La Traque
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Équipe 3 : Benji, Kaze et Lylah

Lylah

Jour 27 après la chute d'Aleph

Je pensais qu’en ayant survécu à toutes les choses horribles et improbables qui m’étaient arrivées m’avaient rodée, rendue indestructible. Mais je m’étais trompée. Mon dieu. Comme je m’étais trompée. Moi qui pensais avoir connu et dominé la peur au cours de mes missions, je me retrouvais quelques minutes tétanisée devant toute l’horreur de cette alarme, devant l’horrible réalité : on allait tous mourir et on ne pouvait rien faire. Pour la deuxième fois dans ma vie, je me sentais nue et fragile, comme une proie.
Et c’est comme une proie, que soudainement je me mis à courir. Mon esprit vidé de toutes autres émotions ne comprit même pas ce qu’il enjambait dans le couloir.
La porte. La porte était là. Sur le point de se fermer alors qu’une main la bloquait. Benji venait de me sauver la vie de quelques diables qui étaient sûrement à mes trousses.


Aujourd’hui, Benji m’a encore sauvé les fesses. Décider de joindre nos forces, dans ce foutu bunker avait été l’idée du siècle.
Tout l’écosystème en voulait à nos vies. Littéralement. Nous avions aucune chance d’avoir le dessus, c’est pourquoi nous devions être fins, furtifs. Et nous étions les meilleurs pour ça.


Encore une fois. Ça faisait deux nuits maintenant.
Des raclements sur le sol. Un souffle chaud qui caressait l’air. Parfois, un grondement rauque et pourtant faible, on était jamais sûrs de l’avoir bien entendu. Peut-être était-ce juste notre imagination.
Pas deux fois. Par encore.
Des proies. Nous étions traqués.
Par une créature … Une instance de 1100 peut-être. Ou peut-être encore autre chose. Tout ce que je savais c’est que cette chose était patience, probablement même sadique. Elle attendait son moment pour surgir de l’ombre de la nuit.


- "Ça craint."

Les lunettes de Kaze se tournèrent vers moi.

- "Pourtant, le champ est libre, non ?"

Oh, ça oui. Le périmètre était complétement dégagé, hormis quelques racines de 1100 qui trainaient par là. Justement.

- "Quand les gros méchants partent la queue entre les jambes, c’est pas bon signe pour nous. On va trouver quoi là-dedans ?" demandai-je en montrant une grosse brèche dans le bitume d’un signe de tête.

En réponse : un silence de mort.

- "On n’a pas le temps de faire une liste de toutes les saloperies qu’on pourrait trouver dans ce foutoir.
- Benji a raison.
- Et quand il se fera déchirer la tête par un Keter ?"

La tension était palpable. Jamais je n’aurais répondu comme ça à mes collègues mais la peur nous rendait agressifs, tendus, à fleur de peau.

- "Si on reste, autre chose va nous tomber dessus."

La chose qui se dissimulait dans la nuit. Un frisson me saisit l’échine :

- "Va pour le bunker de la mort alors."

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