Une Petite Ville Dans l'Arizona
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L'air était sec et avait l'odeur unique du sable chaud et des fleurs séchées restant des longues heures de jour qui s'étiraient sur la région aride. Le soleil, blanchissant tout ce qu'il atteignait dans la petite ville isolée, quittait peu à peu la petite ville où sonnaient sept heures de l'après-midi pour ses habitants. C'était le crépuscule, la fin d'une journée pour la plupart et le commencement d'une autre pour certains, au moment où les criquets bruyants et divers indigènes similaires revenaient à la vie. Le ciel fleurissait en larges bandes orange foncé et rouge écarlate, toutes accompagnées de cirrus striés. Un bon présage, peut-être.

Le shérif solitaire de l'agglomération peu habitée était assis confortablement sur son porche dans une chaise à bascule, un verre de bourbon froid bourbon on the rocks1 à la main - cadeau d'un vieil ami des forces de l'ordre pour profiter de la vue avec avant d'aller dormir. C'était une vue qu'il avait déjà contemplée des milliers de fois et la connaissait presque par cœur depuis le temps, la ville n'ayant jamais vraiment eu besoin d'un shérif depuis un bon bout de temps. La seule chose qui avait jamais changé dans ce paysage étaient les plantes qui parsemaient la route de terre battue au bord de laquelle se tenait sa maison. Alors, quand la silhouette d'une créature boiteuse apparut à l'horizon, elle attira immédiatement l'œil du shérif.

Ça ne se déplaçait pas comme un chien sauvage, et ça n'en avait pas l'air non plus au fur et à mesure que ça s'approchait de la ville. Très peu de temps s'écoula avant que le craquement des vieilles planches du porche se fasse entendre alors que le shérif se levait lentement avant de poser son verre et attraper le fusil à pompe à son côté pour traverser la route à grands pas. Arrachant de petites mottes de terre, il s'arrêta juste devant un tas de gravier au bord de la route qu'il regardait maintenant à peine, tenant fermement son fusil pointé vers le bas. Peut-être était-ce un chien sauvage ou un coyote, mais si c'était le cas il savait que toute la meute aurait dû être derrière, alors il se demanda pourquoi celui-ci était seul. Jusqu'à ce que la créature ne se trouve plus qu'à une centaine de mètres de distance et qu'il ne réalise ce que l'animal était réellement, sa forme boiteuse auréolée des derniers rayons du jour mourant, les ombres de trois jambes dansant follement sur le sol alors qu'elles s'activaient à une cadence rapide.

La poitrine du shérif se serra dans l'expectative alors que la créature se rapprochait. Il savait exactement ce que c'était maintenant, mais ça ne pouvait pas être vrai, ce n'était pas possible pour lui de le concevoir comme cela. La créature en question était un golden retriever, le chien le plus amical d'une famille locale qu'il avait jamais rencontré, mais ce chien n'avait pas quitté la maison sans laisser derrière lui un morceau de sa tête et sa patte avant gauche. Les morceaux manquants semblaient avoir été coupés sans la moindre trace de déchirure des tissus, la plus grande partie de la mâchoire inférieure coupée avec un morceau d'os teinté de sang du côté gauche. Sa langue pendait librement par ce trou, avec un morceau en moins elle aussi, alors que son précieux manteau de fourrure était souillé de la teinte sombre du sang séché autour des blessures. Ils n'étaient plus qu'à cinq mètres l'un de l'autre quand ses jambes tremblantes cédèrent alors qu'il laissait échapper une plante basse et constante, avant que tout le reste sombre dans un silence absolu.

Personne n'osa émettre le moindre son à cet instant.


Il s'était écoulé moins d'un quart d'heure depuis l'incident. Le shérif était resté sur place plus longtemps qu'il ne l'aurait pensé, avant d'enfin enrouler l'animal dans une vieille bâche à côté de sa maison. La personne ou la chose qui avait attaqué le chien était sous sa juridiction, il était la loi ici et tout le reste, mais ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu à faire quelque chose comme ça. Sa ville était trop tranquille, trop paisible pour de tels événements, et il devenait de surcroît trop vieux pour s'occuper de choses pareilles.

