A Nightmare On Aleph Site - Second Cauchemar
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Avertissement : Cette série est un crossover avec la saga Les Griffes de la nuit. Les meurtres commis par le tueur étant particulièrement graphiques dans les films, je me gênerais pas pour en faire des tout aussi gores s'il le faut. Je préviens donc les âmes sensibles à ce sujet, ainsi qu'à un autre, j'aborde dans ce chapitre précisément, mais aussi peut-être dans d'autres, des thèmes tels que la pédophilie. Bien qu'il n'y ait rien d'explicite à ce sujet (encore heureux) le tueur ayant au départ été condamné pour ça je suis obligé d'en parler, l'évocation de ce terme peut donc rendre mal à l'aise les plus sensibles. Si vous pensez ne pas en faire partie, libre à vous de lire la série, mais j'aurais prévenu.


Cela faisait trois jours que l'inspecteur Myers n'avait pas dormi. Rejouant inlassablement les mêmes enregistrements des caméras de surveillance, il cherchait désespérément une réponse à ses questions. Un agent était mort et personne ne savait, ni pourquoi, ni comment.

Myers revoyait donc les mêmes actions en boucle, le garde dort, se réveille, à l'air de fuir quelque chose d'invisible, se fait attaquer par la même chose et meurt. Mais la piste d'une créature invisible était inconcevable, l'équipe médico-légale avait tout rasé au peigne fin et ils n'avaient rien trouvé. Dort, réveil, fuite, attaque, mort. Les observations du légiste n'ont pas réussi à trouver une quelconque arme capable de reproduire ses mêmes quatre incisions parallèles. Dort, réveil, fuite, mort. Aucune anomalie ne présente ce genre de capacité sur le site et aucune brèche n'est à signaler. Mais comment imaginer le mode opératoire d'une anomalie inconnue avec une seule victime et si peu d'indices ? Les enregistrements tournaient toujours sans arrêt. Dort, réveil, mort. Quelque chose devait forcément lui échapper. La Fondation repoussait constamment toutes les limites de l'imaginable, mais là, ça dépassait l'entendement. Si la seule hypothèse de l'inspecteur s'avère juste, alors une créature invisible, immatérielle, mais tout de même capable de tuer se baladait sur le site Aleph sans que personne ne le sache. Pour le moment, il n'y avait qu'une seule victime, mais Myers était persuadé qu'il y en aurait bientôt plus. Il devait trouver ce qui clochait dans cette affaire. Alors qu'il commençait à désespérer, la fatigue disparue et il trouva alors enfin le détail qui le dérangeait tant. Zoomant sur l'image pour mieux voir, il en avait maintenant la certitude.

Dort. Mort.

L'agent ne s'était jamais réveillé.
Une simple crise de somnambulisme ne pouvait causer ça. Quelque chose l'avait attaqué… dans son rêve. Mais si une créature à la capacité d'attaquer les gens dans leur rêve, tout le monde peut-être sa cible. L'inspecteur vit alors une fenêtre de chat s'ouvrir sur son ordinateur, un message apparut.

"Tu en as mis du temps à comprendre."

"Qui es-tu ?"

"Quelqu'un avec qui tu as des intérêts communs. Je sais d'où vient la créature qui a tué ton garde."

"Dis-le moi alors."

"C'est pas aussi simple. Il sent la peur que les gens éprouvent pour lui et s'en nourrit. Si je t'en dis trop, il viendra."

"Pourquoi venir me voir si tu ne peux me fournir aucune information ?"

"Parce que je peux te guider. Cherche dans les affaires les plus sordides d'Aleph. Celles qui ont été enterrées si profondement que personne ne voudrait les voir revenir."

"Dans une ville comme celle-ci, ça doit pas être ce qu'il manque."

"Je dois y aller. Reste sur tes gardes et méfie-toi du crissement du métal."

L'inspecteur eut à peine le temps de lire la fin du message qu'il se réveilla brusquement.

"Je me suis endormi ?"

Son rêve lui paraissait étrange, déjà parce que contrairement à la majorité des rêves que les gens font, il s'en souvenait parfaitement, ensuite parce qu'il avait vraiment la sensation que tout était vrai, que tout faisait sens. Lançant à nouveau l'enregistrement des caméras de surveillance, il remarqua bel et bien que l'agent avait les yeux fermés pendant sa fuite, comme un somnambule. Il était à peine 7h30 qu'il se dépêcha de noter tout ce que lui avait dit la personne du rêve pour ne rien oublier, il sortit ensuite de son bureau pour rejoindre les archives du site Aleph.

