la Fondation ne sait pas vraiment ce que j’ai pu faire entre 1944 et 1980. 36 ans disparus. Et dont je ne sais rien. La seule chose que je sais c’est qu’au final, j’ai eu Krug. Ce sale enfoiré aura eu 36 ans de tranquillité avant que je le retrouve.

Mais désormais les problématiques n’étaient plus les mêmes. La seule façon de remettre l’Humanité sur pieds était de récupérer des petits bouts d’un gros truc anormal dont on ne savait rien, si ce n’est que les types d’en haut savaient s’en servir.

On avait réussi à récupérer un premier bout à Paris, au Louvre, il y a quelques semaines. Et on avait été envoyé à Gizeh dans la foulée, avec pour objectif une deuxième pièce du puzzle.

Manque de pot, un groupe rival, l’Insurrection du Chaos avait choppé l’un des nôtres quelques jours avant, et celui-ci avait parlé sous la torture, dévoilant nos codes de communications.

La suite était logique. Embuscade, et perte de l’artefact. J’avais été capturé, torturé, puis libéré par Neremsa et Nämu (un type sympathique que j’avais apparemment formé fut un temps). Sur le chemin ils étaient tombés sur le pauvre type que l’Insurrection avait capturé. Il nous informa que l’artefact était déjà en train d’être chargé pour être transporté par hélicoptère loin d’ici.

Frog et le type à l’accent russe furent pris dans une embuscade pendant leurs recherches dans la pyramide. Ils s’en tirèrent, mais Frog pris un sale coup sur le crâne. Le russe le porta jusqu’au point de rendez-vous à grand-peine. Les blessés furent chargés dans la remorque d’un camion volé par Nämu avec Neremsa et attachés pour ne pas voler à la première embardée, et l’ensemble se mit à poursuivre l’hélico transportant l’artefact alors que celui-ci décollait.

La suite, je la connaissais. L’hélico s’était barré depuis perpette au moment où les renforts arrivèrent, et nous récupérèrent in-extremis d’une façon peu orthodoxe.

Nous fûmes ramenés jusqu’à un aéroport militarisé par la Fondation près de Moscou, puis ramené au QG de l’organisation, au Kremlin.

Après mon réveil Neremsa récapitula certaines choses et me montra une photo de l’homme qui m’avait torturé.
Hanz. Ce fils de pute était toujours en vie, et apparemment, il allait l’être encore longtemps. Il s’était sûrement injecté le sérum avant que je le lui troue le torse. Certaines infos sur l’Insurrection du Chaos filtrèrent ici et là. Ces salopards avaient de plus en plus d’hommes et de matériel et contrôlaient une bonne partie de l’Afrique Centrale. D’après les premières nouvelles, leur QG serait situé dans cette zone.
Bref, une mise à jour, accompagnée de flashs à volonté. Je récupérais petit à petit ma mémoire, mais c’était loin, très loin d’être gagné pour me souvenir de tout.

Et là on cassait la croûte, Neremsa, Georgi, Nämu et moi dans la cantine du personnel. Une grande salle avec deux cent places. Frog, lui, avait été appelé par les hautes instances, allez savoir pourquoi.

On espérait juste que ça n’était rien de trop grave.


« Dr Frog. Savez-vous pourquoi nous vous avons convoqué ? »

« Oui, monsieur. J’ai établi le profil psychologique post-traumatique du Dr Grym. »

« Et ? »

« Il n’est plus totalement le même qu’avant. Il a perdu tout ce qui faisait de lui un bon agent de terrain, comme un bon Docteur, néanmoins il retrouve la mémoire assez vite et… »

« Est-il apte à retourner sur le terrain sans vous mettre en danger ou sans mettre la Fondation en danger ? »

« Je n’en suis pas sûr, mais… »

« Est-il toujours loyal à la Fondation ? »

« Il ne sait même plus ce qu’elle est en ce moment, il faut lui laisser du temps pour… »

« Nous n’avons pas le temps. Merci Dr Frog. »

« De rien, O5-1. »

La porte de la salle du conseil se referma, et un homme en uniforme militaire remplaça Frog au centre de la salle. Il avait assez de médailles sur son torse pour ouvrir un musée.

« Mesdames et messieurs les O5. Nous avons réussi à tout obtenir du Dr Van Heyk, depuis sa capture à Gizeh jusqu’à son sauvetage improvisé. Voici le rapport que vous avez demandé sur l’Insurrection du Chaos. »

« Bien, merci Amiral Frost. Néanmoins, nous ne vous avons pas fait venir que pour ça. »

« En quoi puis-je vous être utile ? »

« O-23. Démantelez l’équipe. Les Agents Nämu, Neremsa et Georgi, mettez-les dans des services d’actions. Différents. Quant au Dr Frog, ses talents de psychologues nous seront utiles à l’hôpital militaire, réaffectez le là-bas. Gardez les tous sous surveillances. »

« Et pour le dernier ? Le Dr Grym ? »

« Il n’est plus Docteur, désormais. Ses talents, comme l’assurance de sa fidélité envers la Fondation appartiennent au passé. Il est officiellement classé comme un SCP désormais. Confinez le dès que possible, mais surtout, réaffectez les autres d’abord. »

« Bien monsieur. »

Il attrapa les ordres de réaffectation, et la lettre qui les accompagnait, et avant de sortir, lança un :

« Ça sera fait, monsieur. »

"Et appelez moi l'Agent Verstrat, en sortant, il doit être devant la porte, nous devons lui parler."

"Bien monsieur."

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