Ce n'est qu'après plusieurs longues minutes de réflexion hantée sur ce qui avait pu se passer au-delà de l'horizon que le shérif bougea enfin, ne dépassant même alors pas un pas traînant qui le mena le long de la route de terre battue puis jusqu'à la maison du propriétaire. Alors qu'il descendait la route, il lui arriva à plusieurs reprises de jeter un œil pensif vers l'horizon, au sud, comme s'il s'attendait à ce que quelque chose d'autre sorte de la nuit qui s'étendait peu à peu.

Ses bottes firent doucement craquer les planches blanchies du porche, un endroit aussi banal que possible après avoir vu ce qu'il avait vu ; il n'y avait pas besoin de paniquer et courir partout frénétiquement, d'autant plus que les gens le regardaient sûrement très attentivement. Que ce soit de leurs porches faiblement éclairés ou de la fenêtre du salon de leur maison, il fallait que ça ait juste l'air d'une rencontre amicale, de voisin à voisin. Les pouces passés à la ceinture, il sentit la tension dans l'air comme si elle pouvait le gifler et entendit le faible bruit de la vieille sonnette puis le craquement de la porte, ne faisant qu'empirer l'aura palpable aura de l'atmosphère morne.

Il connaissait particulièrement bien cette famille-ci, étant donné qu'elle ne se trouvait qu'à un bloc de distance de lui. Il était venu dîner de nombreuses fois et avait même joué très souvent à la balle avec le chien pendant les après-midis les plus frais, quand celui-ci venait errer près de chez lui. Sans être capable de lire dans les esprits, il savait comment ils s'organisaient habituellement, aussi savait-il quand la femme et le mari ouvrirent la porte en même temps que quelque chose allait suivre. Il y avait une intense expectative dans les yeux qu'ils dardaient vers le shérif, presque comme s'ils savaient qu'il allait venir, ou peut-être qu'ils auraient été en train de dévaler le porche vers lui s'il était arrivé une seconde plus tard. Même après que la porte ait été ouverte, il ne leur fallut pas longtemps pour paniquer alors que le shérif parlait. Et ce n'était pas à cause de la mort de leur chien de toute façon, c'était à cause de leur fille qui était partie le chercher après qu'il s'était enfui vers le sud, hors de la ville.

Ils dirent que ce n'était pas surprenant de sa part de traîner aussi longtemps, que c'était loin d'être la première fois, qu'elle se contentait sûrement de papillonner. Ils continuèrent de répéter ces choses de différentes façons comme des parents inquiets le feraient, comme pour essayer de se convaincre eux-mêmes. Par leur processus de pensée, ils continuaient avec une insistance presque maniaque, brisant leur propre raisonnement avant de le reprendre en une boucle infinie, semblant à deux doigts de s'étouffer tant ils parlaient vite. Le shérif aurait aisément pu les prendre pour des parents irresponsables s'il ne les avait pas si bien connus. Il savait au plus profond de lui que ce n'était pas leur faute, que quelque chose d'obscur était en train d'arriver.

Le shérif posa finalement sa main sur l'épaule du père, souhaitant avoir de meilleurs mots, de meilleures circonstances pour eux deux, bien que l'obscure réalité ait été encore plus sombre qu'il ne le pensait au début. Il leur chuchota des mots de réconfort et leur promit qu'une battue allait être organisée immédiatement, le mieux qu'il pouvait faire pour l'instant. Ça ne sembla les réconforter que très peu, le ton doux du shérif étant somme toute peu utile pour eux.

Le soupir intérieur de soulagement qu'il poussa quand ils ne demandèrent pas à voir le corps du chien aida le shérif à garder contenance. S'ils venaient à découvrir comment il avait réellement été tué, il n'y avait absolument aucun moyen de prévoir la gravité de leur réaction. Même maintenant, l'incident restait gravé dans l'esprit du shérif pendant qu'il parlait. Il n'y avait rien de naturel là-dedans, ça avait l'air artificiel de toutes les façons possibles et l'idée que ça ait été quelque chose de surnaturel ou une sorte de tueur en série psychopathe n'aidait pas le moins du monde. Toutes ces idées cryptiques n'aidaient qu'à propager une question dans tout son cerveau. La question de ce qui allait arriver quand ils sortiraient de là.