"Vous avez encore dormi au bureau, vous."

La vieille dame qui s'occupait des archives lança cette remarque en regardant l'inspecteur de son regard accusateur caché derrière ses lunettes.

"Ouais… Mon travail nécessite du boulot de nuit aussi."

Elle marmonna.

"Il devrait aussi nécessiter une douche aussi mais bon…" D'une voix plus forte. "Qu'est-ce que vous voulez ?"

L'inspecteur rétorqua d'une voix peu assurée.

"Il me faudrait les rapports de toutes les affaires criminelles les plus sordides de la ville."

L'archiviste leva un sourcil.

"Vous vous rendez compte que cette demande veut en même temps tout et rien dire ?"

L'inspecteur était au bord de la crise de nerf.

"Passez-moi tous les rapports des affaires criminelles dans le style meurtre, viol et autres joyeusetés. Ça vous va ?"

"En étant un peu plus aimable ça serait mieux. Mais bon, je peux peut-être accéder à votre requête, donnez moi votre carte du personnel."

L'inspecteur obtempéra, l'archiviste la fit passer dans un lecteur de cartes et une petite diode verte s'alluma. Elle se leva pour aller farfouiller dans des cartons et des rayons pendant dix bonnes minutes avant de revenir avec un chariot rempli de cartons contenant tous des dossiers d'affaires criminelles ayant eu lieu dans la ville d'Aleph. En effet, celle-ci avait beau être spéciale sur de nombreux points, Aleph restait une grande ville ordinaire avec ses histoires sombres.

Il y avait en tout trois cartons contenant chacun une vingtaine de dossier. Passant d'histoires de séquestrations et de viols aux pires récits de meurtres en passant par la pédophilie l'inspecteur avait tout vu. Cependant, c'est les affaires de la dernière catégorie qui l'interpellèrent. Quoi de plus horrible que ce genre d'affaire, pensa-t-il. Feuilletant les dossiers de crimes de plus en plus écœurants. Dans le tri que l'inspecteur a dû faire, il enleva les suspicions pour ne laisser place qu'aux faits avérés. Il en retira trois affaires plus horribles les unes que les autres. La première parlait d'un enlèvement qui a précédé une séquestration de deux semaines, la police a finalement retrouvé l'enfant et arrêté le coupable. celui-ci étant derrière les barreaux difficile de le considérer comme suspect, mais ne voulant négliger aucune piste, l'inspecteur garda ce dossier de côté. La deuxième affaire était celle du cliché même du pédophile, l'homme qui traînait à l'entrée des écoles et essayait d'attirer les enfants inconscients, il a été très rapidement attrapé et incarcéré lui aussi. La troisième histoire avait été bien plus violente que les autres, un vendeur de glaces qui a réussi à attirer sept enfants dans ses filets puis les a torturé en abusant d'eux. Leur corps étant quasiment méconnaissables à leur découverte. Il a été jugé coupable, mais relâché pour une erreur administrative. Depuis, plus personne n'a entendu parlé de lui. C'était la meilleure piste de l'inspecteur, mais en même temps la plus complexe à exploiter.

Il décida donc de rendre visite aux deux prisonniers. Quelques recherches approfondies lui apprirent que le deuxième condamné avait été battu à mort dans une prison, cette information n'étonnait guère l'inspecteur, les pédophiles étant très mal vus dans les prisons. Le premier par contre était plus proche qu'il ne le pensait. Condamné à perpétuité, il avait lui aussi été déclaré officiellement mort dans une bagarre en prison, mais c'était finalement pour mieux cacher son nouveau travail qui devait très probablement lui faire regretter son ancienne vie : Classe D. Aubaine pour l'inspecteur, l'injection systématique d'amnésiques aux Classe D étant excessivement coûteuse et instaurée selon les hauts gradés pour "des raisons futiles", celle-ci a finalement été abandonnée. Le prisonnier sera donc parfaitement en capacité de répondre à ses questions.

Après avoir demandé l'autorisation à ses supérieurs, Myers eu enfin l'opportunité de parler à son suspect.

"Bonjour, monsieur Portet."