Il ne fallut que quelques minutes pour rassembler un groupe de neuf personnes de la ville, mais maintenant même les habitants les moins attentifs qui n'avaient rien remarqué auparavant étaient aux aguets. Les mères ramenaient leurs enfants à la maison pour un sommeil anticipé pendant que leur père allait juste aider le gentil shérif pour quelque chose cette nuit. C'est ce qu'elles leur disaient pendant que le groupe se rassemblait sur la place. Il y avait quelques tromblons et fusils à pompe au milieu des lampes de poche et lanternes amenées par chacun et tout le groupe semblait d'humeur belliqueuse, la rumeur de la disparition de l'enfant s'étant déjà répandue. Malgré cela, pas un seul mot ne fut prononcé sur le sujet de peur de voir les craintes devenir réalité. L'atmosphère était lourde avant leur départ, le vent portant une faible odeur ferreuse vers le nord, se faufilant entre les bâtiments pour s'étendre sur toute la place.

Tous les yeux étaient dirigés vers le sud et le terrain plat sans fin devant eux, le crépuscule tombant alors que la lune décroissante semblait plus brillante que jamais et que l'étoile polaire les baignait également de sa lumière. Le pas lent du groupe laissa immédiatement la place à un profond sentiment d'appréhension vis-à-vis de cette situation dans son ensemble ; il n'y avait aucune raison de quadriller la zone ou d'inspecter quoi que ce soit étant donné que tout était visible à des kilomètres autour d'eux, pas plus qu'il n'y avait d'autres cris ou hurlements que ceux des hommes.

Ce ne fut que jusqu'à ce que quelqu'un crie le nom de l'enfant, juste pour entendre le son mourir dans l'étendue plate et désertique, réalisant alors qu'il n'y avait pas un seul criquet, pas une seule chouette ou hibou, ni aucun animal nocturne dans la vallée. Le seul son audible était le hululement monotone des vents qui leur fouettaient le visage et faisaient tourbillonner les fines feuilles mortes de plantes du désert, créant des carillons naturels de vent alors que l'odeur métallique devenait plus remarquable.

Le temps passa lentement après cette prise de conscience du silence, leur attention s'éloigna doucement de leur objectif pour écouter faiblement avant qu'ils réalisent quelque chose d'étrange. L'horizon semblait presque plus haut qu'avant, avec pour preuve un tronc mort qu'ils avaient pris comme repère et qui trouvait maintenant hors de vue. Le shérif n'était pas du genre à laisser passer ce genre de détails, et si les autres étaient alertes aussi, ils en avaient peut-être simplement déduit que c'étaient des gaz sortant du sol. Ce n'était pas la meilleure explication, pas plus que ça n'allait se révéler correct à la fin, mais la tromperie avait le mérite de tenir la paranoïa de masse à distance.

Maintenant, ils voyaient des craquelures anormalement larges dans le sol, tout entamant une pente ascendante. Même si le sol était connu pour être très sec ici, il n'avait jamais fait des fissures comme ça, assez larges pour que quelqu'un puisse se prendre une chaussure dedans. L'arôme métallique flottait dans les environs, quittant à peine le groupe alors qu'il gravissait lentement la colline craquelée d'un pas las. Il ne leur fallut pas longtemps pour apercevoir un sommet défini en surplomb par rapport à leur position. Tout le monde avait à l'esprit une idée radicale de ce qui se trouvait de l'autre côté du sommet, pour certains extrême, pour d'autres minimale, mais qu'elle en soit proche ou lointaine, la réalité de ce qu'ils trouvèrent face à eux était bien trop pour eux.

Le point culminant se trouvait à environ trois mètres et le pied de la colline pentue en contrebas était parfaitement plat, le terrain derrière eux semblant s'être abaissé par rapport à sa position originale, mais rien ici ne faisait le moindre sens ni ne ressemblait à quoi que ce soit d'existant, c'était le chaos absolu. Le sol était déchiqueté et anormalement segmenté, des pans s'en élevant de façon aléatoire avec des côtés parfaitement plats et des creux cubiques aux dimensions parfaites creusant le sol, parfois des zones entières enfoncées en petits ravins ou écartelées vers le haut en collines irrégulières comme si des plaques tectoniques s'étaient rencontrées et écrasées l'une contre l'autre. Il leur fallut moins d'une minute pour assimiler l'environnement avant qu'un cri de banshee émane du pied de la colline pentue.

Alors que tous faisaient face à la source du cri à glacer le sang, leurs visages virèrent au blanc alors qu'ils réalisaient que la voix était celle de quelqu'un qu'ils connaissaient ; c'était celle du pasteur. Mais il était juste à côté du shérif, bien plus terrifié que tous les autres en l'entendant - sa peau aussi pâle que la lune elle-même. Le hurlement ressemblait de moins en moins à celui d'un humain au fur et à mesure qu'il se maintenait, et tout le monde pouvait dire que sa source émettait un douleureux cri d'agonie, déchirant ses cordes vocales dans un dernier acte d'express de la souffrance fatale qu'elle ressentait.

Ce fut finalement le shérif qui marcha avec hésitation jusqu'au pied de la paroi, planté bien droit sur ses pieds pour compenser le manque d'équilibre qu'il ressentait intérieurement, espérant presque que le sol ne soit pas assez stable pour le laisser le voir. Tout le monde le suivit silencieusement d'un regard fixe, et en quelques secondes sa peur se changea en hystérie absolue en voyant qu'au bord du précipice se tenait le pasteur, mais pas leur pasteur.

La bouche de ce pasteur était grande ouverte, les muscles crispés par le choc, enchaînant rapidement une série d'expressions affligées. Ses yeux écarquillés fixaient le ciel et rien d'autre ne sortait de sa bouche qu'un enchaînement de bruits entraînés par ses tentatives échouées de continuer à respirer, sa peau prenant une teinte bleu foncé à la lumière de la lune. Un flot de sang jaillissait de ses jambes et une flaque l'entourait tout en se faufilant par capillarité dans les fissures du sol sec, les jambes semblant coupées nettement au bas du fémur, exactement comme chez le chien.

Le groupe entier s'était avancé jusqu'aux côtés du shérif pendant qu'il était resté figé sans un mot. C'était le pire scénario possible. Son corps pouvait ressentir physiquement la peur sous forme d'adrénaline et de pression dans sa poitrine. Un pseudo-sixième sens lui hurla qu'aucun d'entre eux n'avait de raison d'être ici, que ça allait contre toutes les lois de la nature.

Pendant ce temps, le pasteur vivant restait simplement à quelques mètres du bord, les mains plaquées sur les oreilles, l'expression de ses yeux ne pouvant être décrite que comme celle de quelqu'un qui venait de perdre sa foi en quelques secondes, des larmes de terreur coulant le long des joues. Avant que qui que ce soit ait essayé de le réconforter, il courait de toute la vitesse de ses jambes dans la direction de la villes sans se soucier de ceux qui l'appelaient, le faisceau de sa lampe de poche balayant aléatoirement la nuit selon le mouvement de ses bras.

Les choses ne firent qu'empirer ; lentement mais sûrement, des maisons commencèrent à se matérialiser soudainement, qu'elles soient encastrées dans le sol ou tombent du ciel pour s'éclater au sol, le groupe suivant dans un état de choc continu ce qui se déroulait devant eux. Mais ce n'étaient pas uniquement les structures qui les figeaient sur place, c'étaient les gens.

Avec chaque nouvelle maison, des gens qu'ils avaient connus toute leur vie, ou même eux-mêmes, apparaissaient au hasard, simplement prélevés de l'endroit où ils se tenaient il y a un instant. Certains étouffés par la terre qui remplissait leurs orifices corporels quand leur maisons se matérialisaient partiellement dans le sol. Certains se brisaient la nuque ou la colonne vertébrale em tombant la tête la première d'une hauteur de trois étages. Certains n'apparaissaient qu'à moitié ou sous l'unique forme d'une paire de jambes solitaire.