"Salut. Que me vaut ce plaisir ?" Répondit le prisonnier d'une voix hautaine.

"Je suis l'inspecteur Myers. J'aurais quelques questions à vous poser à propos d'un meurtre commis il y a quatre jours."

"Y'a quatre jours j'étais là, désolé pour vous."

"C'est pas ce qui pose problème. Quand je regarde votre dossier, je vois que vous n'avez eu encore affaire qu'à des anomalies de classe Sûr et de niveau de menace bleu. Est-ce que l'une d'entre elles a eu un impact particulier sur vous ?"

"Y'en a une qui m'a rendu sourd pendant deux heures, mais à part ça rien de spécial."

"Si je vous parle de rêves ça vous dit rien ?"

"Vous savez, depuis que je suis ici, je fais toutes sortes de rêves."

Un regard vicieux apparut sur son visage, s'il n'y avait pas des gardes à côté d'eux, il lui en aurait collé une. Mais soupirant, il continua.

"De somnambulisme ?"

L'homme s'adossa au dossier de sa chaise, l'ai supérieur.
"Est-ce que vous savez au moins ce que vous êtes venu chercher ici, inspecteur ?"

"On m'a demandé de chercher dans les pires affaires de la ville. Vous en faites partie, et vous êtes le seul disponible. Mais vu le nombre d'informations que vous m'avez donné lors de cette conversation, je pense simplement que je fais fausse route."

L'inspecteur se mis à réfléchir et lui répondit.

"Et si je vous parle du crissement du métal ?"

L'homme devint blême, Myers avait enfin une piste.

"Qu'est ce que vous me cachez Portet ?"

"Vous êtes un bien piètre inspecteur."
Il bafouillait presque.

"L'homme qui a disparu, il massacrait des gosses avec un gant… Un gant sur lequel il avait fixé quatre griffes en fer. Je le connaissais et lui aussi me connaissait, on savait tous les deux ce que l'autre faisait. Mais je suis pas comme lui. Ce mec était un tordu, un sadique. Il avait un chaufferie où il enfermait les gosses et s'amusait à les poursuivre. Le crissement du métal, c'était ses griffes sur les tuyaux de la chaufferie, il faisait ce bruit pour avertir les gosses qu'il arrivait. Pour qu'ils aient peur avant de les tuer. Un jour, un flic est venu me voir alors que je venais à peine d'être arrêté, son procès avait eu lieu et à cause d'un vice de procédure, il avait été libéré. Le flic était le père d'une des victimes, il m'a demandé où il se cachait en échange d'une remise de peine. Je lui ai dis et j'ai plus jamais entendu parler de ce tordu. Le flic niait tout en bloc et j'ai pas eu de remise de peine, j'ai juste eu le droit de venir ici. C'est tout ce que je sais. Je suis sûr que c'est lui, c'est Freddy Krueger."

"Pourquoi avoir aussi peur de lui ?"

"S'il sait que je l'ai dénoncé, je suis plus en sécurité ici que dehors."

La facilité déconcertante avec laquelle Myers avait réussi à lui soutirer toutes ses informations le surprenait lui-même. Mais si ce qu'il disait était bel et bien vrai, alors Freddy avait trouvé un moyen d'avoir accès à une anomalie. Il ne savait pas encore comment, mais il allait devoir l'empêcher de nuire.


Le soir venu Portet lisait un livre, toujours horriblement tendu par l'entretien avec l'inspecteur, il essayait de se détendre un peu quand il entendit un bruit. Sursautant, il sortit en vitesse de son lit pour en vérifier la source. Seul, dans sa cellule d'à peine deux mètres carrés, il angoissait, lui-même ne sachant véritablement pourquoi. Il resta pendant deux minutes debout, guettant le moindre bruit ou mouvement. Il entendit subitement un garde toquer à la porte.

"Extinction des feux."

Rassuré que le bruit ne puisse provenir, soit d'un garde, soit de son imagination, le classe D éteignit la lumière et se recoucha dans son lit, attendant le sommeil.

Dans le noir, le silence ne fût rompu que par une simple phrase prononcée par une voix rauque.

"Bah alors, ça fait deux fois que tu me balances aux flics maintenant."

La lumière s'alluma d'elle-même et la dernière chose que l'homme pu apercevoir était le visage calciné de Krueger.

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