L'odeur du sang reflua sur eux comme une onde de choc alors que la ville corrompue prenait forme. La scène macabre suscitait une curiosité morbide chez tous les membres du groupe alors qu'ils tentaient tant bien que mal d'appréhender la vision de leur propre tête décapitée ou de leur moitié tranchée en deux, trop stupéfaits pour prêter attention au temps. L'arôme pénétra leurs narines à tous comme une preuve olfactive de la mort et de la souffrance chaotiques qui s'étalaient devant eux.

Le shérif fut le dernier à se mettre à courir, mais il rattrapa rapidement les autres, le cœur cognant dans la poitrine, ses jambes à peine capables de le soutenir dans la descente de la colline pentue. C'était chacun pour soi, maintenant, et des cris et hurlements fusaient derrière eux comme si un portail s'était ouvert sur les âmes des damnés, sauf qu'un petit pourcentage de celles-ci venait maintenant chercher les membres du petit groupe. Ils hurlèrent, figés par l'horreur de leur situation et la façon dont les choses avaient tourné, tout le reste tombant dans une catégorie quelque part entre ces deux points. Rien de tout ça ne faisait de sens, les insanités sortant de leur bouche ne faisant que renforcer leur détermination à courir plus vite que les horreurs nées d'eux-mêmes.

Le shérif lui-même courut, le cœur presque poussé à sa limite, la gorge sèche comme une gouttière rouillée bouchée par des feuilles, si sèche que sa propre salive maintenant assez épaisse pour manquer de l'étouffer alors qu'il inspirait goulûment à la recherche d'oxygène. Il maintint la cadence, la surface du sol craquant avec bruit sous les pas lourds qui se succédaient à haute cadence dans son dos, mais personne n'osa détourner les yeux de l'avant dans sa course.

Tout semblait identique quand la vraie ville fut visible au loin, toutes les lumières possibles allumées maintenant que le pasteur était arrivé et avait averti tout le monde. Le terrain était plus plat que jamais, vue de ce que certains n'avaient pas su assez aimer, bien qu'en même temps une série de traces de pneus semblant partir de nulle part alors qu'ils couraient dans la direction de la ville. Ça pouvait les avoir suivis jusque chez eux, mais ça n'avait que peu d'importance avant qu'ils arrivent tous entre la maison du shérif et celle des parents, où ils découvrirent ce qui avait fait les traces.

Devant la maison du shérif était parquée une voiture de patrouille identique à la sienne, juste à côté. Bien qu'épuisé et déshydraté, il s'avança vers la maison sans hésitation, le sommet des têtes caché derrière les voitures qui obstruaient le chemin. Ainsi, il n'y avait que cinq mètres entre eux quand il rencontra son lui alternatif.

Les deux se fixèrent l'un l'autre d'un air hébété, toujours en train de récupérer de ce qui s'était passé, les autres membres du groupe arrivèrent en vue et affichèrent tous le même expression incrédule en apercevant la scène. Un silence étrange s'installa avant que le shérif épuisé remarque les deux jeunes filles prépubères enveloppées dans des couvertures de laine sur le porche, leur mère les enveloppant de ses bras alors que le père s'avançait avec hâte, ayant remarqué ce qui se passait exactement au même moment.

Le shérif poussa un faible soupir de soulagement et l'autre l'imita, bien qu'ils l'aient fait pour des raisons différentes. Ils regardèrent les deux vers l'horizon sans un mot, pensant aux raisons pour lesquelles tout ça était arrivé, pensant aux morts de tous ceux qui vivaient dans la ville de l'autre monde, mais surtout pensant à quel point rencontrer son autre moi était de loin la chose la plus choquante de la nuit.

L'air était sec et avait l'odeur unique du sable chaud et des fleurs séchées restant des longues heures de jour qui s'étiraient sur la région aride alors qu'une légère senteur métallique flottait, portée par le vent d'au-delà de l'horizon.

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